Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PC.
Pagan Online est une exclusivité PC.

Waves of mutilation

Quoi de mieux qu’un petit choc pour commencer ? Au lancement de Pagan Online, comme dans la plupart des jeux, il y a un tutoriel. Celui-ci permet de découvrir les commandes. Jusqu’ici, tout va bien. À un détail près : les commandes elles-mêmes. N’ayant pas envie de faire comme tout le monde, Mad Head Games a décidé qu’il serait préférable d’attribuer le déplacement du personnage aux touches ZSQD et la visée à la souris. Forcément, les habitués de hack and slash PC seront déboussolés par cette orientation très “twin stick shooter” de Pagan Online. Et à vrai dire, en y jouant, on se rend compte que ce choix est payant. Pour les joueurs les plus conservateurs, il est possible de revenir aux commandes traditionnelles du genre, mais ça dénaturerait en partie le concept du jeu.

“Concept” est un bien grand mot. Dans les faits, Pagan Online reste un jeu dans lequel on défonce des monstres à la chaîne pour gagner des niveaux, ramasser de l’équipement et achever un scénario prétexte. L’originalité est plutôt à chercher du côté de la structure du jeu, dans sa façon d’appliquer les préceptes du genre. Contrairement à un Diablo 3, un Torchlight II ou un Path of Exile, Pagan Online ne propose pas une carte que l’on explore au fur et à mesure de notre progression. Il choisit de nous proposer une succession de missions très courtes, quelle que soit la nature de l’objectif choisi. Ainsi, qu’il s’agisse de la campagne ou de missions secondaires, le cheminement est toujours le même.

Le joueur est lâché sur une carte, parsemée de points d’intérêt. Il y a les batailles ordinaires, les coffres ou encore les événements spéciaux. Toutes les missions sont basées sur ce seul et unique schéma. Autant vous dire que la dimension répétitive des hack and slash traditionnels est ici décuplée au centuple, constat renforcé par le déroulement de toutes ces “rencontres” (c’est leur nom en jeu). C’est bien simple, il s’agit juste d’éliminer des vagues d’ennemis apparaissant de nulle part, sans la moindre surprise. En boucle, pour chaque mission, pour chaque rencontre, le joueur se déplace au beau milieu d’un tas de monstres aléatoires et tire dans tous les sens, sans la moindre variante un tant soit peu intéressante.

En réalité, cette façon de procéder rappelle plus un jeu mobile qu’un “vrai” jeu (pardonnez-nous le raccourci facile). La durée des missions n’excède jamais 15 minutes, ce qui donne à Pagan Online une saveur de jeu apéro. Un jeu apéro vendu 30€ tout de même, qui n’hésite pas à plonger la tête la première dans d’autres tares des jeux pour smartphones.

No gods, only grind

Les missions ne s’obtiennent pas de nulle part. Comme tout le reste, elles sont gérées depuis un hub. Quand on parle de hub, on ne parle pas d’un menu, mais d’un lieu bien physique, à partir duquel le joueur accède à tout ce que le jeu a à offrir. Sans surprise, c’est une mauvaise idée. Mad Head Games en est conscient puisque tout ce qui est accessible en se déplaçant dans cette zone est aussi accessible via des onglets en haut de l’écran.

Au rayon des choses à faire, on commence tout bêtement par le choix du héros. Pour l’instant au nombre de 10, tous les personnages représentent un archétype du genre action-RPG. Il y a des mages, des experts du corps-à-corps, etc. Prenez le temps de découvrir leurs capacités et vous habituer à leur apparence car elle ne changera pas au cours du jeu, à moins de débloquer l’un des quelques skins disponibles. Notez par ailleurs que créer un autre personnage n’est pas donné et nécessite de faire un petit bout de chemin pour engranger les matériaux nécessaires. Là où 100% des hack and slash proposent tous leurs personnages d’entrée de jeu, Pagan Online décide de faire les choses différemment, pour le pire. Au début, il faut donc composer avec un seul et unique personnage, doté d’une toute petite quantité de capacités. L’exhaustivité d’un Path of Exile ou la richesse d’un Diablo 3 sont aux abonnées absentes. Les skills disponibles pour chaque personnage se comptent sur les doigts des deux mains (encore heureux).

La forge est un autre des éléments centraux de ce hub, et elle est centrale parce que le loot de Pagan Online est tout simplement aberrant. L’équipement en lui-même est limité par défaut, soit. Pas question d’équiper de casque, de gants ou autre. De toute façon, au risque de nous répéter, l’apparence de votre personnage ne change pas d’un iota peu importe ce que vous équipez. En revanche, que l’équipement repose sur des statistiques et uniquement des statistiques nous semble totalement culotté dans un hack and slash. Si en plus le jeu vous pousse à utiliser la forge, qui elle-même vous force à vous farcir des missions en boucle pour dire de récupérer les matériaux nécessaires, on atteint rapidement le point de rupture.

Malgré tout, en dépit de ses missions “métro”, de ses personnages à débloquer aux compétences limitées et de sa logique de loot insensée, Pagan Online pourrait séduire par son dynamisme et ses visuels léchés. Il faut avouer que les combats ne manquent pas de pêche, bien aidés par une myriade d’effets pyrotechniques. Il est simplement dommage que ces efforts de mise en scène soient ternis par des mécaniques indignes d’un jeu payant et une véritable radinerie dans la gratification.

LE VERDICT
INADAPTÉ
4
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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