Test de Outriders (PC, PS5, PS4, Xbox Series X|S, One)

Développeur : People Can Fly / Square Enix External Studios

Éditeur : Square Enix

Sortie : 01/04/2021

Supports : PC, PS5, PS4, Xbox Series X|S, One

CONCLUSION

Après quelques heures de jeu sur le dernier bébé de People Can Fly, on ne sait pas trop sur quel pied danser. Le rythme des gunfights, le challenge bien présent et la course aux légendaires permettent de s’y amuser pendant un temps. Malheureusement, Outriders est bien trop générique et plat pour séduire sur le long terme. Sa campagne franchement inintéressante et les errements de son gameplay en font un TPS oubliable. Parfois grisant, mais souvent agaçant.

En dehors de Painkiller, FPS brillant du début des années 2000, et Bulletstorm, FPS moins brillant du début des années 2010, People Can Fly a souvent été relégué au rang de simple sous-fifre pour le compte de Epic Games, notamment sur la saga Gears of War. Il faut dire que le studio n’est redevenu indépendant qu’en 2015, avant d’entamer un travail de longue haleine sur Outriders, une nouvelle licence chez Square Enix élaboré avec les équipes de Square Enix External Studios. Des gros flingues, des grands monstres, des répliques nulles et une palette de couleurs bien riche entre le gris béton et le marron bouillasse : pas de doute, on est en terrain connu. Et c’est bien dommage.

Easy Outrider

outriders screenshot test jv24Comme bien souvent quand la Terre se meurt, les Hommes se mettent à la recherche d’un nouveau foyer à parasiter. C’est le destin de la planète Enoch, qui voit débarquer à sa surface les derniers espoirs de l’humanité, à savoir les fameux Outriders du titre. Le joueur prend rapidement le contrôle de l’un d’entre eux avant d’hériter d’un certain nombre de pouvoirs déterminés par le choix d’une classe : Pyromage, Technomage, Illusionniste et Telluriste. Quatre classes pour quatre façons de jouer très différentes et forcément complémentaires, histoire de justifier l’orientation très “coop” du jeu, comme tant d’autres avant lui. Et comme tant d’autres avant lui, Outriders n’a pas l’intention de réinventer la roue, ou en l’occurrence la poudre.

On joue à Outriders un peu comme on jouerait à n’importe quel autre TPS. On enchaîne les couloirs étroits et les arènes fermées et parsemées d’éléments de couverture avec une paire de pétoires à la main, dans l’idée de dézinguer tout ce qui passera à portée de flingue. Looter shooter oblige, les ennemis standards sont légion, souvent soutenus par des “élites”, de bons gros sacs à PV à la puissance décuplée et aux poches bien remplies, au point de se demander au bout d’un moment s’il était vraiment utile d’intégrer de quoi se mettre à couvert : entre les lancers de grenade, les fous du corps-à-corps et les snipers, il est techniquement impossible de se mettre à couvert plus de trois secondes d’affilée.

outriders screenshot test jv24Contrairement à d’autres jeux du genre, Gears of War en tête, Outriders a tendance à privilégier, et de loin, l’agressivité et la prise d’initiative. Le système de santé va dans ce sens, en attribuant aux différentes compétences des vertus médicinales bienvenues. C’est précisément dans cet aspect, dans son “gunplay” que réside l’un des défauts majeurs de Outriders : il est tout bonnement incapable de proposer la moindre situation marquante.

À force de ne jouer que la carte d’un rythme intenable, avec pour seul modificateur de difficulté l’augmentation du nombre d’adversaires et leurs points de vie, Outriders tombe très rapidement dans la routine, la faute à un level design extrêmement pauvre et des situations qui ne se renouvellent jamais. En une quinzaine d’heures de campagne, le jeu n’a jamais jugé bon de proposer une scène inédite, un truc qui provoquerait le frisson tant attendu. Et ce n’est ni le scénario, anecdotique quand il n’est pas juste complètement con, ni la mise en scène, d’une platitude extrême, qui relèveront le niveau. Dans Outriders , tout n’est que rixes esseulées, ramassage de loot et caractérisation paresseuse.

Outriders tombe très rapidement dans la routine, la faute à un level design extrêmement pauvre et des situations qui ne se renouvellent jamais.

Ouh la gadoue, la gadoue

outriders screenshot test jv24Ce qui est triste, c’est que le reste n’est pas si mal. Bien que le coeur de jeu soit bancal, Outriders a de quoi occuper les joueurs de longues heures durant, grâce à son système de loot et d’équipement plutôt intéressant, des compétences amusantes et un univers qui, mine de rien, a le mérite d’être séduisant. On le redit, si le scénario ne vaut rien, le lore du jeu est bien documenté et se laisse aborder sans déplaisir.

Quant à la personnalisation, elle permet de faire à peu près tout et n’importe quoi en termes de builds de personnages. Ceux-ci disposent de nombreux espaces pour se vêtir de différentes pièces d’équipement : tête, mains, torse, jambe et pieds. Des classiques dans le monde du hack and slash. Les équipements récupérés ici et là permettent d’améliorer le montant de PV de notre personnage, ses capacités spéciales (les fameux pouvoirs des Outriders) ou encore sa puissance de feu. Ajoutez-y un système de crafting plutôt complet et vous obtenez un ensemble convaincant, flexible et étonnamment bien foutu.

Cependant, aussi efficace soit-il, l’équipement ne change rien au feeling médiocre des armes, malgré les nombreux modificateurs qui permettent d’altérer leurs effets, ou aux nombreux archaïsmes que se coltine Outriders. À l’heure où tous les studios s’efforcent de masquer les temps de chargement et l’accès aux instances de manière remarquable (Destiny est un modèle du genre), il est amusant de constater que People Can Fly fait toujours appel à ce bon vieux fondu au noir, accompagné d’une mini-cinématique de quelques secondes pour illustrer le moindre changement de zone. Ce recours à la transition animée donne aussi quelques situations cocasses, dans le mauvais sens du terme, alors que l’on déclenche sans le vouloir des cinématiques en plein milieu d’un combat. Soit. Ce retour en arrière s’illustre aussi par quelques “tue-l’immersion”, comme ces grands marqueurs jaunes tournoyants en guise de points de téléportation.

Un jeu complet déguisé en jeu service ?

outriders screenshot test jv24Ses trouze mille défauts ne doivent cependant pas éclipser le contenu conséquent proposé par Outriders. Souvenez-vous de la déconvenue Anthem et son manque flagrant de contenu : le titre de People Can Fly ne joue pas dans la même cour. En plus de la campagne, qui peut se traverser en 15-20 heures en solo avec une difficulté bien ardue (le système de niveaux de monde est excellent par ailleurs), le jeu propose de nombreuses quêtes annexes, des contrats non-renouvelés et surtout des expéditions pour garnir le contenu endgame.

Ces expéditions permettent d’ajouter une nouvelle couche de profondeur et de challenge à un jeu qui aurait gagné à soigner un peu plus ses sensations pour préserver l’attention des joueurs. En effet, chasse au loot aidant, Outriders se repose un peu trop sur la cupidité des joueurs pour les retenir. Alors qu’il aurait simplement fallu proposer des situations un peu plus variées et des flingues clairement différenciés, à la manière de ce qu’un Borderlands peut offrir. La prochaine fois peut-être ?

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox.

Kurutchin
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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