Test de Outcast : Second Contact (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC de Outcast : Second Contact, fournie par l’éditeur

« Hey machin »

L’histoire d’Outcast est à replacer dans son contexte. Le titre, qui se dote maintenant d’une intro en 2D plutôt sympathique même si kitsch à souhait, puise ses références dans un paquet de films qui ne sont plus trop au goût du jour : Stargate en premier lieu, avec ses portes des étoiles qui servent à voyager sur les différents mondes d’Adelpha mais aussi Sliders pour les voyages temporels. On trouve également des inspirations hollywoodiennes mieux connues encore aujourd’hui comme la cool attitude du héros qui, doublé par l’excellent Patrick Poivey, est à la croisée entre Indiana Jones, Han Solo et John McClane. Si les nostalgiques dont nous faisons presque tous partie à la rédaction (coucou les vieux) ne seront pas choqués par la manière dont se déroule l’aventure, les nouveaux arrivants qui découvriront le jeu risquent d’être quelque peu déboussolés par la manière dont l’histoire est conduite.

Pour faire simple, et comme le disait à l’époque PPDA alors que les Guignols étaient encore drôles, c’est sans transition que Cutter se retrouve propulsé sur Adelpha pour récupérer une sonde qui menace de détruire la terre. Se réveillant dans une hutte, il est immédiatement connu de tous les habitants de la planète qui lui donne le statut d’Ulukaï (élu). Pire, notre héros n’a pas l’air plus étonné que cela de voir la tronche des autochtones et engage la conversation sur des thèmes divers et variés avec une aisance qui choquerait même dans le pire film SF de série Z. Ne cherchez donc surtout pas de cohérence ni de réalisme, partez du principe que tout le monde connait Cutter Slade et que l’inverse est également vrai. Il s’agit du jeu original sans refonte de côté-là et notre héros, toujours trop à l’aise et désinvolte, pourra sans doute agacer quelques-uns d’entre-vous. Il n’en reste pas moins que l’humour d’Outcast, qui ne plaira pas non plus à tous, fait encore mouche des années après.

Adelphabète

Passé ce constat désuet, le joueur va découvrir une véritable ambiance et surtout une profondeur dans le monde d’Adelpha que peu de titres ont égalé. Tout d’abord, et même si notre ami semble connaître tout le monde, Outcast : Second Contact propose un apprentissage de la langue alien. Les mots sont extrêmement importants et, comme à l’époque, les diacritiques et vocables inconnus apparaissent en VO. Ce ne sont qu’une fois traduits qu’ils apparaîtront en français entre crochets dans le texte. Outcast force donc le joueur à parler, parler et encore parler pour accroître sa connaissance du monde et l’environnement socio-culturel et politique. Ça n’est d’ailleurs que comme ça qu’il sera possible de progresser : la carte est minimaliste et se contente d’afficher, après un scan, les emplacements des personnages principaux, des bâtiments et des ennemis. Il n’y a pas de marqueur de quêtes et les indications données (« j’ai vu bidule près de l’arbre au nord ouest du temple ») forcent à l’exploration. Un bon point qui fera découvrir aux plus jeunes que l’assistanat n’avait pas force de loi en 1999.

Passé ce constat désuet, le joueur va découvrir une véritable ambiance et surtout une profondeur dans le monde d’Adelpha que peu de titres ont égalé.

On traversera donc les 5 régions d’Adelpha avec grand plaisir, allant de l’une à l’autre librement pour tenter d’élucider le mystère tournant autour du tyran qui a pris le pouvoir et de la sonde qui menace de détruire l’univers. L’occasion de passer par divers climats, topographies (montagne, désert, rizières, etc.) et cultures qui témoignent encore une fois de l’étendue de l’univers créé. Enfin, pour faciliter sa quête, Cutter Slade pourra compter sur l’aide des autochtones qui non seulement auront retrouvé et conservé ses armes et son équipement mais auront également à cœur d’aider l’élu à monter une rébellion. Ainsi, dans chacune des zones il faudra convaincre la population d’affaiblir les ennemis par divers moyens (moins d’armes produites, moins de nourriture, etc.) afin de rendre la tâche de l’élu plus simple. Les prémices de l’impact des actions d’un protagoniste sur tout un écosystème.

Un bon coup de polish

Outcast a subi un lifting d’amour par Appeal, son géniteur originel. Sous la houlette de BigBen Interactive, le studio belge a remis au goût du jour les graphismes. Et le moins que l’on puisse dire, passée peut-être la déception de la première zone qui sert de tutoriel, c’est que le jeu en jette visuellement. Alors certes, ça ne fait pas le poids face à des titres AAA, mais quand même. Les éclairages, la faune, la flore et les détails sur les bâtiments rendent plus qu’hommage au titre original. Il suffit de regarder les comparatifs fournis par l’éditeur (et qui ne mentent pas) pour s’en rendre compte. Le portage est à la hauteur et surtout, il faut garder à l’esprit que le titre d’origine tourne avec une surcouche. Une vraie prouesse qui, nous l’espérons, ne touchera pas que les nostalgiques et arrivera à séduire les nouveaux arrivants.

Pour pouvoir capter les attentions de nouveaux joueurs, le titre met aussi au goût du jour son interface (plus attractive qu’à l’époque) et conserve des petits trucs bien pratiques (la voix qui signale quel type d’objet est à proximité). La visée change également pour tenter de s’adapter à ce qui se fait aujourd’hui : la caméra passe près de l’épaule du joueur. Hélas, on sent tout de même le poids des ans dès qu’un gunfight s’engage. Si l’IA adverse peut surprendre par ses mécaniques de groupe et de contournement, il n’en reste pas moins que les combats manquent de dynamisme dans ce Second Contact. Cela est renforcé par l’aspect sac à PV des soldats d’Adelpha qu’il faut achever au prix de nombreuses, très nombreuses balles. Heureusement que l’arsenal de Cutter s’étoffe rapidement (6 armes) et qu’il est possible de l’upgrader. Pour éviter la confrontation, il est également possible de joueur la carte infiltration. Mais là encore, le système de cover n’est plus à la hauteur. Il faudra donc se tourner vers l’utilisation des gadgets (une dizaine) pour tendre des pièges à coups de dynamites et autre téléporteurs.

LE VERDICT
YIPPEE-KI-YAY MOTHER CUTTER
6
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Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n’a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.