Test de Ni no Kuni 2 : L’Avènement d’un Nouveau Royaume (PC, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Le retour du roi

Ni no Kuni 2, comme le premier épisode, entremêle monde réel et univers plus fantastique. Roland, président de ce qui semble être les États-Unis, se retrouve ainsi téléporté après une attaque nucléaire auprès d’Evan, jeune roi en devenir, mi-humain et mi-mistigris. Malheureusement, comme un malheur n’arrive jamais seul, Roland arrive en plein coup d’état, les Ratocrates désirant renverser les Mistigris. Et cela passe, forcément, par la mort d’Evan. Les deux nouveaux compères s’enfuient donc bien vite du château de Carabas et se retrouvent à errer dans le monde. Que faire maintenant ? Faire croire à sa mort et vivre en toute discrétion dans les montagnes ou à la campagne ? Certes non ! Evan était censé être roi, il le sera donc. Carabas étant tombé aux pattes de Ratoléon, il ne reste plus qu’à fonder un tout nouveau royaume. Un royaume qu’Evan désire en paix, histoire de ne pas reproduire les centaines d’années de tension entre les Mistigris et les Ratocrates. Accompagné de Roland et d’autres compères rencontrés en chemin, il se choisit donc un coin tranquille pour fonder Espérance.

Vous l’aurez sans doute déjà compris, Ni no Kuni 2 narre l’histoire d’une quête initiatique. Celle d’Evan, jeune prince privilégié expulsé du jour au lendemain de son cocon doré et obligé de se transformer petit à petit en roi digne de ce nom. Certes, tourné de la sorte ça fait très cliché. Et ça l’est, d’autant plus qu’il est aussi question de sauver le monde et que le héros est accompagné de personnages vus et revus dans les titres du genre (mais aussi dans les animes). Pourtant, on se prend bien vite d’affection pour ce petit groupe et pour ce Evan qui ne se laisse pas abattre. La narration y est clairement pour beaucoup, avec cette impression de lire un conte pour enfants. Si l’on met de côté l’aspect très naïf de la chose, qui pourrait déplaire à certains, on se retrouve donc en face de quelque chose de finalement assez rafraîchissant, que l’on prend plaisir à découvrir même si les habitués ne seront jamais vraiment étonnés de la tournure que prennent les événements. Du grand classique donc, mais qui fait malgré tout le boulot correctement.

Game of Kingdom

Quelque peu décrié dans le premier épisode, le système de combat fait lui aussi le café. Exit les familiers qui attaquent à la place du héros, le joueur étant bel et bien maître de ses attaques ici. A lui de choisir son personnage, l’équipe comptant trois combattants actifs, chacun ayant son style de combat et ses armes dédiées. Un peu à la manière d’un Tales of et de ses Artes, on retrouve ici jusqu’à quatre attaques spéciales nécessitant des PM pour être lancées, mais également deux attaques plus basiques (une faible et une forte), une à distance et bien sûr les traditionnelles esquives et gardes. Et c’est un véritable plaisir de prendre tout ça en main, tant ce système se montre plus nerveux que celui de Ni no Kuni premier du nom. Les familiers ne sont malgré tout pas abandonnés, mais ils prennent la forme ici de petits esprits baptisés les Mousses. Jusqu’à quatre groupes peuvent être présents en combat et ils peuvent lancer, une fois prêts, des attaques offensives ou défensives, allant même jusqu’à soigner les héros. Enfin, le petit Hélio procure de temps à autres de petits boules jaunes qui font rentrer celui qui les récupère dans une sorte de mode berserk : il absorbe alors les Mousses et peut lancer autant d’attaques spéciales qu’il désire dans un temps imparti, tout en régénérant ses PV.

Le problème, c’est que Ni no Kuni 2 – en dehors de sa dernière partie et des ennemis ”maléfiques” – n’oppose absolument aucune résistance, venant réduire presque à néant les efforts de Level-5 pour proposer un système de combat aussi agréable. On ne se sent jamais en danger, et ce même si l’on file tout droit vers l’objectif suivant sans prendre la peine de nettoyer les environs histoire de grappiller un peu d’expérience. Si l’on apprécie certes de ne pas devoir passer des heures à faire du level-grinding, un peu de résistance aurait été clairement la bienvenue. Même les boss se battent sans aucun effort ! En fait, la plupart des affrontements ne nécessite ni les attaques spéciales, ni les Mousses… Ni même le joueur d’ailleurs, les deux autres combattants se montrant particulièrement agressifs envers les ennemis, qui peuvent pourtant apparaître par groupes assez conséquents. Pire, ce déséquilibre peut être encore plus accentué par l’Égaliseur. En échange de points récupérés en gagnant des niveaux, le joueur peut ainsi modifier sa jauge de défense face à tel ou tel élément, sa jauge d’attaque par rapport au type d’ennemi (fée, costaud, etc.) ou encore celle influant sur le loot récupéré en fin de combat (plus ou moins d’expérience, d’argent, de matériaux, etc.). Qui a dit assisté ? Heureusement, le tout est optionnel. Ouf.

Autant en emporte l’Evan

Mais le nouveau titre de Level-5 n’est pas uniquement un RPG, c’est en fait un jeu qui mélange les genres, histoire de se montrer plus diversifié que son aîné. Et l’un d’entre eux se montre tout aussi réussi que le système de combat, à savoir la gestion du royaume. Espérance venant tout juste de naître, il n’y a logiquement pas grand-chose autour du château, ni même beaucoup d’habitants. Au joueur de s’occuper de ça en effectuant des changements immédiatement visibles. Il est ainsi question de construire des bâtiments (prédéfinis en fonction de l’emplacement) et d’y placer des recrues qui effectueront des recherches destinées à améliorer l’aventure. La forge peut ainsi rendre les armes moins onéreuses, la maison des Mousses permet d’en créer de toujours plus de sortes différentes et ainsi de suite. Mais pour tout ça, il n’y a pas de secret : il faut de l’argent. Non pas des florins, première monnaie du jeu, mais des pièces d’or, collectées petit à petit dans le royaume. Et ces pièces sont nécessaires pour tout, que ce soit la construction, les améliorations de bâtiments ou encore les recherches. Les recherches nécessitent qui plus est du temps pour se terminer, pouvant aller d’une minute à cinquante, sachant qu’il s’agit du temps ingame et non réel.

Ni no Kuni 2 n’est pas uniquement un RPG, c’est en fait un jeu qui mélange les genres, histoire de se montrer plus diversifié que son aîné.

Bien fichu, ce système de gestion se montre rapidement très chronophage pour peu que l’on accroche. D’autant plus qu’il faut souvent retourner au royaume afin de récolter les pièces d’or et les matériaux puisqu’une limite est imposée. Une fois atteinte, forcément, plus rien ne rentre. La gestion d’Espérance nécessite par ailleurs d’effectuer tout un tas de quêtes annexes destinées à recruter de nouvelles personnes, spécialisées dans tel ou tel domaine et donc à assigner à tel ou tel bâtiment pour plus d’efficacité. Sachant qu’une centaine de PNJ peut rejoindre le royaume, autant dire qu’il y a du boulot même si ces quêtes annexes tombent malheureusement dans les travers de beaucoup de RPG : rapporter telle arme, battre tel ennemi, amener tel ingrédient… Bref, les quêtes FedEx sont légion et elles imposent qui plus est de nombreux allers-retours dont on se serait bien passé, d’autant plus qu’il y en a aussi dans l’aventure principale. Au moins, les joueurs peuvent compter sur les nombreux points de téléportation pour se déplacer rapidement, ainsi que sur une map qui regorge d’éléments à ramasser. Il n’est ainsi pas rare, si l’on prend un peu le temps d’explorer, de valider d’office quelques quêtes en ayant à l’avance les matériaux demandés. Des quêtes annexes plus classiques, et donc sans recrutement, sont aussi de la partie, venant encore augmenter une durée de vie déjà solide à la base. On ne pleure donc pas le contenu.

Le discours d’un petit roi

C’est un fait : on ne peut pas être bon partout. Et Ni no Kuni 2 le prouve avec son mode Bataille, bien moins intéressant que le reste. Pourtant, le titre nous promet via ce mode des combats stratégiques, Evan étant ici accompagné de jusqu’à quatre bataillons venant repousser les armées adverses. Il y a même un système à la Fire Emblem avec les armes, certaines étant plus ou moins fortes que d’autres, ainsi que des attaques spéciales à utiliser avec parcimonie, sous peine de ne plus avoir assez de points pour renflouer les troupes si besoin. Malheureusement, dans les faits, on se retrouve avant tout sur un champ de bataille totalement désordonné où le bourrinage est de rigueur. Exit la stratégie, il suffit ici de foncer dans le tas et d’haranguer les troupes pour qu’elles attaquent avec un peu plus d’ardeur. Avant chaque bataille, un niveau minimum est conseillé, mais cette recommandation n’est pas franchement utile, surtout sur les maps où Evan peut récupérer les canons ou les tourelles ennemis. Si certaines batailles sont obligatoires puisque insérées dans le scénario, les autres ne donnent donc pas franchement envie, si ce n’est pour récupérer des pièces d’or destinées à améliorer le royaume. Et encore, on se répète, ces dernières rentrent de toute façon dans les caisses toutes seules, impossible donc de se retrouver à sec… Dommage, mais au moins le reste est plus convaincant.

Malgré quelques errements sur le fond, la forme de Ni no Kuni 2 se montre pour sa part presque irréprochable. Les doléances, d’abord : les temps de chargement, courts mais nombreux, les donjons annexes parfaitement hideux, un bestiaire qui se répète ainsi qu’un chara-design pas foufou pour les PNJ et une map moins marquante que dans le premier opus. Tout le reste en revanche est un vrai régal. Évidemment, la direction artistique saute tout de suite aux yeux et même si Ghibli n’est ici pas directement impliqué, impossible de ne pas faire la comparaison avec les célèbres films du studio. Certains personnages auraient même parfaitement leur place dans ces longs-métrages tant ils correspondent parfaitement aux habitudes du studio. Par exemple, Irma est l’archétype même de la vieille femme made in Ghibli : des verrues sur le visage, au moins quatre mentons, une tête plus large que son corps ou encore une ou deux dents en moins. Les villes, malheureusement trop peu nombreuses à notre goût, sont aussi de véritables petits bijoux, baignant toutes dans une atmosphère particulière. Évidemment, l’aspect sonore n’est pas en reste. Si certaines sont un peu en dessous, la plupart des compositions se montrent exceptionnelles, tout comme les doublages japonais. Petit bonus, la localisation française est vraiment réussie et l’on retrouve avec plaisir moult clins d’œil (même si certains ne parleront pas aux plus jeunes) et autres jeux de mots.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

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