Test de Nights of Azure (PS4)

CONCLUSION

Ni catastrophique, ni extraordinaire, Nights of Azure se classe dans la lignée de ce que le studio Gust a l'habitude de proposer. Nous voici face à un RPG qui se laisse suivre, en attendant mieux si l'on est fan du genre, avec de bonnes idées malheureusement sous-exploitées, du bon et du moins bon, mais surtout beaucoup de classicisme. Le scénario est vu et revu, l'histoire d'amour entre les deux héroïnes n'est pas vraiment approfondie, la réalisation est datée et les affrontements deviennent rapidement répétitifs. Mais Nights of Azure c'est aussi une direction artistique plutôt réussie, des à-côtés nombreux, une bonne idée que sont les Servan et des combats nerveux qui rendent, tout de même, l'ensemble agréable à parcourir.

Essentiellement connu pour sa licence Atelier, qui n’a pas forcément toujours brillé par sa qualité irréprochable, le studio Gust tente désormais de sortir de sa zone de confort. Avec Nights of Azure, les développeurs s’éloignent en effet de ce qu’ils connaissent bien : ils laissent tomber le tour par tour pour un jeu tourné vers l’action (même s’il s’agit toujours d’un RPG) et abandonnent les ambiances légères au profit d’un univers plus sombre et plus mature. Un vrai coup de poker ?

The rhythm of the night

nights of azure screenshot testUne fois n’est pas coutume, le monde est en péril. Le terrible Nightlord, pourtant vaincu depuis bien longtemps, menace en effet de revenir sur la Terre et d’y semer la terreur. Un événement à ne surtout pas prendre à la légère, d’autant plus qu’il aurait déjà une armée pour l’aider dans sa tâche. En effet, tous les êtres vivants ayant été en contact avec son sang se sont transformés en démons.

Afin de circonscrire l’invasion, une société baptisée Curia a mis en place des duos complémentaires : un guerrier devant tuer ces monstres et un prêtre dont le but est de purifier le sang contaminé. Nights of Azure suit justement les aventures de l’une de ces équipes. Après avoir été envoyée aux États-Unis, la guerrière Arnice a une mission à accomplir à Ruswall, où elle va y rencontrer la prêtresse Lilysse. Ce n’est toutefois pas la première fois que les deux jeunes femmes se voient puisque ce sont en fait des amies d’enfance qui nourrissent des sentiments allant bien au-delà de l’amitié. Mais voilà, les retrouvailles tournent court : la Curia apprend à Lilysse qu’elle a été choisie pour endosser le rôle de Sainte, ce qui l’oblige à se sacrifier pour que Nightlord ne revienne pas. Une véritable torture pour Arnice, qui se retrouve tiraillée entre le désir de sauver le monde et l’envie de ne pas laisser sa bien-aimée mourir.

nights of azure screenshot testDerrière un scénario tout ce qu’il y a de plus classique, Nights of Azure tente donc de se démarquer en mettant en avant un sujet encore tabou dans le jeu vidéo, à savoir l’amour entre deux femmes. Une histoire qui ne tombe jamais dans le voyeurisme et qui se contente la plupart du temps de gestes ou mots tendres mais pudiques, les deux jeunes femmes étant aussi timides que des ados. Malheureusement, cette bonne idée n’est pas suffisamment approfondie et le joueur a bien du mal à s’attendrir devant cette liaison qui sonne faux la plupart du temps. Tout comme le reste du scénario d’ailleurs, qui tente de se faire passer pour bien plus complexe qu’il ne l’est réellement, en enchaînant les cinématiques sans grand intérêt et les dialogues à rallonge, et en oubliant au passage de proposer des temps forts.

Fort heureusement, les personnages remontent un peu le niveau, se montrant attachants grâce à leurs traits de personnalité exacerbés au possible. Par exemple, Lilysse fait constamment tomber des objets tant elle est maladroite et manque bien souvent d’empoisonner les autres en leur cuisinant des recettes infectes. Le titre propose même de nombreuses touches d’humour absurde via deux personnages se détestant cordialement et n’hésitant pas à s’invectiver à longueur de temps. De quoi contrebalancer quelque peu avec l’ambiance globale du RPG de Gust, qui se montre bien sombre dans son fond comme dans sa forme.

Derrière un scénario tout ce qu’il y a de plus classique, Nights of Azure tente donc de se démarquer en mettant en avant un sujet encore tabou dans le jeu vidéo, à savoir l’amour entre deux femmes.

From dusk till dawn

nights of azure screenshot testBien loin des univers plutôt colorés, vivants voire enfantins des Atelier, Nights of Azure baigne en effet dans un style gothique, sombre et mystérieux – ce qui est d’ailleurs accentué par le fait qu’Arnice ne sorte que la nuit pour affronter les démons. Si cet élément est justifié par le scénario, il empêche malheureusement les environnements de se démarquer les uns des autres, et ce même s’ils sont plutôt variés (roseraie, métro, fête foraine, etc), puisqu’ils offrent tous une palette de couleurs sombres assez proches les unes des autres. Ce n’est toutefois pas le seul reproche que l’on pourrait faire à ces décors, qui sont par ailleurs relativement vides.

En effet, si la direction artistique se montre intéressante, la réalisation ne suit clairement pas : en dehors de ces décors vides, ce titre dispose d’un bestiaire extrêmement limité, d’animations rigides et d’une modélisation des personnages plutôt sommaire malgré un chara-design efficace. Un visuel loin de rendre hommage à la PS4 donc, mais qui peut tout de même s’expliquer par le fait que le tout soit aussi sorti sur PlayStation 3 et PlayStation Vita (mais uniquement au Japon). Heureusement, la bande originale relève quelque peu la barre, avec des musiques de bonne facture souvent épiques (surtout lors des combats de boss) et des doublages japonais convaincants. Autant d’éléments dont les réfractaires à l’anglais ne pourront pas profiter puisque les textes sont uniquement disponibles dans cette langue.

nights of azure screenshot testLe gameplay de Nights of Azure oscille également constamment entre le bon et le moins bon, les bonnes idées pas forcément totalement exploitées et les côtés beaucoup plus classiques. Action-RPG de son état, le titre de Gust dispose d’un hub – un hôtel – où Arnice se repose avant de se rendre chaque nuit dans des niveaux plus ou moins vastes et ressemblant la plupart du temps à des couloirs, même si des embranchements sont souvent proposés. Le but ? Aller d’un point A à un point B en éliminant tout sur son passage, à la manière d’un Final Fantasy Type-0, la différence principale étant que le temps est ici limité.

Un élément qui est toutefois plus anecdotique qu’autre chose puisque le joueur a largement le temps de réaliser sa mission dans le temps imparti, en général une quinzaine de minutes. Les combats se déroulent en temps réel et directement sur la map, il est donc possible de fuir à n’importe quel moment, voire de carrément passer au travers des ennemis lorsque l’on ne veut pas croiser le fer. Ce qui arrive d’ailleurs assez souvent puisque de nombreux aller-retour sont de la partie : il est par exemple fréquent de retourner dans un niveau déjà visité pour prendre une route qui était restée fermée jusqu’alors ou pour chercher un objet de quête bien spécifique.

Si la direction artistique de Nights of Azure se montre intéressante, la réalisation ne suit clairement pas.

Night call

nights of azure screenshot testEn tant que guerrière, Arnice possède un arsenal et des capacités qui se débloquent au fur et à mesure de la progression du joueur : armée au départ d’une gigantesque épée, elle va par exemple laisser tomber cette dernière pour des dagues, plus petites mais aussi plus rapides, et ainsi de suite. En revanche, ses coups de base restent dans tous les cas les mêmes, à savoir la basique, la puissante, la spéciale et enfin l’esquive. Un gameplay classique, donc, mais qui a déjà fait ses preuves à maintes reprises et qui fait la part belle aux combos. Du moins en théorie, car dans la pratique, le système de lock mal fichu de Nights of Azure empêche de vraiment enchaîner les coups, sans parler du fait que ceux dits aériens n’existent même pas.

La caméra, bien trop lente pour un jeu de ce genre, n’arrange pas le problème puisque le joueur a bien souvent du mal à voir là où il frappe. Autant de soucis qui finissent par rendre les affrontements rapidement répétitifs et donc forcément lassants. Et même le pouvoir ultime de l’héroïne, la transformation temporaire en démon lorsqu’une jauge spécifique est remplie, n’y fait rien. Le système de  »Servan », en revanche, se montre déjà plus intéressant. Il s’agit en fait de démons qu’Arnice peut invoquer, sachant qu’elle a la possibilité d’en avoir quatre à ses côtés en permanence. Ces derniers ont des utilités variées (combat pur, recherche d’objets, soin…) et se montrent donc particulièrement utiles, d’autant plus que les ennemis attaquent essentiellement en groupes.

nights of azure screenshot testTout comme leur maîtresse, ils disposent d’une attaque spéciale, peuvent être équipés d’objets boostant différents stats et sont dotés d’une barre de vie. Si jamais cette dernière se vide, ils retournent dans le deck. Pas de panique toutefois : non seulement la difficulté n’est jamais vraiment un problème (mis à part pour leur boss de fin), mais en plus il devient rapidement possible de se composer plusieurs decks de secours, au cas où. Mais dans les faits, il est bien rare de les utiliser puisque les Servan gagnent de l’expérience et donc des niveaux couplés à des aptitudes avancées. Le joueur prend donc l’habitude de rester avec le même petit groupe de quatre et seuls les plus aventureux oseront échanger des niveaux 10 contre des niveau 1… Arnice aussi gagne des niveaux, bien entendu, mais d’une manière peu banale puisqu’il faut se rendre dans un endroit spécifique et troquer le Sang Bleu récupéré après les combats contre ces fameux levels.

Attention toutefois de ne pas tout dépenser, puisque ce Sang Bleu sert aussi de monnaie dans les magasins. Il s’agit donc de savoir jongler entre les deux, histoire de ne jamais se trouver à sec. Mais même dans le cas où ce petit souci arrive, le loot est suffisamment conséquent pour que le joueur revende tous les objets trouvés dans le but de renflouer son compte en banque virtuel. Ces boutiques se trouvent à l’hôtel, soit le hub du jeu, où l’on peut également faire avancer l’histoire, organiser la journée suivante (sachant que ces dernières sont simulées, seules les nuits sont réellement jouées), trouver des quêtes annexes ou encore se battre dans une arène. De quoi varier un peu les plaisirs, Nights of Azure se montrant rapidement répétitif, même si tous ses à-côtés viennent casser un peu plus un rythme qui n’est déjà pas bien soutenu.

Ce qu'il faut retenir

    + L’histoire d’amour entre les deux héroïnes…
    + Système de combat efficace
    + La direction artistique
    + Les Servan
    + Doublages japonais
    – …Mais pas assez approfondie
    – Rapidement répétitif
    – Réalisation datée
    – Textes uniquement en anglais
    – Un rythme haché, sans vrais temps forts

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

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Shauni
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