Test de Nights of Azure 2 : Bride of the New Moon (Nintendo Switch, PC, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur.

Welcome to my nightmare

À peu de choses près, cette suite propose le même pitch de départ que son prédécesseur : Liliana est une prêtresse qui doit se sacrifier pour sceller le pouvoir de la terrible Reine de la Lune, ce qui ne plaît pas tellement à son amie d’enfance, Aluche. Cette dernière, chevalier et fraîchement transformée en semi-démon, décide donc de combattre l’ennemie afin de mettre un terme définitif aux sacrifices. Et puisque cette quête n’est pas de tout repos, elle s’entoure d’une flopée d’alliées bien décidées à l’aider. Malheureusement, comme Nights of Azure premier du nom, ce nouvel épisode a bien du mal à rendre son scénario passionnant ou simplement intéressant. Mal écrite et peinant à progresser, l’histoire souffre qui plus est d’une mise en scène frôlant le néant absolu, de cinématiques et dialogues inutiles ainsi que de personnages plats. Toutes autant qu’elles sont, les demoiselles n’ont aucune substance et il est bien difficile de s’y attacher, avec une mention spéciale pour Aluche, l’héroïne qui passe son temps à faire la gueule. Cerise sur le gâteau, le côté yuri (amour lesbien) prend ici une tournure gênante. Si le premier épisode abordait le sujet de manière plutôt pudique, ce Nights of Azure 2 : Bride of the New Moon met les deux pieds dans le plat en proposant des scénettes capables de nous mettre mal à l’aise, comme par exemple quand le docteur décide de suivre Aluche dans la piscine histoire d’observer son corps « pour la science« …

Un effort semble avoir été fait pour rendre tous les protagonistes plus consistants. Ainsi, de nombreuses quêtes annexes sont fréquemment proposées et sont destinées à approfondir les liens les unissant à Aluche, tout en creusant leur background et faisant grimper leur jauge d’affection. Mais, là encore, l’exécution est maladroite. On laisse rapidement tomber ces à-côtés tant ils se montrent inintéressants, rapidement répétitifs (à base notamment de massacres de monstres en duo) et avec des conversations qui tombent à plat. D’autant plus que toutes ces missions annexes font perdre du temps, qui représente par ailleurs un point essentiel du titre. Ainsi, chaque fois qu’Aluche sort du hub du jeu (un hôtel), une journée passe, peu importe qu’elle reste dehors deux minutes ou quinze. Et chaque jour qui passe a une incidence sur les phases de la lune, sachant que la nouvelle lune est signe de Game Over (avec la possibilité de recommencer uniquement le chapitre en cours, fort heureusement). Si battre un boss permet de grappiller un peu de temps, le timing reste tout de même assez limité et les plus frileux préféreront donc se concentrer sur l’aventure principale pour ne pas risquer de perdre de temps.

Night call

Le temps passé sur le terrain est également limité, Aluche devant rentrer régulièrement à l’hôtel afin de se reposer. Il faut donc agir vite et bien, même si dans les faits le chrono est relativement large : 10 minutes sont au départ accordées, ce qui augmente petit à petit grâce à l’expérience gagnée et aux compétences passives achetées (via un arbre de compétences par ailleurs aisé à remplir, tant les points donnés sont généreux). Ce principe est repris du premier opus, tout comme le côté action-RPG basé sur les combos, même si quelques nouveautés ont été ajoutées. L’héroïne ne se lance ainsi pas toute seule dans la mêlée puisqu’elle peut être accompagnée en permanence d’une autre combattante, chacune disposant d’un style de combat particulier (à distance, au corps à corps, plus porté sur le soin, etc.) et d’une attaque puissante spécifique, sans compter celle en duo avec Aluche qu’il est possible de lancer une fois la jauge adéquate remplie. De quoi rendre les affrontements nerveux… En théorie, toutefois. En pratique, le tout se montre affreusement lent, mou et le joueur passe le plus clair de son temps à marteler les deux mêmes boutons sans faire attention aux combos qu’il est possible d’effectuer, tout en lançant de temps à autres les attaques spéciales s’accompagnant d’une petite cutscene. La caméra folle n’aide pas, tout comme le système de lock absurde préférant en général cibler un ennemi à l’autre bout du terrain plutôt que celui à côté de l’héroïne…

Il y avait pourtant dans le premier Nights of Azure de bonnes idées. On pense par exemple à la possibilité d’Arnice, personnage principal de l’époque, de se transformer temporairement en monstre, ce qui donnait place à un gameplay un peu moins poussif. Cette idée est ici passée à la trappe, tout comme la possibilité d’embarquer avec soi quatre Servan interchangeables via des decks définis au préalable. Ici, puisqu’une seconde combattante est de la partie, les développeurs ont préféré réduire le nombre de Servan à deux et ont totalement supprimé le principe de deck (en enlevant donc au passage le petit côté stratégique que cela apportait). Le problème, c’est que certaines bestioles ont des pouvoirs spécifiques à utiliser sur le terrain. Nero peut ainsi brûler certains endroits là où Farfalla permet de sauter très haut pour atteindre des positions autrement inaccessibles. Résultat, il n’est pas rare de tomber sur un passage qu’il est impossible d’ouvrir sur le moment car le bon Servan n’est pas dans l’équipe, ce qui oblige à faire un aller-retour à l’hôtel (et donc perdre une journée) pour modifier la composition de l’équipe. Même les affrontements de boss manquent de patate et l’on peine franchement à trouver des moments vraiment épiques…

Pas franchement connu pour proposer dans ses jeux une réalisation dans l’air du temps, Gust ne déroge pas à sa règle avec un Nights of Azure 2 : Bride of the New Moon qui a clairement un bon paquet d’années de retard. La modélisation des personnages est sommaire et leurs animations extrêmement rigides, sans parler de celles du visage qui sont quasiment inexistantes. Les environnements sont génériques (alors que ceux du premier opus avaient au moins pour eux un petit côté gothique sympathique) et vides, les textures sont hideuses et les bugs de collision sont nombreux. Mais tous ces soucis ne sont rien face aux grosses chutes de framerate (en tout cas sur Switch), ce qui est relativement agaçant pour un jeu d’action. Il suffit d’avoir trois ennemis qui se bousculent à l’écran pour que la fluidité en prenne un coup, sans parler des très grosses saccades durant les attaques en duo. Bref, une honte pour un titre sorti en 2017 qui s’offre en plus le luxe de ne pas avoir été traduit en français.

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