Test de Necromunda Hired Gun (PC, PS4, PS5, One, Series X|S)


Développeur : Streum On Studio

Éditeur : Focus Home Interactive

Sortie : 01/06/2021

Supports : PC / PS4 / One / PS5 / Xbox Series X|S

CONCLUSION

Si Streum On Studio se plaît toujours à dépeindre des univers forts avec un soin tout particulier, il y a toujours un hic du côté du gameplay, sans parler des immenses errements techniques de Necromunda : Hired Gun. C’est bien beau de vouloir faire du fast FPS comme les autres, encore faut-il être capable de comprendre pourquoi ces jeux sont aussi bons. Surprise, ce n’est pas juste une question de gros flingues et de petits boyaux, mais de lisibilité et de précision. Hired Gun n’a aucune de ces deux qualités et ne propose ainsi qu’une expérience qui fonctionne sur le papier, et uniquement sur celui-ci.

Repérés en 2011 suite à la sortie du prometteur EYE : Divine Cybermancy, les Nogentais de Streum On Studio ont depuis tenté de se creuser une niche au sein de la licence Warhammer 40K avec l’appui de Focus Home Interactive. Ainsi naquit Space Hulk : Deathwing, FPS un peu balourd tourné vers la coopération (ou ce qui s’en rapproche le plus), pas forcément très bien accueilli à sa sortie. Pas de quoi empêcher Streum On de se projeter de nouveau au 41ème siècle, mais dans une autre partie de l’univers Warhammer. Au revoir les Space Marines, direction la planète Necromunda, ses environnements délabrés et ses guerres de gangs à n’en plus finir. Avec Hired Gun, la licence Warhammer 40K aurait-elle une chance de renouer avec la qualité ? C’est ce que nous allons vérifier.

Mercenaire particulier

Necromunda Hired Gun screenshot test jv24Dans le monde de Necromunda : Hired Gun, tout n’est question que de flingues, de tripes et d’argent. Le joueur incarne ici un mercenaire qui n’a pour seule vocation que la prise en charge de contrats pour engranger des brouzoufs et améliorer son équipement, pour prendre encore plus de contrats, et gagner encore plus d’argent. Et ainsi de suite jusqu’à ce que lassitude s’en suive. C’est la structure choisie pour Hired Gun, qui ne prétend pas révolutionner le monde lorsqu’il nous présente pour la première fois Martyr’s End, le hub du titre. On y croise quelques PNJ, les traditionnels vendeurs et autres artisans, ainsi que les donneurs de quêtes. En tout et pour tout, ce sont cinq ou six personnages avec qui l’on interagira tout au long de la petite dizaine d’heures que le jeu a à offrir, ainsi qu’un panneau regroupant toutes les missions disponibles.

Les missions sont regroupées en deux catégories : les missions principales, un petit peu scénarisées mais pas trop, et les contrats, absolument pas scénarisés. Entre chaque mission, on papote, puis on prend le contrat, on l’effectue, et retour à la case départ. Streum On Studio enlève le plus de gras possible pour ne garder que l’essentiel, à savoir des séquences de jeu pur et l’amélioration d’un arbre de compétences d’une aide précieuse lors des phases de shoot. En cela, Necromunda : Hired Gun n’essaie jamais d’en faire trop et se contente d’une structure certes routinière, mais surtout directe et vidée d’éléments de progression superflus, de badges, de titres. Bref, de tout ce que l’on voit dans les shooters modernes les plus pénibles à pratiquer quand on veut juste tirer dans le tas !

War Dogs

Necromunda Hired Gun screenshot test jv24Et pour ce qui est de tirer dans le tas, Streum On a pas mal d’énergie à revendre. Oubliez les patauds Archivistes de Deathwing, notre mercenaire est fait d’un autre alliage. L’agilité, c’est son crédo. Il saute, glisse, esquive et court sur les murs sans le moindre complexe, le tout à une vitesse folle. Hired Gun s’inspire directement des plus grands fast FPS, avec le reboot de DOOM en guise de chef de fil. Et si ça fonctionne au début, on se rend rapidement compte que quelque chose ne va pas. Ce ne sont pas les flingues, variés et suffisamment pêchus pour offrir quelques bonnes sensations. Ce n’est pas non plus la palette de mouvements ou les pouvoirs, qui permettent de faire à peu près tout ce qu’on veut au cœur des vastes arènes, ni les ennemis, pas plus cons que dans n’importe quel autre jeu du genre. En réalité, le problème est plus profond que ça et réside dans ce qui fait d’un bon fast FPS…un bon fast FPS. Il tient en dix caractères : la lisibilité.

Nos premières heures sur le jeu furent douloureuses, entachées par une technique scandaleuse à coups de stuttering et de chutes de framerate drastiques. Près de trois semaines ont été nécessaires pour gommer ces impairs. Pourtant, même après ce premier coup de polish, jouer à Necromunda : Hired Gun demeure un sacré challenge, la faute à une incompréhension des bases de tout bon FPS qui se respecte, ce qui est encore plus vrai quand l’action va à 200 à l’heure. Le jeu de Streum On Studio est pour ainsi dire illisible, confus jusqu’à l’extrême, rempli à ras bord de choix de couleur douteux, de viseurs mal placés et de particules envahissantes. Avant même de parler de level design, de punch et de tout ce qu’on aime dans le DOOM de 2016 et sa suite DOOM Eternal, il est important de faire un simple constat : peu importe le nombre d’ennemis, la quantité de sang à l’écran ou la nature des décors, ces deux jeux sont toujours et constamment parfaitement lisibles.

Necromunda : Hired Gun est pour ainsi dire illisible, confus jusqu’à l’extrême, rempli à ras bord de choix de couleur douteux, de viseurs mal placés et de particules envahissantes.

Necromunda Hired Gun screenshot test jv24Ce n’est pas le cas de Necromunda, qui s’amuse à balancer tellement d’éléments graphiques à la tronche du joueur qu’il en oublie de rester praticable. Chaque combat se transforme en une gigantesque orgie de balles où fumée, poussière, explosions et restes humains se mélangent pour ne former qu’une bouillie opaque que le joueur doit mitrailler au petit bonheur la chance afin de triompher. Sans compter sur les manquements de la visée assistée, qui rendent chaque salve très approximative, sur consoles tout du moins, ou encore quelques choix d’ergonomie malheureux. Quelle idée de rendre le rechargement si pénible lors de l’utilisation d’un viseur, l’un devant être interrompu avant d’utiliser l’autre ? Pourquoi avoir intégré un chien si son fonctionnement est aussi chaotique (et encore, le mot est faible) ? Necromunda : Hired Gun est rempli à ras bord de choix de ce genre, au point de se tirer une balle dans le pied en dépit d’une base technique solide pour un jeu de cette envergure.

Un petit air de Jericho

Comme la plupart des jeux issus de la licence Warhammer 40K, Necromunda : Hired Gun est artistiquement très séduisant et techniquement très surprenant. Les teintes rougeâtres, les tunnels et le caractère outrancièrement dégueulasse de la direction artistique nous renvoient de temps en temps au chouette Clive Barker’s Jericho de MercurySteam sorti en 2007. Les décors, par leur amplitude, poussent souvent à la contemplation, même si le jeu ne s’y prête pas. Les effets de lumière volumétriques leur apportent un cachet indéniable, même si le jeu retombe vite dans ses travers. Jeu “AA” oblige, les animations n’ont rien de sensationnel et transforment certaines bonnes idées, comme les exécutions directement pompées sur les Glory Kills de DOOM, en véritables calvaires. Quant à la bande originale, si vous ne faites pas partie de la grande famille des nounours du métal, nous prions pour vos oreilles !

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox Series X.

Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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