Test de Mortal Kombat 11 (PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PS4.

4K Ultra Hémodynamique

Avec au compteur 14 jeux dont 3 spin-off (sans compter les compilations), deux adaptations cinématographiques (et une en préparation), une série télévision, une web-série, une série d’animation ainsi que des comics, Mortal Kombat est une franchise qui ne semble plus nécessaire de présenter. Célèbre pour sa violence outrancière qui a fait l’objet de nombreuses controverses, la production de John Tobias et d’Ed Boon représente la part occidentale des jeux de combat depuis 1992. Même après toutes ces années et un changement de studio de Midway à NetherRealm Studios, qui a donné lieu à un petit reboot au passage, les combattants du Mortal Kombat n’ont vraisemblablement pas fini de trouver de nouvelles façons de démembrer des corps et il est apparemment inutile de revoir ses cours de SVT pour en pratiquer les techniques.

La séance de dissection se fait d’ailleurs en présence de l’Unreal Engine 3 et comme dirait Johnny Cage : “prend ça dans ta barbe”. La qualité esthétique de Mortal Kombat 11 démonte les mâchoires et envoie ses concurrents hors du tatami, le tout basé sur un solide 60 images par seconde permettant des échanges d’une grande fluidité. Le gore, la marque de fabrique de la licence, associé à la dimension burlesque de ses chorégraphies, atteint un niveau de réalisme et d’exagération qui se veut à la fois jouissif et écœurant dans le bons sens. Les animations et les jeux d’ombres et de lumières en mettent plein la rétine.

Il est tout de même déconseillé à toute âme sensible de se lancer dans une telle expérience. Les colonnes s’arrachent facilement, les boyaux prennent l’air sans hésiter et les crânes embrassent le sol sans aucune difficulté. Tout s’enchaîne sans retenue et avec brutalité. L’impact des coups est tel qu’il en devient presque un défi ne pas détourner le regard lors de certaines scènes, notamment lors des mythiques Fatalities.

Fight and Furious

Précédemment dans Mortal Kombat. Les guerriers du Royaume Terrestre, dirigés par Raiden, ont réussi à détourner les plans du maléfique Shinnok qui consistaient à prendre le contrôle de l’Earthrealm. Malgré son passage dans la Chambre du Jinsei qui lui procura une incroyable force et par la même occasion, une nouvelle forme, le Dieu Ancien déchu tomba sous les coups de Cassie Cage, la fille de Sonya Blade et de Johnny Cage. Cependant, la Chambre du Jinsei se retrouva corrompue par les pouvoirs démoniaques de Shinnok. Raiden décida alors d’y entrer à son tour afin d’absorber l’énergie maléfique. Mais, le Dieu de la foudre ne sortit pas indemne de son voyage. Il est à présent du côté obscure. L’histoire reprend ainsi alors que Shinnok est devenu l’instrument de torture de Raiden. Non contente de la tournure que prennent les événements, Kronika, la déesse et gardienne du temps, décide d’intervenir en jouant avec les lignes temporelles.

Entre voyage dans le temps et résurrection maléfique de personnages, le scénario se veut, malgré son côté très manichéen, assez complexe. Il est donc indéniable que l’histoire de ce Mortal Kombat 11 s’apprécie davantage si l’on a joué aux précédents volets, plus particulièrement au reboot de 2011, et sa suite de 2015. Mais les néophytes n’ont pas pour autant à s’inquiéter jusqu’à rebrousser chemin. Le fait de faire interagir les protagonistes principaux avec leur soi du passé offre non seulement des dialogues à l’humour très méta mais aussi quelques récapitulatifs sur certains pans scénaristiques. On s’y retrouve finalement assez facilement au milieu de tous ces conflits qui, de surcroît, sont fort passionnants à suivre. Surtout, il serait dommage de passer à côté du travail musical et de mise en scène de NetherRealm Studios qui se montre ici digne d’un blockbuster hollywoodien. Certains plans donnent lieu à des idées de chorégraphie, de cadrage et de photographie qui n’ont jamais été présentés dans toute l’industrie du jeux vidéo.

“C’est là que tu dois tomber !”

Même si le dernier quart de cette campagne, qui se clôt après 7 à 8 heures de jeu, s’essouffle un peu on sent que les développeurs ont mis du cœur à l’ouvrage. Le casting et l’univers sont tellement bien développés qu’il en devient presque dommage d’être restreint à un jeu de combat. D’autant plus que, contrairement à Mortal Kombat X, ce onzième épisode n’intègre plus de phases de QTE dans ses cinématiques. Les réfractaires de ce genre de gameplay seront sûrement ravis ; il n’empêche qu’auparavant, cela avait pour effet de diversifier un peu l’action.

A présent, la seule intervention du joueur lors des cutscenes se situe dans le choix du combattant qu’il préfère contrôler à tel ou tel moment. Mais cela reste accessoire car au-delà de changer de personnage et par conséquent l’ensemble des coups, notre choix n’a pas de réel impact sur la suite de l’histoire. La campagne est, dans sa globalité, une grande réussite et elle aurait pu gagner en intensité si les développeurs étaient légèrement sortis de leur zone de confort.

Loin d’avoir usé toutes les cordes à son arc, la série des Mortal Kombat réussit habilement avec ce onzième opus à marier à la fois tradition et innovation. Dans le fond, la structure et les fondamentaux restent les mêmes. Le joueur prend part à des affrontements dans des arènes en 2D, où il doit composer des combos à l’aide de deux touches pour les coups de poings et deux autres pour les coups de pieds, les déplacements se faisant bien évidemment grâce aux touches directionnelles ou au joystick gauche. La garde quant à elle s’actionne non pas en allant en arrière mais par le biais de la gâchette extérieure de droite. Enfin, chaque stage cache des éléments avec lesquels il est possible d’entrer en interaction pour non seulement se sortir d’une impasse mais aussi faire de gros dégâts.

Même si le dernier quart de cette campagne, qui se clôt après 7 à 8 heures de jeu, s’essouffle un peu on sent que les développeurs ont mis du cœur à l’ouvrage.

Paradoxalement, la prise en main se veut plus proche d’un Injustice 2 avec un gameplay plus lourd mais moins rigide. Le titre mélange avec maîtrise technicité et accessibilité en proposant un système de combos à la fois facile à aborder et complexe à maîtriser. Les amateurs du genre provenant d’autres écoles telles que Street Fighter ou Guilty Gears doivent toutefois s’attendre à moins de souplesse dans le timing des coups. Les combinaisons prennent une allure plus directe mais laissent place à davantage d’ouverture ce qui donne lieu à des affrontements mieux équilibrés. En soi, même le joueur ayant le dessus dans une partie n’est pas à l’abris de voir les forces se contrebalancer.

Patate de forain

Là où ça change profondément, c’est aux niveaux des mécanismes de jeu. En premier lieu, l’une des principales nouveautés de cet épisode se nomme le Fatal Blow. Derrière ce nom se cache en quelque sorte une nouvelle forme du X-Ray qui peut être déclenchée une fois par combat, lorsque notre barre de vie n’est plus qu’à 30%. Elle n’est donc pas dépendante de la jauge d’EX. Une fois les deux gâchettes extérieures simultanément enclenchées et notre cible atteinte, une magnifique chorégraphie faite de mâchoire brisée, de yeux crevés ou encore de poumon perforé, s’actionne et enlève presque un tiers des points de vie de notre adversaire. Cette option modifie extrêmement la manière d’aborder une rencontre.

Déjà présente dans Mortal Kombat X mais sous un seul exemplaire, la jauge de Super ou EX est à présent divisée en deux : une dédiée à l’attaque et une seconde à la défense. Ces barres servent respectivement à planifier une contre attaque en augmentant la puissance d’une frappe qui ira jusqu’à briser quelques os, ou à l’inverse, à s’échapper d’une mauvaise prise en interagissant avec les éléments du décors.

Encore une fois, cette gestion de l’attaque et de la défense permet, d’une certaine façon, de redistribuer les cartes et demande donc de revoir constamment notre stratégie. En d’autres termes, le gameplay a été approfondi de telle façon qu’il soit toujours possible de se défaire d’un enchaînement. Le résultat se montre naturellement meilleur avec des matchs qui se veulent, au final, plus intenses et plus funs. Et que dire des Fatalities ? Elles sont cette cerise sur la pièce montée qui apporte à la victoire ce goût si exquis.

Qui dit nouvelle itération, dit bien évidement nouveau roster. En plus de pouvoir retrouver la princesse Kitana, le cannibale par excellence Baraka, le glacial Sub-Zero et son fidèle rival Scorpion, ou encore la sanglante Skarlet, ce ne sont pas moins de quatre nouveaux challengers qui viennent s’ajouter aux 21 noms récurrents de la saga. Mais, ben que la liste des personnages jouables soit généreuse avec un total de 25 combattants, il est tout de même assez frustrant de voir que non seulement des figures emblématiques manquent à l’appel mais surtout que certaines d’entre elles sont uniquement présentées en tant que adversaire du mode histoire. Si DLC il y a afin d’enrichir le casting, il faut espérer que leur acquisition ne soit pas trop onéreuse. Quoi qu’il en soit, les fans peuvent se rassurer, le chemin sera long avant de voir toutes les facettes du casting actuel.

Les contes de la Krypte

En plus de proposer une recette qui pioche là où il faut, c’est-à-dire, dans ce qui faisait la force des anciennes productions du studio, ce Mortal Kombat 11 met les bouchées doubles sur la partie contenu. D’une part, le système de personnalisation introduit dans Injustice 2, a été revu et enrichi afin de rendre la progression moins linéaire. Chacun des 25 athlètes dispose d’une immense garde robe où peuvent être débloquée plus d’une cinquantaine de tenues et autant d’armes différentes. Dorénavant les multiples pièces de costumes et d’accessoires recueillis par-ci par-là au fil des batailles n’ont plus pour effet de modifier directement les statistiques de nos personnages histoire de ne pas rendre les versus, notamment en ligne, trop inégaux. Loin d’être de simples touches cosmétiques, nos équipements de guerriers intègrent en contrepartie des blocs, dans lesquels il est possible d’ajouter des compétences spéciales. Le joueur est donc libre de créer ses propres variantes avec un catalogue de capacités qui modifient subtilement la façon dont notre champion peut se battre.

Ce n’est pas une illusion. Cette dimension RPG qui se profile à l’horizon est bien réelle et s’intègre parfaitement au tableau de Mortal Kombat 11 avec notamment la Krypte qui pour le coup apparaît comme un petit jeu d’aventure. Les portes de la galerie s’ouvrent sur l’île de Shang Tsung et à la surprise générale, la caméra passe à la troisième personne pour laisser place à des parties de chasse aux trésors en compagnie d’un héros totalement inédit. Du Château principal aux Souterrains de Goro en passant par quelques zones secrètes, on se balade muni d’un grand marteau en évitant les pièges et en terrassant les quelques ennemis qui errent les lieux, en quête de loot afin de dépenser nos sousous dûment gagnés lors de nos violentes bagarres. Si un peu plus de challenge ou d’énigmes n’aurait pas été de trop, ce jeu dans le jeu reste tout de même plaisant à découvrir et surtout gratifiant à parcourir.

Encore une fois, cette gestion de l’attaque et de la défense permet d’une certaine façon, de redistribuer les cartes et demande donc de revoir constamment notre stratégie

En effet, une fois entré dans les entrailles de cette fameuse Krypte, il est difficile d’en voir le bout, tant il y a des choses à débloquer : skins, items de customisation, animations d’ouverture et de victoire, fatalities, brutalities, arrières plans pour notre Karte de Kombat, provocations, ou même des musiques et des concepts arts pour le mode Kollection. Et si cela ne suffisait pas, une forge a été construite au sein du domaine, donnant ainsi la possibilité au joueur de crafter des éléments de personnalisation, par le biais de formule qu’il devra préalablement dégoter à l’intérieur de coffres spéciaux.

Autant dire que de nombreuses heures attendent les courageux qui se lanceront au cœur de la maison du grand nécromancien qui pour le bonheur des fans, a été modélisé sous les traits de Cary-Hiroyuki Tagawa, l’acteur incarnant le grand méchant en question dans le film de Paul W.S Anderson. En somme, Mortal Kombat 11 ne lésine clairement pas sur les moyens pour satisfaire les joueurs en soif d’objet à collectionner. Quelque soit le mode et le résultat, nul ne sort dépourvu d’une petite récompense, si ce n’est pour ceux qui Rage Quit durant une partie en ligne. Ces derniers ont même droit à des fatalities exclusives qui pour l’occasion, ont été baptisés Quitalities.

C’est à qui le tour ?

Que l’on cherche à mettre à l’épreuves ses capacité ou simplement à collectionner l’intégralité de toutes ses merveilles, Mortal Kombat 11 n’est pas avare en mode de jeu. Outre les matchs en local et en ligne, la section tournoi et la salle d’entraînement, qui représentent en quelque sorte les standards de ce que l’on peut attendre d’une expérience de ce genre, les incontournables Tours de Kombat répondent bien évidemment présentes. Au passage, il est tout de même important de saluer le travaille effectué sur le tutoriel qui se veut profondément détaillé et permet à tout débutant de bien appréhender les bases.

En ce qui concerne les donjons, il y a d’une part les Tours Klassiques qui, en plus d’être de bons défouloirs, servent de complément narratif à la campagne principale en offrant une fois complètes un épilogue à chacun de nos héros. Avant cela, il faudra réussir à en découdre avec Kronika, l’ultime gardienne des tours, au cours d’une rencontre évolutive ; celle-ci se déroulant en quatre étapes durant lesquelles d’autres adversaires s’inviteront à la fête. Après avoir découvert le destin de toute la bande, les choses sérieuses peuvent prendre place et c’est plus exactement à l’intérieur des Tours du Temps que ça se passe.

Comme leur nom le laisse entendre, lesdites tours sont régies par des règles qui changent en fonction d’une limite temporelle. Il s’agit alors de vaincre les tenants d’une tour mais en remplissant diverses conditions. Certaines d’entre elles demandent par exemple de remporter un combat en deux rounds sans en perdre un seul ; ou de réussir à avoir la victoire alors qu’on souffre d’un handicap comme l’incapacité de se protéger. La tâche n’est simple sachant que, de temps à autre, les variantes de personnage sont imposées. Néanmoins, malgré leur côté parfois punitif, ces modalités servent grandement à diversifier l’action et à donner de quoi tester notre apprentissage.

Vous l’aurez compris, ce Mortal Kombat 11 ne manque pas d’activités. Il est en même satisfaisant de voir qu’un jeu de baston puisse se montrer aussi bien structuré et aussi complet dès sa sortie. L’équipe d’Ed Boon prouve une nouvelle fois qu’elle est une experte dans sa discipline mais aussi qu’elle n’a pas fini d’amener de la matière et de nouvelles perspectives à un genre de moins en moins exploité. On se demande tout de même où les développeurs vont chercher de telles idées de décapitations et qu’elle sera le niveau de gore pour la suite. Connaissant Dark Raiden, détenteur de toutes réponses, il dirait : “qu’il y a des destins pires que la mort”.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
Fatal Quality
8
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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