Test de Moonlighter (PS4, Xbox One, PC)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PlayStation 4 Pro, fournie par l’éditeur.

Hack & slash…& sell?!

A l’extérieur de Rynoka siègent cinq portes. Quatre sont condamnées, la cinquième n’a jamais été ouverte. C’est ce qui intrigue Will, le boutiquier du coin, destiné à raviver la flamme de la petite ville à travers son échoppe, le fameux Moonlighter du titre. Pour ce faire, obsédé par les portes, il s’aventure dans les donjons, tranche quelques monstres, récupère le loot et revient vendre ce qu’il a collecté. Deux phases de jeu distinctes pour deux expériences de jeu radicalement différentes. D’un côté, Moonlighter se la joue Binding of Isaac. D’étage en étage, Will explore des donjons rectangulaires parsemées d’embûches et ce quelque soit la porte empruntée. Les amateurs du titre de McMillen seront en terrain connu, la variété des salles en moins, la profusion du loot en plus.

De l’autre, Moonlighter devient un jeu gestion. Tout ce qui est ramassé peut être vendu aux consommateurs de passage. A ce moment-là, le joueur fixe les prix, accepte des requêtes, roule sur les visiteurs kléptomanes. Un dur labeur pour des sommes qui augmentent forcément au fur et à mesure de la progression et servent à améliorer l’établissement ou l’équipement du jeune commercial. Si le concept est amusant au début, cette logique d’accumulation et de réinvestissement est le véritable talon d’Achille du titre de Digital Sun. Chaque donjon est construit de la même façon, tout comme chaque retour au bercail. On avance, on récupère, on revient, on revend. Et rebelote. Jusqu’à ce qu’on bloque. Le farm commence, on investit l’argent pour améliorer l’équipement et on recommence. On avance, on récupère, on revient, on revend. Et ainsi de suite.

Le problème est simple : Moonlighter n’a tout simplement pas de cœur.

Pour un concept aussi original, le jeu manque avant tout de surprise. Il n’y a rien de plus redondant que la routine d’un vendeur et ça, le jeu l’illustre très bien. On fait toujours la même chose, passant dans les mêmes salles, affrontant les mêmes ennemis déclinés en une poignée de variantes. Si encore le gameplay était satisfaisant, la pilule aurait pu passer. Ou encore un véritable challenge. Mais même pas. L’éventail de coups disponibles est rachitique tandis que les quelques boss n’offrent que peu de résistance une fois l’astuce comprise. On se surprend même à vaincre le dernier boss plus facilement que le premier, c’est dire ! Idem pour la partie gestion, qui n’amuse qu’un temps. Une fois le bon prix trouvé, le joueur se contente de placer les items sur les étagères avant d’attendre qu’un badaud passe et achète lesdits items.

Le problème est simple : Moonlighter n’a tout simplement pas de cœur. En tâchant d’être le plus équilibré possible dans ses phases de jeu, le titre en oublie d’être fun. Chacun des deux segments est au mieux sympathique au début, puis irritant sur la fin. C’est d’autant plus dommage que Moonlighter bénéficie d’un enrobage extrêmement séduisant. Ses graphismes tout en pixels font preuve d’un charme fou et sa bande originale ne manquera pas de faire voyager les plus aventureux.

 

 

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