Test de Monster Hunter : World (PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur PlayStation 4 Pro, fournie par l’éditeur.

La chasse sauvage

Avec son titre on ne peut plus explicite, Monster Hunter exprime ses intentions nouvelles dès l’écran titre (pour ne pas dire la jaquette) : qui dit « nouvelles » consoles dit nouveau monde. Et par monde, on entend débridage. Sans non plus succomber aux douces mamelles de l’open world moderne, ce Monster Hunter prend une sacrée dose de liberté(s). Les zones prennent de l’ampleur et les chargements disparaissent, au profit d’une expérience plus flexible et moins hachée. Depuis le hub, prenant la forme d’un village nommé Astera, le joueur a accès à tout ce qui vient enrober le cœur du jeu. Forger et améliorer ses armes et armures, préparer son petit casse-dalle à la cantine, répertorier la faune et la flore du Nouveau Monde, il y a déjà de quoi faire sans même basculer dans l’une des cinq zones que le jeu propose. En revanche, à partir du moment où le joueur sélectionne une quête, on bascule dans ce qui fait de Monster Hunter : World un vrai Monster Hunter.

Si la forme a changé, le fond reste peu ou prou le même. Il est toujours question de mettre une misère à des monstres uniques de plus en plus gros, seul ou à plusieurs. Encore faut-il les débusquer. Il ne suffit pas de claquer des doigts pour commencer à éviscérer son premier Barroth, loin de là. Chaque combat demande tour à tour préparation et traque. La préparation passe par le bon choix d’équipement, la concoction d’une flopée de potions et autres consommables, et l’étude de la zone jouée. Parce qu’elles ne sont pas toutes identiques et proposent toutes des conditions de jeu différentes, qu’il s’agisse de pièges ou tout simplement des possibilités offertes par leur écosystème. Une fois prêt (depuis Astera ou l’un des camps proposés par chaque zone), le joueur peut se mettre en route et suivre ses Navicioles.

Equivalent bio d’un GPS, les Navicioles sont à la fois les yeux et les oreilles du joueur dans le Nouveau Monde. Elles repèrent les traces, soulignent les collectibles et facilitent grandement la recherche des monstres à chasser. Trop peut-être ? Difficile à dire. Les anciens risquent de crier à l’hérésie en voyant ces petites bestioles évincer leurs errances passées. Il est devenu littéralement impossible de peiner pour trouver une cible et si les nouveaux venus apprécieront, ça ne sera pas au goût de tout le monde. Néanmoins, il y a tellement de choses à voir et à collecter dans Monster Hunter : World que leur omniprésence relève plus du détail. Plutôt que de dire « faciliter », on serait même plutôt tenté de dire qu’elles enlèvent surtout tout le gras dispensable des précédents opus, pour se concentrer sur ce qui fait le sel d’un Monster Hunter, c’est-à-dire quand ça charcle.

Killing monsters

Quatorze catégories d’armes, au moins autant de possibilités pour tailler/cogner/flinguer du lard : la patte Monster Hunter est bien là, plus resplendissante que jamais. Même le plus petit boss est capable d’offrir des affrontements dignes de ce nom. Que dire alors lorsque la taille des monstres devient déraisonnable et que la puissance de l’équipement augmente au fur et à mesure des victoires ? Grisant. Ça l’est d’autant plus que le moteur du jeu retranscrit de fort belle manière le gigantisme nécessaire à l’appréciation d’un Monster Hunter de salon. Oui, le jeu est beau. Il n’est pas forcément très fin et certaines textures font clairement tâches, mais il est impossible de ne pas être satisfait du rendu global des zones, des armures et surtout des monstres, plus majestueux et vivants que jamais.

Pour les plus solitaires, Monster Hunter : World est déjà fun. Il n’est pas obligatoire de s’entourer de trois autres gus pour s’amuser un minimum. Par contre, l’expérience multijoueur est assurément plus puissante. Sachant que le multijoueur est d’une stabilité exemplaire, il serait dommage de se priver même si le système a ses faiblesses liées à la nature du jeu plutôt qu’à un vrai souci de conception. Autre point qui pourrait fâcher, on sent que Monster Hunter : World se retrouve un peu le cul entre deux chaises. Aussi jouissif soit le cœur du jeu, il est difficile de contenter à la fois les anciens et les nouveaux venus. Les vieux briscards devront faire avec les simplifications apportées au titre par Capcom, sans pouvoir retourner à une expérience plus « brute », tandis que les nouveaux devront s’habituer à lire des dizaines de tutoriels afin de comprendre toutes les subtilités de la licence.

L’interface, plus légère, n’en est pour autant pas devenue lisible. Les informations envahissent rapidement le HUD et il est parfois difficile de s’y retrouver. Quand en plus il faut digérer tout le contenu offert par le jeu, ses possibilités et ses mécaniques, on frôle vite la crise de foie. On reste tout de même admiratifs face au chantier monstrueux entrepris par Capcom avec cet opus. L’expérience globale a finalement été bien peu altérée, tout en permettant à toute une fournée de débutants d’embarquer pour de nouvelles aventures. Et ça, c’est beau.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
COMME UN URAGAAN
8
Kurutchin
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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