Test de Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin (PC, Switch)


Développeur : Capcom

Éditeur : Capcom

Sortie : 09/07/2021

Supports : PC / Nintendo Switch

CONCLUSION

Si avec World et dernièrement Rise, Capcom assurait sa licence de chasse aux monstres au rang de référence, avec Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin, le studio prouve qu’il maîtrise son sujet. Au point de pouvoir en transposer la formule vers un autre genre. Armé d’un contenu fort copieux, d’un système de combat profondément solide, d’un univers toujours plus enchanteur et d’une direction artistique pimpante, le jeu n’a pas de mal à se placer parmi le haut du panier des Pokémon-like. Oui, les défauts inhérents à cette sphère du RPG tiennent toujours leur poste et la fluidité technique ne se montre pas sous son meilleur jour sur Switch. Mais après un petit moment à dos de Monstie, on comprend vite que Wings of Ruin est un animal dont il est difficile de refuser la compagnie. D’autant plus en tant que fan de la série.

En ce juillet 2021, les monstres sont une nouvelle fois de sortie du côté de chez Capcom. Après les monstrueuses abominations scientifiques de Resident Evil 8 Village, le retour des entités fantastiques de Ghosts’n Goblins Ressurection et les créatures animaloïdes de Monster Hunter Rise, la studio japonais a décidé de faire éclore de son terrier une nouvelle expérience dédiée à la chasse aux monstres. Quoique pour exact, il sera davantage question ici de les capturer. Un arsenal confectionné à base de chairs et d’os, des combats réglés à coups de Pierre-Feuille-Ciseaux et une histoire de fléau où résonne le pouvoir entre potos, l’heure est venue de rendosser la casquette de Rider dans Monster Hunter Stories 2 : Wings of Ruin.

C’est l’histoire d’un chasseur …

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchCela peut paraître étonnant, mais il en a fallu du temps avant que la saga de chasse aux monstres de Capcom puisse jouir de la popularité en Occident qu’on lui connaît. Avant de mettre tout le monde d’accord avec Monster Hunter World, la licence s’est forgée un catalogue aux visages multiples. Du simple jeu de cartes au Animal Crossing-like, en passant par le tactical-RPG ou encore le puzzle-game, elle est loin l’époque de la PS2. Pour autant, parmi ces exercices de genres, peu d’élus ont pu franchir les frontières nippones.

La bataille n’était pas aisée, mais c’est bien l’un de ces titres qui aura droit à la suite dont il est question ici. C’était en fin d’été 2017 sur Nintendo 3DS et il prenait le nom de Monster Hunter Stories. Ceux étant passé à côté de ce dernier peuvent se rassurer, il n’est aucunement nécessaire d’y avoir joué pour comprendre ce second volet. Bien que le chiffre 2 peut laisser penser le contraire, l’indépendance des épisodes n’a, jusqu’à présent, jamais été rompue, et la sous-famille des Stories n’est pas là pour faire exception.

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchUne prêtresse chantant de sa voix douce et enchanteresse un récit passé, entourée de musiciens et comédiens venant répondre à ses paroles, par le son de leurs instruments et la danse de leur bâton de feu, les festivités battent leur plein au village de Mahana. Pendant ce temps, une mystérieuse fille fuit à travers les bois des soldats de l’armée locale. Prise par la hâte et la détresse, elle chute dans sa course, avant de se retrouver face au Rathia Gardien, vénéré telle une divinité sur l’île de Hakalo. Tous les deux semblent bien se connaître. C’est alors que le monstre lui cède un œuf. Suite à quoi, des faisceaux de lumière rouge apparaissent à travers le monde. Troublé par un tel événement, le dragon divin prend alors les airs et disparaît dans le ciel, emportant avec lui tous les autres Rathalos du globe.

La dimension narrative de ce second Monster Hunter Stories s’attribue un espace beaucoup plus important qu’au sein des épisodes dits classiques.

Bienvenu à Hakalo

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchC’est au milieu de ce contexte trépidant, et qui plus est dans la peau du petit-fils ou de la petite-fille de Red, le grand héros de Hakalo et maître du Rathia Gardien, que prend place le joueur. Débutant en tant que Rider novice, il va au préalable devoir passer l’initiation des grands chevaucheurs. Sa mission : enquêter sur ces phénomènes qui semblent altérer l’état psychique des monstres locaux. Loin d’être de tout repos, ce voyage initiatique va notamment le mener à la rencontre de l’énigmatique jeune fille. Les présentations aussitôt faites, celle-ci va lui remettre le fameux œuf ainsi que la gemme d’amitié de son ancêtre. Mais qui est réellement cette inconnue ? Que renferme cet œuf ? Quel destin attend notre héros au cours de cette aventure ?

Comme le laisse entendre son titre, la dimension narrative de ce second Monster Hunter Stories s’attribue un espace beaucoup plus important qu’au sein des épisodes dits classiques. Si dans le fond l’histoire demeure dans les standards des JRPG, la forme s’accorde une mise en scène (doublée d’un rythme) qui ne manque pas de grandeur et d’intensité. Et pour le coup, le scénario a beau être davantage central, le gameplay ne s’en trouve aucunement desservi, bien au contraire. La teneur des parties de chasse est certes plus posée. Néanmoins, en ce qui concerne leur syntaxe, la profondeur qui s’en dégage, prend littéralement aux tripes. Transposer un système en temps réel dans une architecture de jeux de rôle n’est pourtant guère une mince affaire, d’autant plus au regard de ce que représente un Monster Hunter en termes d’action. Si la mission avait déjà été amplement accomplie par les développeurs en 2016 sur Nintendo 3DS, la formule se trouve ici des nouveautés qui font encore une fois toute la différence.

Wings of the Wild

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchAprès une introduction quelque peu longuette, mais pas moins engageante, il est temps de mener notre quête. Les sens affûtés et la lame aiguisée, le protagoniste est ainsi appelé à faire la tournée des villages, à la recherche de la vérité. Mais bien évidemment, c’est tout un monde sauvage qui l’attend là-dehors. Entre les Aptonoth se reposant docilement à l’ombre, les inoffensifs Larinoth savourant leur repas de feuillages et les Velocipreys sillonnant à travers le doux pâturage, il ne faut pas aller bien loin pour voir qu’il s’agit bien là d’un Monster Hunter. Au milieu de ce décor qui se donne des airs de Isla Nublar, l’invitation à l’exploration se fait difficilement refusée.

Lorgnant du côté de Breath of Wild ou Genshin Impact, la patte artistique aide en toute évidence à mettre dans l’ambiance et à camoufler le retard technique. Le RE Engine manque malheureusement à l’appel et à préférer céder sa place à l’Unreal Engine. Ce qui peut plus ou moins expliquer les baisses de framerate et les sauts d’affichage observés en mode docké. Mais au-delà de ces petites zones d’ombre, chaque environnement réussit à transmettre un réel souffle exotique. Entre les falaises à escalader, les points d’eau dans lesquels faire trempette et le ciel bleu à potentiellement embrasser, l’envie de fouler chaque recoin se montre naturellement d’elle-même. Bien évidemment, au centre de tout ce spectacle, se place la faune qui, à chaque mouvement, ne manque pas d’éveiller une profonde curiosité.

L’œuf ou la Pukei ?

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchCependant, avant d’engager pleinement le contact, il convient d’évoquer un des sujets piliers de ce Monster Hunter Stories 2. Pouvant être herbivore ou carnivore, poilu ou écaillé, ailé, aquatique ou totalement terrestre, il s’agit bien évidemment des Monsties. À l’instar d’un maître Pokémon dans la série éponyme, le Rider est amené au cours de son expédition à former son équipe de monstres de compagnie. Mais contrairement à la marque de Game Freak, le dresseur version Capcom n’est pas soumis au fameux choix du starter. Pour établir son équipe, il doit avant tout procéder à la cueillette des œufs avec un Monstie attribué. Sans attendre la Pâque, il est donc invité à rejoindre la tanière d’une créature afin d’en récolter la progéniture, ou ce qui semble bien servir de futur repas au propriétaire du domaine.

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switch

Plus concrètement, ces lieux de résidence se présentent sous la forme de petits donjons générés de manière procédurale. Souvent occupés par diverses espèces, ils regorgent de trésors et ressources en tout genre. Le but est d’en rejoindre le bout, ou autrement dit, le nid de la bête, où se cachent une poignée d’œufs. Dans l’ensemble, le principe du prédateur qui remonte la piste jusqu’au point de retraite de sa proie fonctionne plutôt bien. Certes, l’architecture des cartes aurait mérité plus d’inspiration, histoire d’éviter une certaine redondance. Mais heureusement, le level-design est encore une fois là pour générer une réelle attraction avec ses reliefs renouvelés aléatoirement. Que ce soit au moment d’en franchir les portes ou d’en sortir, ces cavernes et autres labyrinthes mettent la surprise au centre de leur découverte. Ce qui signifie qu’y dénicher la perle rare est loin d’être une mince affaire.

L’omelette ou les œufs brouillés ?

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchAvant de prendre la poudre d’escampette avec notre trouvaille en poche, une dernière tâche reste à accomplir : déterminer l’espèce du familier potentiel en fonction de la couleur de la coquille et ses prédispositions, de par son odeur et son poids. C’est d’ailleurs à ce moment qu’intervient Navirou, notre mascotte Palico (Felyne) attitrée. De nature fort bavarde, la petite boule de poils aux traits félins tient essentiellement le rôle de guide au cours du périple. Entre blague et drôlerie, il est toujours prêt à donner quelques conseils de bonne augure, et notamment en ce qui concerne les Monsties. Sachant qu’il n’est possible d’embarquer qu’un seul œuf à la fois, et que le nombre de tirage est limité, il y a tout à gagner d’écouter ses indications afin de tomber sur la meilleure pioche possible.

Dans certains cas, il est même possible que le gardien des lieux ait décidé de s’offrir une sieste juste à côté de sa portée. Ce qui crée une petite tension supplémentaire puisqu’à tout moment notre intrusion peut le sortir de son réveil et ainsi lui donner une raison de venir nous croquer le museau. Passons d’ailleurs, à présent, à ce qui différencie véritablement ce Wings of Ruin d’un World ou dernièrement d’un Rise : les combats. Alors que la plupart des franchises tendent à vouloir se convertir vers une action en temps réel, la branche des Monster Hunter Stories prend le chemin inverse et s’engage auprès du bon vieux système en tour par tour tout en s’accolant une structure en Pierre-Feuille-Ciseaux des familles.

Ruff Rider

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchTantôt en duo, tantôt en quatuor, aux côtés de notre Monstie et/ou d’un PNJ, lui-même accompagné de sa monture, les affrontements se déploient sur une grille en trois dimensions, voire quatre selon l’acabit de l’opposant. D’une part il faut préalablement veiller à avoir le bon Monstie en fonction notamment du type d’attaque qu’il privilégie. Car une fois sur le terrain, celui-ci agit de manière quasi autonome. Les seules interactions avec lui sont l’application d’objet de guérison, le lancement de compétences spéciales et une mise en selle permettant d’exploiter les liens d’amitié entre monture et chevaucheur. Après quoi, il faut préparer son offensive en optant soit pour la force, soit pour la vitesse, soit pour la technique, sachant que chaque coup bat un autre conformément au modèle du Chifoumi.

Vient ensuite le choix de l’arme. Grande épée, Lames doubles, Cor de chasse, Morphohache ou encore Fusarbalète, il y en a pour tous les goûts ; l’objectif étant de détecter le jouet qui déjouera au mieux la défense de l’adversaire. Il y a ceux qui priment sur la puissance brute, ceux qui tranchent et ceux misant sur des dégâts élémentaires. Enfin, l’une des nouveautés de ce Wings of Ruin est la possibilité de viser un segment spécifique du corps des grands monstres. Un Pukei-Pukei a par exemple la manie de balancer du poison avec sa queue. Concentrer notre assaut sur celle-ci est par conséquent la marche à suivre la plus efficace afin de briser les forces de la bête et ainsi la dominer.

Le Choc des Titans

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchSans aller jusqu’à révolutionner le genre, le tableau offre une dynamique et un cadre stratégique des plus captivants. Non seulement il demande une bonne connaissance des 135 spécimens inscrits au bestiaire (sans compter les variantes), mais impose également une cadence qui requiert toute l’attention du joueur. En ce sens, la partition peut changer à tout moment de tonalité. N’ayant pas pour habitude de se laisser facilement dompter, les gros gibiers entrent parfois en mode rage. Dès lors, leur comportement prend une autre direction et leur puissance, un degré plus élevé, ce qui signifie de revoir entièrement son plan. En outre, des petits QTE viennent de temps à autre ponctuer la lutte avec des animations qui ne manquent pas de faire penser aux dernières échauffourées cinématographiques de Godzilla et Kong.

Sans aller jusqu’à révolutionner le genre, Monster Hunter Stories 2 offre une dynamique et un cadre stratégique des plus captivants.

Régler la balance en installant des pièges environnementaux, faire monter la température en organisant une frappe combinée et en jouant des habilités de notre escouade, ou encore chevaucher son familier histoire de prendre véritablement l’ascendant, les possibilités tactiques sont colossales. Qui plus est, aucune bataille ne prend la même forme. Dans certains cas, il s’agit même de se confronter à d’autres Riders renégats. Si au début, le temps d’assimiler l’étendue des mécaniques est laissé à chacun, une fois le prologue passé, le challenge n’est jamais loin et peut même s’avérer assez féroce.

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchMieux vaut ne pas se laisser posséder par le cadre enfantin du safari, au risque de rapidement tomber face à la complexité de certaines rencontres (le PEGI 7 ne semble d’ailleurs pas des plus adaptés.) Et c’est notamment à travers cette difficulté que se retrouve tout l’intérêt autour de l’équipement à fabriquer et optimiser. À ce titre, les néophytes auront vite fait de comprendre qu’assouvir son instinct de looteur est une pratique essentielle au sein d’un Monster Hunter. Tout élément ramassé a son utilité, notamment dans la fabrication des armes et armures, la combinaison de recettes curatives ou l’élaboration d’outils d’altération. Et quand bien même, un butin de traque ne correspond pas à un de ces emplois, il peut toujours se vendre à bon prix auprès d’un vendeur et autre commerçant.

Jurassic Perk

L’engouement de retourner au bercail, après un long périple, et de confectionner son nouvel attirail avec tout son gain de pillage est toujours aussi présent. Et à cela s’ajoute désormais le plaisir de pouvoir gérer ses Monsties. L’une des particularités de ce second épisode est d’ailleurs la possibilité de pouvoir jouer les John Hammond au sein de son écurie. Outre de les faire évoluer en niveau – au même titre, d’ailleurs, que notre héros, nos amis monstres disposent de gènes pouvant être transmis. Manipuler la génétique de nos troupes sert notamment à booster leurs compétences, voire créer des êtres polyvalents.

Vous vous demandiez comment l’Indominus Rex pouvait se rendre invisible tout en modifiant sa signature thermique dans Jurassic World ? Attendez de voir un Lagiacrus, un Léviathan vivant dans l’océan, cracher du feu, ou un Astalos, une Wyverne volante, associer ses capacités électriques à une parade glaciale. Il ne faut en tout évidence pas chercher le sens scientifique dans toute cette entreprise, la substance étant avant tout d’être le plus monstrueux sur le terrain.

La vie trouve toujours un chemin

Monster Hunter Stories 2 Wings of Ruin screenshot test nintendo switchMême constat que pour son prédécesseur Rise, le contenu fourni dans ce deuxième Stories est d’une densité titanesque. Entre les missions annexes, les épreuves en arène, les capsules à récupérer afin de gagner des items spéciaux, et les nombreuses médailles de chasse à gagner, les heures de chasse ne se comptent pas. Ne serait-ce que pour arriver au bout de la trame principale, il faut prévoir une bonne cinquantaine d’heures. Car une fois encore, le lancement du générique n’augure pas la fin de l’aventure.

À l’image de l’opus World et son île de Fief Glorieux en post-game, Wings of Ruin propose de continuer le voyage dans une zone complémentaire, appelée la Tanière des Anciens, remplie de boss exclusifs. Tout cela ne s’arrête pas là puisque des mises à jour sont d’ores et déjà prévues pour les trois prochains mois. Des nouveaux défis à relever et des bestioles inédites à capturer ainsi qu’une liste de quêtes à faire en coop devrait donner de quoi entretenir la flamme pendant un bon moment. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucun doute que les amoureux de la saga peuvent ressortir leur grande épée ou leur marteau fait de fémur, et répondre pleinement à l’appel de l’aventure.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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