Test de Monster Hunter Rise (Nintendo Switch)

Développeur : Capcom

Éditeur : Capcom

Sortie : 26/03/2020

Supports : Nintendo Switch

CONCLUSION

Tel un fauve libéré de sa cage, les crocs baveux, les narines fumantes et les yeux rouges sang, Monster Hunter Rise est prêt à tout massacrer sur son passage, et il en a la force. Son prédécesseur aurait pu lui dissuader de défier sa trajectoire. Pour autant, le petit dernier de la famille suit sa course et réussit avec brio à harmoniser la technicité des épisodes d’origine et le dynamisme de l’ère World. Entre les activités inédites à faire en solo ou en multi, et le contenu qui évolue en parallèle des mécaniques de gameplay, les heures de chasse ne se comptent véritablement pas. D’autant plus que Capcom a prévu d’enrichir régulièrement le menu de nouveaux plats gratuits. En revanche, pour profiter pleinement de l’aventure, il faudra passer outre la redondance relative du concept et les tares ergonomiques que se traîne la série depuis le début. Mais rester sur ces points serait manquer un joyau. Techniquement exemplaire pour la console de Nintendo et artistiquement captivant, Monster Hunter Rise est indéniablement une référence dans son genre.

Quel que soit le domaine, concevoir l’après d’un succès à la fois critique et commercial n’est pas un travail évident. Exposer une nouvelle direction, ou ne serait-ce que sa propre vision, tout en répondant à l’exigence des fans ; nombreux sont ceux dont l’ambition dépasse leurs moyens, ou qui se perdent tout simplement dans leurs idées. Il va ainsi de soi que, lorsque Capcom a annoncé un nouvel Monster Hunter, baptisé Rise, la direction des viseurs était tout indiquée. L’interrogation première qui faisait bouillir les esprits était de savoir ce que le studio japonais allait bien pouvoir proposer à la suite de l’excellent diptyque que World / Iceborne. A présent, la chasse est ouverte. Le temps est ainsi venu de découvrir ce que ce monstre exclusif à la Switch a dans le ventre.

L’Ascension des Monster Hunter

S’enraciner pour mieux s’élever, telle est la maxime qui aurait bien pu orner les portes d’entrée du monde de ce Monster Hunter Rise. Plus de trois ans auparavant, Capcom libérait un véritable Kaiju sur la sphère vidéoludique, dont le pas à fait trembler un grand nombre de cœurs du côté occidental. Avec plus de 16 millions de ventes à travers le monde, Monster Hunter World (et 6,6 millions pour Iceborne) a aujourd’hui dévoré le trône en tant que jeu le plus vendu du studio, devant les Resident Evil et autres Street Fighter.

Monster Hunter Rise screenshot testDu haut de ses 17 ans, la franchise a ainsi réussi l’exploit de faire adhérer un grand nombre de chasseurs à sa cause, mais néanmoins pas toujours sur le même diapason. Entre les épisodes classiques, les Generations et dernièrement World, plusieurs écoles se dessinent au sein de la famille des chasseurs de monstres. Ceci dit, la subdivision communautaire semble n’avoir pas manqué aux développeurs. Car s’ils avaient le choix de poursuivre sur l’axe grand public initié par World en 2017, les maîtres chasseurs de la firme d’Osaka ont préféré s’investir d’une mission plus profonde : rallier le Vieux Monde au Nouveau, marier les origines avec le futur, concilier les générations. Afin de mener à bien cette lourde tâche, voilà que naît en exclusivité sur Nintendo Switch, Monster Hunter Rise.

Bienvenue à Kamura

Monster Hunter Rise screenshot testComme l’expose plus ou moins la tradition, au sein du clan des Monster Hunter, la narration se dessine avant tout à travers l’univers proposé. En ce sens, il ne faut pas attendre d’un MH une intrigue complexe, mais avant tout un lore étoffé et des personnages haut en couleurs. Après une longue et complète séance de création d’avatar, notre héros se réveille à l’intérieur des murs du village de Kamura, célèbre notamment pour sa forge et son légendaire acier Tatara. Construit au milieu de verdoyantes vallées, elles-mêmes enlacées par de majestueuses chutes d’eaux, il représente l’une des destinations préférées des chasseurs et des touristes du continent.

Toutefois, son cadre chaleureux et son ambiance paisible sont loin d’être à l’abri de toute menace. En effet, après un demi-siècle de tranquillité, la Calamité est sur le point de frapper à nouveau. Inspiré de La Parade Nocturne des 100 démons (ou Hyakki Yakô) du folklore japonais, la Calamité est un phénomène durant lequel une centaine de créatures chimériques apparaît et annihile tout sur son passage. Fugen l’Ancien, le chef de la cité, convaincu du potentiel de notre héros, commande celui-ci de bien vouloir enquêter sur le mal qui se profile, tout en empêchant qu’une telle tragédie se produise.

Monster Hunter Rise screenshot testVous l’aurez sans doute compris, la bourgade de Kamura se présente, à l’instar d’Astera de World, ou Seliana de Iceborne, comme le hub central du jeu. Tout en bénéficiant d’une atmosphère bucolique par son architecture médiévale fantastique nippone qu’on croirait sortie de l’imaginaire de Miyazaki, les lieux jouissent d’un patrimoine artisanal et culturel sans égal. Outre d’y découvrir son art de la sidérurgie précédemment cité, il est possible d’y manger de savoureux mets à sa cantine, de prendre du bon temps dans son salon de thé, de faire plein d’emplettes à son marché, de se durcir le cuir à son terrain d’entraînement ou encore d’adopter un nouveau compagnon d’aventure à sa pension animalière. En somme, tout bon tueur de monstres pourra trouver son bonheur dans ce nouveau quartier général afin de se préparer confortablement entre ses missions.

Nature & Découvertes

Avant d’être marquée par la mère des révolutions technologiques qui donna naissance à l’ère néolithique, l’humanité avait pour principal moyen de subsistance, la chasse, la pêche et la cueillette. Si aujourd’hui, ce temps est révolu pour une majeure partie de nos peuples, l’héritage paléolithique n’a toutefois pas fini d’inspirer notre sphère culturelle, et justement celle des jeux vidéo. Il suffit de jeter un œil à la ribambelle de jeux de survie qui voit le jour chaque année, ou aux indénombrables licences intégrant des mécaniques de loot sauvage à leur gameplay, pour comprendre que l’heure est aux chasseurs-cueilleurs. Mais offrir à son game design une approche primitive n’est pas une mince affaire. En ce sens, peu d’expériences peuvent véritablement se vanter d’explorer en profondeur une telle direction autant que celle des Monster Hunter. Depuis le premier épisode sur PS2, en 2004, Capcom a effectué une déstructuration complète du genre pour en puiser toute la quintessence, où seul ce qu’offre la nature compte.

Peu d’expériences peuvent véritablement se vanter d’explorer en profondeur une telle direction autant que celle des Monster Hunter.

Monster Hunter Rise artworkSe nourrir, se renforcer, se vêtir ou tout simplement se soigner ? L’unique voie possible est de connaître son environnement, auquel cas, le danger s’imposera en tant qu’invité star à la fête. Il n’y a pas d’expérience à accumuler, ni de compétence à débloquer, du moins concernant notre chasseur. Toute notre progression dépend de notre matériel de chasse. Dès le départ, quatorze types d’armes, classées elles-mêmes en trois grandes familles (les coupants, les contondants et les projectiles), sont mis à disposition de manière à donner libre choix au joueur d’adopter son propre style de combat. Par exemple, la morpho hache ou le grand glaive font certes plus de dégâts que le duo épée / bouclier, mais ils se montrent évidemment, en contrepartie, plus lents à manier. En parallèle, un bon chasseur se juge non seulement par son arme, mais aussi, bien évidemment, par son armure. De ce côté, cinq pièces sont à gérer, sachant que chacune d’entre elles a sa propre défense et résistance élémentaire, ainsi qu’un ensemble de propriétés spéciales.

Monster X Monster

Monster Hunter Rise screenshot testEncore une fois, pour les néophytes qui viennent d’obtenir leur permis de chasse, il faut bien avoir en tête que l’objectif principal d’un Monster Hunter n’est pas tant d’arriver au bout du scénario, qui n’est en soi qu’un petit prétexte, mais bel et bien d’acquérir le meilleur équipement possible. Pour répondre à cette ambition, il faudra ainsi exploiter les matières premières que sont la flore et surtout la faune du Vieux Monde. Les missions soumises par la guilde et les autres habitants de village vont d’ailleurs dans cette direction puisqu’il s’agira entre autres d’aller récupérer des collectibles ou de tuer de méchantes bestioles. En ce sens, le concept ne change pas, ce qui peut paraître, au premier abord, assez convenu. Mais ce serait mettre de côté tout le caractère évolutif du gameplay et même de manière globale, la profondeur du game design. D’ailleurs, ce MHR a des arguments qui, au-delà d’illustrer le propos, méritent plus qu’un détour, à commencer par son level design.

À l’instar du grand frère World, les maps sont entièrement ouvertes et proposent un écosystème richement interactif. Puiser dans le nectar d’une Vitaguêpe pour se soigner, libérer les phéromones d’un Tricktoad en titillant son ventre de manière à créer un leurre, déranger un Tissinsecte afin d’augmenter temporairement sa défense, ou encore capturer un Escuregot dans l’optique d’utiliser ses vapeurs curatives ultérieurement, encore une fois, une bonne stratégie passe en premier lieu par une bonne exploitation des espèces et autres formes de vie dites endémiques qui résident au sein des différentes régions.

Monster Hunter Rise screenshot testEn second temps, un bon chasseur doit aussi avoir une bonne connaissance topographique de son terrain d’activité. Ceci est d’autant plus vrai que les paysages de Monster Hunter Rise se montrent davantage élevés en relief, offrant ainsi une dimension verticale plus imposante et surtout structurée qu’auparavant. Une solide condition physique est de rigueur, ce qui veut dire gérer intelligemment sa barre d’endurance au risque de se retrouver rapidement dans les choux au cours d’une rencontre.

L’Attaque des Titans

Monster Hunter Rise artworkPour aider à ne faire qu’un avec son espace, le Filoptère fait sa grande entrée, ou du moins vient remplacer la fronde grappin des deux derniers volets. Identifiable par la robustesse de son fil de soie qu’il est capable de sécréter à plus de deux mètres, le mignon et éclatant insectoïde affiche une liste alléchante de possibilités pour tout prédateur qui souhaitent adjoindre un élan acrobatique à leur pratique martiale, ou qui cherchent simplement à terrasser une falaise un peu trop escarpée. Une bonne phase d’entraînement s’impose tout de même afin de pouvoir dompter la petite bête convenablement, sachant qu’elle-même en parallèle requiert un temps de recharge après chaque utilisation.

Mais la véritable innovation apportée par le Filoptère est la possibilité de prendre le contrôle de sa cible. Baptisée la chevauchée de Wyverne, cette mécanique se déclenche après avoir enchaîné un certain nombre d’attaques de Lien de soie. C’est une fois la proie suffisamment blessée que la montée est possible. Si un tel principe était déjà présent dans les précédents titres, il permet désormais de combattre d’autres monstres, et ainsi créer un vrai clash des titans entre deux créatures. Cependant, jouer les marionnettiste peut aussi bien se montrer bénéfique que pernicieux, étant donné que notre bête de selle peut après un temps donné se libérer de notre entrave. Résultat : la bataille à mener sera double.

Un chasseurs sachant chasser avec son Chumsky

Monster Hunter Rise screenshot testLa seconde des nouveautés majeures de MHR se situe au niveau effectif puisque les parties de chasse ne se font plus seul ou en duo, mais bel et bien en trio. Si auparavant, seuls les Palicos faisaient office de compagnon, à présent, notre chasseur peut compter sur un deuxième fidèle acolyte poilu, à savoir un Chumsky (ou Palamute en VO). Personnalisables de la tête aux pattes, ces adorables Canynes ont suivi un entraînement spécial à Kamura, faisant d’eux non seulement des combattants hors pairs, mais aussi d’athlétiques montures. Chevaucher votre toutou permet d’atteindre une destination en un rien de temps, tout en accédant à des endroits de base impraticables à force d’homme, et cela sans même consommer aucune endurance. En somme, il se présente comme l’allié rêvé pour tout bon chasseur. Bien évidemment, pour tirer profit de l’entièreté de ses capacités, il ne faudra pas négliger la préparation de son équipement. Notre camarade dispose de toute une panoplie de gadgets qui ne demandent qu’à être améliorés.

Tout comme le développement de notre chasseur, celui de nos équipiers à poils est quasiment sans limite.

Il en va pour tout membre de l’équipe dite Pilpoil. Car contrairement au héros principal, nos partenaires de chasse évoluent en gagnant des points d’expériences tout au long de l’aventure. Outre d’augmenter leurs performances de combat, monter en niveau sert à débloquer des habilités et/ou talents spéciaux, ce qui ne manque pas d’étendre encore une fois la sphère tactique. Une fois rentrés de missions, nos Palicos et Chumsky pourront d’ailleurs continuer à se faire les griffes, et accroître leurs compétences au sein du dojo Pilpoil. Comme si cela ne suffisait pas, les Palicos retrouvent leur système de spécialisation, avec en plus quelques nouvelles classes bienvenues. Autant dire que tout comme le développement de notre chasseur, celui de nos équipiers à poils est quasiment sans limite.

King of Monsters

Monster Hunter Rise screenshot testParlons à présent du cadre visuel. Il a beau arriver après World et son extension Iceborne, sans réelle surprise, Monster Hunter Rise n’atteint pas la qualité visuelle de son aîné. Pour autant, l’équipe de Yasunori Ichinose peut être fière du résultat de cette première incursion du moteur RE Ingine sur Switch. Il s’agit là d’un des plus beaux jeux de la console. Vaste, détaillé, varié et vivant, chaque environnement est imprégné d’une véritable atmosphère. Au fur et à mesure que la traque avance, les cartes se dévoilent. Pour autant, elles ne révèlent pas d’emblé tous leurs secrets. Dès lors, jouer les pisteurs à travers ces temples en ruines, îlots gelés, cavernes de laves ou encore ces plaines de sable est une vraie invitation à la contemplation et au vagabondage. Pour ainsi dire, certaines séances de chasse auront vite de quoi se transformer en promenade touristique. Qui plus est, que l’on soit sur grand écran ou en nomade, l’aventure se fait sans aucun temps de chargement et avec un framerate à 30 fps. Il reste que s’approcher trop près de certains recoins n’est pas conseillé, auquel cas des textures quelque peu râpeuses viendront piquer les yeux. Mais dans l’ensemble, le tableau bénéficie d’une harmonie technique et artistique qui fait, encore une fois, de ce Monster Hunter Rise l’une des plus belles expériences du catalogue Nintendo.

À ce titre, il faut encore une fois saluer le travail de Capcom pour servir non seulement une bande-son aux petits oignons, mais aussi un bestiaire toujours aussi riche et surtout inspiré. Rise compte plus d’une trentaine de ennemis avec pas moins d’une dizaine d’inédits. Si la star principale n’est autre que le Magnamalo (figurant sur la jaquette et en Amiibo dans l’édition collector), ses compères n’ont aucun mal à tirer leur propre épingle du jeu, notamment le Goss Harag qui dispose d’une lame en glace à une de ses pattes, le Bishaten dont la particularité est de lancer des fruits, tantôt empoisonnants, tantôt paralysants, ou encore l’Admuron qui est capable de littéralement dissoudre le sol en boue. Telles les incarnations de diverses phénomènes écologiques, chaque monstre profite d’un style d’attaque propre et plus ou moins d’une caractéristique élémentaire. Dès lors, aucune rencontre ne se ressemble, ce qui implique au préalable une certaine adaptation.

Il n’est chasse que de vieux chiens

Monster Hunter Rise screenshot testDe manière générale, MHR, au même titre que ses ancêtres, demande de la pratique avant d’être bien apprivoisé. À l’évidence, ce n’est malheureusement pas la conception de l’interface qui dira le contraire. Sur ce point, la licence semble s’enterrer comme le fossile d’une ammonite cachée dans sa coquille spirale. Entre la surcharge de menus, l’ergonomie archaïque, la liste abyssale de tutoriel, ou les commandes pas toujours très intuitives, s’immerger dans un Monster Hunter ne se fait assurément pas en un coup de silex. Si un bon coup de dépoussiérage sur les meubles est amplement nécessaire, cette défaillance fonctionnelle est paradoxalement le signe d’une syntaxe à la fois riche et complexe – voire peut-être un peu trop.

D’un point du vue global, tout est mis ici en place à la manière d’une boîte de poupées russes, où chaque couche enlevée est l’occasion de découvrir une nouvelle approche. Et c’est quand on pense avoir atteint le fond qu’un élément complémentaire vient nous surprendre. Pour preuve, alors que la campagne du Grand Camp est complétée, que la cinquantaine d’heures s’affiche au compteur et que la routine tend à montrer le bout de son nez, voilà que surviennent les quêtes dites de Calamité, histoire de relancer la machine. Derrière ce nom qui inspire la crainte se cache en réalité un genre de mode tower defense, à l’intérieur duquel il s’agit de défendre une forteresse extérieure face à une horde de chimères enragées. Cette fois, c’est l’affaire de tout le village. De ce fait, chaque habitant tient à apporter sa pierre à l’édifice. Certains viendront, par exemple, bâtir une arbalète à tour, pendant que d’autres vous prêteront main forte directement sur le front. Si en solo, la fraîcheur de cette activité post game peut assez vite montrer ses limites, ou du moins son aspect répétitif, c’est en multi auprès de quatre autres camarades que l’attraction tire tout son potentiel.

Monster Hunter Rise screenshot testSi World avait pour vocation de marquer une réelle césure dans la franchise, avec pour optique notamment de se rendre plus accessible, ou du moins, vers un public plus casual, Monster Hunter Rise se présente comme le pont, l’appui médian et édificateur venant lier la nouvelle et l’ancienne génération. La marche n’était pas forcément évidente à manœuvrer. Pourtant, Capcom réussit encore une fois à surprendre dans le bon sens. Nouer son futur et son passé pour mieux comprendre le présent, la firme nippone montre, en effet, qu’il est bon de ne pas toujours s’attacher aux codes et normes du moment, et de suivre avant tout sa voie, son propre horizon, même si cela signifie trébucher de temps à autres. En tout cas, il y a bien une carcasse qui a été fendue et un cœur conquis. Et il s’avère être l’auteur de ces lignes.

Monster Hunter Rise artwork

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

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Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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