Test de Metro Exodus (PC, Xbox One, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PC.

Mon beau-père et moi

Depuis la fin de Metro : Last Light, Artyom est donc persuadé qu’il y a une vie en dehors du métro moscovite. Tous les jours ils se rend à l’extérieur dans le but de capter une émission ou n’importe quel signe qui prouverait qu’il a raison. Il ne faudra pas bien longtemps à notre héros pour découvrir la vérité et se retrouver sur la route, sous le commandement de beau papa, à la recherche d’un Eden où planter sa tente avec femme et enfants pour, à nouveau, vivre en plein air.

L’histoire de Metro Exodus n’a rien de fondamentalement originale. Pourtant c’est elle qui poussera les joueurs à aller de l’avant. Il faut le savoir, Metro Exodus est particulièrement bavard et on assiste, très régulièrement, à de longues conversations dans lesquelles les interactions sont minimalistes. Pour apprécier ce Metro Exodus il faut avoir envie d’en apprendre davantage sur le monde qui nous entoure et donc, logiquement, savoir écouter.

Il faut le reconnaître 4A Games sait y faire lorsqu’il s’agit de nous garder attentifs. Si ces scènes dégagent une saveur un peu série B avec des dialogues pas forcément très recherchés et des visages peu expressifs, elles sont également parfois poignantes et dans la majorité des cas, enrichissantes. Apprendre l’histoire d’un personnage, découvrir la destinée de toute une communauté ou savoir écouter un intervenant pour dénicher une quête secondaire sont autant de raison pour prendre le temps d’écouter ceux qui parlent et ainsi profiter de tous les aspects de cette histoire que 4A Games a décidé de nous raconter.

Une histoire qui s’étale sur une année entière. Artyom et sa bande quitte le métro de Moscou en plein hiver et termineront leur périple à la même saison l’année suivante. L’occasion pour 4A Games de nous proposer des paysages bien différents de ce à quoi on était habitué. Si la Volga au printemps n’est finalement pas si étrangère à ce que l’on connait, on apprécie tout particulièrement ce désert caspien aux airs de Mad Max Fury Road avec sa chaleur estivale étouffante ou encore cette forêt luxuriante dans laquelle on passera l’automne.

Portes Ouvertes

Ce n’est une surprise pour personne, la grande nouveauté de Metro Exodus réside donc dans ces grands espaces ouverts dans lesquels le joueur sera libre de se promener et d’aller où bon lui semble. Attention toutefois à ne pas s’enflammer, Metro Exodus n’a rien d’un monde ouvert comme on a pu en voir ces derniers temps. Chaque arrêt de train imposé par l’histoire est l’occasion de découvrir un nouvel espace de jeu dans lequel on est libre de ses mouvements.

Il faut le reconnaître 4A Games sait y faire lorsqu’il s’agit de nous garder attentifs

Contre toute attente, de ces espaces ouverts émane un vrai sentiment de solitude lorsque l’on se balade à pied au milieu de décor en ruine en découvrant les vestiges de cette Russie dévastée par l’apocalypse nucléaire. C’est vallonné, varié et l’ensemble propose suffisamment de point d’intérêt pour donner envie de mettre de côté la quête principale. De jour on évitera les différents groupes de survivants alors que de nuit, ce sont les créatures dont il faudra se méfier. On tend l’oreille pour guetter le moindre bruit suspect, on jette un œil à sa carte régulièrement pour ne pas être perdu, on scrute l’horizon avec ses jumelles pour ne pas être surpris, bref, on vit l’expérience Metro Exodus de manière assez immersive.

Un sentiment renforcé par l’absence de HUD à l’écran. Les quêtes ne s’affichent que sur la carte d’Artyom, la santé n’est que vaguement affichée à l’écran une fois que l’on a pris des dégâts et la durée du filtre du masque ne s’affiche que sur la montre qu’il faut manuellement regarder pour en lire les indications. Et si Metro Exodus n’est pas une claque technique à proprement parlé (textures parfois médiocres, animations bancales, objets grossièrement modélisés), il n’en reste pas moins que la direction artistique sublime le tout de manière remarquable. Tout comme ses prédécesseurs, le nouveau jeu de 4A Games offre des environnements bourrés de détails qui rendent totalement crédible cet univers que l’on prend plaisir à découvrir.

Le rythme de Metro Exodus est donc logiquement plus lent que celui des opus précédents. Le joueur étant libre de progresser comme il le souhaite, il est difficile d’imposer un rythme qui permette de maintenir le joueur sous pression. Mais le véritable problème c’est que les espaces ouverts de Metro Exodus peuvent parfois se montrer totalement vides. Il peut ainsi se passer de longs moments sans que rien ne se passe, laissant le joueur simplement explorer des ruines en ramassant des ressources utiles pour la suite de l’aventure. Certes, on parle d’un monde post-apocalyptique, mais il faut avouer que l’on frôle parfois l’ennui lorsqu’il faut traverser la carte de bout en bout sans que rien de particulier ne se passe.

A l’inverse, lors des missions principales, le jeu remettra le joueur sur les rails le forçant à suivre un chemin tout tracé pour avancer dans l’aventure. On retrouve là toute l’intensité de Métro avec sa lampe torche à recharger manuellement, cette ambiance sonore oppressante et cette obscurité inquiétante. On se régale du travail de mise en scène lorsqu’il s’agit d’aller récupérer des relevés satellites dans un ancien complexe ou quand il faut s’enfoncer jusqu’au torse dans une eau pourrie grouillante de créatures mutantes pour aller débloquer une porte. Des moments qui font clairement oublier les longues minutes d’errance à l’extérieur mais qui nous font aussi un peu regretter que le jeu n’offre pas plus de séquences de cette nature.

Dumb and Dumber

Au niveau du gameplay Metro Exodus reprend les bases de ses prédécesseurs en ajoutant un nouveau système de craft très simple mais particulièrement réussi. Basé sur deux types de ressources différents (pièces détachées et composants chimiques), il permet aux joueurs de réparer l’équipement, améliorer les armes ou fabriquer des munitions. Une idée relativement ingénieuse qui permet de gérer son stock de munition comme on le souhaite sans avoir à se demander si on ne risque pas de tomber à cours de balles durant une mission. Attention toutefois, certains types de munition nécessitent un établi pour être fabriquées, forçant ainsi le joueur à se préparer avant de partir à l’aventure.

L’arsenal quant à lui reprend également les mêmes concepts avec ces armes bricolées à base de pièces détachées que l’on peut améliorer en jouant avec la vingtaine d’accessoires disponibles (canon, crosse, viseur, chargeur), plus quelques armes de jet (grenade, couteau, cocktail Molotov). Sans se montrer particulièrement exigeant, Metro Exodus n’est pas non plus un FPS dans lequel on peut avancer en tirant dans tous les sens. Si les ressources qui permettent de fabriquer les munitions sont loin d’être rares, l’approche calme et posée sera, dans tous les cas, la meilleure. On préférera donc soigner sa visée et assurer le headshot plutôt que de foncer dans le tas.

Le jeu propose d’ailleurs toujours une approche furtive dans toutes les situations. Chaque source lumineuse peut-être détruite pour se dissimuler dans l’ombre et avancer sans être repéré. De même, dans les espaces ouverts on préférera opérer de nuit plutôt qu’en plein jour pour assurer une discrétion maximum. Avec l’utilisation d’armes silencieuses (ou mieux, en assommant les adversaires si vous voulez soigner votre karma) on peut donc tout à fait traverser le jeu sans jouer les gros durs. Du moins en théorie. Dans les faits on se heurte encore et toujours à des bugs délirants comme ces ennemis qui nous repèrent à travers le décors, des adversaires coincés dans un mur dont on ne peut pas se défaire ou une source lumineuse qui refuse de disparaitre malgré sa destruction qui font que soit on recharge sa dernière sauvegarde, soit on accepte le fait de devoir tuer quelques personnes.

D’une manière générale il faut également avouer que la discrétion reste le meilleur moyen de profiter de l’immersion dans le jeu tant l’IA des ennemis fait peine à voir et ruine, presque systématiquement, certaines situations. Lorsqu’ils vous détectent les ennemis se mettent à courir dans tous les sens, se comportent de manière ridicule en passant d’une couverture à l’autre sans jamais s’arrêter ou vous cherchent dans des positions où vous n’avez jamais mis les pieds. Si on sent bien la volonté des développeurs de rendre les adversaires un poil agressifs (on a constaté quelques tentatives de contournement) le fait est que leur comportement frise plus souvent le ridicule que le génie tactique. Du Metro pur jus finalement.

LE VERDICT
TERMINUS
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

1 COMMENTAIRE

  1. Metro Exodus est un chef-d’œuvre. Seul le silence du personnage principal est un problème majeur. Le jeu a une direction artistique et une qualité visuelle à couper le souffle. La mise en scène est exceptionnelle, elle permet de dessiner dans des abysses de personnages profonds. Il est difficile d’imaginer une meilleure adaptation pour le roman de Glukhoovsky.

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