Test de Metal Gear Survive (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC, fournie par l’éditeur.

I’m alright

Il faut bien avouer qu’on est limite soulagé que ce Metal Gear Survive ne soit pas un sixième épisode des histoires de l’un des plus emblématiques héros du jeu vidéo. Tout du moins, on a suffisamment mal digéré le précédent volet pour que l’on ne veuille pas s’en remanger un autre trois ans plus tard. C’est un peu comme Knack : vaut mieux oublier ce mauvais moment et partager sa douleur sur un air nostalgique. Metal Gear Survive est annoncé de manière un peu surprenante dans un contexte qui lui fait clairement défaut. Avec cette histoire d’un Hideo Kojima jeté comme un vieux Kleenex et ce nouveau volet annexe qui capitalise uniquement sur le célèbre nom de la licence, il n’en fallait pas plus pour qu’une majorité de joueurs crachent dessus depuis son annonce jusqu’à sa sortie.

Alors oui, cet épisode n’a quasiment plus rien à voir avec les précédents Metal Gear. On a certes une histoire qui essaye d’être mise en place, juste après la destruction de la Mother Base (entre Ground Zeroes et The Phantom Pain), mais elle s’arrête bien vite. Notre objectif ici est d’être envoyé dans un monde parallèle nommé Dité par le sosie de Laurence – Morphéus – Fishburne. Et tout comme dans Matrix, on se fait un peu duper par l’endroit tant il s’avère peu accueillant. En effet ce monde est complètement envahi par des zombies, l’unité d’assaut envoyée précédemment par Morpheus a été quasiment annihilée et pour couronner le tout, un nuage de cendres recouvre une grosse partie de la zone, nous empêchant de faire de lointaines expéditions. Bien évidemment, impossible de repasser par le portail par lequel on a été expédié. Parce que le scénario en a décidé ainsi.

Avec ta b*te et ta lance

Si le titre n’était pas assez clair, on va le répéter : Metal Gear Survive est un jeu de survie. On comprend très rapidement au début de l’aventure que nos seuls alliés vont être les armes blanches (principalement la lance) et que les munitions pour les armes à feu se font très rares (il faudra principalement les crafter). Le gameplay est pratiquement en tout point similaire à Metal Gear Solid V, mais avec un focus sur notre soif et notre appétit puisqu’il faut en effet gérer ces deux aspects pour ne pas crever comme un boulet dans ce nouveau monde. Pour cela, une faune et une flore sont présentes sur Dité (qui ressemble tout de même furieusement à l’Afghanistan de MGS V). Les premières minutes de jeu se résument ainsi à récupérer des bouteilles vides, les remplir avec de l’eau, souvent croupie, et à chasser de l’ovin pour récupérer quelques denrées alimentaires. On ramène tout ceci à notre base, qui, au fil de son évolution, permet de changer l’eau croupie en eau claire ou de cuir nos viandes pour ne pas attraper une petite diarrhée aiguë.

Il y a un côté assez chronophage à évoluer dans ce monde hostile, de partir en vadrouille pour accomplir la mission principale et de revenir à notre base avec toutes nos trouvailles que l’on décharge aux dépôts. On améliore ainsi notre équipement, notre base évolue également en fonction des bâtiments débloqués dans l’aventure et l’on enchaîne tranquillement cette petite routine pas si simple tant il y a énormément de choses à prendre en compte. Par exemple, se faire taper par un zombie peut créer un saignement ou un traumatisme à la tête qui, s’il n’est pas soigné à temps, peut nous faire mourir à terme. Il ne faut pas oublier de crafter certaines défenses lorsque l’on part en expédition sinon on risque de se manger une mort soudaine lors de l’activation d’un téléporteur. Et cetera.

Il y a un côté assez chronophage à évoluer dans ce monde hostile, de partir en vadrouille pour accomplir la mission principale et de revenir à notre base avec toutes nos trouvailles que l’on décharge aux dépôts.

Le mode solo est plutôt bien géré pour montrer petit à petit toutes les possibilités laissées au joueur puisque quatre stands vont permettre de crafter des objets. Il y a les armes bien évidemment (qui rappelleront par moments Dead Rising pour leur côté décalé), les équipements liés à notre tenue, les gadgets ainsi que les soins. Mais l’on va pouvoir aussi gérer une équipe d’expédition, mettre en commun nos denrées avec les autres habitants de la base, créer une agriculture avec des potagers de pomme de terre ou d’oignons, ou posséder des enclos à chèvre… Il y a énormément d’informations à compiler et la longueur du solo permet de s’y adapter progressivement. En revanche, on pestera sur l’ergonomie complètement exécrable des menus et des touches. Pour se déplacer en mode création dans notre base, il faut maintenir CTRL et naviguer avec notre souris pour pouvoir se déplacer et aller sur la case souhaitée. Transférer des objets du dépôt à notre inventaire peut aussi être compliqué. Et l’on ne parle pas de l’iDroid un peu foutraque par moments. Bref, l’un des points noirs du titre.

Si l’on doit continuer dans les défauts, les missions peuvent faire partie de cette mauvaise catégorie. Elles sont répétitives et ont souvent le même objectif : récupérer des données ou activer des téléporteurs. Si vous êtes complètement imprégnés de l’ambiance, vous n’y verrez que du feu puisque le fait que cela soit un minimum scénarisé permet de ne pas trop faire attention à ce vilain défaut qui, de toute manière, est toujours présent sur ce type de jeu. Si vous êtes tout le contraire et êtes complètement hermétique à cet univers parallèle, le temps va vous paraître très long, notamment lorsqu’il faut s’infiltrer dans la zone de cendres qui compose 80% du terrain de jeu. Cette zone complique grandement notre recherche pour trois raisons : on ne voit rien à cause de cet épais brouillard, notre iDroid ne capte pas notre signal et ne permet pas de savoir où l’on va une grande partie du temps, et enfin notre oxygène est limité. De quoi rendre chaque expédition légèrement angoissante étant donné que si l’on est aussi bon en orientation qu’un étudiant ne sachant pas quoi faire de sa vie, notre risque de mourir est décuplé. Et mourir ne nous ramène pas cinq minutes en arrière mais directement à notre base au début de la mission, avec la perte de tous les items récupérés entre-temps. La vie est parfois compliquée…

Survivra bien qui…

Mis en avant à de multiples reprises, le mode coop à quatre joueurs de Metal Gear Survive s’avère finalement décevant. Ne comptez pas gérer une base avec trois autres amis et partir en vadrouille comme en solitaire. Ici, on a des missions bien précises qui se résument à de la survie toute simple durant laquelle il faut défendre un point sur trois vagues. Il y a toujours la possibilité d’appliquer des pièges ou des structures pour ralentir les ennemis, mais ça s’arrête là. C’est franchement dommage de ne s’être limité qu’à cette partie du jeu car on aurait vraiment voulu pouvoir gérer notre base avec d’autres compagnons le plus longtemps possible. Enfin, un petit mot sur cette histoire de micro-paiements. Il est en effet obligatoire d’acheter un slot de sauvegarde supplémentaire à 10€ si l’on veut recréer un personnage sans supprimer l’ancien. Il y a aussi l’existence d’un cash shop pour accélérer certains aspects du jeu. Mais est-ce pourtant primordial ou est-ce que cela entache notre expérience de jeu ? Non.

LE VERDICT
HATERS GONNA HATE
6
Nonag
Ex-achievement whore, redditor, petit trolleur et grand amateur de courses automobiles.

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