Test de Marvel’s Spider-Man (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur.

Uncle Ben is dead

Tuons le suspens dès le début : non vous n’assisterez pas une nouvelle fois à la mort de ce pauvre Oncle Ben que les cinéastes s’amusent à faire mourir à chaque reboot du film. Non ici Ben est déjà mort, merci de le laisser tranquille. Peter est un laborantin fauché qui bosse gracieusement pour aider Otto Octavius pendant que son ancienne prochaine future ex-petite amie Mary Jane est journaliste au Daily Bugle. Norman Osborn est maire de New York, son fils Harry est en voyage et Tante May améliore le quotidien des sans-abris de la ville dans un centre mis en place par un certain Martin Li.

Au niveau du background ce Marvel’s Spider-Man pique donc allègrement dans tous les films ainsi que les comics et fait avancer son histoire en alternant entre les affrontements avec les supers-méchants et les problèmes de la double vie de Peter Parker. Ce n’est certes pas le scénario de l’année, il n’en reste pas moins que l’histoire principale de Marvel’s Spider-Man est probablement son meilleur atout. C’est parfois épique, souvent drôle et généralement très bien amené.

Les dialogues sont bien écrits et le doublage fonctionne à merveille. On en profite pour souligner que pour une fois la VF fonctionne à merveille, Donald Reignoux n’y étant bien évidemment pas pour rien dans cette histoire. Bien plus léger dans le ton qu’un Batman Arkham, on retrouve le Spider-man que l’on aime tous (ou presque). Blagueur maladroit, bavard comme une pie, difficile de ne pas tomber sous le charme. Surtout qu’à ce personnage mythique s’ajoute tout un univers terriblement fidèle, bourré de références en tout genre (Stan Lee évidement, mais aussi Avengers, Les 4 fantastiques, GTA, ou bien encore les bureaux d’Insomniac Games, Inhumans et bien d’autres encore) le tout prenant place dans une ville fidèle à l’originale qui donne vraiment envie de s’y balader pendant des heures durant.

On s’amuse donc sans problème pendant 12 à 15 heures de jeu pour finir l’histoire principale et, comble de bonheur, on ne s’y ennuie presque jamais. On mettra juste un gros carton rouge à Insomniac Games pour ces moments où l’on nous force à jouer d’autres personnages que Peter / Spider. On comprend tout à fait l’idée derrière ce procédé, l’envie d’impliquer le joueur en prenant en compte toutes les facettes de l’environnement du héros, c’est parfaitement louable. Mais à ce moment-là il faut se donner les moyens de ses ambitions et proposer quelque chose de vraiment marquant, qui implique émotionnellement le joueur. Au lieu de ça on a le droit à des scènes d’infiltration qui offrent autant de plaisir qu’un arrachage de dents sans anesthésie.

Ce n’est certes pas le scénario de l’année, il n’en reste pas moins que l’histoire principale de Marvel’s Spider-Man est probablement son meilleur atout. C’est parfois épique, souvent drôle et généralement très bien amené.

Sans pouvoir, les personnages que l’on y dirige sont amenés à progresser en environnement hostile en faisant preuve d’une discrétion absolue pour éviter des gardes scriptés avec une IA de moule tétraplégique. C’est lent, ennuyeux et, pour ne rien arranger, inutilement long. Alors par pitié messieurs les développeurs, la prochaine fois, contentez-vous d’une bonne cinématique qui en jette, on en sortira tous gagnants. Dans une moindre mesure on regrette également que les bad-guys ne soient pas mieux exploités puisqu’il faudra se contenter de les rencontrer par paire au moment de les mettre hors d’état de nuire. Rien de bien méchant, beaucoup prendront sûrement un très grand plaisir lors de ces combats plutôt dynamiques, mais on aurait aimé avoir un peu plus de consistance à leur sujet.

Faux jetons

Pour le reste Marvel’s Spider-Man ce présente comme un open-world laissant libre le joueur de ses déplacements dans cette ville gigantesque. Au niveau de l’immersion on fait difficilement mieux avec une maniabilité à toute épreuve. Lancer des toiles et s’accrocher de bâtiment en bâtiment se fait avec un naturel hallucinant et la liberté de mouvement laissée aux joueurs permet vraiment de prendre son pied lorsqu’il s’agit d’aller chercher une mission à l’autre bout de la ville. Car bien évidemment en bon monde ouvert qui se respecte, Marvel’s Spider-Man reprend le principe de la ville découpée en quartiers dans lesquels on fera apparaître tout ce que l’on peut y faire en décryptant des tours radios. Si c’est déjà-vu à de multiples reprises (Batman, Assassin’s Creed, Far Cry etc.), Marvel’s Spider-Man pousse le concept jusqu’à l’indigestion avec des missions secondaires à faire partout.

Prendre des bâtiments en photo, mettre fin à des cambriolages, remplir les missions des stations scientifiques, arrêter une course poursuite, attraper des pigeons, retrouver les sacs à dos de Peter, réussir les défis de Taskmaster ou poursuivre Black Cat sont autant de chose à faire qui prendront pas mal de temps et qui permettent de varier les plaisirs entre deux missions de la quête principale. Mais il ne faut pas s’y tromper. Si le contenu est conséquent, on a tout de même deux griefs à son encontre. Le premier c’est qu’il y en a tellement qu’on a vite l’impression de ne faire que ça. Si on se lance dans le nettoyage de la ville on n’arrête plus et c’est très vite l’indigestion. Hormis les quelques quêtes secondaires que l’on trouvera dans la ville, les « tâches ménagères » sont vite rébarbatives. Au bout de quelques heures de jeu le sentiment d’un contenu semblant ouvrir la porte à des heures de plaisir sans fin se transforme vite en une impression de repas de dimanche en famille qui ne s’arrête jamais. Un soucis qui n’en serait pas un si Insomniac Games n’avait malheureusement pas mis tout ce contenu au service d’une seule et même cause : la quête de jetons. C’est là qu’intervient le second grief.

Car évidemment durant toute l’aventure, le joueur va pouvoir modifier son équipement. Ajouter des gadgets et les améliorer sera un passage obligé dans il est nécessaire d’être de plus en plus efficace au combat. Une fois qu’un gadget est accessible il faut le débloquer. Comment ? En dépensant des jetons gagnés en remplissant les objectifs secondaires. Le problème c’est que chaque gadget et chaque amélioration de gadget demandent des jetons de différentes catégories forçant le joueur à participer à tous les types d’activité annexes pour pouvoir faire progresser son équipement. Et le plus amusant dans tout ça c’est que régulièrement, en gagnant des niveaux, on débloque de nouvelles combinaisons pour Spider-man que l’on pourra améliorer, toujours avec ces fameux jetons. Au final, comme l’amélioration de l’équipement est obligatoire pour s’en sortir (surtout en fin de jeu) le système sort parfois complètement le joueur de l’histoire et lui donne ce sentiment de ne faire que des activités annexes sans trop avoir à réfléchir sans trop y prendre de plaisir parfois.

Une araignée au plafond

Parfois seulement parce qu’au final, Marvel’s Spider-Man est largement sauvé par les sensations qu’offre le contrôle de Spider-man. Même si on ne fait que nettoyer les rues, le sentiment d’être l’homme araignée est tellement présent que l’on prend son pied dans beaucoup de situations. Avec un système de combat très simple à comprendre et une courbe de progression énorme, on s’amuse vraiment à se prendre pour le sauveur des rues de New York. Un bouton pour frapper, un pour esquiver et un dernier pour interagir avec les ennemis. Plus on distribue de patates de forain plus on remplit une jauge de concentration qui, lorsqu’elle est pleine, permet d’effectuer un finish move exactement comme pouvait le faire Batman dans les épisodes Arkham.

Au bout de quelques heures de jeu le sentiment d’un contenu semblant ouvrir la porte à des heures de plaisir sans fin se transforme vite en une impression de repas de dimanche en famille qui ne s’arrête jamais.

La vraie différence c’est la gestion de la caméra qui est totalement laissée à la charge du joueur contrairement à ce cher Batman justement. Il faut donc bien la positionner pendant les combats pour être certain de pouvoir enchaîner correctement les ennemis. Du coup les premiers combats paraissent brouillon avec cette caméra qui est très vite mal placée et qui ne suit pas l’action frénétique. Une fois le stick droit maîtrisé en revanche c’est le pied total avec un Spider-man qui enchaîne les voltiges avec une fluidité rarement vue. Malgré tout Spider-man reste fragile et prendre des coups se paye souvent très cher. Si le joueur augmente de puissance tout au long de l’aventure, la multiplication des ennemis et leur variété forcent justement à exceller dans la mobilité et à utiliser toutes les capacités du héros pour s’en sortir. Une fois tout ceci bien maîtrisé, les combos flirtent allègrement avec les 100 hit et on ressent totalement cette surpuissance qui fait que c’est, mine de rien, toujours aussi bon d’incarner un super héros.

LE VERDICT
Toile de maître
7
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

1 COMMENTAIRE

  1. J’ai adoré ce jeu. Le monde ouvert est vraiment grand et les graphismes sont surprenants. De plus, on a un grand choix de costumes. J’espère qu’il y aura une suite, car j’aurais aimé en savoir plus sur la famille Osborn.

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