Test de Maneater (PC, PS4, Xbox One)

CONCLUSION

Si on ne juge un jeu que par le fun qu'il génère et les sensations grisantes qu'il procure, alors Maneater est incontestablement une réussite. Après un début d'aventure assez laborieux, le titre de Tripwire monte tranquillement en puissance et libère son potentiel au fil des nouveaux lieux à explorer et des améliorations/capacités à débloquer. Maneater devient alors jouissif, parfois exaltant, et étonne même par la double lecture de son scénario de série Z. Une surprise, sans toutefois occulter une technique pas toujours radieuse, un aspect répétitif assez important à cause d'objectifs peu variés et surtout une simplicité d'action qui pourrait en ennuyer certains. Nous, en tout cas, on y replonge avec plaisir.

Le requin captive notre imaginaire collectif et le roman de Peter Benchley avec son adaptation en film, par un certain Steven Spielberg, y sont pour beaucoup. Les « Dents de la Mer » a très largement participé au mythe du requin mangeur d’hommes, affublant le squale d’une étiquette de prédateur infernal bien éloigné de la réalité qu’est la menace d’extinction pesant sur les espèces. Une mauvaise et dangereuse réputation sur laquelle s’appuie Tripwire avec son Maneater, un jeu où on incarne un requin qui doit évoluer pour survivre. L’heure de la revanche a sonné ?

On avait dit « pas les mamans »

screenshot test maneaterOn ne va pas se mentir, on n’attend pas beaucoup du scénario d’un jeu tel que Maneater. Et pourtant. En optant pour une narration avec voix-off qui commente chacune de nos actions et une présentation façon émission TV nord-américaine qui aurait sa place sur la grille de RMC Story, les développeurs de Tripwire ont visé juste. L’histoire racontée, banale de prime abord, gagne ainsi en intérêt et mêle habilement le second degré à une réalité bien plus sombre. Sans tomber dans la sinistrose, Maneater arrive à se montrer informatif et à interpeller les esprits tout en gardant la touche d’humour qui va bien.

Tout commence avec un grand squale, un requin-bouledogue à l’âge adulte dont on prend le contrôle pour semer la terreur dans le coin. Un tutoriel en guise d’apéritif musclé, comme pour nous donner un avant-goût de la puissance que Maneater est capable de dégager. De courte durée, cette introduction jouable se conclut par une confrontation malheureuse avec le célèbre et redoutable Pete l’Ecailleur. Le chasseur de requin se retrouve alors à éventrer l’animal et en extirpe un bébé, qui deviendra notre requin, à qui il promet de chaleureuses retrouvailles d’ici quelques années.

screenshot test maneaterC’est donc avec un bébé requin que l’on débute dans l’univers du jeu de Tripwire, quelques premières heures de jeu assez laborieuses il faut bien l’avouer. Il y a d’une part la frustration, certes voulue par les développeurs, d’avoir goûté à la puissance d’un requin adulte pour finalement commencer le jeu avec un petit squale tout fragile. Chaque rencontre est synonyme de danger avec une faune marine peu accueillante, et on se surprend à nager avec le danger permanent d’être bouffer par un alligator ou un poisson carnivore à peine plus gros que nous.

Il y a aussi le premier environnement que nous propose Maneater, certainement le plus hostile du jeu. Le bayou, des marécages peu profonds, des eaux sales et un décor triste à souhait où se succèdent épaves et habitations délabrées: on est loin du lieu carte postale avec eau turquoise et sable fin. Encore une fois tout cela est voulu et justifié dans notre aventure, mais ça ne rend pas moins le jeu délicat à aborder.

Ce qui n’est pas intentionnel en revanche, c’est l’incompréhension générée par la carte du monde et les menus lors des premiers instants de jeu. Les objectifs sont listés de manière assez brouillonne, les menus n’aident pas à la lisibilité et on se retrouve parfois à errer sans savoir quoi faire. Cela ne dure qu’un temps, fort heureusement, mais c’est assez frustrant pour être noté.

Petite squale deviendra grande (et forcément méchante)

screenshot test maneaterPuis les premières évolutions arrivent. En prenant soin de nettoyer une zone de jeu on gagne non seulement de l’XP qui fait grandir notre squale (de bébé à méga en passant par adolescent et adulte), mais on glane surtout des capacités qui améliorent les aptitudes naturelles du requin (trois « organes » à sélectionner et à booster parmi lesquels le sonar, la santé, la digestion des nutriments, etc.) et on débloque aussi des modifications esthétiques (pour mâchoire, tête, corps, nageoires et queues) avec à chaque fois des capacités passives/actives à la clé.

 À lire également : Nos premières minutes avec Maneater

En quelques mots, une poignée d’heures de jeu plus tard et on se retrouve déjà avec un requin doté d’un corps osseux, d’une mâchoire bioélectrique, au sonar ultra-développé et avec un aspect amphibie sur-développé. Un exemple de combinaisons parmi d’autres. Maneater devient alors extrêmement jouissif à jouer, chaque renforcement de notre requin étant une petite découverte exaltante et l’ensemble offre un aspect RPG fort appréciable bien que finalement très sommaire.

screenshot test maneaterIl faut donc impérativement passer par le nettoyage de zone de jeu pour avoir le maximum d’XP et d’évolutions. Rien de bien inédit pour un RPG en monde ouvert, sauf que Tripwire n’a pas forcément fait ce qu’il fallait pour varier sa recette. Dans tous les environnements qui constituent le monde de Maneater, il faut à chaque fois se coltiner les mêmes missions de vengeance, de chasse, les mêmes défis et les mêmes objets/secrets à dégoter. Oui, encore un aspect simpliste. Assurément de quoi rebuter les plus sensibles aux tâches rébarbatives,sauf que le jeu a pour lui cette évolution du requin qui nous pousse à tout faire, tout voir et tout découvrir pour avoir le squale ultime.

Ce n’est pas la mer qui menace l’homme, c’est l’homme qui menace la mer

Heureusement, outre un premier environnement franchement austère, Maneater séduit avec toutes ses zones de jeu caractéristiques, dénonçant à la fois la pollution maritime, la surpopulation des côtes, les dangers du tourisme sur l’écosystème marin… La bêtise humaine, en quelque sorte. Dans le soft, cela se traduit par des zones dans lesquelles on se plaît à nager et où on découvre avec plaisir de nouveaux types de poissons/créatures marines, bien que la copie ne soit pas toujours aussi techniquement propre qu’espérée (et avec quelques bugs en bonus).

Les boss de chaque environnement (grosso-modo la grosse bestiole à tuer dans chaque lieu, aka les Prédateurs/Apex) offrent une confrontation de bon aloi : alligator, grand requin blanc, mako, requin-marteau, orc, baleine, tous nous poussent à mener un combat unique et plaisant.

This world is your oyster

screenshot test maneaterCe plaisir d’évoluer, de combattre et de nager en toute liberté a un prix : le manque de challenge. Pour peu que, comme nous, vous preniez soin de nettoyer chaque zone de l’open world de Maneater, vous allez rapidement vous retrouver avec un squale surpuissant. Seuls moments de tension : les combats contre les chasseurs de primes, une sélection d’ennemis à décimer qui apparaissent lorsque l’on cause trop de dégâts auprès des humains et qu’il faut éliminer les uns après les autres selon notre niveau d’infamie. Leur armement fait souvent mal mais pour le reste, qu’il s’agisse des Prédateurs, des missions qui font progresser le scénario ou des autres objectifs proposés, c’est une vraie ballade de santé.

Toutefois, et c’est quelque chose d’assez remarquable avec le jeu de Tripwire, rien ne vient réellement entacher notre plaisir de jouer. Dévorer des humains à tout-va, simplement explorer les fonds marins, se délecter des commentaires du narrateur lors de la découverte de certains secrets, être scotché par les créatures/monstres marins qui viennent à notre rencontre… Oui, Maneater exerce une fascination voire une addiction que l’on n’explique pas autrement que par le plaisir de jeu qu’il procure malgré tous ses défauts. Et ça, c’est déjà beaucoup.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur Xbox One, fournie par l’éditeur.

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Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois mais avec coquilles quand même. Râleur pro et caféinoname.

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