Test de Lost in Harmony (PC, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Je serai toujours là

Le rapprochement entre Soldats Inconnus : Mémoires de la Grande Guerre et Lost in Harmony pourrait s’arrêter à la seule présence de Yoan Fanise dans les crédits de chacune de ces productions mais il n’en est rien, tant le fondateur de DigixArt s’est inspiré de son précédent titre pour les fondations de son expérience musicale. Le côté runner du jeu nous renvoie ainsi directement aux séquences de conduite de Soldats Inconnus avec cette vue orientée vers le joueur et cette impression, réussie, que le personnage à l’écran se dirige constamment vers l’avant avec la nécessité de se déplacer sur les côtés pour éviter des obstacles/ramasser des bonus. Aure point commun entre les deux softs, ces moments de narration soutenus par une composition musicale qui vous prend aux tripes, vous retourne et ne vous lâche plus jusqu’à la toute fin du jeu. Oui, Lost in Harmony n’est pas un simple runner, c’est aussi une expérience musicale qui nous enchante pendant les phases de gameplay et durant chaque séquence narrative.

L’histoire racontée est celle de Kaito dont la meilleure amie, Aya, est en proie à une terrible maladie. Le jeune homme soutient son amie comme il le peut, échange avec elle tous les soirs par messages interposés avant de s’endormir et de revivre, sous forme de rêves, quelques souvenirs partagés avec la demoiselle. Ce sont ces rêves que l’on joue, une action de jeu qui nous transporte pendant 5-6 minutes dans des environnements puisés dans l’imagination de Kaito, faisant référence aux délicieux moments passés avec Aya, aux lieux visités ensemble et au conflit auquel ils tentent de faire face tous les deux. Outre les obstacles à éviter en se mouvant sur un plan horizontal, Lost in Harmony nous propose de ramasser de la poussière d’étoile, des orbes (3 par niveau) et nous balance des séquences de rhythm game avec des notes qu’il faut valider (en appuyant sur l’écran ou via les touches de la manette/du clavier) avec un timing le plus précis possible. L’objectif principal ? Obtenir le plus gros score, ramasser les orbes et « valider » le rêve pour accéder au suivant. Un concept relativement simple et totalement fonctionnel. Les amateurs de scoring apprécieront améliorer leur performance et se frotter au mode difficile de chaque piste, le challenge étant particulièrement corsé.

De la poussière d’étoile dans les yeux

Mais ce qui fait la force de Lost in Harmony, c’est sa bande-son. En même temps, un runner musical sans une bonne OST ça n’a que peu d’intérêt et là-dessus DigixArt vise juste. Très juste. Si c’est un certain Xilix que l’on retrouve à la tête de la majorité des compositions du jeu, d’autres artistes tels que Roc Chen, Mark Griskey ou encore Borislav Slavov sont au rendez-vous. Le résultat ? Des remixes grandioses d’un grand nombre de musiques classiques et des compositions originales que le jeu combine astucieusement pour servir son gameplay. On passe d’une jouabilité assez intense basée sur le rythme d’une réinterprétation géniale de la Marche Funèbre de Chopin et de la Symphonie n° 7 de Beethoven à un passage plus doux sur une musique originale (en l’occurrence Lost in Desert) qui vous prend aux tripes. Et c’est comme pour la grosse douzaine de rêves que l’on revit avec Kaito et Aya, sans oublier quelques séquences à l’architecture moins ordinaire mais tout aussi brillantes comme celle uniquement basée sur la chanson originale de Wyclef Jean : Lost in Time.

Le plus important dans tout ça, c’est que Lost in Harmony arrive à narrer avec brio la relation entre Kaito et Aya, l’évolution de la maladie de cette dernière et le combat que nos jeunes tourtereaux mènent face à une situation qui les dépasse. Impossible de rester insensible à ce qui est raconté entre chaque rêve, ces conversations pourtant banales entre deux ados, mais c’est justement le contraste entre cette innocence et la terrible vérité d’une maladie grave qui nous va droit au coeur. La musique, omniprésente, joue un rôle clé dans ces passages avec quelques notes savamment distillées (qui rappellent furieusement certaines pistes de Soldats Inconnus, encore lui).

Bonus robotique

Histoire de se remettre des émotions de L’aventure de Kaito et de profiter avec un peu plus de légèreté du gameplay de Lost in Harmony, une seconde histoire (plus courte) est proposée par DigixArt. Baptisée L’évasion de M.I.R.A.I. et mettant en scène le petit robot du même nom, elle n’a forcément pas le même impact narratif. Loin de là. Mais sa bande-son, plus électronique avec la participation d’Onoken, Godspeed Vivix, Tadayoshi Makino, Fumitake Igarashi ou encore Tsukasa Tawada, entre autres, se révèle là encore être de grande qualité. Assurément de quoi prolonger le plaisir et relever un challenge encore plus corsé par moments.

Au final c’est donc une véritable aventure musicale que l’on découvre et que l’on termine les yeux embués (avec Kaito et Aya, tout du moins), forcément émus par cet enchaînement de souvenirs et de bons sentiments, oubliant presque les quelques défauts du titre. Oui, Lost in Harmony reste avant tout un jeu. Ses origines mobiles se font sentir lorsque l’on regarde d’un peu plus près le rendu de certains environnements et autres éléments visuels, rien qui ne vient toutefois mettre à mal la patte artistique admirable. On peste également contre l’absence de configuration personnalisable des touches (principalement sur PC) ainsi que de la petitesse des boutons (sur Switch en mode TV, mais le jeu n’y peut pas grand-chose) ne rendant pas toujours aisée la tâche lorsque la rapidité est de mise. Gros plus de la version mobile, l’éditeur de niveaux n’est quant à lui pas disponible dans cette version. Dommage.

Mobiles, PC, Switch : on ne joue pas de la même manière.
Côté gameplay, les différentes versions de Lost in Harmony ont droit à des différences notables.
Sur Swicth et PC, les déplacements horizontaux et les sauts sont beaucoup plus fluides que sur mobiles. A l’inverse, l’aspect jeu de rythme est plus facile à aborder sur les smartphones/tablettes que sur PC avec des contrôles uniquement tactiles d’un côté (on appuie là où le marqueur fait son apparition sur toute la partie supérieure de l’écran) et une mécanique à base de touches du clavier/de la manette de l’autre. Pour la Switch c’est un peu particulier sur cet aspect-là puisque le tactile est aussi de mise avec la machine en mode tablette. Dans cette configuration, si notre personnage bouge rapidement sur le plan horizontal, les sauts accusent d’une curieuse latence peu évidente à gérer lorsque les obstacles sont nombreux. Les phases de jeu de rythme gagnent quant à elles en facilité avec le tactile sur Switch, d’autant plus que les icônes sur lesquelles il faut appuyer doivent toujours être validées au même endroit (contrairement à la version iOS/Android).

Bref, à chaque version ses qualités et ses défauts niveau jouabilité même si la mouture d’origine sur mobiles semble la plus équilibrée. Et si le jeu est affiché au petit prix de 6,99 euros sur les nouveaux supports, on précise qu’il est abordable gratuitement sur iOS et Android (avec limite temporelle de jeu à faire sauter en passant par la case achat in-game).

N’hésitez pas à faire un tour du côté de Youtube ou de Spotify pour apprécier l’OST de Lost in Harmony et de L’aventure de Kaito, celle de L’évasion de M.I.R.A.I. étant à découvrir ici ou ici sur ces mêmes plateformes.

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LE VERDICT
LEÇON DE VIE
8
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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