Test de Labyrinth of Refrain : Coven of Dusk (PC, PS4, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Switch.

Lass mich rein

La petite ville de Refrain n’a rien de vraiment spécial et pourtant de nombreux aventuriers s’y rendent dans l’espoir de repartir avec moult richesses. La raison ? La présence sous la ville d’un labyrinthe immense, renfermant soi-disant de nombreux trésors. Le seul problème, c’est qu’il est rempli à la fois de monstres et de miasmes toxiques, rendant l’exploration impossible. Résultat, tous ces malheureux mordent la poussière et n’en ressortent pas vivants. Tous sauf un, qui a écrit là-dessus un livre nommé le Tractatus de Monstrum. Et ça tombe bien car la célèbre sorcière Dronya, accompagnée par son assistante Luca, le possède. Bien entendu, elle compte bien profiter de ce dernier pour s’enfoncer dans les profondeurs du labyrinthe… Tout en sirotant tranquillement son thé dans sa caravane. Car elle y envoie en fait des pantins dirigés par Tractatus, qui renferme en son sein une âme. Un outil bien pratique pour faire le sale boulot sans risquer sa vie.

Et c’est d’ailleurs cette âme que contrôle le joueur dans ce titre de Nippon Ichi et non pas la sorcière Dronya. Il ne peut donc pas parler, ni même vraiment interagir avec les autres, mais simplement obéir aux ordres avec l’espoir un peu fou de retrouver sa liberté une fois ces fameux trésors récupérés. Forcément, avec un héros réduit à l’état de bouquin, difficile de s’investir vraiment dans cette histoire. Pourtant, Labyrinth of Refrain essaye de son mieux, en proposant des lignes et des lignes de dialogue, parfois interminables, destinées à renforcer tout ce background.

Malheureusement, ça tombe souvent à côté. La faute en premier lieu à l’histoire, finalement très peu intéressante à suivre. Le titre tente bien d’intégrer de l’humour absurde ”à la Disgaea” et de le mixer judicieusement avec des phases plus dramatiques, histoire que les deux s’équilibrent bien, mais les différents personnages n’aident franchement pas.

From Dusk till Dawn

Dronya est ainsi le cliché de la sorcière sadique qui passe son temps à maltraiter son assistante, même si l’on se doute bien dès les premières minutes qu’elle utilise ce masque pour cacher ses propres faiblesses. Quant à Luca, elle repose elle aussi sur un poncif vu et revu bien trop de fois, à savoir celui de la gentille petite fille bien docile qui se laisse malmener sans hausser le sourcil. D’autres personnages secondaires sont aussi de la partie mais le souci reste le même, malheureusement. Et c’est d’autant plus rageant que, petit miracle pour un titre de ce genre, Labyrinth of Refrain est intégralement traduit en français. Avec certes quelques petites coquilles, mais l’effort reste louable. Pour une fois que les réfractaires à l’anglais pouvaient découvrir un tel RPG, ils n’auront ici droit qu’à une histoire secondaire assez peu intéressante et des personnages au mieux cliché et navrants, au pire franchement agaçants.

Miracle pour un titre de ce genre, Labyrinth of Refrain est intégralement traduit en français. Avec quelques petites coquilles certes, mais l’effort reste louable.

Les développeurs de chez Nippon Ichi se rattrapent-ils sur le gameplay ? Oui et non. Avec un dungeon-crawler, difficile de faire vraiment du neuf au premier abord : on avance, on révèle la map case par case et on combat des monstres au tour par tour. C’est donc forcément le cas ici aussi et, avec une telle progression, difficile de ne pas rapidement s’ennuyer, d’autant plus qu’il est assez facile de se perdre, voire de ne pas du tout savoir quel est l’objectif du moment. Car lorsque Tractatus se rend dans le labyrinthe, c’est bien entendu pour un but bien précis.

Seulement voilà, Dronya demande parfois uniquement ”d’explorer un peu plus le labyrinthe”, sans plus de précision. Doit-on atteindre le palier suivant ? Battre un ennemi spécial ? Révéler un nombre de cases bien précis ? Il est parfois impossible de le savoir et l’on se retrouve à tourner en rond en espérant tomber au hasard de nos pérégrinations sur le bon élément… Il devient fort heureusement rapidement possible de détruire certains murs, ce qui permet de se faire des raccourcis pour revenir sur ses pas ou pour éviter des pièges (qui sont très, très nombreux).

Deeper underground

Et durant tout ce temps, il faut bien évidemment affronter des monstres plus ou moins puissants. Là encore, le classicisme est globalement de mise avec des adversaires qui débarquent souvent à plusieurs, des héros à placer en première ou seconde ligne et à équiper des bonnes armes – sous peine d’infliger des dégâts moins importants, ou encore des skills à utiliser. Heureusement, quelques bonnes idées sont aussi de la partie, même si le vrai point vraiment intéressant est la création en amont des combattants. Les personnages accompagnant Tractatus sont donc des pantins créés en insérant une âme dans une marionnette.

Une fois la chose faite, le titre de Nippon Ichi se montre très, très généreux en ce qui concerne la création, permettant à chacun de se créer une équipe collant à ses envies. Outre le nom, l’apparence physique et la voix, il est possible de choisir la classe, les compétences, voire la manière dont les statistiques progresseront lorsque le pantin gagnera de l’expérience. De quoi se faire des sacs à PV, de puissants attaquants ou encore des soigneurs polyvalents… Et avec tout ce qui est ici proposé, il y a de quoi passer des heures et des heures, d’autant plus qu’il s’agit clairement là de l’élément le plus intéressant.

D’autant plus que ces pantins ne tombent pas réellement au combat. Lorsque l’un d’entre eux est K.O., il suffit de se rendre au hub (la caravane de Dronya) pour le rafistoler, car en perdant un bras ou une jambe il perd en défense ou en attaque. Trois bouts de ficelle par là, un peu de bois par ici et hop, le voilà de nouveau comme neuf… Si l’on veut le garder. Car il est aussi possible de le laisser de côté et de se refaire un pantin, pour peu que l’on possède suffisamment d’âmes. Au joueur de choisir ce qui lui convient le mieux, sachant qu’il faut aussi prendre garde aux combattants que l’on embarque dans le labyrinthe afin que le groupe reste homogène. Oui, les groupes ont aussi des types variés et l’assemblage que fait le joueur rend le tout plus ou moins efficace en combat. Bref, plus peut-être que pour d’autres dungeon-crawler, la préparation en amont se montre extrêmement importante. Et si l’on peut y passer du temps, il est aussi tout à fait possible de tout paramétrer en automatique et de voir ce qu’il en ressort. Possible, mais tout de même dommage.

The endless refrain

Il y a encore bien d’autres éléments à prendre en compte et dont nous pourrions parler pendant encore de longs paragraphes : les Cabales, par exemple, qui permettent si l’on se débrouille bien d’emporter plus de combattants que ce qui est prévu à la base (cinq maximum), ce qui peut évidemment renverser le cours d’une bataille ; les points de renforcement, à utiliser pour bénéficier de différentes capacités bien utiles dans le labyrinthe (comme le fait de pouvoir détruire des murs, cité plus haut) ; le mana, à récupérer durant les phases d’exploration et débloquant notamment des compétences supplémentaires…

Le problème, c’est que si l’on ne s’implique pas à 100% dans l’aventure, on se retrouve vite noyé sous tout cet amas d’informations, pas toujours très bien expliquées qui plus est. Forcément, à force de vouloir en faire trop, ce titre risque un peu de perdre le joueur qui se contentera de progresser du mieux qu’il peut, en passant à côté de toutes ces idées. Le résultat, c’est qu’en progressant de la sorte, on se dit que Labyrinth of Refrain ne se démarque pas spécialement de la concurrence…

A force de vouloir trop en faire, Labyrinth of Refrain risque de perdre le joueur qui se contentera de progresser du mieux qu’il peut, en passant à côté de toutes les idées du jeu.

Si les habitués de ce genre de jeux ne seront pas vraiment dépaysés par ce titre, qui malgré tous ces éléments sympathiques reste donc assez classique sur le fond, les habitués des productions Nippon Ichi ne le seront pas non plus concernant la forme. Cette direction artistique bien spéciale saute directement aux yeux des connaisseurs, et l’on se croirait presque dans un Disgaea lorsque l’on doit choisir une apparence physique pour tous nos pantins. Si ce chara-design fonctionne très bien, ce n’est pas la même histoire concernant les monstres. Peu inspirés, ils finissent pas tous se ressembler, d’autant plus que le bestiaire ne se montre pas extrêmement varié. Et, dungeon-crawler en vue à la première personne oblige, les environnements 3D sont vraiment vilains, en plus d’être tous plus ou moins identiques. Heureusement, le tout se montre très fluide avec des temps de chargement quasi-inexistants, même en mode tablette pour la version Nintendo Switch. Les adeptes des voix japonaises retrouveront par ailleurs un doublage de qualité, à privilégier par rapport à son pendant anglais, moins convaincant.

LE VERDICT
EXIT
6
Shauni
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