Test de Knowledge is Power (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PlayStation 4, fournie par l’éditeur.

Culture minimale

Fruit d’une relation non-protégée entre un Buzz! tronqué et votre iPhone flambant neuf, Knowledge is Power met en scène des affrontements cérébraux entre une poignée de joueurs (cinq au maximum). Ces affrontements prennent tous la même forme : à l’aide de notre smartphone on choisit notre personnage, on prend un selfie et c’est parti pour une partie de douze questions. Pas dix. Pas cinquante. Uniquement douze questions. Vous souhaitez faire une partie plus courte ? Impossible. Plus longue ? Non plus. Knowledge is Power se limite à un seul mode de jeu. Chaque partie se découpe en trois segments très similaires, avec une série de trois questions « basiques » et une épreuve un peu différente.

Pour pimenter le tout, tous les joueurs doivent choisir un piège et une cible avant chaque question. Ça aurait pu être drôle si ces pièges étaient plus nombreux et moins invasifs. Imaginez l’angoisse : on passe plus de temps à découvrir qui a choisi quoi et sur qui le piège a été lancé qu’à répondre à des questions. Ce qui est d’autant plus gênant quand on considère l’absence totale de variété du jeu. Si les questions en elles-mêmes ne sont pas répétitives et que les catégories sont plutôt bien gérées, la progression n’est jamais renouvelée. Chaque session est un copié-collé de celle qui l’a précédée, dans une boucle sans fin de parcours de douze questions. On a bien essayé de chercher le moindre paramètre, saisissant même un code Konami sur le menu d’accueil, en vain. Il n’y a tout simplement rien à configurer dans Knowledge is Power. Ni la durée, ni la difficulté, ni le choix des thèmes, le maître de la partie ne peut rien ajuster selon ses désirs. Un comble pour un jeu de société.

Ce qu’on ne comprend pas, c’est pourquoi Sony n’a pas tout simplement ré-exploité sa licence Buzz!. Il est vrai que Knowledge is Power propose un habillage propre, quelconque certes mais propre. Sauf que rien ne suit derrière. Le jeu manque de folie, il se contente de refaire ce que les emballages d’Apericube font déjà très bien, à un prix démesuré vis-à-vis du contenu. Knowledge is Power est une régression totale du genre et on ne voit pas comment un joueur adepte des jeux de société virtuels pourrait se tourner vers ce titre plutôt qu’une valeur sûre comme Trivial Pursuit par exemple. L’argument du smartphone ne suffit pas. Ça aurait été le cas si le jeu avait été free-to-play ou offert avec le PS Plus à la manière de Qui es-tu ? mais en l’état, il n’est qu’une tentative ratée d’amuser autour d’un moment pourtant inratable.