Test de Kirby : Au fil de l’aventure (Nintendo Wii)

Ce test a été réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.

Au pays de Courtepointe

Tout semble aller pour le mieux pour Kirby qui se promène tranquillement dans le royaume de Dream Land. Alors qu’il aperçoit au loin une bien belle tomate, notre glouton petit héros décide de l’aspirer pour la manger. Malheureusement pour lui, cette tomate là n’a rien de comestible puisqu’il s’agit en fait d’un artéfact magique, la Métamate, qui appartient à un sorcier du nom de Maillalenvers. Kirby se retrouve alors à son tour aspiré dans une chaussette magique que le sorcier porte autour de son cou puis perd connaissance. À son réveil, notre ami découvre qu’il a atterri au pays de la Courtepointe, un univers où tout n’est que fils et tissus et où lui-même est devenu une boule de fil rose.

Plus question d’avaler tout ce qui traîne, Kirby version fil ne peut plus rien manger mais peut désormais se changer en plusieurs formes. Pas le temps de se poser trop de questions cela dit, notre héros fait la rencontre du Prince PonPon, souverain de ce monde, qui lui apprend que le sorcier qui a piégé Kirby a déchiré toutes les contrées du royaume. Bien décidé à venir en aide à son nouvel ami, Kirby se lance dans une nouvelle aventure afin de rapiécer toutes les parties du royaume de la Courtepointe.

Une quête qui va conduire Kirby au travers de différentes zones, chacune composée d’un certain nombre de niveaux, d’un boss à combattre et de différents bonus à débloquer. Un premier fait de jeu saute alors aux yeux du joueur, l’absence de difficulté dans Kirby : Au fil de l’aventure. Si durant les premières minutes on se laisse naïvement aller à penser que la facilité n’est que là pour familiariser le joueur avec l’univers atypique du soft, on se rend finalement compte que toute l’aventure du jeu de Good-Feel est basée sur un même principe : une difficulté quasi-absente avec l’impossibilité de mourir. Forcément, en ne se basant que sur cet aspect-là, on a du mal à comprendre comment ce volet Wii peut se révéler intéressant. Grave erreur.

La prouesse réussie par les développeurs réside dans tout le challenge représenté par les bonus et la chasse au score dans chaque stage de Kirby : Au fil de l’aventure, qu’un bref tableau à chaque fin de stage se charge de résumer. Si une huitaine d’heures suffit à tracer l’aventure en ligne droite, il en faudra bien plus pour débloquer tout le contenu proposé et accéder aux stages bonus. Alors oui, on peut finir le soft assez rapidement, sans aucune difficulté et sans se soucier de ses performances. Mais on peut aussi relever le challenge de glaner le meilleur score possible, soit en récoltant un maximum de perles (semblables aux traditionnelles pièces de Mario) mais aussi en ne se faisant jamais toucher ou même en récoltant des trésors tout au long des niveaux.

Malgré une difficulté déconcertante, Kirby : Au fil de l’aventure arrive donc à se doter d’éléments qui favorisent la replay value et qui permettent de nous rendre compte que le jeu de Good-Feel n’est pas si simple que ça, pour peu qu’on veuille aborder le soft en ce sens.

Ces trésors sont en fait des objets et des tissus qui serviront à faire de la décoration dans le foyer douillet de Kirby, gentiment prêté par un certain Phil de Laine. Cette chambre, qui représente la maison de fortune de notre boule de fil rose, ainsi que d’autres pièces de l’immeuble où elle se trouve, peuvent être personnalisées avec les éléments trouvés par Kirby dans les niveaux et les objets achetés à la boutique (en échange de perles). Rien de bien vraiment passionnant certes, mais le simple fait d’essayer de mettre la main sur tous les trésors représente à lui-seul un défi de taille. Des vidéos bonus ainsi que des musiques font également partie des récompenses à glaner. Enfin, une place du Village Feutré se propose de récapituler toutes les récompenses et médailles (bronze, argent ou or, selon le score obtenu dans un niveau) récoltées tout au long de l’aventure, histoire d’inciter à recommencer tel ou tel niveau qui poserait problème.

Malgré une facilité déconcertante, Kirby : Au fil de l’aventure arrive donc à se doter d’éléments qui favorisent la replay value et qui permettent de nous rendre compte que le jeu de Good-Feel n’est pas si simple que ça, pour peu qu’on veuille aborder le soft en ce sens. Mais ne le cachons pas, la grande facilité dans le déroulement du jeu est avant-tout là pour séduire un jeune public. C’est d’ailleurs cette même catégorie de joueurs qui sera à même d’apprécier la narration telle qu’elle prend forme dans cet opus, à savoir une voix-off en français qui s’occupe de doubler toutes les voix des personnages du jeu dans des intonations trop enfantines, voire carrément niaises.

C’est cousu de fil rose

S’il y a bien un élément pour mettre tout le monde d’accord sur la qualité de Kirby : Au fil de l’aventure, c’est son gameplay aux petits ognons. Wiimote tenue horizontalement, comme lors des heures de gloire de la plateforme 2D, le jeu relève avec brio le défi d’imposer une jouabilité simple d’accès mais pour autant assez riche. À défaut de pouvoir avaler ses ennemis, chose jusqu’alors impensable pour un jeu d’aventure de la franchise, et que bien des fans regretteront, Kirby est capable d’effectuer de nouvelles actions grâce à son nouveau corps fait de fils. Par exemple, en appuyant deux fois rapidement sur les directions gauche/droite, notre héros se transforme en voiture, tandis qu’en sautant, une simple pression de la flèche du bas le transforme en poids qui tombe lourdement, là où une pression constante du bouton 2 le fait planer quelques instants.

Quelque soit l’environnement auquel on fait face, les interactions sont toujours placées de manière bien précise et Kirby évolue en parfaite harmonie avec le décor.

Kirby peut aussi utiliser un coup de fil (de laine) pour interagir avec les environnements, lorsqu’une pièce languette ou un bouton est à portée, ou même enrouler un ennemi pour s’en servir de projectile. Le tout s’effectue avec des manipulations ultra-simples mais l’utilisation de chacune de ces actions dans les niveaux est extrêmement bien amenée et fait mouche à chaque fois. Quelque soit l’environnement auquel on fait face, les interactions sont toujours placées de manière bien précise et Kirby évolue en parfaite harmonie avec le décor.

À ces actions de base s’ajoutent diverses possibilités comme le fait de passer devant/derrière un décor, de se transformer en sous-marin pour nager sous l’eau, de prendre la forme d’un bolide pour participer à une course, de se changer en camion-pompier pour éteindre le feu, de se transformer en robot géant ou encore de devenir un vaisseau spatial et bien d’autres choses. En plus d’être amusantes et bien ficelées, ces transformations sont surtout l’occasion de varier les plaisirs en matière de gameplay et ce, dans plein de niveaux de Kirby : Au fil de l’aventure. Participer à un shoot’em up, à une course tout-terrain ou à un mini-jeu de train sont à chaque fois des moments très agréables qui rythment admirablement bien le déroulement d’un stage.

Au fil du gamplay

En plus de tout cela, Kirby : Au fil de l’aventure se compose d’un petit jeu de cache-cache et d’un autre défi de ramassage de perles assez amusants, avec également la possibilité de jouer l’aventure en coopération. Avec un ami, qui incarne alors le Prince PonPon, les sessions dans le jeu de Good-Feel prennent une dimension encore plus conviviale mais le gameplay gagne aussi en petites subtilités. En effet, lors des phases de gameplay un peu moins traditionnelles, les deux joueurs sont amenés à contrôler tour-à-tour les actions à effectuer, demandant un brin de coordination. Une bonne idée.

Apprécier Kirby découdre un ennemi ou même zipper une fermeture d’un décor est à chaque fois un émerveillement qu’une fluidité totale et une réalisation sans faille aident grandement à déguster.

Côté réalisation, c’est là aussi un coup de cœur total avec Kirby : Au fil de l’aventure. Si le monde de Courtepointe, fait de fils et de bouts de tissus, peut ne pas plaire du tout à certains joueurs, il faut tout de même admettre que Good-Feels’est donné à fond dans l’expression visuelle de sa thématique filaire. Chacune des zones de jeu, sans exception aucune, dispose de son environnement propre (neige, cour de récréation, contrées enflammées, désert, océan, fanfare, espace, etc.) dont le style est totalement orienté vers ce côté patchwork. Apprécier Kirby découdre un ennemi ou même zipper une fermeture d’un décor est à chaque fois un émerveillement qu’une fluidité totale et une réalisation sans faille aident grandement à déguster. Les boss, dont certains seront familiers aux fans de la franchise (au même titre que certains éléments des niveaux), sont eux-aussi garants d’une surprise visuelle à chaque nouvelle rencontre. On aurait d’ailleurs aimé être aussi enthousiaste sur la bande-son du jeu qui, malheureusement, souffle le chaud et le froid avec, surtout au début du jeu, des mélodies répétitives et endormantes là où d’autres pistes sont bien plus entraînantes et charmeuses.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

C'est trop long votre test... Il faut retenir quoi en fait ?
    + Drôle et envoûtant
    + Aventure bien ficelée
    + Une totale réussite visuelle
    + Gameplay dosé à merveille
    – Un style pas à la portée de tous
    – Peut-être trop facile
    – Certaines musiques qui endorment
    – Kirby qui ne peut rien aspirer ?
LE VERDICT
FIL D'ARGENT
7
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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