Test de Kingdom Come Deliverance (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One, fournie par l’éditeur, et d’une version dématérialisée sur PC, achetée par nos soins.

“Bonne journée à vous”

C’est une vie bien calme que semble mener Henry, fils de forgeron dont les journées (et les nuits…) sont partagées entre des courses à faire pour ses parents, des beuveries avec les amis et quelques mots doux pour sa donzelle. Seulement voilà, dans la Bohême médiévale de Kingdom Come Deliverance, il se trame quelque chose que le pauvre jeune homme ne peut imaginer. Un jeu du trône qui fait basculer la vie de notre ami, voyant son village être rayé du paysage et ses parents mourir sous ses yeux. Débute alors une quête de vengeance pour Henry, déterminé à faire payer ceux qui sont l’origine de la mort de ses parents. Mais avant d’espérer rendre des comptes dans Kingdom Come Deliverance, il va falloir composer avec une longue section qui sert d’introduction à l’univers et aux mécaniques du jeu de Warhorse Studios. C’est surtout l’occasion d’appréhender tout ce qui caractérise ce RPG dont chaque élément se veut réaliste, sans jamais une once de fantaisie. Cette volonté de proposer une expérience authentique et historique, elle permet aux joueurs de faire face à des quêtes haletantes (à quelques exceptions près) et généralement très bien scénarisées avec des cinématiques joliment travaillées, des dialogues solides et des personnages tous aussi réussis les uns que les autres. Il n’y a vraiment que la fin, qu’on vous laissera apprécier par vous-même, pour nous laisser un goût amer tant les intrigues et l’ambiance sont au rendez-vous.

N’allez pas croire que Kingdom Come Deliverance est aussi peu chaleureux que possible car si les premières heures de jeu peuvent se révéler assez laborieuses, elles sont indispensables pour assimiler tous les paramètres à gérer dans l’aventure. Et ils sont nombreux. Le soft de Warhorse Studios nous impose par exemple de gérer la faim de notre héros, sa fatigue ou encore son endurance. Bien sûr, il existe une multitude de moyens d’assouvir son appétit et d’avoir un regain de forme mais même l’action de manger et/ou boire n’est pas sans conséquence. Trop mangé ? Vous voilà avec des maux de vente, autrement dit un personnage « lourd et maladroit » le temps de la digestion. Un alcool un peu trop fort ? La vue se trouble mais, a contrario, Henry profite d’une meilleure éloquence. Oui, l’excès n’est pas forcément synonyme de malus même si, bien sûr, abuser de morceaux de viande avariée n’a jamais été une bonne idée. Pour personne. Quant à la fatigue, elle se gère finalement assez aisément en prenant soin de dormir quand arrive la nuit puisque, de toute manière, trop peu de choses se passent quand la lumière du jour disparaît et que les bâtisses ferment leur porte.

Une fois les bases posées et Henry un peu plus libre de ses mouvements, Kingdom Come Deliverance étale ses possibilités et les livre au joueur avec quelques lignes dans un codex comme unique guide. Complexe, le jeu l’est assurément mais il se complique maladroitement la tâche à causes d’indications hasardeuses et de menus bien peu ergonomiques. Difficile de s’y retrouver dans les onglets et sous-menus affichés, au point de découvrir une fonctionnalité, une compétence voire une mécanique de jeu alors que l’aventure a déjà été largement entamée. Au joueur d’être curieux et de fouiller partout où il le peut dans ces menus peu accueillants, mais il est certain que ce manque de clarté dans des informations pourtant essentielles au bon déroulement du jeu a de quoi décourager les moins téméraires. Les quêtes se montrent elles-aussi parfois avares en infos sur le pourquoi du comment, mais il s’agit ici d’un véritable choix des développeurs qui préfèrent nous laisser partir à la chasse aux indices tout en offrant une liberté sur la manière de parvenir à nos fins. Devinez quoi ? Ça marche.

Ce sont nos actes et notre comportement qui influencent notre manière de jouer et définissent les qualités/défauts de notre personnage.

C’est en forgeant

Kingdom Come Deliverance n’est donc pas du genre à prendre le joueur par la main, tant mieux. S’il est toujours question de compétences et de traits de caractères à faire évoluer au fil des heures, comme dans tout bon RPG qui se respecte, ici il faut de l’activité et de la pratique pour faire monter tout ça. Vous souhaitez vous spécialiser dans le crochetage de coffres ? Alors il faut acheter des crochets et crocheter des serrures à tout-va. Encore et encore. L’arc vous fait de l’oeil ? Avant de vous prendre pour Robin des Bois, c’est la chasse en pleine forêt qu’il va falloir pratiquer des heures durant pour devenir un tant soit peu habile. Le charisme vous fait défaut ? Dépensez de l’argent pour de beaux vêtements, portez-les sans compter et faites vous voir par un maximum de gens. Quelques exemples parmi d’autres pour comprendre que ce sont surtout nos actions et notre comportement qui influencent notre manière de jouer et définissent les qualités/défauts de notre personnage. Ainsi, vous avez beau avoir développer votre talent pour l’expression orale, vous vous ferez remballer par le premier noble venu si vous vous adressez à lui avec une tenue inapproprié et sans un brin de toilette. Dans un autre registre, devenir un maître de l’épée (il vous en faudra de la pratique…) ne vous assurera pour autant pas de sortir victorieux d’un combat acharné si vous n’êtes pas assez bien équipé. Il y a toujours une caractéristique et un contexte à prendre en compte, ne pensez donc pas venir à bout des situations de jeu par la seule force d’une compétence bien développée.

Mis en avant à d’innombrables reprises tout au long du développement du jeu, les combats à l’épée proposés par Warhorse Studios se révèlent être extrêmement plaisants à pratiquer. Une fois assez proche d’un ennemi, la vue se verrouille sur ce dernier pour nous permettre de l’approcher prudemment, tourner autour de lui et l’observer. A l’aide d’un curseur en forme d’étoile à huit branches, on peut aisément choisir une direction dans laquelle porter une attaque lourde ou un coup d’estoc. Ce même curseur sert aussi à préparer un contre en plaçant son arme là où l’ennemi va frapper, un système de contre-attaque assez bien pensé dont le timing serré propose un réel challenge du début jusqu’à la fin du jeu. Pour agrémenter le tout, Henry peut aussi faire des pas de côté, reculer d’un bon mètre et feinter en levant son épée dans une direction pour finalement porter un coup ailleurs, autant de gestes qui servent à déstabiliser l’adversaire et à percer sa défense. Bien sûr, puisque l’on parle de Kingdom Come Deliverance, les effets ne sont pas les mêmes selon le type d’arme blanche utilisé et l’armure de l’ennemi, alors que la gestion de l’endurance se révèle elle-aussi rapidement vitale. Si la pratique est le meilleur moyen de se familiariser avec les mécaniques mises en place, il reste possible de se faire surprendre par n’importe quel ennemi à n’importe quel stade de l’aventure. Un petit mot également sur l’arc, sans viseur à l’écran, dont les premières heures d’utilisation sont tout bonnement laborieuses. Là encore c’est en persistant que l’on finit par apprivoiser ce tir à l’arc et l’apprentissage est tellement douloureux que tirer au jugé avec succès finit par être très gratifiant.

S’il y a bien une chose à reprocher à Kingdom Come Deliverance, c’est son manque de finition.

“La Bohême, ça voulait dire…”

Intéressant voire captivant à certains moments, immersif et foutrement riche, Kingdom Come Deliverance a presque tout pour plaire malgré sa rudesse naturelle. Presque, parce que s’il y a bien une chose à reprocher au jeu c’est son manque de finition. A l’heure où ces lignes sont écrites, alors qu’il a déjà été patchés à de multiples reprises, le jeu souffre encore de bugs plus ou moins gênants. Une situation largement relayée sur la toile et plutôt agaçante oui, surtout pour un titre en gestation depuis un bon moment et dont la sortie devait logiquement être épargnée de soucis majeurs. Caméra capricieuse, animations foireuses, dialogues sans aucun son, langue qui change entre deux répliques et autres choses du genre ont ainsi accompagné notre voyage en Bohême, des problèmes qui ne rendaient pour autant pas le soft injouable mais qui étaient suffisamment nombreux pour lasser à la longue. De quoi faire sourire, peut-être, on a en revanche été moins amusé quand une quête principale n’a pas pu être achevé parce qu’un script ne semblait pas vouloir se lancer ou encore quand il a fallu charger une ancienne sauvegarde parce que la dernière en date a été corrompue.

En ce début du mois de mars, un correctif salvateur est attendu sur tous les supports et on ne peut pas reprocher à Warhorse Studios de prendre au sérieux la situation (encore heureux). Mais pour un jeu d’un tel calibre, c’est franchement dommage. On peste aussi contre certains choix des développeurs, notamment ce système qui oblige à boire une potion pour sauvegarder manuellement une partie si l’on souhaite quitter le jeu. Faut-il avoir la fameuse potion en stock ! Là encore, le problème sera a priori prochainement réglé avec l’arrivée d’une nouvelle option Save and Exit. On aimerait également que le défilement du temps (lorsqu’on choisit d’avancer jusqu’à une heure précise) ne soit pas aussi laborieux, un autre exemple des choix qui peuvent déranger et agacer au fil des heures de jeu.

Enfin, place à un petit message concocté par un autre de vos serviteurs, Sir Gwaudika, qui s’est attaqué à la version PC du jeu :

Par nostre foy, balade faisant dans Bohème, fîmes nombreuses rencontres. Certaines fvrent dolorevses, d’autres amvsantes. An de grace mil qvatre cents trois, nous dévoilons l’aventvre d’Henry le fils de forgerons, car novs mismes nos piés dans bottines d’icelui.

Svr nostre destrier, dan jeuvnes années encor puissan. Carte mil quatre-vingt, lvcarne for large, fol impatience. Performances cabussantes. Soixante images difficiles à atteindre, mais amvsement flvide tout de mesme.

Cuevrs légers rencontrant peu de bvgs jusqu’alors, vizage radievx en icelle découverte.

Bastifolant dedans radievx decors dépeints en pvr beavté, parfois sous plvie battante, belles souvenances.

Tristesse quand dans qvestes bloqvées sommes novs. Bovrsemol ! Nous crîames a vil développevr qui sortit jev en tro grande haste. Mais en icelui covrage, nous vîmes cuevr à l’ovrage.

A jev malin de dés sera expérience. Nostre fut bel & amuzante. Asvois qvatre-vingt dix nevf plaisances mays iceux bvgs firent tasches sur bel dessin.

LE VERDICT
J'ME PRESENTE, JE M'APPELLE HENRY
7
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here