Test de Jurassic World Evolution (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version PC, fournie par l’éditeur, sur PC (Steam).

Bienvenue à Jurassic World

S’il n’avait clairement pas les épaules pour révolutionner les jeux de type tycoon, Jurassic Park Operation Genesis était suffisamment bien taillé pour satisfaire les amateurs du genre et surtout les fans de la licence. Ni plus, ni moins. Alors forcément, lorsque l’expérimentée équipe de Frontier Developments (Zoo Tycoon, ScreamRide, Planet Coaster) a annoncé l’élaboration de Jurassic World Evolution, on y a vu l’opportunité de mettre la main sur un jeu à la fois respectueux de l’univers concerné mais aussi riche en possibilités. Sur le premier point, c’est réussi. Sur le second le constat est un peu plus nuancé.

Ce n’est pas une seule carte que nous soumet Jurassic World Evolution mais cinq îles et autant de terrains de jeu différents. C’est surtout l’occasion pour les développeurs de proposer différentes missions propres à chaque environnement, des scénarios qui servent tout d’abord à prendre en main les mécaniques du titre puis qui fixent de véritables objectifs au joueur. Cette progression est construite de manière assez intéressante, avec un scoring symbolisé par un note sur cinq que l’on se voit attribuer en fonction de l’avancement de notre parc, et permet surtout d’occuper les joueurs une bonne poignée d’heures avant de lui laisser prendre totalement les choses en main sur une sixième île complètement vierge (un bac à sable doté de tous les éléments du jeu mais qui nécessite toutefois de jouer les fameuses missions scénarisées pour avoir accès à tous les bâtiments et dinosaures). Chose appréciable, chaque île de l’archipel de Jurassic World Evolution possède ses propres caractéristiques qui puisent principalement la différence dans les conditions météos plus ou moins compliquées ainsi qu’une typologie de terrain qui facilite, ou non, l’agencement de notre parc. Il existe tout de même un outil pour modifier la morphologie de notre environnement (surélever ou affaisser un terrain, l’aplanir et le lisser) mais son utilisation est tellement peu précise qu’il en devient agaçant.

« Je vous l’avais bien dit »

Une progression plutôt bien agencée, certes, et des mécaniques de jeu (un peu trop) bien huilées, voilà ce qui caractérise Jurassic World Evolution. Pour faire simple, chaque partie dans un nouvel environnement débute avec quelques bâtiments déjà en place. On construit des centres clés (labos, centre de recherche, centre ADN, postes de garde, etc.), des bâtiments incontournables (comme la centrale électrique) et des infrastructures destinées à divertir/vider le portefeuille des visiteurs (boutiques, bowling, salle d’arcade, restaurants, etc.), on s’attelle à envoyer des équipes de recherche aux quatre coins du globe pour qu’ils ramènent de précieux fossiles, on extrait l’ADN des dinos et hop, la bestiole pointe le bout de son museau après une courte période d’incubation. Les visiteurs rappliquent, l’argent coule à flots, on finance des structures plus avancées et d’autres recherches puis le parc grossit jusqu’à ce que les objectifs clés soient remplis. Et rebelote sur l’île suivante. C’est carré, ça fonctionne pendant un bon moment mais Frontier Developments ne donne pas les moyens à son jeu d’être intéressant sur le long terme.

Dans un titre tel que Jurassic World Evolution, ce sont les détails qui font la différence. Le bien-être des dinosaures, la satisfaction des clients, la qualité de l’agencement du parc, les relations avec les branches sécurité, divertissement et scientifique : tout semble en place pour en faire un jeu de gestion complet. Tout est là oui, mais dans le plus simple appareil. Prenez les magasins et les restaurants. Seuls trois articles (dont le coût est différent) y sont vendus, sachant que l’on ne peut en vendre qu’un seul à la fois et que l’on se contente d’en fixer le tarif, de voir les bénéfices tombés et d’embaucher (ou virer) du personnel en fonction du nombre de visiteurs. Ces derniers sont d’ailleurs faciles à contenter et tant que vous avez des dinos à leur montrer, la satisfaction sera au rendez-vous. Les parcs se ressemblent tous ? Aucun élément/accessoire n’est disponible pour les décorer /les personnaliser ? Aucun problème, tout le monde s’en fout. C’est tout, inutile de chercher des subtilités ou une gestion très poussée donc. Le constat s’applique également aux dinos qui, à quelques exceptions près, trouvent leur enclos confortable tant que l’espace, l’eau et la verdure sont au rendez-vous (ces paramètres varient selon chaque espèce). Les pauvres bêtes se contentent de voir le temps défiler, tombant quelques fois malade (une piqûre des gardes et c’est reparti) puis mourant de vieillesse. Concernant les fameuses exceptions, on pense aux Dracorex et aux Vélociraptors dont la composante « sociale » se montre assez fragile, obligeant à veiller constamment à ce que leur confort soit optimal sous peine de passer son temps à calmer leur envie de liberté…

On tourne donc rapidement en rond dans Jurassic World Evolution et les quelques particularités du titre n’y changent pas grand-chose. Les fameuses trois principales branches qui fournissent les missions, par exemple, sont censées nous orienter vers un style de jeu radicalement différent en fonction de la personne vers qui on va chercher les contrats (privilégier le divertissement au détriment de la sécurité ou se consacrer à la recherche scientifique plutôt que de constamment contenter les visiteurs ?). Or, en action, on se rend compte que l’on peut enchaîner les missions chez l’un puis chez l’autre sans que cela ne vienne réellement influencer la manière dont notre parc grandit. Pire, les contrats secondaires sont parfois en total décalage avec la mission principale au seine d’une même branche. Bonjour la cohérence. Autre élément décevant, la modification du génome de nos dinos. Certes, en fonction des recherches menées, on peut changer les caractéristiques des créatures et leur aspect. Mais en l’état, à part voir les statistiques baissées ou augmentées selon les changements apportés, l’impact dans le jeu ne se révèle être que financier. Oui, un dinosaure avec de l’ADN de requin c’est clinquant, ça attire du monde et ça atteint une belle somme en cas de revente mais pour ce qui est du comportement de la bestiole dans le parc, les conséquences sont trop minimes voire insignifiantes pour être notées. L’argent, justement, n’est jamais un problème et les millions de dollars tombent sans forcer.

Merci de tenir votre Raptor en laisse

Mais alors, est-ce la douche froide ce Jurassic World Evolution ? Eh bien non. Pas totalement en tout cas et ce pour une principale raison : le fan service. Si vous lisez ces lignes et que vous vous intéressés un tant soit peu au jeu, c’est que vous avez un minimum d’affinités avec la licence. Cela, Frontier Developments l’a bien compris et assure comme il faut le côté « adaptation officielle » de la franchise. Impossible de ne pas avoir de frissons lorsque le thème musicale de Jurassic Park fait surface et lorsque les premiers dinos prennent vie. Que dire également du rugissement du T-Rex et de ces Raptors qui poussent de petits cris pour communiquer entre-eux ? La régalade, tout simplement. Des moments de plaisir qui ne dureront qu’un temps pour beaucoup, celui de la découverte, mais on continue d’apprécier la modélisation des dinosaures, leur variété et la qualité de leurs animations même après de longues heures de jeu. On aime observer ce bestiaire conséquent (l’hommage est presque total à Jurassic Park et Jurassic World) et le travail des développeurs sur cet aspect-là du jeu est remarquable. Un regret tout de même ? L’absence du Mosasaure et l’impossibilité de créer une attraction sous-marine.

Autre élément qui joue en faveur du titre, au-delà de sa plastique quasi-irréprochable, les doublages des personnages par les acteurs qui les incarnent à l’écran. Ian Malcolm, Claire Dearing, Nick Van Owen, le Dr Henry Wu et les autres sont au rendez-vous pour assurer une immersion totale aux fans, en VO comme en VF. Les commentaires des protagonistes sont nombreux et dans le même ton que les répliques des films.

Enfin, si on apprécie autant Jurassic World Evolution c’est parce qu’il met l’accent sur la gestion de crise et ne laisse que peu de répit aux joueurs quand les éléments se déchaînent. Sans possibilité de mettre l’action en pause, autant dire qu’il faut maîtriser les capacités des bâtiments et de ses unités pour répondre à une urgence qu’elle soit météorologique (gare aux tempêtes et autres ouragans), technique (panne de courant, clôture défoncée, etc.), humaine (sabotage) ou animalière (propagation d’une maladie, dino pris d’une furieuse envie de liberté, etc.). Le pire, ou le meilleur, c’est quand ces situations s’entre-mêlent et nous plongent dans une tension assez grisante, un chaos contre lequel on aime lutter (notamment en prenant le contrôle des véhicules – jeep, hélicoptère – et en tirant soit-même les munitions hypodermiques). Et comme on vous sait un peu sadique (oui nous le sommes nous-mêmes, évidemment), impossible de ne pas tenter l’expérience ultime : lâcher votre plus gros carnivore (T-Rex, Ceratosaurus, Indominus Rex et autres) sur une pauvre foule qui va se faire dévorer en quelques instants seulement. Le genre de scène que l’on aime déclencher de temps à autre pour se défouler, c’est con mais c’est bon.

LE VERDICT
CLASSICOSAURE
6
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

2 Commentaires

  1. Bonjour ,
    D’abord , merci beaucoup pour le test . Le jeux est bon mais rien de spéciale . Après les premières heures de magie , on est face à un absence presque total de difficulté . Les graphiques sont magnifique mais le » gameplay » est un peu ennuyant .

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