Test de Iron Danger (PC)

CONCLUSION

Rares sont les titres réellement innovants dans le genre très prisé de l’action-RPG. Iron Danger est l’un d’eux. Ni Divinity, ni Diablo, le titre de Action Squad Studios joue habilement de sa singularité et se creuse un petit nid douillet dans lequel il risque de rester seul pendant longtemps. Espérons qu’une éventuelle suite permettra de corriger ses gros défauts, pour en faire un immanquable de la scène indépendante.

Quand jeuxvideo24 publie deux previews d’un seul et même jeu, il semble évident que celui-ci présente un minimum d’intérêt. Mieux encore, qu’il soulève chez nous une certaine forme d’enthousiasme, certes teintée de scepticisme, mais véritable. Iron Danger est dans ce cas de figure, alors qu’il se présente à nous sous sa forme finale. Les deux aperçus laissaient entrevoir un énorme potentiel, malgré un certain nombre de questions laissées en suspens. Verdict.

Seconds of Future Past

test pc steam iron dangerQui aurait parié que Kipuna serait repartie indemne après s’être violemment empalée sur un cristal acéré ? Pas juste indemne, mais dotée en plus d’un pouvoir magique capable de l’empêcher de mourir, en remontant le temps. Cet événement fortuit est le socle de Iron Danger, qui fait du temps le cœur de ses mécaniques. En revenant à la vie, la jeune Kipuna gagne la capacité de remonter le temps de quelques secondes, ce qui lui permet d’affronter des situations auxquelles elle n’aurait jamais pu faire face auparavant. Accompagné par quelques compagnons d’infortune, elle traversera moult contrées afin de récupérer les cristaux convoités.

Les phases de jeu se découpent de la manière suivante : tantôt on explore en résolvant des puzzles, tantôt on combat en cassant des gueules. Dans les deux cas, la temporalité est mise à contribution. Chacun des deux personnages que le joueur peut incarner simultanément dispose d’une ligne temporelle. Cette ligne se décompose en battements. Toutes les actions effectuables en jeu ont une durée bien définie, exprimée à l’aide de ces mêmes battements. Se déplacer, esquiver, attaquer, lancer une boule de feu ou bien tout simplement attendre : tout a un coût en termes de temps. Dans l’idée, cela rappelle un peu l’idée que se faisait John Wick de la tactique, à la différence près que notre héroïne finlandaise est capable d’annuler tout ce qu’elle fait pour mieux repartir à la charge.

Ainsi, il est possible d’accomplir une action, de constater son effet, puis de revenir en arrière pour l’annuler. Ce sera le cas par exemple si un personnage prend des dégâts trop importants, on préférera revenir sur nos pas pour préparer une autre action. Par conséquent, la mort elle-même n’existe plus. Le game over n’existe pas dans Iron Danger, puisque lors les deux personnages meurent, il suffit d’un seul clic sur la timeline pour “rembobiner”. Est-ce que la frustration que provoquerait une mort définitive en est diminuée ? Oui. Le jeu en est-il plus facile pour autant ? Non !

Prédestination

test pc steam iron dangerVoyez-vous, toute la complexité de la mise en place d’un tel système repose dans l’élaboration de situations “challengeantes”. Puisqu’il est impossible de mourir, la structure des différents combats doit se renouveler et apporter des variantes appréciables, pour compenser la perte de la notion de fatalité. Ce que fait Action Squad Studios avec brio. La montée en difficulté est bien dosée, tout comme la progression des personnages. C’était l’une de nos préoccupations lors des premiers essais, le jeu étant dénué de loot, de leveling et de quêtes secondaires. Il ne consiste qu’en une succession de petits chapitres, sans le moindre contenu annexe.

Pourtant, Iron Danger sait accrocher son monde. Après chaque chapitre, le joueur gagne un point d’amélioration, qu’il peut attribuer à différentes compétences. La maîtrise du système de combat étant croissante, on en vient vite à se régaler de la montée en puissance de nos personnages, dont le nombre s’étoffe au cours de la progression. Même Kipuna, frêle à ses débuts, s’endurcit et gagne de nouvelles capacités avec le temps, pour finir par devenir une guerrière accomplie. Il faut dire qu’elle est bien aidée par une histoire convenue mais séduisante et surtout des doublages particulièrement soignés. On comprend la volonté de Action Squad Studios de se focaliser sur la narration, rarement surprenante mais toujours efficace.

Puisqu’il est impossible de mourir, la structure des différents combats doit se renouveler et apporter des variantes appréciables, pour compenser la perte de la notion de fatalité. Ce que fait Action Squad Studios avec brio.

Sans peur mais avec quelques reproches

test pc steam iron dangerMalheureusement et bien qu’il fasse preuve d’une audace folle dans sa conception du jeu tactiques, Iron Danger n’est pas un titre parfait. Si l’absence de game over retire une frustration, une trop grande tendance à la radinerie en crée une autre. Difficile de se sentir réellement impliqué dans le titre tant le manque de contenu se fait sentir. On aurait aimé au minimum quelques “collectibles” à ramasser pour compléter le lore du titre, vraisemblablement riche et intéressante, d’autant plus que la petitesse des cartes aurait rendu leur collecte moins laborieuse.

Au sujet des cartes justement, tous les niveaux sont petits. Et comme une carte est équivalente à un chapitre, on a parfois un peu l’impression de faire du surplace. Il arrive même de se retrouver face à des chapitres qui ne consistent qu’à écouter un dialogue entre deux temps de chargement. On aurait aimé un peu plus d’ambition à ce niveau, quitte à proposer plusieurs longs couloirs mieux connectés.

Enfin, impossible de passer sous silence le manque de réactivité global du titre. La moindre action semble décalée par rapport au clic du joueur. On en ressort quelque peu agacé et surtout perturbé. Comment se fait-il qu’une telle tare puisse encore exister aujourd’hui, dans un jeu jouable uniquement à la souris ? Nous n’avons pas la réponse. Peut-être qu’un patch corrigera cet écueil.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Kurutchinhttps://www.goodtastepolice.fr
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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