Test de Illusion : A Tale of the Mind (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox One.

Emma, au pays de l’esprit torturé

Avec une bande-annonce de lancement qui nous renvoyait à nos souvenirs de Alice : Retour au pays de la folie et qui éveillait clairement notre curiosité, Illusion : A Tale of the Mind a fait mouche. Monde du spectacle des années 20, horreur de la Première Guerre mondiale, esprit torturé et folie, il n’en n’a pas fallu davantage pour nous donner envie de plonger dans l’univers du titre de Frima Studio. Une aventure qui met en scène Emma, toute jeune demoiselle qui se retrouve à combattre les idées noires d’un homme dont l’esprit est torturé par les machinations d’un individu jaloux de sa situation amoureuse. N’allons pas plus loin dans le pourquoi du comment, cela serait spoiler l’histoire du jeu. D’ailleurs, on ne remercie pas le communiqué de presse avec un pitch qui dévoile ni plus ni moins ce que le chapitre 1 essaye de doucement amener. Pour l’effet de surprise, on repassera. Ne jouons pas les vierges effarouchées non plus, l’écriture de Illusion : A Tale of the Mind est telle que l’on voit de toute manière venir tout ce que les développeurs essayent de faire passer comme révélations. Scénario convenu donc, mais pas dénué d’intérêt et mature.

En ciblant un public plutôt adulte, Frima Studio choisit donc de narrer des scènes parfois assez lourdes. Des souvenirs douloureux qui abordent des thématiques telles que le deuil, l’alcoolisme ou encore les ravages de la guerre sur les individus, mais sans jamais vraiment creuser le sujet. Avec une durée de vie de quelques heures à peine, Illusion : A Tale of the Mind a du mal à aller au fond de ses idées narratives. Oui les sujets évoqués le sont avec sincérité et arrivent même à nous toucher, mais jamais le soft ne donne l’impression de creuser réellement ces thématiques. C’est dommage, surtout que la narration perd un peu de son charme au fil de la progression pour se conclure sur quelque chose de finalement assez banal là où on attendait davantage de surprises. Qu’on ne s’y méprenne pas, on s’attache à Emma et à son drôle (mais parfois agaçant) compagnon, et on se prend d’affection pour les autres personnages, c’est juste que l’histoire de Illusion : A Tale of the Mind aurait certainement gagné en intensité si elle avait réellement osé s’aventurer sur les terrains qu’elle ne fait finalement qu’effleurer. Que dire également de la fin un peu trop abrupte à notre goût ? L’explication se trouve peut-être dans le fait qu’il s’agit d’un Épisode 1 mais Frima Studio et son éditeur se montrent curieusement assez vagues sur le sujet au point qu’on ne sait pas s’il y aura d’autres volets à découvrir par la suite. Frustrant.

D’un certain point de vue

Maintenant que l’on a dit que Illusion : A Tale of the Mind était davantage une aventure destinée à un public mature, même si elle ne sait pas toujours comment se positionner, parlons un peu de tout ce qui la compose. Le côté aventure, il est uniquement narratif. Tout juste peut-on parler d’exploration, le joueur étant libre de contrôler Emma dans des environnements fermés qui permettent la plupart du temps de se déplacer d’un point à l’autre pour y trouver de quoi résoudre des casses-têtes. C’est bel et bien la partie réflexion qui l’emporte dans Illusion : A Tale of the Mind, avec un lot de casses-têtes qui jouent, la plupart, sur la perspective. Reconstituer une ombre en bougeant les formes et changer de place les éléments jusqu’à créer en objet en tournant la caméra sous un certain angles, deux exemples des obstacles qui se dressent sur la route d’Emma sachant qu’il est aussi question de pièces à faire tourner pour recréer un dessin ou encore d’interrupteur à activer pour changer la position de certains objets jusqu’à libérer l’accès sur un chemin alors bloqué.

Si le prologue met doucement en place tout ce programme et que le premier des trois chapitres du jeu apporte son lot de challenge, on reste en revanche dubitatif devant la progression bien plus contemplative du second acte. Certes, cela ne rend pas le jeu bidon pour autant puisque l’histoire en profite pour se développer davantage, mais d’un challenge intéressant à relever Illusion tombe dans une facilité déconcertante. Il faut attendre la seconde moitié du dernier chapitre pour retrouver un peu de ces puzzles, preuve encore que le soft ne sait pas toujours sur quel pied danser alors qu’il avait apparemment les moyens d’être plus solide. Un peu à l’image de cet univers censé refléter la folie et les déboires d’un homme, on aurait souhaité que Frima Studio aille un peu plus loin et ne se contente pas d’un level design juste intéressant le temps de la découverte. Impossible également de ne pas être frustré par ces séquences où l’on doit bouger Emma en réalisant un sans-faute sur un parcours précis. Chose difficile à réaliser quand les contrôles se révèlent imprécis, avec une désagréable sensation de flottement qui fait qu’Emma reste souvent coincée sur une partie du décor lorsque ce n’est pas le jeu qui nous balance un « game over, try again » à la tronche parce que la petite a touché ce qu’il ne fallait pas avec l’orteil.

Un mot enfin sur la réalisation charmante de Illusion : A Tale of the Mind, une ambiance visuelle qui se dit inspirée du surréalisme et dont on ne peut nier la réussite même si, une fois encore, nous n’aurions pas été contre un brin de folie supplémentaire. Reste un jeu techniquement plaisant, pas ultra brillant mais solide et servi par une bande-son inspirée. Les voix françaises sont assez convaincantes, les doublages réussis même si certains risquent de trouver les intonations agaçantes à la longue. On ne pourra pas leur en vouloir, surtout en ce qui concerne un certain Toupin.

LE VERDICT
PAS SI FOU
5
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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