Test de Hitman 2 (PC, Xbox One, PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4 Pro.

Welcome back Fourty Seven

Fin 2012 IO Interactive sortait Hitman Absolution. Un épisode pas nécessairement mauvais mais qui se perdait à essayer des choses qui ne collaient pas vraiment à la licence. Boudés par les fans, il a poussé le studio à retourner aux bases de ce qui avait fait les belles heures de l’agent 47. De ce revirement est né la première saison d’Hitman, le reboot. Vendu au format épisodique il n’a malheureusement pas connu le succès qu’il méritait poussant Square Enix à quitter le navire et à laisser notre chauve préféré à l’abandon, alors que le développement d’Hitman 2 avait commencé. Mais comme le danois est tenace, IO Interactive a pu récupérer sa licence pour continuer à développer le reboot sans l’aide de personne, avant que Warner Bros. Interactive Entertainement ne vienne filer un petit coup de main.

Hitman 2 est donc en quelque sorte un rescapé et malheureusement il en porte certains stigmates. Le premier est, logiquement, l’abandon du format épisodique qui était pourtant une idée absolument géniale. La décision se comprend sans trop de difficulté (trop lourd à gérer pour le studio) mais c’est clairement dommage tant ce format collait bien à l’univers du jeu. Avec un contenu énorme, on revenait avec plaisir sur un épisode que l’on n’hésitait pas à essorer jusqu’à plus soif en attendant l’épisode suivant. La seconde conséquence c’est que d’un point de vue narration IO Interactive a beaucoup perdu avec le départ de Square Enix. Les plus tolérants n’y verront qu’un faible prix à payer quand les éternels insatisfaits crieront au scandale de n’avoir qu’un jeu en VO sous-titré FR. Ceci dit il faut aussi savoir profiter de ce qui nous est offert, cette VO étant l’occasion de savourer l’excellent travail de doublage de David Bateson et Jane Perry.

L’histoire démarre là où elle s’était arrêtée, lorsque Diana Burnwood passe un accord avec l’organisation qui se fait appeler Providence en échange d’indices sur le passé de 47. Contrairement aux autres épisodes, le scénario se veut bavard et ce n’est clairement pas sa première qualité. Manque de moyens oblige, les cinématiques ont laissé leur place à des images animées qui se perdent en explications tortueuses dans l’espoir de donner une impression de grand film d’espionnage. Sauf qu’au final on ne récupère qu’un récit basique qui se cantonne au strict minimum en termes d’écriture. Un petit rebondissement par ci, une révélation par là, deux trois dialogues inutiles et l’histoire est bouclée. Hormis une pirouette en fin de jeu qui permettra certainement à IO Interactive d’imaginer une relation d’une nouvelle nature entre Diana Burnwood et 47 il n’y a pas grand-chose à retenir de ce que l’on nous raconte dans ce Hitman 2.

Live and let die

IO Interactive a donc fait le choix de se concentrer sur ce qui fait de Hitman un bon jeu, à savoir offrir aux joueurs la possibilité de mette en scène des meurtres en toute discrétion. Conscient de ce qui était bon dans le précédent opus, le studio reprend donc la même formule avec six énormes bacs à sable dans lequel le joueur va passer son temps à fouiller, écouter, se déguiser et ruser pour arriver à abattre sa cible le plus discrètement possible. Pour les joueurs deux approches sont possibles. La première c’est de suivre les intrigues scénarisées pensées par les développeurs.

Le premier run donne généralement le vertige lorsque l’on se rend compte de la quantité de choses possibles, des lieux à découvrir et des opportunités à saisir.

Pour les nouveaux joueurs, ou les plus impatients, c’est probablement la meilleure façon d’aborder ce Hitman 2 sans trop se perdre ni devoir trop attendre. Scriptées, ces opportunités débouchent sur ce qui se fait de plus insolite et drôle en termes d’assassinat (tuer un trafiquant de drogue en empoisonnant l’échantillon qu’il est censé goûter ça reste tout de même assez jouissif). Pour ceux qui n’aiment pas les chemins tout tracés il faudra donc se balader, s’infiltrer, trouver les quartiers privés de la ou des cibles, et la/les faire disparaître sans se faire repérer. La très grande réussite de ce Hitman 2 c’est justement d’avoir réussi à faire en sorte que les deux approches procurent une énorme satisfaction aux joueurs, d’une part parce que le challenge est toujours présent et d’autre part parce que les possibilités pour arriver à ses fins semblent juste infinies.

Qui plus est pour améliorer l’immersion IO Interactive a pris le temps d’opérer quelques ajustements au niveau de l’IA qui semble enfin tenir la route. Hormis quelques rares comportements illogiques (corrigés depuis le dernier patch) la réaction des PNJs se veut plutôt impressionnante. Cônes de détection plus réalistes, miroirs qui empêchent de surprendre une cible par derrière, l’angle mort des caméras de sécurité ou encore l’utilisation de la végétation et de la foule pour se camoufler sont autant de petites choses ajoutées qui font qu’évoluer et interagir avec ce monde qui nous entoure est un véritable bonheur. Un bonheur renforcé par la richesse visuelle offerte par le jeu. Chaque niveau dispose d’une foule impressionnante et d’une myriade de détails qui rendent l’ensemble plus vivant que jamais, le tout dans des environnements qui vous feront voyager aux quatre coins du monde.

De 10 à 90 heures

Tout ceci se déguste donc à travers 6 niveaux tous plus riches les uns que les autres. Le premier run donne généralement le vertige lorsque l’on se rend compte de la quantité de choses possibles, des lieux à découvrir et des opportunités à saisir. Pour terminer le jeu, simplement, sans se soucier de rien d’autre que ses cibles il faut compter une petite dizaine d’heures, pour peu que l’on fasse attention à ne pas être détecté. Mais il serait dommage de s’arrêter à la fin de son premier run sans profiter de toute ce que propose Hitman 2. En fin de mission le joueur débloque en effet des paliers qui lui offrent de nouvelles opportunités pour les parties suivantes (nouveaux points de départ, nouveaux gadgets disponibles, nouvelles cachettes). Avec le retour de la mallette on peut même se balader avec le mythique fusil de sniper de l’Agent 47 pour envisager les missions d’un œil plus distant. Tout l’intérêt d’Hitman 2 est donc là : faire, analyser, comprendre, refaire, améliorer, peaufiner, ajuster, perfectionner, varier. En jouant en plus sur le niveau de difficulté du jeu il y en a vraiment pour un sacré moment avant d’avoir tout vu, tout fait et tout maîtrisé dans Hitman 2.

Et pour ceux qui s’inquiètent malgré tout de la durée de vie de cet opus, IO Interactive a plus d’une corde à son arc pour vous pousser à y revenir encore et encore. En premier lieu, si le jeu a perdu son format épisodique, il conserve ses cibles fugitives. Régulièrement le studio ajoutera ainsi des missions à jouer dans les niveaux déjà disponibles et pour lesquelles les joueurs n’auront qu’une seule tentative. Qui plus est la cible n’étant disponible qu’un certains laps de temps, il faudra revenir régulièrement sur le jeu pour ne rater aucune mission. Les compétiteurs s’y retrouveront également grâce au tout nouveau mode de jeu Ghost dans lequel deux joueurs s’affrontent pour tuer un maximum de 5 cibles aléatoires. Le principe est très simple : le jeu choisit une cible au hasard sur un niveau, le premier qui l’abat déclenche un compte à rebours ne laissant que 30 secondes à son adversaire pour en faire autant. Si celui-ci échoue, un point est marqué par le premier assassin et ainsi de suite. Sachant qu’il est possible de perdre un point pour chaque innocent tué, la partie est beaucoup plus subtile qu’il n’y paraît au premier abord.

Très addictif, le mode Ghost va cependant demander encore un peu de travail à IO Interactive qui n’a pas manqué d’indiquer que tout ceci était encore en beta. Sur la petite dizaine de parties que nous avons lancées nous avons en effet rencontré pas mal de problèmes plutôt sérieux comme des cibles annoncées mortes pour un joueur alors que ce n’était pas le cas, des pénalités appliquées sans raison ou encore des échecs de missions inexpliqués. Le studio a donc encore du pain sur la planche pour sortir tout ça en version officielle tout en continuant de corriger les bugs non bloquants encore présents dans le jeu. Mais que les joueurs se rassurent : malgré ces quelques (légers) soucis, Hitman 2 est bel et bien ce parfait mélange entre level design dément et liberté d’action totale que l’on aime tous.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
TUERIE
8
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

1 COMMENTAIRE

  1. Le premier opus était vraiment captivant et amusant. On ne s’ennuyait jamais, car il y avait de nombreuses missions à effectuer. Je n’ai pas encore eu l’occasion de jouer à « Hitman 2 », mais je pense qu’il sera aussi bon que le précédent.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here