Test de Godfall (PC, PS5)

CONCLUSION

Sans surprise, Godfall est totalement oubliable. Même si son univers donne envie d'en savoir plus et de passer outre sa narration désastreuse, même si son système de combat met à l'amende de nombreux autres jeux d'action, il ne demeure qu'un titre de lancement sans ambition de plus, que l'on s'empresse de ranger après l'avoir terminé. Sa trop grande répétitivité l'empêche de dépasser ce statut, en dépit de bases bien solides. Allez, on lui laissera peut-être une seconde chance dans une éventuelle suite, c'est autre chose que Knack tout de même !

Il doit exister, quelque part, un caveau, commun à tous les jeux de lancement médiocres qu’ont connu toutes les générations de consoles. Une tombe, si vaste, si profonde, qu’elle abriterait tous ces joyaux maudits, ces jeux pensés pour briller une journée durant et sombrer dans l’amnésie collective. Des Knack, des Ryse, des Perfect Dark Zero et des Godfall ? Il faut dire qu’avec son look de Power Rangers et ses effets par milliers, on n’aurait pas misé un kopeck sur le nouveau jeu de Counterplay Games, propulsé au rang de titre de lancement de la grande PS5. Mais c’est la version PC que nous avons eu l’occasion d’essayer, pour un résultat des plus prévisibles…

Power Slashers

Test screenshot godfall pcIl était une fois deux frères, Orin et Macros, appelés à régner sur un monde en paix. Un monde d’armures dorées, de sols dorés et de tapisseries dorées (un peu comme l’Élysée). Jusqu’à ce que Macros, pour on ne sait quelle raison, se mette à concevoir les choses différemment, de manière plus radicale. Il tente alors de tuer son frère, mais échoue. C’est donc l’heure de la très originale vengeance.

Ça, c’est l’histoire telle qu’elle nous est contée par le meilleur imitateur de Peter Cullen que l’Amérique ait jamais connue. Il nous explique avec sa voix bien virile que le chemin sera long pour remonter jusqu’à Macros, et qu’il faudra tuer un par un ses sous-fifres, au fil des différents chapitres. Et c’est tout. Le scénario tient sur un post-it et Godfall ne va jamais plus loin que son concept de “freak of the week” repris des mauvaises séries télé, chaque chapitre étant conçu de la même manière : un chemin balisé, une barrière, un boss. Ni plus, ni moins.

Pourtant, le potentiel scénaristique est bien là, parce que Godfall possède un univers bien à lui. La direction artistique, clinquante au possible, en charmera plus d’un, tandis que les très nombreux collectibles qui parcourent les niveaux nous en révèlent un peu plus sur le “lore” du titre. Les plus curieux prendront un malin plaisir à s’imprégner du monde de Godfall, là où les plus pressés seront rapidement plongés dans l’action, à défaut d’être mis face à une scénarisation complexe et une mise en scène travaillée. D’ailleurs, le HUB du jeu à lui tout seul est une preuve du minimalisme dont les développeurs ont fait preuve lors de la conception du jeu. Une zone aussi spécieuse qu’un duplexe parisien, deux PNJ, point. Pas un vendeur, un personnage à sauver ou autre. Le monde de Godfall, c’est vous, une grosse tête bleue qui parle (quand on parlait de Power Rangers…), un simili-forgeron et des méchants à occire.

Le hachoir, c’est le pouvoir

Test screenshot godfall pcOn s’en doutait un peu, on ne joue pas à Godfall pour ses qualités d’écriture, au ras des pâquerettes de la première à la dernière minute. En revanche, il y a de quoi se goinfrer du côté du gameplay. Godfall prend la forme d’un “slasher looter”. Vulgairement, c’est un hack and slash, vu de dos. Dans les faits, le cœur du jeu ne peut pas être résumé aussi brièvement tant Godfall se tue à tout compliquer.

S’il est bien question de massacrer des ennemis à la pelle, le nombre de mécaniques différentes donne le vertige, si bien qu’il est difficile de comprendre comment produire tel ou tel effet lors des phases d’action. La base est pourtant simple : un bouclier, une arme de corps à corps et un système proche de celui du reboot de God of War. La perspective est d’ailleurs la même. Plus notre personnage devient puissant, plus il déverrouille de compétences, comme partout ailleurs. Mais Godfall ne fait jamais l’effort de présenter les choses simplement. Chaque nouvelle mécanique entraîne deux nouvelles notions, voire plus.

Prenons un exemple. Les gâchettes droite correspondent aux attaques légères et lourdes. Jusqu’ici, tout va bien. Tous les coups portés font monter une jauge, la “Percée”. C’est en fait votre capacité à déstabiliser un ennemi. Elle est bien sûr affectée par de nombreuses compétences, comme les points faibles, qui peuvent apparaître suite à une esquive ou à un blocage réussi, blocage qui lui-même est soumis à un cooldown. Maintenant, on vous laisse imaginer le tracas quand 5 ou 6 ennemis vous entourent, au corps-à-corps et à distance, que les effets élémentaires se multiplient, et que certaines attaques sont imparables. D’ailleurs, si tout est plutôt facilement gérable pendant les premières heures de jeu, il connaît quelques gros pics de difficulté une fois la fin approchant. Les doubles boss façon peu sacs à PV, on vous voit !

On aura beau se taper une demi-molle à chaque combat de Godfall, la lassitude finit par s’installer à cause d’un manque de variété certain dans les objectifs.

Quand on n’a que le loot

Test screenshot godfall pcEnfin, ne crachons pas pour autant dans la soupe, si le système de combat aime se la jouer complexe, c’est pour mieux décupler le plaisir du joueur. Il est en effet plutôt rare de tomber sur des mécaniques aussi riches pour des phases de jeu toutes assez grisantes. Malheureusement, on aura beau se taper une demi-molle à chaque combat, la lassitude finit par s’installer, à cause d’un manque de variété certain dans les objectifs. C’est bien simple, il n’y a pas vraiment de contenu annexe, qui se limite à de la chasse aux coffres, de la redite de missions et à un petit mode survie, pour récupérer de l’équipement.

Contrairement à un Diablo, vous ne récupérez pas de casques, d’armures ou de bottes. Les armures sont prédéfinies, au nombre de 12, et déblocables avec des ressources récupérées en jeu. Dans Godfall, on ramassera avant tout des armes, des anneaux, des talismans, etc. Tout ce qui peut améliorer vos statistiques, divisées entre puissance, esprit et vitalité, tombe en très, très grandes quantités. Les psychopathes du loot auront de quoi se faire plaisir, pendant un temps, avant de comprendre que tout cela est peut-être un peu vain.

L’effet CellFactor

Test screenshot godfall pcTitre de lancement oblige, le gameplay reste un enjeu mineur de Godfall. Ce qu’il faut, c’est en mettre plein la vue et à ce petit jeu, il ne s’en tire pas trop mal. Brillant jusqu’à l’extrême, pour ne pas tout simplement dire “bling-bling”, Godfall en fait des caisses en permanence, entre le gigantisme des niveaux traversés et le design des personnages qui ferait passer Joe Madureira pour un féru de subtilité : tout est fait pour en “jeter un max”. Forcément, ça ne sera pas au goût de tout le monde, le jeu ressemblant parfois plus à une démo technique de luxe qu’à un véritable produit fini, avec ses projections de particules à n’en plus finir.

Pour autant, toutes ces paillettes ne peuvent pas occulter le sujet qui fâche : ça rame. Concernant cette version PC, sur une RTX 2060, en 1080p et avec tous les réglages poussés au maximum, le jeu subit de très grosses chutes de framerate à 15-20 FPS dès la première zone, sans trop qu’on ne comprenne pourquoi. Globalement, il se maintient plutôt aux alentours de 40 images par seconde. Pas franchement glorieux. On ne saurait que trop vous conseiller d’opter pour la version PS5, peut-être plus stable.

Avis aux joueurs PS5 qui privilégient les versions physiques, Just For Games s’occupe de la version boîte de Godfall en France et propose pas mois de trois éditions : Standard, Deluxe et Ascend. La seconde embarque l’accès à la première extension du jeu (à venir en 2021) alors que la dernière y ajoute tout un tas de bonus in-game.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par le distributeur, sur PC.

Kuru
Kuru
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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