Test de God Wars : The Complete Legend (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur.

Retour vers le futur

L’histoire de God Wars baigne dans un Japon médiéval et mythologique, dans lequel les sacrifices humains destinés à calmer les Dieux ne sont pas si rares. D’ailleurs, c’est sur l’un d’entre-eux que débute l’aventure : celui de Sakuya, fille de la reine locale, Lady Tsukuyomi. Après avoir été obligée de laisser son enfant se faire dévorer pas la lave d’un volcan, la souveraine disparaît purement et simplement, brisée par le chagrin. Mais dans sa foulée, elle n’oublie pas d’enfermer sa seconde fille, Kaguya, qui pourrait elle-aussi servir pour un autre sacrifice.

Des années plus tard, cette dernière est libérée par son ami Kintaro dans un but bien précis : retrouver la reine, car les Dieux doivent de nouveau être apaisés. Et, forcément, ni l’un ni l’autre ne veulent que Kaguya ne finisse elle-aussi dans le volcan… Forcément, cette recherche va les embarquer dans un long, très long voyage, les obligeant à rencontrer moult personnages, à se battre contre un bon paquet d’adversaires et à traverser des paysages variés.

Bien que très cliché – rien qu’avec son pitch de départ qui est d’aller sauver une princesse en détresse, le scénario de God Wars se montre finalement plutôt plaisant à suivre. Les héros sont attachants, même si certains se montrent assez clichés (voire décalés dans ce Japon médiéval), et l’on prend plaisir à suivre tout ce petit monde. A plus forte raison lorsque l’on s’intéresse au folklore japonais, le titre de Kadokawa baignant allègrement dans cette ambiance autant pour les lieux que les personnages.

Mais il faut, pour profiter du scénario, se montrer extrêmement patient, ce dernier se dévoilant assez lentement. Les dialogues sont souvent bien vite expédiés, tout comme les quelques cinématiques et cut-scenes, et forcément il n’est que très rarement question du scénario durant les affrontements. Et lorsque l’on sait que ces derniers peuvent durer une trentaine de minutes, même s’ils sont plus rapides que dans l’édition de base, on comprend bien vite qu’il faudra prendre son mal en patience pour connaître la suite des aventures de Kintaro et Kaguya.

Gods of Japan

Tactical-RPG de son état, God Wars propose un gameplay assez classique dans le fond, mais disposant tout de même de sa propre personnalité grâce à quelques idées bien trouvées. Les habitués du genre seront en terrain conquis puisqu’ils retrouveront des maps divisées en cases, des actions au tour par tour ou encore des skills à utiliser en échange de points. Mais à côté de ça, ils découvriront, par exemple, le système d’Impurity : une jauge que possède chaque personnage, qui se remplit au fur et à mesure de ses actions et qui pousse les ennemis a le cibler en priorité.

Il existe évidemment des solutions pour faire baisser cette jauge et c’est tant mieux tant elle grimpe plus rapidement chez les soigneurs et les mages, deux types de combattants particulièrement importants. Les altérations d’état en deux temps se montrent également intéressants à appréhender. Elles répondent à un principe simple, à savoir que la seconde altération vient aggraver la première. Ainsi, un personnage ralenti sera totalement bloqué s’il subit deux fois la même attaque, un héros empoisonné perdra bien plus de points de vie lorsqu’il sera frappé de l’altération Venom, et ainsi de suite. Bref, un bon moyen pour prendre le dessus sur l’ennemi… Ou rapidement se faire enfoncer, l’I.A. n’hésitant pas à user et abuser de ce système.

Le plus important dans God Wars, c’est le système de jobs qui offre un panel assez incroyable de possibilités sur le terrain.

Mais le plus important dans God Wars, c’est le système de jobs qui offre un panel assez incroyable de possibilités sur le terrain. Tous les personnages jouables, qui représentent déjà un gros morceau, ont la possibilité de ”s’équiper” de trois classes : une principale, une secondaire et une spéciale, cette dernière étant la seule à être attribuée par défaut et impossible à changer. Au joueur de choisir les autres en fonction des combattants qu’il désire mettre sur le terrain. Ainsi, la classe principale définit l’équipement du personnage, ses statistiques mais aussi un premier arbre de compétences.

Quant aux autres jobs, ils permettent uniquement de débloquer toujours plus de skills via des arbres de compétences dédiés. Avec ce système, il est par exemple possible d’avoir un héros guerrier, doté d’une épée et d’un bouclier, mais qui a aussi la capacité de lancer des sorts de soin histoire de soutenir les mages. Tous les skills, passifs ou actifs, nécessitent un certain nombre de points pour être débloqués, sachant que chaque arbre a ses points dédiés et que ceux-ci rentrent assez vite après chaque combat.

Legends of yesterday

Évidemment, tout devient rapidement plus complexe et l’on y réfléchit à deux fois avant d’attribuer les points, les compétences étant de plus en plus gourmandes. Débloquer une nouvelle attaque ou améliorer le sort de soin ? Changer de classe pour essayer autre chose ou au contraire booster au maximum celle que l’on a déjà attribué au personnage ? Les choix sont de plus en plus compliqués, tout comme les affrontements d’ailleurs, d’autant plus que toujours plus de jobs, plus avancés, se débloquent au fur et à mesure de la progression du joueur dans le titre. Ou plus exactement lorsqu’une classe a gagné suffisamment de niveaux. Le Warrior évolue ainsi au bout d’un certain temps en Archer ou en Samouraï, au choix.

Bref, il y a de quoi passer de longs moments dans les menus, l’envie de voir ce que l’on peut obtenir en échange de points tout neufs étant souvent trop forte. Et encore, cet élément de gameplay se montre encore plus profond, avec par exemple la possibilité d’équiper des compétences passives dédiées à chaque classe… Les moins patients pourront toujours choisir de laisser le titre faire tout ça automatiquement (tout comme pour les équipements d’ailleurs), mais ce serait tout de même passer à côté d’un aspect important, et vraiment intéressant, de God Wars.

Les phases 3D sont clairement d’un autre temps, avec des maps sans personnalité, des décors vides, des textures baveuses, un bestiaire peu inspiré, des animations basiques et rigides…

Sur le fond, le jeu de Kadokawa se montre donc globalement réussi, même si l’on peut regretter certaines lenteurs ou quelques pics de difficulté obligeant à aller faire des quêtes annexes, la forme se montre pour sa part bien moins convaincante. Et l’on s’en rend compte dès le premier affrontement lancé : c’est vilain à en pleurer. Les phases de 3D sont clairement d’un autre temps, avec des maps sans personnalité, des décors vides, des textures baveuses, un bestiaire peu inspiré, des animations basiques et rigides… Bref, c’est clairement pas la joie, même si les quelques cut-scenes et autres éléments en 2D rehaussent un peu le niveau, avec notamment un chara-design un peu plus inspiré.

Autre élément cette fois-ci incompréhensible : l’absence de sous-titres durant les cinématiques. Certes, cela ne pose pas problème si l’on choisit l’anglais et qu’on le comprend bien… Mais il est évidemment impossible de passer en V.O., donc en japonais, si l’on ne parle pas cette langue. Et c’est ici doublement rageant, car non seulement les doublages nippons sont d’une bien meilleure qualité, mais il est aussi plus logique de choisir cette langue dans un titre se déroulant, pour rappel, dans un Japon médiéval avec tout ce que ça comporte de folklore local. Et, bien entendu, il n’est pas question de textes français dans le titre, seule la langue de Shakespeare étant ici de la partie.

God Wars +

Cette version Nintendo Switch baptisée The Complete Legend dispose donc de quelques nouveautés par rapport aux éditions PlayStation 4 et PS Vita. A commencer par le DLC, Labyrinth of Yomi. S’il ne se montre guère passionnant niveau scénario, ce contenu supplémentaire a au moins le mérite de faire grimper encore une durée de vie déjà bien solide puisqu’il propose de parcourir un donjon coriace doté de 50 niveaux. Ceux ayant déjà terminé le titre de base retrouveront par ailleurs une poignée de personnages en plus, des fins inédites, des affrontements dans lesquels il est possible de déployer davantage de combattants ou encore un New Game+.

Des rajouts certes bienvenus, mais qui ne pousseront sans doute pas ceux l’ayant déjà terminé à ressortir la carte bleue une seconde fois… Et, d’un certain côté, c’est dommage, car le côté nomade de la Switch correspond parfaitement à ce genre de titre. Certes la PS Vita offrait la même possibilité, mais l’aventure se montrait extrêmement laborieuse en raison de temps de chargement sans fin. Un défaut qui a ici été éliminé.

LE VERDICT
GOD TRY
6
Shauni
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