Test de God of War (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Serious Business

Kratos. On l’avait abandonné sur le Mont Olympe avec une scène finale épique qui laissait présager que la fin de ce personnage n’était pas encore arrivée. Ne pouvant en remettre une couche dans la mythologie grecque, c’est finalement un peu plus au Nord que notre fantôme de Sparte va siéger et plus précisément dans le royaume de Midgard. Il va ainsi se créer une nouvelle vie et fricoter avec l’une des femmes du coin pour accueillir un nouveau môme du nom d’Atreus. Avec la mort mystérieuse de la mère, l’aventure va ainsi se concentrer principalement sur cette relation père-fils qui s’avère… Comment pourrait-on dire… Mitigée.

GIF du test de God of War sur PS4, par jeuxvideo24
Fils, t’es vraiment qu’une catastrophe…

Il faut savoir que Santa Monica a quelque peu changé l’approche scénaristique de leur licence phare. On oublie le babouin colérique qui veut se venger et qui assassine n’importe quel zouave passant juste à proximité de ses lames. Ici, l’ambiance se veut plus posée avec un style encore plus cinématographique qui vaut clairement le détour. On pense notamment à ces plans-séquences parfaitement adaptés qui nous font transiter de la cinématique à la séquence de jeu sans une seule coupure.

Une ambiance plus posée est souvent synonyme d’écriture plus mature. Alors il est vrai que ce God of War est à mille lieux de ce que faisaient les précédents et qu’il y a clairement du mieux. Néanmoins, en prenant cet angle « sérieux », ce nouvel épisode n’est clairement pas à la hauteur de la direction choisie. On se doute bien par exemple que Kratos ne va pas être un père tendre, mais les dialogues utilisent par moments toutes les caricatures possibles de ce type de relation. Par exemple, Atreus fait quelque chose qui lui semble intéressant. Le père va remettre en question l’utilité de ce quelque chose avec une question bien sèche (« c’est utile ? »). Et le fils va faire un « Non, je ne le referai plus… » des familles. Il faut avouer que cela nous fait souvent plus rire que véritablement « facepalmer ». Les gênes que l’on a pu avoir étaient davantage portés sur la mise en scène (le fameux père qui veut réconcilier son fils avec un geste et qui finalement retire la main qu’il allait poser sur l’épaule), ou bien lors du dernier tiers du jeu avec un fils qui passe par la case « ado-con » pendant deux heures avant de vite revenir à son état initial.

GIF du test de God of War sur PS4, par jeuxvideo24
Shui tro 1 bad gaille papa, jfé ce ke je ve !

Pour ce qui concerne l’histoire au global et le respect de l’univers nordique, on peut dire que Santa Monica sait y faire et imbrique de manière ingénieuse chaque petite histoire et relation pour que le joueur soit parfaitement surpris. On sent que le développeur en garde sous la pédale, mais le rythme narratif y est plutôt bon, grâce notamment à ces nombreux dialogues entre Kratos et son fils (mais aussi avec un troisième personnage) qui nous font découvrir un peu plus en détails les mythes du Nord dans une version française au diapason (le changement de la voix de Kratos est parfaite). De quoi rendre les balades en bateau et les moments de téléportation un peu moins longuets.

Dark Souls 4

Il y a beaucoup de changements dans ce nouveau God of War. On va tout d’abord se concentrer sur ce qu’il y a de plus visible : la caméra. Terminée celle qui s’éloignait de notre héros pour n’y voir qu’un point parmi la dizaine d’ennemis sur un vaste plan. Certes il y avait quelque chose de grandiose, mais pour les amoureux de beat them all cela gâchait un peu la visibilité des attaques ennemies tout en aseptisant le rendu des coups. Le développeur américain a ainsi préféré la fixer derrière le dos de Kratos pour rendre l’action plus immersive et brutale. Et pour l’occasion, cette décision fonctionne à merveille. On n’a jamais autant senti la force des coups que dégage Kratos à chaque mouvement de sa hache ou de ses poings. Car autre petite subtilité, chaque ennemi possède deux barres : une de vie bien évidemment et une autre d’étourdissement. Les flèches d’Atreus que l’on contrôle avec carré et nos poings permettent de nous concentrer sur cette deuxième barre pour étourdir nos cibles et accomplir un finish move aux petits oignons. Bref, malgré une caméra plus proche et donc, une visibilité réduite de l’arène, les différentes indications visuelles (pique d’alerte) et sonores (le fils d’Atreus) nous permettent de gérer au mieux les possibles contournements effectués par les ennemis.

GIF du test de God of War sur PS4, par jeuxvideo24
La satisfaction à chaque fin de combat.

Cela nous amène d’ailleurs à cette maniabilité complètement remaniée. On pompe très clairement dans du Dark Souls étant donné que l’on sort les coups avec les épaules de manette : R1 est dirigé vers les coups rapides tandis que R2 se destine aux coups forts. On marie ainsi ces différentes possibilités avec des coups proches et lointains voire avec une pression plus ou moins longue des boutons pour exterminer les antagonistes. Mais ce n’est pas tout. Auparavant, nous débloquions les combos avec une redistribution des orbes rouges dans le menu. Les combos étaient débloqués et basta. Ici, les combos se débloquent au choix du joueur à travers un arbre de talent, mais aussi grâce à des capacités d’attaque spéciale (des perks en gros) que l’on récupère un peu partout à travers les royaumes.

Il est ainsi possible d’en équiper deux (une rapide et une lourde). Il faut bien avouer que le début de l’aventure nous paraît un peu lourd avec ces nombreuses informations à prendre en compte dans les menus. Mais au fil des heures, on s’y adapte plutôt bien et l’on comprend qu’un système de ce style permet de rendre les choses plus profondes. Ainsi, ces deux capacités pourront être améliorées voire changées en fonction de l’ennemi que l’on affronte. On aura par exemple tendance à mettre une attaque qui se propage tout autour de nous pour défoncer de l’ennemi en masse, mais, en cas de boss un peu trop lourd, à la changer avec une attaque qui se concentre sur une cible en particulier pour un maximum de dégâts. Tout juste on pestera sur ces finish move trop répétitifs sur chaque ennemi. DOOM avait par exemple trouvé une petite parade pour les varier légèrement. A prendre comme référence dans un très probable God of War 5.

GIF du test de God of War sur PS4, par jeuxvideo24
Kratos traite son fils comme une merde, mais le joueur sait qu’il nous sauve les miches.

Cette mécanique RPG ne se limite pas qu’à l’arme mais est également présent pour tout notre équipement ainsi que celle d’Atreus. L’originalité, c’est que l’on ne va pas débloquer des niveaux avec une barre d’expérience qui va monter au fil de nos kills et découvertes. Ici le niveau du personnage est la moyenne de tous ses équipements. Un élément à prendre en considération lorsque l’on effectue une quête secondaire et que l’on voit des ennemis à barre violette qui nous explosent la bouche en nous touchant une seule fois. Il faut alors souvent prendre la poudre d’escampette, améliorer quelques éléments permettant à Kratos d’augmenter un voire deux niveaux puis retourner leur mettre la misère avec ce rééquilibrage des statistiques. C’est un ajout intéressant, bien que le nombre d’équipements à choper dans l’aventure s’avère finalement très limité.

On a parlé juste avant de quêtes secondaires qui, fort heureusement, ne sont pas extrêmement nombreuses et se révèlent plutôt variées à défaut d’être bien écrites. Qui dit secondaire dit souvent monde ouvert. Ce God of War expérimente un peu ce type de game design. Midgard est un monde cohérent qui peut se traverser de bout en bout sans chargement, avec comme point central cet énorme lac qui pour le coup s’avère complètement ouvert. Le reste des niveaux est en quelque sorte un petit circuit fermé qui va à un moment ou à un autre nous faire revenir sur nos pas. Le problème, c’est que le fait de n’avoir qu’un véritable chemin nous donne parfois la fâcheuse impression de faire des allers-retours un peu gratuitement pour augmenter artificiellement la durée du titre. Pas de quoi toutefois gâcher l’expérience globale. D’autant plus que l’exploration est à chaque fois récompensée. On a l’impression qu’un chemin se cache à tel endroit, boom un coffre. On tourne à gauche plutôt qu’à droite parce que la mise en scène te l’indique, boom un coffre. C’est vraiment gratifiant tout en nous faisant penser que les QTE s’avèrent peu intrusifs dans cet épisode.

Bah alors on pleure ?

Avec ce système bien moins linéaire qu’auparavant, ce nouveau God of War avoisine facilement la trentaine d’heures. D’autant plus que le contenu après la fin continue quelque peu avec des stages bonus requérant un niveau de personnage quasiment au maximum. Il est seulement dommage que le dernier tiers de l’aventure s’essouffle malgré des révélations finales intéressantes. On note aussi une mauvaise gestion des trois combats contre l’antagoniste principal : on s’attend à une montée en puissance à chaque rencontre mais le premier reste finalement le plus marquant. Que dire d’ailleurs de cette technique ahurissante qui fait de ce God of War le plus beau jeu de la PS4 à l’heure actuelle.

GIF du test de God of War sur PS4, par jeuxvideo24
Tellement beau que t’en chiales. (©Puyo)

Les couleurs sont magnifiques avec une variété de décors hallucinante. Que ce soit la modélisation, les animations, les effets de particule ou la profondeur de champ, tout est parfaitement calibré pour en mettre plein les yeux avec une stabilité dans le frame rate qui impose le respect (même avec une PS4 normale). On chouinera simplement de ne plus rien voir lorsque l’on balance toute la sauce avec une accumulation d’effets qui sature complètement l’écran. Comme d’habitude, on ne fait pas dans la dentelle avec Kratos.

C'est trop long votre test... Il faut retenir quoi en fait ?
    + Une technique de fou furieux
    + Le gameplay rafraîchi
    + Le rythme global
    + Généreux en contenu
    + Mythologie nordique parfaitement utilisée
    + La VF de Kratos
    – La relation père-fils vraiment mitigée
    – Un dernier tiers qui s’essouffle un peu
    – Quelques allers-retours
    – Finish move qui ne varient pas

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
PÈRE FOUETTARD
8
Nonag
Ex-achievement whore, redditor, petit trolleur et grand amateur de courses automobiles.

1 COMMENTAIRE

  1. Test qui résume parfaitement la situation. De mon côté je retiens surtout cette superbe technique, la mythologie nordique exploitée et interprétée de manière intelligente et des combats vraiment excellents. Dommage que les boss soient vraiment décevants et que cette relation père/fils soit plus ridicule qu’autre chose.
    En tout cas, ce fut un bon moment, vivement la suite.

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