Test de Furi (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée de Furi sur Nintendo Switch, fournie par l’éditeur.

Hurt me plenty

Vous avez terminé tous les Souls en long en large et en travers ? Cuphead est fini depuis longtemps et vous ne savez plus quoi faire pour mettre votre talent à l’épreuve ? Ne cherchez plus, Furi est là pour vous. Mais Furi c’est quoi au juste ? Développé par les petits gars talentueux de The Game Bakers, Furi est un boss rush dans lequel vous incarnez un prisonnier muet qui tente de s’échapper de sa prison et qui, pour arriver à ses fins, devra terrasser tous les gardiens qui se dresseront sur son chemin. Le jeu ne s’encombre d’aucun scénario ni de dialogues inutiles et encore moins de cinématiques à se péter la rétine.

Ici tout est question de baston, de timing et de patience. On enchaîne les gardiens les uns après les autres sans vraiment se poser de question. Tout au plus, pour passer d’un boss à l’autre, il faudra supporter les élucubrations d’un personnage portant un masque de lapin dont on ne sait rien si ce n’est qu’il aime à vous présenter votre prochain adversaire comme un obstacle que vous n’arriverez jamais à terrasser. On ne vous le cachera pas, ces transitions nous sont apparues totalement superflues et sans véritable intérêt. Inutilement longues et bien trop lentes, elles ont tendance à agacer surtout qu’elle n’apportent vraiment rien au jeu à proprement parler. Au moins, on n’aura pas eu à chercher bien longtemps pour baisser la note finale.

Pour le reste (ndlr : les combats donc) Furi atteint des sommets de perfection. Le jeu propose pas plus de 10 boss, mais on peut vous assurer que, rapidement, vous trouverez ça bien suffisant tant les combats demandent une bonne dose de patience, de réflexes hors normes et un sens de l’analyse relativement affûté. Chaque boss dispose d’une barre de santé et de cinq vies. Pour lui faire perdre une vie, il faut bien évidemment vider cette barre de santé.

Mais comme les développeurs sont des sadiques finis (c’est ce que l’on a fini par conclure de notre rencontre avec Furi) ce n’est pas une fois mais deux qu’il faudra vider la barre de santé de votre adversaire pour lui retirer une vie. Une fois cet exploit réussi deux événements se produiront. D’une part le joueur récupérera une vie et une barre de santé pleine permettant de souffler un coup avant d’enchaîner la suite. Mais comme la vie n’est jamais simple dans Furilorsqu’il perd une vie le boss que l’on affronte change complètement de tactique. Oui, alors que vous veniez tout juste de maîtriser et retenir tous ses différents patterns, le voilà qui se renouvelle complètement et vous fait comprendre que cette petite vie chèrement gagnée ne sera finalement pas du luxe.

Git gud

Pour venir à bouts de ces combattants aux talents multiples le joueur devra user de trois armes ni plus, ni moins. Un sabre, un gun et un dash. Et n’allez pas imaginer un seul instant que vous pourrez vous passer de l’une d’entre-elles. Non, pour venir à bout de Furi il faudra maîtriser les trois. Si les adversaires sont bien tous différents les uns des autres, les affrontements suivent le même déroulement. Une phase à distance pour commencer, où il faudra user de son gun façon shoot’em up pour grignoter la barre de santé de son adversaire et abuser du dash pour passer à travers les projectiles ennemis.

Le jeu ne s’encombre d’aucun scénario, ni de dialogues inutiles et encore moins de cinématiques à se péter la rétine. Ici tout est question de baston, de timing et de patience.

Si certains passages semblent aisés, sachez que cette phase peut très vite se transformer en pur bullet hell où la moindre esquive ratée se paye cash sur la durée. Une fois la barre de vie de l’adversaire vidée, une première fois, on passe alors à une phase où la zone de combat se réduit et est centrée sur votre ennemi. Ici il n’est plus question de tirer mais de savoir sortir son sabre au bon moment et de montrer tout son savoir en terme de parade aux petits oignons. Une demi seconde d’hésitation, une parade trop tardive, un contre trop optimiste et c’est la punition direct derrière. Et bien sur, à chaque vie du boss on découvre de nouveaux patterns qu’il faut apprendre à comprendre, détecter et savoir exploiter.

Parce qu’il punit assez sévèrement l’échec (perdre une vie signifie que le boss récupère sa barre de vie et que l’on recommence la phase en court), le jeu demande une grande patience au joueur qui ne peut se permettre de foncer dans le tas quand le boss débarque dans l’arène. Il faut observer, tout évitant de prendre des coups, apprendre sur le tas et savoir réagir au bon moment pour être certain de ne pas rater une opportunité d’infliger de gros dégâts. Ce qui fait véritablement la force de ce Furi c’est bien cette variété de situations qui pousse, sans cesse, le joueur à se remettre en question, à sortir de sa petite zone de confort chèrement établie durant la phase d’un boss. Et pour peaufiner le tout le jeu s’offre une chouette direction artistique et une bande son qui ne risque pas de vous endormir. Car que l’on soit fan ou pas de musique électronique difficile de ne pas succomber aux morceaux (exclusifs) signés Carpenter Brut, Wasshaper ou encore Toxix Avenger. Un vrai plaisir pour les oreilles qui complète celui des yeux.


C’est un projet qui sera dur à égaler. Il a dépassé mes attentes à tous les niveaux. Parfois, les étoiles s’alignent, c’est comme ça. Mais maintenant, je pense à la suite.

Emeric Thoa, directeur créatif et co-fondateur de The Game Bakers. Retrouvez notre interview complète à cette adresse.


 

L’occasion, pour terminer, de souligner le travail effectué sur cette version spéciale Switch qui, comme on peut s’en douter, a subi un léger lifting pour loger sur la petite console de Nintendo. À commencer par la résolution qui est figée à 540p en mode portable contre 720p lorsque la console est sur son socle, branchée à la télévision. L’objectif de ce sacrifice est bien évidemment de pouvoir conserver un frame rate constant, bien plus important pour ce genre de jeu que les derniers effets visuels bien classe mais trop gourmands. Alors certes, durant les cinématiques ou dans les phases en plans rapprochés on voit bien la limite de ces résolutions, mais honnêtement en jeu dans les phases les plus importantes, on ne remarque rien et on profite d’un taux de FPS qui ne descend que rarement trop bas (on a eu quelques rares ralentissements bien visibles sur des scènes où les projectiles étaient vraiment très nombreux).

Notez aussi, et le studio ne s’en cache pas, que certaines phases ont également été repensées (avec, par exemple, une réduction du nombre de projectiles dans certains patterns) et certaines animations ont été refaites à la main histoire de soulager le hardware. Mais soyez rassurés, les modifications sont tellement fines et tellement bien pensées (on vous invite à visionner la vidéo de Direct-Feed Games pour vous en convaincre) que le plaisir qui ressort manette en main est exactement le même que sur PC ou PS4.

Reste maintenant à souligner le point qui nous semble le plus important dans ce portage : le mode nomade n’est pas forcément compatible avec la précision demandée par le jeu. Avant que vous ne nous jetiez des tomates pourries sachez qu’elle dépendra bien évidemment de chacun, mais il faut reconnaître qu’après de longues heures de jeu, les mains souffrent et le pouce droit s’endolorit facilement. La faute à un jeu qui crispe, stresse un poil et demande une grande mobilité au niveau de ce doigt là. On ajoute que la petitesse des boutons des Joy-Con n’aide pas non plus à être super précis et qu’il arrive que, parfois, avec la précipitation ou un réflexe un peu trop nerveux, on appuie sur le mauvais bouton. Pas forcément très grave, mais dans un jeu aussi punitif, ça donne, parfois, furi-eusement l’envie de balancer la console à travers la fenêtre du métro. Pour le jeu sur la télé, inutile de vous dire à quel point on vous conseille la manette pro de la console.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
RAGE MACHINE
8
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege et Darkest Dungeon.