Test de Forza Motorsport 7 (PC, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur PC et Xbox One, avec manette et volant Logitech G27.

Monsieur plus

Après un Forza Horizon 3 totalement réussi, place cette année à la simulation pure et dure (ou presque) avec cette nouvelle itération de la série des Motorsport. Inutile de le nier, Forza Motorsport 7 ce n’est ni plus ni moins que la même chose que son grand frère, Forza Motorsport 6 sorti en 2015, auquel on rajoute encore et toujours plus d’éléments. On commence avec pas moins de 723 bolides (461 seulement au lancement de FM 6) qui vous permettront d’explorer différents horizons de la course automobile. Si on note quelques absences difficilement justifiables dans le contenu de base (ndlr: sans acheter de coffre) on profite d’un panel relativement large dans l’ensemble. De la simple citadine modeste au camion de course en passant par la F1, le DTM ou la Super Car indomptable, vous aurez de quoi travailler votre sens de la trajectoire et affûter votre ressenti des sensations derrière votre volant. Ce catalogue se présente sous forme de tiers et seul le premier est accessible au commencement de la carrière du joueur. Chaque bolide acheté faisant augmenter le niveau de collection du garage, il faudra simplement acheter sans cesse de nouveaux véhicules pour se débloquer l’accès aux tiers supérieurs.

Une fois dans le garage, ces voitures pourront être pilotées dans pas moins de 30 environnements différents avec, pour chacun, plusieurs configurations de tracé permettant de décliner une multitude d’épreuves et ainsi varier au maximum les plaisirs en usant de la gomme jusqu’à plus soif. En un mot comme en cent, Forza Motorsport 7 fait du Forza en poussant l’indigestion encore plus loin avec un contenu tout simplement gargantuesque qui vous permettra d’éviter la pluie et le froid dehors si jamais vous vous lancez dans le mode solo. Un mode qui, justement, se déroule à travers 6 championnats (que l’on débloque les uns après les autres) dans lesquels plusieurs épreuves attendent les joueurs. Le concept est ici toujours aussi classique avec la nécessité de remporter des courses pour gagner de l’argent et de l’expérience afin de monter en niveau et ainsi s’ouvrir les portes des championnats de catégorie supérieure. Certaines épreuves sortent de l’ordinaire histoire de ne pas endormir le joueur dans une routine soporifique, comme ces courses où, en partant dernier au volant d’une voiture largement supérieure à celle de nos concurrents, on nous demande de terminer premier au bout d’un tour.

Si on peut difficilement reprocher à Turn 10 Studios d’avoir cherché à en mettre encore plus que d’habitude, on émettra tout de même un doute sur le grind nécessaire pour débloquer tout ce contenu qui nous tend les bras. L’organisation en tiers du catalogue en premier lieu montre très vite qu’il faut acheter sans cesse des voitures, même celles qui ne nous intéressent pas, simplement pour pouvoir accéder aux catégories supérieures du catalogue. Sans oublier bien évidemment les bolides qui n’apparaissent que de manière sporadique ou ceux qui ne sont accessibles qu’en remportant certains challenges que l’on est alors forcé de faire. Le constat est d’ailleurs le même en ce qui concerne l’expérience du pilote et l’accessibilité aux championnats supérieurs car la montée est extrêmement lente et l’obligation de participer à certaines courses sans intérêt pourrait avoir tendance à démotiver certains joueurs. Heureusement il est toujours possible de grinder en mode Free Play. Un mode où tout est paramétrable (météo, niveau d’IA, etc.) et qui permet de de gagner de l’argent et de l’expérience sans forcément subir des mini-championnats rébarbatifs. Enfin on pourra également utiliser des mods, déjà apparus dans le sixième opus, qui une fois activés permettent de gagner plus d’argent ou plus d’expérience en fin d’épreuve permettant ainsi d’accélérer un peu les choses. Et puis si jamais vous en avez marre de conduire vous pourrez toujours perdre des dimanches après-midi entiers à décorer vos bolides (on peut importer les créations faites dans les précédents opus), à profiter de la Forza TV ou à parcourir la salle des ventes à la recherche de la perle rare.

Driving in the rain

Pour ce qui est de la conduite, là encore on se rend rapidement compte que l’on est bien en présence d’un Forza avec tout ce que cela peut comporter comme avantages et inconvénients. Certains applaudiront des deux mains la quantité d’options disponibles pour augmenter le niveau de réalisme de la conduite, là où d’autres se plaindront de la relative simplicité du modèle de simulation qu’offre ce Forza Motorsport 7. Avec toutes les aides activées, le jeu accueille une nouvelle fois les joueurs qui n’ont jamais mis les mains sur un jeu de course en leur permettant de démarrer doucement. En revanche, une fois toutes désactivées, il faudra se montrer patient et bien faire attention aux réactions de la voiture pour être certain de rester en piste. On ne va pas ici rentrer dans le débat stérile, et même si on reste évidemment loin des cadors du genre, Forza Motorsport 7 fait toujours aussi bien le lien entre simulation et arcade, offrant un agréable mélange de sensations réalistes et de fun au volant des différents bolides que l’on pilote. Il est toujours primordial de savoir si on est au volant d’une traction ou d’une propulsion et le poids du véhicule se fait extrêmement bien ressentir. Les freinages sont plus précis que par le passé et les collisions bien plus pénalisantes. Forza Motorsport 7 affine ses aspects simulation en comparaison de son grand frère et offre vraiment des sensations propres à chaque bolide. Conduire un camion de course n’offrira définitivement pas les mêmes sensations qu’une Mini boostée à la boite à air de compétition. Les plus pointilleux profiteront, comme d’habitude, d’une flopée de réglages pour améliorer le comportement de leur bolide, pour peu qu’il soit équipé du matériel adéquat. Matériel qu’il faudra bien évidemment acheter avec les crédits gagnés en course.

Forza pousse l’indigestion encore plus loin avec un contenu tout simplement gargantuesque qui vous permettra d’éviter la pluie et le froid dehors si jamais vous vous lancez dans le mode solo.

Classique jusqu’au bout des pneus, Forza Motorsport 7 n’oublie cependant pas d’innover dans certains domaines et propose, enfin, les changements dynamiques de météo. Si les courses de nuit ou sur le sol mouillé étaient déjà disponibles dans le dernier opus, l’aspect dynamique change ici complètement la donne avec des conditions de piste qui pourront, éventuellement, amener à passer par les stands pour chausser des pneus plus adaptés aux conditions d’adhérence subitement dégradées. L’immersion s’en trouve accrue, surtout que le studio n’a pas lésiné sur les effets visuels pour rendre le tout parfaitement crédible aussi bien dans le ciel que sur la piste. Réflexions dans les flaques d’eau, éclairs impressionnants dans le ciel, bourrasques de vent, tout y est ou presque. Si on a été peu impressionné par la traînée laissée derrière les bolides, on applaudit des deux mains ce pare-brise qui se salit de manière très réaliste et on avoue avoir été complètement charmé par les reflets aussi bien dans les flaques sur le tarmac que sur les carrosseries des voitures (c’est encore mieux de nuit). Au niveau de la conduite évidemment il faudra se montrer prudent, les gros freinages ratés ou les accélérations soudaines dans de telles conditions offrant généralement un séjour gratuit dans les bacs à gravier. Comble de bonheur les flaques d’eau se forment en fonction du relief de la piste obligeant, parfois, à modifier sa trajectoire pour éviter un aquaplaning assuré. Bref, un vrai plus pour l’immersion même si on regrette tout de même que seuls douze des trente-deux circuits soient compatibles avec cette nouveauté.

Et puisque l’on parle de circuit, on en profite pour remarquer que les pistes sont toutes plus ou moins connues. Toutes, à l’exception d’une seule, ont déjà été présentes dans un des épisodes précédents de Forza. Pour ce septième opus on accueille tout de même avec plaisir le retour du Mugello, de Suzuka ou encore de Maple Valley (même si ce dernier est bien vilain techniquement), mais on ne peut s’empêcher de remarquer que la concurrence a, depuis quelques temps déjà, fait preuve de plus d’originalité dans le choix des destinations offertes aux joueurs. Loin de nous l’idée de nous plaindre, surtout que certaines des pistes disponibles sont proprement excellentes, mais avec seulement Dubaï comme terrain de jeu inédit on a un peu le sentiment que Forza Motorsport 7 se repose sur ses lauriers.

Prouesse technique

Turn 10 Studios l’avait annoncé, Forza Motorsport 7 serait l’opus du 60 images par seconde en toutes circonstances. Grâce au Play Anywhere, nous avons donc pu poser nos pattes aussi bien sur la version PC que Xbox One et le résultat est on ne peut plus convaincant. Sur PC tout d’abord, le jeu tourne admirablement bien malgré une configuration qui se fait maintenant légère au niveau de la carte graphique (GeForce Gtx 780Ti). S’il a fallu éviter le niveau de finition ultra dans certaines options, le jeu n’en reste pas moins beau et, plus important encore, super fluide. Que ça soit sur une large piste en plein soleil ou en ville lors d’une course de nuit, une fois les bons réglages trouvés, le jeu ne montre jamais la moindre faiblesse et il est très facile de conserver un framerate largement au dessus du 60fps. Gourmand comme on est, nous nous sommes également permis de tester le jeu sur une machine un peu plus récente, équipée d’une GeForce 1080Ti sur un écran 21:9 4K. Le résultat s’est montré à la hauteur de nos espérances avec la possibilité de mettre toutes les options sur Ultra et profiter d’un panorama particulièrement réjouissant. Les intérieurs des voitures sont propres, les textures fines, et la gestion des particules et autres rayons lumineux terminent de flatter des rétines qui n’en espéraient pas tant, le tout, encore une fois, avec un framerate bien au-delà des 60 fps sans le moindre problème. Si ce constat nous réjouit au plus haut point (ce n’est pas tous les jours que l’on a une version PC soignée de la sorte), on attendra tout de même patiemment avant de confirmer tout ça avec un potentiel patch imminent puisque le jeu s’est, à plusieurs reprises, fermé sans le moindre message d’erreur ni même le moindre freeze à l’écran. Des crash inopinés que l’on a pu constater aussi bien sur les deux machines où le jeu a été installé, nous permettant de penser que notre vieille 780 Ti n’y était probablement pour rien.

Comble de bonheur, les flaques d’eau se forment en fonction du relief de la piste obligeant, parfois, à modifier sa trajectoire pour éviter un aquaplaning assuré.

Sur console on ne le cachera pas, la qualité visuelle est également au rendez-vous. Le jeu étant promis à un joli 4K@60 Fps sur Xbox One X, on n’est pas vraiment surpris de voir un 1080p aussi fluide sur Xbox One / One S. Il faut dire que le studio est un habitué des performances techniques de haut vol et que la console n’a plus vraiment de secret pour eux. En attendant, ceux qui ne peuvent pas s’offrir le prochain modèle de la console de Microsoft profiteront donc tout de même d’un jeu largement à la hauteur de leurs espérances et qui fera véritablement honneur à leur matériel. En bon aigri que nous sommes on notera tout juste que le LOD adaptatif est un peu trop agressif à notre goût, notamment lors des courses de nuit où il est très facile de voir comment le studio a réussi cette prouesse technique. Pas de quoi fouetter un chat ceci dit, surtout que dans le feu de l’action on oublie très vite ce petit désagrément. Impossible en revanche de passer sous silence ces interminables temps de chargement un peu partout dans le jeu. Que ça soit pour lancer une course, accéder à son garage, jouer en multijoueur ou parcourir les différentes options de personnalisation, il faut systématiquement attendre ce qui a tendance à rendre la navigation dans les menus particulièrement fastidieuse. Et vu que l’on y passe un temps fou dans les menus, ça devient malheureusement bien vite saoulant.

Enfin, parce qu’il faut aussi savoir profiter des bonnes choses, on accueille avec un large sourire la grande quantité de volant supporté par le jeu sur PC, sans avoir à rajouter le moindre fichier de configuration bizarre sorti des méandres de Reddit. Même les joueurs PlayStation y trouveront leur compte puisque la majorité des volants dédiés à la console de Sony et compatibles PC sont également reconnus et utilisables. Oui, on aime quand un studio prend soin des joueurs PC de la sorte. Que les moins équipés se rassurent le clavier et la souris sont également supportés, même si on ne peut que vous conseiller, au minimum, d’utiliser une manette Xbox One qui, avec ses gâchettes vibrantes et son stick parfaitement calibré dans le jeu, permet de jouer dans d’excellentes conditions même en désactivant les aides à la conduite.

Drivatar : mais va mourir sur l’autoroute !

On terminera définitivement ce test en pointant du doigt cette IA qui, encore une fois, montre les limites du système de drivatar mis en place par Turn 10 Studios. L’idée n’est pas mauvaise en elle-même, mais sa réalisation laisse toujours à désirer. Le problème principal c’est que le système ne semble se rappeler que des erreurs que vous faites, ou que vos amis font. Il en résulte des ennemis particulièrement agressifs qui, une fois sur la piste, font parfois vraiment n’importe quoi. Trajectoires coupées et freinages complètement oubliés sont alors nombreux durant les différentes courses du mode solo où chaque sortie de route est vite pénalisante vu que les courses se déroulent sur peu de tours. Le système se mord malheureusement la queue puisque en faisant partir les joueurs systématiquement en milieu de peloton à chaque course, on n’a pas vraiment d’autre choix que de se montrer un minimum agressif pour réussir à passer ces concurrents kamikazes. Une agressivité dont votre drivatar se souviendra bien évidemment, la répercutant dans les courses où il sera impliqué.

Mais les pilotes, les affamés de compétition, se tourneront bien évidemment vers le multijoueur, ce mode de jeu qui permet de fuir cette IA insupportable pour se frotter à des pilotes propres, amoureux de la trajectoire au cordeau et du freinage viril mais correct. Là aussi on va devoir calmer vos ardeurs, car dans ce domaine Forza Motorsport 7 se contente du strict minimum. Si on est bien conscient que la série ne peut pas récupérer tous les modes de jeu mis en place avec Forza Horizon 3, on attendait un peu plus que de simples lobbies, limités à une catégorie qui plus est. Oui, une fois le jeu en ligne lancé on vous demandera de choisir une catégorie bien précise (pour laquelle vous possédez une voiture bien évidemment) avant de vous trouver une partie pleine correspondant à votre choix. Certes le nombre de joueurs présents était déjà impressionnant lors de nos sessions en ligne, mais le peu de modes de jeu disponibles reste une vraie déception. Espérons que le Forzathon, lui-aussi récupéré de Forza Horizon 3, permettra à la communauté de se développer sereinement pour profiter pleinement de tout le bon que propose ce Forza Motorsport 7.

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

LE VERDICT
BOUFFE BITÛME
7
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Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à BF1 et Darkest Dungeon.

4 Commentaires

  1. 1] La Bugatti Veyron de 2011 est bien présente dans le jeu. Dans l’onglet « Collection de voiture », cherchez bien dans la partie N°5 « Légendaires » mais vous ne pouvez pas l’acheter parce que …. (je vous invite à lire le point2 de ma réponse)
    2] Je ne comprends pas l’absence totale de critique sur la partie « coffres à ouvrir » pour débloquer des objets non cosmétiques (car OUI il y a des voitures qu’on ne peut pas acheter avec les Cr du jeu et qu’on ne peut débloquer qu’avec ces foutus coffres) dans un jeu payant.




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  2. Merci pour ce commentaire. Justement, la Bugatti Veyron est bien absente du « contenu de base », je me suis probablement mal exprimé, puisque via les coffres elle sera accessible. J’ai modifié mon texte pour que cela paraisse plus clair, vous avez bien fait de le souligner.

    Pour ce qui est de la critique des coffres, honnêtement, je ne vois pas ce qu’il y a à critiquer……ce n’est pas bloquant (ne pas avoir la Veyron de base n’est pas non plus gênant, soyons honnêtes, c’est juste étrange de la coller dans un coffre), ce n’est pas obligatoire, et à aucun moment ça n’empêche de progresser (les voitures déblocables par leur intermédiaire ne sont pas incontournables pour réussir le mode solo ou pour participer au online). Je ne voyais pas l’intérêt d’en faire des caisses (sans jeu de mot 🙂 ).




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  3. Une mécanique obligeant le joueur a faire encore et encore la même chose comme un fou, pour éventuellement réussir (ou pas) à obtenir un contenu, parce qu’au final c’est un jeu de loterie. (Précisons que par rapport aux précédents Forza come par hasard le gain de crédit a été fortement diminué par course) .Une technique de Free to play dans un jeu AAA, de course qui plus est, donc normalement la ou on choisi d’acheter nos voiture à volonté. Le jeu AAA coûtant entre 60€ et 100€. Tout ça, ça ne vous gène pas ? Moi oui.
    La communauté Forza est plus que déçu, il suffit d’aller jeter un œil sur les forums officel ForzaMotorsport.net, ça grouille de personne qui n’aiment pas se système et même de personne qui ont demandé un remboursement du jeu :/




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  4. Le principe force simplement le joueur à jouer pour tenter de débloquer des choses (esthétique ou pas, ça ne change rien pour moi). Non vraiment, ça ne me dérange pas. C’est une question de point de vue, j’ai déjà passé des heures et des heures à grinder dans d’autres jeux dans l’espoir de looter des objets bien précis.
    Donc si vraiment je veux cette Veyron, je sais ce qu’il me reste à faire, je m’y collerai.

    En revanche, le jour où on me force à payer avec ma CB pour acheter une boite qui, aléatoirement, me donnera du contenu que j’estime être présent dans le jeu, là, ça me posera un soucis. Mais je comprends, et respecte, tout à fait votre point de vue. Je ne suis juste pas dans la même logique.




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