Test de Forza Horizon 4 (PC, Xbox One)

Ce test a été réalisé sur PC à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur (joué à la manette).

Les jantes d’automne

Après l’Australie nous voilà donc fraîchement débarqué en Angleterre pour cette nouvelle itération du festival Horizon. Encore une fois bien installé dans les baskets d’un petit nouveau, le joueur va devoir faire tout son possible pour glaner le fameux bracelet d’or synonyme de champion ultime du festival.

Sans vraiment savoir comment ils font, il faut reconnaître que les petits gars de Playground Games nous en mettent toujours plus plein la vue dès les premières minutes de jeu avec un open world tout simplement sublime. Bon, les plus grincheux ne manqueront pas de remarquer que ça manque globalement de vie et ils n’auront pas tort. Le constat est même sans appel lorsque l’on se déplace dans les villes modélisées pour l’occasion, Édimbourg en tête. Peu importe, on n’est pas là pour taper la discute avec des vendeurs de poisson, mais bel est bien pour se tirer la bourre dans des décors qui en jettent.

Et dès qu’il s’agit d’apprécier le paysage il n’y a plus grand-chose à dire. Soyez en sûrs, Forza Horizon 4 est beau. Du bout de pneu de chaque voiture à la végétation un peu partout, tout atteint un niveau de finition absolument dantesque. Les textures sont soignées, le ciel (qui évolue en temps réel) est somptueux, la modélisation des voitures toujours aussi léchée et les différents effets de lumières finissent par tuer le peu de rétine qui vous restait. Un travail sublimé par ce qui est probablement une des grosses nouveautés de ce quatrième opus : les saisons. Que ça soit sous la neige avec ces fines particules qui scintillent lors qu’elles passent dans les rayons du soleil ou en sous-bois à travers la lumière automnale en fin de journée les décors sont tout juste hallucinants de réalisme et de beauté.

Un artifice bienvenu qui permet de faire oublier que cette Angleterre fictive n’est finalement faite que de vastes plaines contrairement à l’Australie qui offrait bien plus de variété naturellement. Du coup on n’en voudra pas à Playground Games d’avoir librement interprété la géographie anglaise dans le simple but de caser des paysages typiques un peu partout sur la carte. La ville d’Édimbourg côtoie effectivement les plages de la mer du nord, le viaduc de Glenfinnan ou encore le lac de Derwent Water sans le moindre respect des distances réelles. Qu’importe ! On en prend plein les mirettes et c’est bien là l’essentiel. Surtout que cette facétie permet également au studio de proposer un peu de tout en termes de variété d’épreuves. Quand les amoureux de la vitesse pure apprécieront les lignes droites interminables les accrocs au sinueux applaudiront ces chemins tortueux en montage. Au diable la géographie !

PC MASTER RACE
Élitiste oblige on ne pouvait pas ne pas ajouter un petit encadré pour parler de la version PC de Forza Horizon 4. Une fois de plus, de la part de Microsoft on n’est pas vraiment surpris de la qualité du jeu. Pour un 1080p haut en couleurs, vous n’aurez pas besoin d’une machine surpuissante ni d’une carte à 1500€. Les cartes du calibre d’une 1060 et au-delà feront tourner le jeu sans le moindre problème dans sa configuration ultra. Si jamais vous avez le matériel pour jouer en 4K n’hésitez pas, Forza Horizon 4 est une véritable vitrine technologique qui en met plein la rétine et qui mérite de tourner sur le meilleur matériel possible. Niveau optimisation Playground Games connait clairement son sujet et ça fait bien plaisir. Enfin, un dernier conseil pour la route. Si vous en avez la possibilité, installez le jeu sur un SSD. Les (nombreux) temps de chargement peuvent s’avérer un peu agaçants par moment. Un détail que l’on oublie très vite une fois que l’on n’est plus sur un disque dur classique.

Les reines déneigent

Pour ce qui est de la conduite, Forza Horizon 4 garde cette approche volontairement arcade. Ceci étant, le jeu conserve également une base réaliste qui permet vraiment d’impliquer le joueur dès que l’on désactive les aides à la conduite. Le poids des voitures se ressent parfaitement dans les courbes et dans les zones de gros freinages, punissant alors sans vergogne ceux qui se laissent aller à un optimisme sans limite dans certaines situations. Pour les joueurs des précédents opus il sera donc relativement aisé de retrouver ses marques puisque ce sont quasiment les même sensations.

Tout au plus on regrette qu’il soit aussi facile de conduire certains bolides surpuissants (un peu d’apprentissage n’aurait pas fait de mal) tout en remarquant que les voitures sont parfois étrangement montées au niveau des suspensions. Si pour les supercars c’est imperceptible, pour tout ce qui est plus haut perché on a parfois l’impression d’être assis sur un kangourou (lors des sessions en véhicules tout terrain où les sauts s’enchaînent ça devient vite vraiment n’importe quoi par moment).

Sans vraiment savoir comment ils font, il faut une fois de plus reconnaître que les petits gars de Playground Games nous en mettent toujours plus plein la vue

Si tout ça n’a fondamentalement rien de gênant on regrette tout de même amèrement que les saisons si importantes pour ce Forza Horizon 4 n’ont que peu d’impact sur la conduite. On aura bien évidement droit à de petites pertes d’adhérence dans les conditions les plus folles, mais globalement tout cela reste bien trop timide pour ne pas nous faire râler. Cette physique allégée est certainement le prix à payer pour un open world avec une telle plastique, mais ça fait un peu tâche quand, l’hiver venu, on peut se permettre de rouler à fond de six malgré le verglas bien visible sur la route ou quand, en automne, traverser une flaque d’eau n’a aucun autre effet que ces gouttelettes sur le pare-brise. Bons joueurs, on admet tout de même que la conduite est bien impactée par les différentes surfaces où l’on sera amené à conduire. Au diable le réalisme !

Y a plus d’saisons ma bonne dame

Pour le joueur le but est donc toujours de progresser au sein de la hiérarchie des pilotes. Avant de se lancer dans le grand bain il faudra se qualifier pour chacune des saisons en commençant par l’automne. Après avoir marqué suffisamment de points d’influence (gagné au fur et à mesure des exploits) et atteint le niveau 20, on fait alors basculer le jeu dans un mode où chaque saison dure une semaine calendaire. On suit ensuite un rythme automatique qui amène tout un tas de championnats uniques valables durant le temps de la saison. Pour les joueurs c’est donc un bon moyen d’avoir un jeu qui se renouvelle automatiquement et qui pousse toujours à venir jeter un coup d’œil sur ce qui se passe dans Forza Horizon 4.

Tout ceci génère évidemment un contenu tout simplement énorme qu’il est assez difficile de digérer. C’est simple, une fois le niveau 20 atteint et le mode hebdomadaire enclenché, la carte est remplie de chose à faire dans tous les coins, avec du contenu de tout type. C’est alléchant et on voit bien que l’on risque vite d’y passer un sacré moment. Il n’en reste pas moins que c’est tout aussi faisable de se lancer une petite partie de temps en temps pour juste profiter d’une course en particulier sans forcément passer toute sa soirée dans sa voiture. On retrouve en plus tout ce qui fait le sel de la série avec des courses de rue, sur terre, du drift (bien foutu d’ailleurs), des sprints ou encore des courses libres façon « passe où tu veux du moment que tu respectes les points de passage ». On ne va pas tout passer en revue mais on a aussi droit aux zones de vitesse, aux trésors de grange pour récupérer des bolides rares, aux cascades avec un pseudo scénario et aux sauts dangereux un peu partout.

Fast and generous

Tout comme l’opus précédent les joueurs pourront personnaliser les épreuves avant de les lancer. De la voiture à la saison en passant par la météo ou encore l’heure à laquelle l’épreuve à lieu, on peut ainsi tout paramétrer. Si cela paraît un peu fastidieux lorsque l’on a juste envie de lancer une course pour se détendre, il faut absolument passer par cette étape car Forza Horizon 4 prend, par défaut, la classe de voiture que vous êtes en train de conduire. On vous laisse imaginer le résultat lorsque vous arpentez les routes anglaises à bord d’une 911 Spyder et que vous vous lancez dans une course sur terre sans avoir pensé à configurer la classe de véhicule voulue. Si cela amène parfois des courses folles (vraiment, la Spyder dans les chemins de terre c’était assez fun mine de rien) on regrette tout de même que le jeu ne propose pas par défaut une classe en adéquation avec l’épreuve choisie.

Bref, on se répète, mais Forza Horizon 4 propose probablement le contenu le plus énorme qui soit pour un jeu de la sorte. Le tout avec 450 bolides disponibles (tous personnalisables et améliorables via les points de prouesse) et tout un tas d’objets aussi inutiles que des klaxons ou des tenues pour son avatar.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y aura pas besoin de grinder comme un fou pour se faire plaisir dans Forza Horizon 4. En réalité le jeu est tellement généreux en crédit et en point d’influence que très vite on peut enrichir son garage et sa garde robe. C’est simple, en une demie-journée de jeu on était déjà multi-millionnaire et notre garage comptait pas moins d’une vingtaine de voitures débloquées (en plus de celles offertes par les DLCs). Alors certains blasés y trouveront sûrement matière à critique mais nous, de notre côté, on n’y voit que du bon. Après chaque session de jeu, le joueur enrichit son expérience sans trop de se prendre la tête. Inutile de refaire les événements plusieurs fois pour tenter de taper le meilleur score dans le but de débloquer une voiture en particulier puisque Forza Horizon 4 récompense simplement le fait de jouer. Et avec son énorme dimension multijoueur, inutile de vous dire qu’une telle générosité évite les frustrations en tout genre.

Que ça soit sous la neige avec ces fines particules qui scintillent lors qu’elles passent dans les rayons du soleil ou en sous-bois à travers la lumière automnale en fin de journée, les décors sont juste hallucinants de réalisme et de beauté.

Ceci étant, il faut reconnaître que cette tendance au « toujours plus » a bien un impact négatif. Non pas sur le jeu en lui-même, mais sur Playground Games qui ne semble pas avoir su comment construire des menus intuitifs et simples pour rendre tout ceci accessible aux joueurs. En un mot comme en cent, les menus de Forza Horizon 4 sont une véritable horreur, un exemple à montrer dans les écoles d’ergonomie de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Il y en a tellement partout qu’on s’y perd presque systématiquement. Des menus qui appellent des sous-menus dans lesquels on retrouve enfin l’accès à la rubrique que l’on cherchait ça devient franchement vite pénible. Surtout quand certains ne s’affichent qu’après un petit chargement et qu’en sortir fait également recharger le jeu. Vous êtes prévenus, réfléchissez bien avant d’appuyer sur le bouton Start.

Test Drive Unlimited legacy

Enfin impossible de terminer ce tour d’Horizon sans souligner l’énorme travail réalisé par Playground Games pour le multijoueur de ce quatrième opus. Comme un certain TDU en son temps, l’univers de Forza Horizon 4 est un monde partagé dans lequel jusqu’à 72 joueurs vaquent à leurs occupations. Outre la vie que cela apporte lorsque l’on se connecte, cela permet surtout une énorme facilité au niveau des interactions.

Si les collisions sont désactivées par défaut afin d’éviter de se faire troller en plein exploit, il est relativement simple de discuter avec d’autres joueurs ou de les rejoindre dans un convoi pour se faire des trip à plusieurs. Ce n’est pas une nouveauté, mais si vous n’avez jamais touché à un jeu de la licence il faut vraiment comprendre que Forza Horizon 4 est résolument orienté multijoueur, chaque épreuve étant potentiellement jouable en ligne contre des joueurs réels (à moins de préférer se fritter avec le drivatar de ses potes). Dommage que certains modes de jeu ne jouissent pas d’une bonne popularité car le système mis en place par le studio fonctionne à merveille dès lors que les joueurs sont intéressés et motivés.

Et pour ceux qui n’ont clairement pas l’esprit de compétition, le Forzathon leur tendra les bras avec ses défis à réaliser en groupe. Un système franchement sympathique qui pousse les joueurs à œuvrer dans le même sens pour réussir les objectifs imposés et gagner un peu de monnaie virtuelle à dépenser dans la boutique dédiée. Un système déjà vu dans d’autres jeux en ligne qui transforme l’expérience solo de Forza Horizon 4 en un HUB communautaire géant où tout le monde peut se retrouver facilement autour de différents aspects. Ne manquent à l’appel qu’un petit peu plus de challenge dans les défis et des classements pour pouvoir montrer son degré d’implication dans les événements live. Mais d’ici là il y a déjà suffisamment à faire dans Forza Horizon 4 pour ne pas avoir à en demander davantage.

LE VERDICT
AWESOME
9
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege et Darkest Dungeon.

2 Commentaires

  1. Je souligne tout d’abord la qualité de l’article (test) et je me permets de réagir au sujet des sensations de conduite qui sont censées changer en fonction des variations climatiques. Pour ma part, mon expérience n’est pour l’heure pas celle de Ludo,puisque je n’ai joué qu’à la démo, mais je me suis retrouvé dans des situations où je me suis littéralement fait surprendre par le comportement du véhicule. Un exemple, au volant de la McLaren Senna, en pleine bourre, arrive un léger virage sur la gauche, avec pour commité d’accueil une bien jolie flaque, je n’ai pas fanfaroné loin de là, j’ai salué de toutes mes dents le mur opposé et go rewind. Ma question Ludo : “est ce que le choix des paramètres du jeu n’influence pas le réalisme de la conduite” ?

  2. Hello.

    Je n’ai que très peu d’aide activées (la ligne de conduite principalement et une assistance au freinage parce que je ne sais plus jouer au pad 😀 ). Alors comme dit dans l’article ce n’est pas inexistant, mais trop timide. Il y a effectivement des gros éléments (grosses flaques notamment) qui vont avoir un impact comme on peut s’y attendre, dans le sens où ça va changer la dynamique de ta voiture. Mais en hiver par exemple, quand tu vois l’adhérence que tu as sur des routes qui sont visuellement verglacées, ça n’a pas de sens (enfin si, mais pas d’un point de vue physique). Même chose en automne où les routes pleines de feuilles mortes ça n’accrochent pas comme ça théoriquement

    Ça a du sens parce que FH 4 ne cherche pas à être punitif. Sinon ça serait tout bonnement injouable, personne (ou presque) n’est capable de conduire de tels bolides dans de telles conditions.

    Il faudrait que je tente avec d’autres options de conduite activées pour voir l’impact peut-être. J’avoue ne pas avoir cherché à mixer dans tous les sens, je me suis contenté de presque tout virer sans tester d’autres configurations. Une erreur probablement.

    Merci d’avoir lu en tous les cas.

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