Test de Fist of the North Star : Lost Paradise (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Omae Wa Mou Shindeiru

Vingtième siècle, année inconnue (199X), monde détruit par une guerre nucléaire. La planète bleue a laissé place à une vaste étendue sableuse et les survivants se sont regroupés pour former des villes plus ou moins importantes. Parmi celles-ci, Eden, celle vers laquelle se dirige un Kenshiro plein d’espoir. Le combattant a en effet entendu une rumeur qui le laisse croire que sa douce Yuria, qu’il croyait perdue à tout jamais, serait bien vivante et retranchée dans cette cité. Une quête qui va l’amener à rencontrer un bon paquet d’ennemis… et évidemment de jouer du Hokuto Shinken.

La bonne nouvelle pour les fans, c’est que les développeurs ont vraiment respecté le manga d’origine. On retrouve ainsi un joli lot de protagonistes emblématiques, comme Shin, Raoh, Jagi ou encore Toki, mais aussi certains lieux présents dans l’œuvre de Tetsuo Hara, histoire de souligner encore un peu plus le fan service proposé par ce Fist of the North Star : Lost Paradise. Quelques moments forts sont aussi de la partie, comme par exemple le combat contre Shin qui marque d’ailleurs le tout début de l’aventure.

Mais la Team Yakuza ne s’est pas contentée de ça. Les développeurs ont ainsi rajouté de nouveaux personnages, tels que Xsana la dirigeante d’Eden ou Jagre le chef de la milice locale, ce qui leur a permis de proposer un scénario inédit. Le problème, c’est que tout ça a du mal à fonctionner. Si les Yakuza sont notamment connus pour leurs scénarios et protagonistes forts, ici l’histoire a bien du mal à prendre. La mise en scène tente tant bien que mal d’instaurer de la tension et de mettre en valeur tous ces puissants combattants, mais le côté assez creux de l’histoire vient tout casser.

C’est bien simple : il n’y a pas vraiment de fil rouge et, dans les faits, Kenshiro ne fait que se battre contre un groupe d’ennemis spécifique pour ensuite enchaîner par le suivant, le tout entrecoupé par de très longues cinématiques et cutscenes sans réel intérêt mis à part brosser le fan dans le sens du poil. Alors, certes, Hokuto no Ken, ce sont avant tout des combats, brutaux et sanglants. Mais un petit liant pour faire monter la sauce aurait tout de même été le bienvenu…

Hokuto Suisse

Heureusement, les phases de combat rehaussent un peu le niveau. Emprunté, là encore, chez Yakuza, le gameplay de ce Fist of the North Star a tout de même été remanié dans le but de proposer des affrontements identiques à ceux du manga. Ainsi, si Kazuma Kiryu refuse de tuer ses ennemis, le problème ne se pose pas pour Ken qui n’hésite pas à utiliser son Hokuto Shinken pour faire exploser ses adversaires les uns après les autres dans des gerbes de sang. Ses coups emblématiques sont aussi de la partie en échange de QTE et Kenshiro peut même passer en une sorte de mode Berserk lorsque une jauge spéciale – représentant ses cicatrices – est remplie. Nerveux et ultra-violents, les combats du titre de SEGA sont un vrai régal, d’autant plus qu’ils s’approfondissent au fur et à mesure de la progression dans l’histoire.

En dehors des techniques apprises auprès de Toki, le joueur a ainsi la possibilité de débloquer différentes petites choses dans quatre arbres des compétences en échange d’orbes : nouvelles actions en combat, augmentation de la jauge de vie, meilleure résistance, etc. Un élément certes déjà vus dans d’autres jeux, mais qui permet tout de même de renouveler un peu le gameplay, tout comme la présence de boss aux patterns spécifiques nécessitant un peu de jugeote avant de se lancer dans l’action.

Hokuto Ga Gotoku propose aussi des phases de conduite en buggy et ces dernières sont aussi ratées que les combats sont réussis. On ne va pas se mentir, passer derrière le volant est ici un véritable calvaire tant on a l’impression de revenir des années en arrière. Le bolide ne répond pas très bien, la conduite est rigide et le côté très couloir du Wasteland, qui pourrait pourtant être totalement ouvert, est vite frustrant.

Bref, c’est un vrai soulagement lorsque l’on arrive à l’objectif suivant ou lorsqu’un groupe d’ennemis vient barrer la route de Kenshiro. Dans ce cas, ce dernier sort de sa voiture et fait gicler le sang par hectolitres dans les dunes de sable entourant Eden. Autant dire que l’on fuit les courses comme la peste sous peine d’y perdre des touffes de cheveux au passage. Seul point positif de ce buggy, en tout cas pour les fans de personnalisation, sa customisation, même si cette dernière passe par de longues phases de loot derrière le volant. Pas de repos pour les braves…

L’heure est venue de payer tes factures… Et elles sont chères !

Entre deux effusions de sang, le joueur a aussi la possibilité de se balader dans Eden, petite ville proposant quelques activités annexes plus ou moins loufoques. Si les rues sont ici moins animées qu’à Kamurocho, et on fait d’ailleurs bien vite le tour de la Cité des Miracles, Ken a tout de même la possibilité de se changer les idées de différentes manières : passer derrière le comptoir d’un bistrot, s’occuper d’un bar à hôtesses, se reconvertir en kiné, jouer au baseball (mais avec une batte remplacée par une poutre et des balles remplacées par des motards parce que pourquoi pas), miser son argent au casino ou encore déterrer de vieilles bornes d’arcade ensevelies dans le désert. Quelques quêtes annexes sont aussi présentes, mais moins nombreuses et moins poussées que celles présentes dans les Yakuza. Un élément forcément décevant pour tous ceux habitués au productions ultra-généreuses à ce niveau-là du studio de SEGA

À découvrir également : Fist of the North Star : Lost Paradise, nos vidéos du début du jeu

Ce qui est également assez décevant, c’est la réalisation de ce Fist of the North Star, surtout pour ceux ayant joué à Yakuza 6 ou Yakuza Kiwami 2.  Au lieu d’utiliser le Dragon Engine, les développeurs ont en effet préféré ressortir le moteur qu’ils utilisaient avant, notamment pour Yakuza Zero. Forcément, cela se ressent immédiatement dans les animations très rigides des personnages, les textures franchement vilaines des décors ou encore l’impression constante de vide. Bref, un gros retour en arrière.

Seul bon point niveau graphismes, l’aspect anime en cel-shading qui fonctionne forcément très bien et donnerait presque l’impression d’être en face d’un épisode d’Hokuto no Ken, avec tout ce que ça compte d’éléments kitsch et autres moments over-the-top. Un côté décalé qui se ressent aussi dans les doublages japonais, là encore pris en charge par les acteurs s’occupant de Yakuza (Ken est par exemple interprété par l’homme derrière Kiryu). Les doubleurs prennent leur boulot au sérieux, donnent tout et ça se sent, même si, comme dit précédemment, les dialogues ne se montrent pas toujours à la hauteur. Dommage.

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