Test de Fallen Legion : Rise to Glory (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Fallen Kingdom

Fallen Legion : Rise to Glory comprend donc deux aventures, à la fois bien distinctes et entremêlées, les deux héros faisant partie de camps opposés durant une guerre. Cecille (Sins of an Empire) est une princesse guerrière obligée de prendre la tête de Femunia, son empereur de père venant de passer l’arme à gauche. Malheureusement, la chose ne se fait pas sans heurts, car non seulement un mal enfoui refait surface, mais en plus un certain Laendur profite de cette période un peu chaotique pour renverser cet Empire. Un Laendur dont le joueur prend le contrôle lors de l’autre campagne, Flames of Rebellion. Ainsi, chaque héros dispose de son propre scénario et de ses propres alliés, un peu comme Fire Emblem : Fates, mais il n’est pas rare d’entendre parler de l’autre, voire de le rencontrer. Malheureusement, et contrairement à la licence de Nintendo, l’histoire se montre ici des plus banales et, une fois terminée, on n’aura pas forcément envie de se lancer dans la seconde. Ce qui est d’autant plus vrai lorsque l’on ne parle pas très bien anglais, cette compilation n’étant (évidemment) pas traduite en français.

Et c’est dommage, car ces deux scénarios ont au moins la bonne idée de ne pas tomber dans les clichés du genre, à savoir le héros irréprochable se lançant dans le sauvetage d’un monde en péril tout en restant parfaitement humble. Ici, les deux personnages ne sont ni tout blanc ni tout noir, ils prennent des décisions égoïstes souvent pour de mauvaises raisons et il est impossible de prendre partie pour un camp ou l’autre, l’Empire et les Rebelles étant loin d’être parfaits. Malheureusement, le titre de YummyYummyTummy ne parvient jamais vraiment à accrocher le joueur par son scénario, et ce même lorsque des choix présentés comme capitaux sont imposés. Parfois, entre deux combats, une question est ainsi posée et trois choix sont disponibles, sachant que le tout est chronométré. Par exemple, que feriez-vous si vos soldats avaient capturé un espion ennemi ? L’exécuteriez-vous, feriez-vous des expériences pas bien catholiques sur lui ou le jetteriez-vous simplement au cachot ? Des décisions certes pas aisées à prendre, en tout cas jusqu’à ce que l’on se rende compte que ce qui en résulte ne compte finalement que très peu. Pourtant, Fallen Legion explique dès le départ que l’histoire évolue en fonction de ces choix…

Rise and fall

Finalement, ces choix seront plus rapidement motivés par les effets qu’ils peuvent provoquer sur l’équipe, même si là encore ils se montrent minimes, tel un tout petit boost de la défense. Car là est le cœur de Fallen Legion : les combats, ces derniers se déroulant d’une manière un peu atypique. Une fois le joueur rentré dans un niveau, il ne dirige plus les déplacements de son équipe, cette dernière évoluant en scrolling horizontal dans des environnements 2D. Plusieurs fois par niveaux, les combattants doivent s’arrêter afin de croiser le fer avec des ennemis. Quatre personnages peuvent être contrôlés, chacun répondant à une touche dédiée : le héros via la touche X et les soldats, baptisés ici des Exemplars, via les touches A, B et Y. A cela s’ajoutent une défense – qui se transforme en contre-attaque si le timing est bon – ou encore une attaque surpuissante, parmi d’autres choses. Un gameplay assez surprenant pour un RPG puisqu’il fait plus penser à celui d’un jeu de rythme, les attaques devant se recharger (il est donc impossible de bourriner) et les combos ne pouvant fonctionner que si l’on parvient à faire tourner tout ce beau monde sans accroc.

Les différents soucis rencontrés dans Fallen Legion ne donnent pas forcément envie d’aller jusqu’au bout, sentiment renforcé par le côté ultra répétitif du jeu.

Ce qui est loin d’être aisé, la faute à une lisibilité qui tourne vite au vinaigre. Si chaque combat n’oppose que très peu d’ennemis, tous les effets visuels deviennent rapidement bordéliques et il devient presque surhumain de parvenir à contrer une attaque dans les temps. Forcément, la difficulté globale s’en ressent et le joueur devra parfois faire face à des pics de difficulté assez agaçants. Sachant que les équipements sont relativement inutiles et qu’aucun système d’expérience très clair n’est présent, il faut donc compter sur sa patience et ses skills, mais surtout sur un long apprentissage pour parfaitement maîtriser un gameplay semblant simpliste au premier abord. C’est ainsi, petit-à-petit, que l’on comprend que le placement des Exemplars se montre souvent capital et que la défense est en fait le point essentiel à maîtriser puisque se faire toucher annule les combos. Malheureusement, les soucis évoqués plus haut ne donnent pas forcément envie d’aller jusqu’au bout, ce qui est encore renforcé par le côté ultra répétitif de Fallen Legion. Car entre deux morceaux de scénario pas bien intéressants, il n’y a que des combats à se mettre sous la dent. Pour le coup, la durée de vie assez longue (plusieurs dizaines d’heures) n’est ici pas une qualité.

We are Legion

Finalement, là où Fallen Legion : Rise to Glory s’en sort le mieux, c’est sur sa réalisation. Dès le départ, impossible de ne pas tomber sous le charme de ces décors tout en 2D (et sur la multitude d’effets visuels, donc), même si l’on reste certes assez loin d’un titre Vanillaware. En dehors d’un bestiaire vite limité, les Exemplars sont bien différents les uns des autres et chaque personnage est finement dessiné, avec moult détails typiques des productions de ce genre. Bref, une direction artistique réussie, et qui plus est soutenue par une bande-son très médiévale collant donc parfaitement à l’ambiance globale. L’action étant très nerveuse, la fluidité devait être exemplaire et, ouf, elle l’est, que ce soit en docké ou en nomade. Seul vrai problème à ce niveau, les temps de chargement qui peuvent parfois être un peu trop longuets, et ce même s’ils tentent de faire patienter le joueur en renforçant le background via de courts textes explicatifs. Mais sachant qu’ils apparaissent de manière aléatoire et qu’ils évoquent souvent des noms ou des périodes qui ne sont pas au préalable expliqués, autant dire que l’on s’y désintéresse également bien vite…

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