Test de Earth Defense Force 5 (PS4)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, sur PS4, fournie par l’éditeur.

Star-cheap troopers

Née en 2003 sur PS2 au Japon (et un an après en Europe) à travers le titre Monster Attack, la série E.D.F pour Earth Defense Force, pourrait être un cas d’école du Shoot’em up japonais tant elle met en pratique l’ensemble des codes inhérents au genre. Assumant pleinement son aspect parodique, voire nanardesque, la licence de D3 Publisher invite le joueur à laisser son sérieux au placard. Pour cette nouvelle itération, la formule ne change quasiment pas d’un iota. Le joueur doit prendre le rôle d’un soldat d’élite appartenant à une organisation militaire multinationale dont la mission est de protéger la Terre de toute attaque extraterrestre. C’est alors qu’en l’an 2022, une race d’insectes géants, d’amphibiens bien armés, de Kaiju enragés et de robots tueurs ont décidé de venir habiter sur notre planète en anéantissant au passage les formes de vie qui s’y logent. Zones urbaines, rurales, montagneuses ou côtières, l’invasion est totale. Mais dans le cas présent, la guerre n’a rien de compliqué. Il faut prendre les armes et éliminer tout être non-terrestre qui bouge.

Vous l’aurez compris, ce scénario de série Z n’est qu’un simple prétexte pour s’adonner à un copieux et succulent défouloir. En d’autres termes, les joueurs cherchant un soupçon d’intrigue n’auront rien à se mettre sous la dent. Il faudra se contenter d’un briefing avant chaque mission et de tant à autre, une petite introduction animée, en guise de contextualisation. Oublions la mise en scène et les prologues de plusieurs heures, Earth Defense Force 5 vous catapulte dans le feu de l’action et cela sans parachute.

Afin de remplir à bien son devoir de soldat, le joueur a à sa disposition quatre classes aux capacités bien différentes. Présenté comme le combattant de base, le Ranger offre un parfait équilibre entre attaque et défense. A l’aise avec tout type d’arme, il saura s’adapter à n’importe quelle situation. Si les forces ennemies font preuve d’une grande résistance, le Fencer connu pour être le balaise de la bande, fera totalement l’affaire. Bien que le poids de son équipement restreigne sa mobilité, notre mastodonte peut utiliser deux armes lourdes en même temps ce qui lui permet de faire de gros dégât. Dans la famille des pilotes chevronnés et des poseurs de bombe, nous avons Air Raider. Même si son large panel d’armes et de gadgets font de notre héros, un soldat complexe, sa place sur le terrain n’en reste pas moins indispensable pour mener une stratégie efficace. Enfin, pour les opérations plus aériennes, Wing Diver est sans aucun doute la meilleure dans son domaine. Elle est peut être moins robuste que ses confrères mais elle se veut en contrepartie plus rapide. Équipée d’un jet-pack et d’un éventail d’armes à plasma, notre guerrière ailée peut couvrir une importante zone d’attaque tout en faisant de sacrés bobos.

Monstrosity Warriors

Une fois sur le terrain, il est essentiel de garder un œil sur les cadavres car tout adversaire éliminé est une potentielle source d’équipement et de soin. D’autant plus que toute la progression de notre personnage dépend d’une action : le loot. En effet, il ne s’agit pas de faire évoluer telle ou telle capacité de notre guerrier, mais bien d’enrichir son inventaire ou de faire monter son armement en niveau. D’ailleurs, trouver des doublons n’a rien d’un moment de frustration puisque c’est en les récupérant que l’amélioration de notre équipement est générée. Cette partie n’est pas à négliger car le sauvetage de l’humanité n’a rien d’une promenade de santé. En plus d’avoir des monstres qui se montrent plus violents et plus puissants au fil des missions, Earth Defense Force 5 intègre cinq grades de difficulté (Easy, Normal, Hard, Chaos et Inferno).

Oublions la mise en scène et les prologues de plusieurs heures, EDF 5 vous catapulte dans le feu de l’action et cela sans parachute.

Autant dire qu’il faut être bien préparé avant d’aller faire le ménage dans certaines zones. Mais il n’y a pas de quoi désespérer à l’idée de devoir recommencer le farming avec chaque classe car en fin de partie, tout le monde a le droit à sa récompense. En effet, une redistribution des points de loot est organisée au sein des trois autres divisions restées à la base, de manière à garder un certain équilibre. La remise à zéro est donc évitée. Toujours est-il qu’il est difficile de ne pas sentir le caractère répétitif du titre. A l’instar d’un Musou, l’exécution des vagues d’ennemi défilant à la pelle, finit par être machinale.

Pour compenser cette tare, ce huitième opus chiffré 5 fait tout de même l’effort d’aller à l’essentiel. Même si les combats se ressemblent, aucun aller-retour ne vient entraver le rythme. L’action se déroule sans temps mort et sans fioriture sur des maps aussi vastes que variées. Il aurait été toutefois appréciable de donner un nouveau cadre à la série. Autant les néophytes se feront une joie de découvrir les villes et campagnes d’un japon fictif, autant ces mêmes décors seront du déjà-vu pour les connaisseurs.

Insecticide à grande échelle

L’un des éléments qui pourrait véritablement en décourager plus d’un à se lancer dans l’aventure, est incontestablement le rendu visuel du jeu. A l’heure des AAA qui envoient du pâté en termes de graphisme, au point de démonter certaines mâchoires, Earth Defense Force 5 ne rend pas vraiment honneur à la PS4, et encore moins à la Pro. Loin d’être une bouillie pour les yeux, le shoot’em up de D3 Publisher semble néanmoins proposer à sa manière un hommage aux films de monstre d’époque. L’animation, notamment du bestiaire, associée à l’échelle des affrontements donne l’impression de faire face à des suitmation avançant à travers des villes miniaturisées.

Du point de vue de notre personnage, la grandeur des environnements et des ennemis offrent de bonnes sensations de submersion. On se demande même qui est au final l’insecte dans toute cette mêlée. Simples et efficaces, les mécanismes de gameplay invitent à tout dégommer. D’autant plus que tout se veut destructible à l’écran. Si on met de côté les textures brouillonnes, les éléments du décors à la physique en carton et l’aliasing très marqué, on a plaisir à nettoyer le champs de bataille tout en faisant plus de dommages collatéraux que la menace initiale. Et cette récréation prend encore plus de saveur à plusieurs. Toute la campagne, réunissant pas moins de 100 missions, est jouable en coopération jusqu’à 4 en ligne et même à deux en local. Il est toujours bon de voir que nos jours, des jeux utilisent encore l’écran splitté, surtout lorsqu’il s’agit de pouvoir sauver notre monde d’une invasion d’araignées géantes en compagnie d’un ami, tout ça en direct de son canapé.

LE VERDICT
STEAK NANAR
6
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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