Test de Dynasty Warriors 9 (PC, PS4, Xbox One)

Ce test a été réalisé à partir d’une version physique sur Xbox One, fournie par l’éditeur.

Chaud, Cao Cao

Et si Dynasty Warriors 9 sortait un peu des sentiers battus pour apporter un souffle nouveau à la série ? C’est ambitieux, certes, mais on ne va clairement pas blâmer Koei Tecmo et Omega Force de chercher une nouvelle manière de mettre en scène cette Chine des Trois Royaumes qui séduit les fans depuis tant d’années. Là-dessus, on peut compter sur l’ensemble des chapitres qui composent la campagne scénarisée du jeu pour nous resservir et introduire un bon paquet de personnages (certains sont toujours aussi classes, d’autres ont aussi la bonne idée d’être jouable pour la toute première fois) et nous proposer une flopée de missions qui ne sont certes pas toutes dignes d’un grand intérêt mais permettent, au moins, de looter et de gagner de l’XP. Beaucoup d’heures de jeu en perspective pour qui veut s’attaquer à Dynasty Warriors 9 de fond en comble, des sessions de jeu notamment rythmées par des informations détaillées, historiques, sur les événements joués, en plus d’une poignée de cinématiques clinquantes.

En dehors du choix (discutable bien malheureusement, nous y reviendrons) d’opter pour un open world, l’équipe de Omega Force a aussi pensé à garnir son gameplay de quelques mécaniques inédites. On pense ainsi à la jauge d’endurance, au grappin ou encore au nouveau système mis en place pour les différents types d’attaques. Le point commun entre ces caractéristiques ? Elles sont tout bonnement ratées. Du côté des combats tout d’abord, Dynasty Warriors 9 permet donc d’enchaîner différentes attaques pour prolonger les combos. Sur le papier, on est censé jongler entre des attaques dites « enchaînées », d’autres appelées « de réaction » et les dernières « déclenchées ». Dans les faits, cela se traduit par des coups classiques qui deviennent presque obsolètes, des combinaisons (gâchette + touche classique) dont on abuse pour étourdir des ennemis, les envoyer dans les airs ou utiliser un coup spécial, et enfin des QTE (la touche Y/Triangle) pour contrer un ennemi et/ou l’achever. Ces mécaniques, mises en place avec l’idée de rendre les ébats plus dynamiques que jamais, sont bien trop mal exploitées pour espérer apporter un peu de subtilité. Les combats perdent de leur saveur, clairement, surtout que la difficulté n’est pas vraiment au rendez-vous (optez pour les niveaux supérieurs d’entrée pour un peu de challenge, contre les généraux principalement).

La jauge d’endurance n’est quant à elle pas spécialement loupée, dans le sens qu’elle fonctionne comme elle le doit, mais c’est sa présence qui est à remettre en question. Dans le monde ouvert de Dynasty Warriors 9, voir l’endurance de son perso fondre comme neige au soleil quand on fait un sprint est assez agaçant, surtout que ladite jauge se remplit assez vite et n’est donc là que pour casser le rythme. Durant un combat, c’est l’esquive qui en prend un coup, nous obligeant à surveiller l’endurance pour ne pas se retrouver en situation fâcheuse (chose qui n’arrive presque jamais, admettons-le). Quant au grappin, c’est tout simplement LA mauvaise idée dans le gameplay de DW9. Imaginez un accessoire vous permettant d’escalader presque n’importe quelle structure et vous offrant, par exemple, l’opportunité d’accéder à la dernière salle d’une forteresse sans avoir à en percer les défenses… Cet item c’est donc le grappin, flinguant à lui-seul l’idée de devoir jouer la carte de l’infiltration, du siège et annihilant tout aspect tactique. Voilà comment se tirer une flèche dans le pied donc, bravo Omega Force.

Dynasty Problems

Hélas pour lui, Dynasty Warriors 9 n’a pas seulement à se soucier des ajouts discutables et des incohérences dans son gameplay. Le monde ouvert, pièce maîtresse de cet épisode, est raté, buggé, presque détestable. On l’a dit, le grappin à lui-seul vient mettre à mal les quelques efforts côté level design, mais que dire des ennemis désormais séparés en de petits groupes postés ici et là ? Le charme d’un Dynasty Warriors 9 est ici réduit à (presque) néant. Certes, on aime découvrir de petites bourgades ici et là, pour y commercer et utiliser des ressources afin d’améliorer notre équipement et débloquer des armes, notamment. A ce sujet, la palette d’armes à disposition impressionne toujours autant et le fait de les rendre à la portée de tous les persos permet de choisir son général préféré en adoptant le style qui nous sied le mieux. Mais cette maigre satisfaction ne suffit pas à faire oublier un open world lamentable, vide et dénué d’intérêt.

C’est bien simple, cela faisait un sacré moment que l’on avait pas fait face à un titre aussi moche. Entre une nature qui pop quand bon lui semble, des textures dégueulasses et des scripts qui accusent trop souvent d’un retard à l’allumage, les bases sont indéniablement bien pourries pour ce Dynasty Warriors 9. Mais comme si ça ne suffisait pas, les animations donnent elles-aussi l’impression que la série régresse. Il suffit par exemple de voir à quoi ressemble les mouvements à cheval dans le jeu, risibles voire pathétiques, sans oublier un déplacement automatique foireux à cause d’un pathfinding ridicule. Vous en voulez encore ? Le frame-rate est à la peine, les transitions lors des cut-scenes sont grossières et tout, visuellement, nous donne l’impression de devoir composer avec un jeu qui n’en serait qu’au début de son développement. C’est dire.

LE VERDICT
CAO PANTIN
3
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois. Râleur pro et gros consommateur du café.

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