Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

War is coming

Si les fans de la série Utawarerumono s’attendaient à découvrir avec Zan une histoire inédite, ils seront déçus. Les développeurs ont en effet décidé de re-raconter celle du premier épisode, Mask of Deception. Un choix étonnant pour un jeu qui opte pour du musô : il s’agit en effet du titre qui met en place les personnages et les relations qu’ils entretiennent entre eux, les batailles étant finalement assez peu présentes, contrairement à Mask of Truth qui plonge allègrement dans la guerre. Une première déception qui s’accompagne bien vite d’une seconde, à savoir que l’histoire narrée ici a subi de très nombreuses coupes.

Si l’on comprend l’idée, le visual novel durant à lui seul plusieurs dizaines d’heures, les parties du scénario ayant été retirées sont parfois suffisamment importantes pour perdre les nouveaux venus. Pire, certains termes bien spécifiques à la licence ne sont pas expliqués (Akuruturuka, Mononofu…) et il n’est pas rare de ne pas comprendre la réaction d’un personnage face à un événement puisque le background n’est que survolé…

Pourtant, il n’aurait sans doute pas été compliqué d’inclure un lexique ou encore de choisir de supprimer des passages plus longuets et moins intéressants du jeu de base. Autant dire que les nouveaux venus auront bien du mal avec l’histoire de ce Utawarerumono Zan. Une histoire qui se montre d’ailleurs extrêmement courte, le mode scénario comprenant moins d’une vingtaine de chapitres pour une durée de vie très décevante d’une grosse poignée d’heures à peine. Il est certes possible de poursuivre le plaisir en jouant en coopération (uniquement en ligne) ou encore en refaisant encore et encore les missions afin de booster tous les membres de l’équipe et valider les quêtes secondaires, mais même atteindre le 100% ne prend pas énormément de temps (une quinzaine d’heures environ). Un manque flagrant de contenu donnant hélas l’impression d’un jeu pas fini.

We belong to you, Master Haku

Les missions, justement, parlons-en. Si certains chapitres ne proposent que des cinématiques et des dialogues, la plupart plongent le joueur directement dans l’action. Utawarerumono Zan laisse donc tomber le système de combat au tour par tour de ses aînés pour opter pour un style musô. Avec sa petite équipe de quatre personnages, le joueur doit donc déchaîner toute sa puissance sur des dizaines et des dizaines d’ennemis qui se contentent en règle générale de tourner autour des héros sans jamais vraiment attaquer. Il en résulte d’ailleurs une difficulté proche du néant, sauf sur la toute fin du titre et sur certains boss.

Tous les personnages jouables dans Mask of Deception font leur retour ici, accompagnés pour l’occasion de Maroro et de ses boules de feu. Les habitués ne seront pas perdus puisque chacun dispose toujours de ses points forts et faibles ainsi que de ses aptitudes déjà vues dans les autres jeux : Haku peut soigner, Atuy est surpuissante, Uruuru et Saraana sont lentes, et ainsi de suite.

Peu importe le combattant choisi, les missions s’avèrent très vite répétitives, les objectifs étant peu ou prou les mêmes d’un chapitre à l’autre.

En plus d’attaques basiques et de combos, chacun dispose aussi d’une capacité spécifique pouvant être sortie au bout d’un moment, avec la possibilité de créer un véritable raid meurtrier en ordonnant aux trois personnages contrôlés par l’I.A. de lancer leurs capacités en même temps. Ceux qui ne font pas confiance à l’ordinateur peuvent toujours switcher de l’un à l’autre très aisément via une simple pression sur un bouton, même si la plupart du temps on restera sur un seul héros, celui qui convient le mieux à la manière de jouer de chacun.

Mais peu importe le combattant choisi, les missions s’avèrent très vite répétitives, les objectifs étant peu ou prou les mêmes d’un chapitre à l’autre – à savoir décimer un certain nombre d’ennemis, et on prend finalement assez peu de plaisir à tuer des soldats et des monstres par dizaines tant le punch n’est pas présent, même si le style musô est censé se montrer défoulant.

Myster Mask

Conservant un léger aspect RPG, Utawarerumono Zan propose dans ses menus de modifier chaque personnage en lui changeant ses vêtements, en lui attribuant des points (vie, attaque, défense, etc) ou encore en l’équipant de ‘’rouleaux” qui viennent rajouter des bonus. Mais, là encore, il est bien difficile de réellement se mettre dedans en raison de la grande facilité du titre, qui ne pousse pas vraiment à gonfler à bloc son équipe, mais aussi à cause de la durée de vie réduite qui empêche de totalement s’impliquer.

Là encore, c’est une vraie déception, surtout lorsque l’on sort de Mask of Deception et Mask of Truth qui proposaient un système de combat un peu innovant même si perfectible. Bref, seuls ceux désirant rejouer les missions dans des modes de difficulté élevés trouveront un quelconque intérêt à cette customisation.

En plus de recycler son histoire, Utawarerumono Zan récupère pas mal d’éléments de Mask of Deception. Les décors déjà vus sont de nouveau de la partie, tout comme les illustrations des personnages, et l’on retrouve parfois les dialogues du visual novel mot pour mot. Un recyclage intensif qui a tout de même du bon : les musiques et les doublages étaient bons et le sont toujours (les textes sont uniquement en anglais), tout comme les illustrations. Ça se corse néanmoins au niveau de la réalisation 3D avec des environnements vides et aux textures baveuses, ce qui était aussi vrai durant les phases de RPG tour par tour des autres jeux, même si l’on peut se consoler avec la modélisation correcte des personnages ainsi que des animations fluides. Des défauts qui s’appliquent de toute façon à tous les musô et que l’on n’est pas franchement étonnés de retrouver ici.

LE VERDICT
PAS SI ZEN
4
Jerem
Passionné de jeux vidéo depuis qu'il est en âge de tenir un pad, adepte de la news publiée 24h/24 et du test relu 10 fois mais avec coquilles quand même. Râleur pro et caféinoname.

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