Test de DOOM (Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée sur Switch, fournie par l’éditeur.
Retrouvez le test de la version d’origine de DOOM à cette adresse.

Don’t press the Panic Button

Porter DOOM sur la console de Nintendo est un exercice difficile en soit : il s’agit du seul et unique FPS pur jus pour le moment, s’adressant à un public plus que mature. Pas vraiment le cœur de cible de l’hybride qui enchaîne pour le moment les titres accessibles et familiaux. Il y a donc un véritable pari, osé, à adapter un jeu qui se résume à éclater des têtes, mutiler des corps et éparpiller de la tripaille aux quatre coins d’un monde glauque et oppressant. Éloignez les enfants et protégez votre compte si vous ne voulez pas que les yeux du petit qui vient de finir sa partie de Mario Kart ne se mette à saigner en même temps que les démons.

Ce préambule très « familles de France » étant établi, la seconde difficulté réside dans la partie technique puisque le jeu d’origine, sous id Tech 6 était fluide en toute circonstance sur PC et affichait 60 i/s et plus de manière constante. Il était donc certain que la conversion n’allait pas se faire au profit de la beauté du titre. Mais baste, ce qui importe avant tout dans un jeu nerveux et rapide comme celui-ci, c’est de garantir une fluidité de tous les instants : DOOM réussi le pari et transforme l’essai en offrant un 30 fps (quasi) constant. Seules de très rares moments provoqués à dessein (on pack un gros tas de monstres et colle un coup de BFG en plein milieu) mettront à genoux la console. Panic Button transforme l’essai et permet donc de profiter du titre sans concession dans ce qui a été le gameplay d’origine.

Là au moins, ça touche

A ce titre, la prise en main en mode nomade est franchement excellente, à condition d’avoir des mains de pianiste et non des knacky en guise de doigts. Car DOOM demande de la rapidité et des réflexes pour enchaîner Glory Kills, sauts, changements d’arme et déplacements au milieu d’une foule de monstres qui n’ont rien perdu de leur efficacité. La console en main et les Joycon bien clipsés, la mayonnaise prend et on se trouve parfois à pester contre une inertie un peu trop importante du stick droit obligeant à procéder par à-coups rapides pour couvrir rapidement un large champ et arroser les ennemis. La visée, déjà peu précise lorsqu’on la manie avec délicatesse et précaution, souffre également du rythme effréné des parties sans pour autant que cela soit vraiment pénalisant. Un auto-aim très peu permissif faisant le taf pour corriger les aléas dus au stick droit sans simplifier la vie des noob de la visée. Un bon équilibrage en somme. Le vrai reproche qui pénalisera les doigts trop larges réside en réalité dans la proximité des boutons mais surtout des gâchettes : il est fréquent de lancer la grenade alors qu’on voulait épauler l’arme ou justement d’en changer alors qu’on voulait simplement tirer.

Non en fait, DOOM prend son envol grâce à la manette pro dont le confort n’est plus à démontrer. Il nous est donc arrivé de jouer en mode nomade mais avec la manette pro, la meilleure configuration possible. Notez enfin que vous devez oublier tout de suite la possibilité offerte de détacher les Joycon pour les secouer et effectuer les finish ainsi car vous ne passerez pas le premier niveau tant la prise en main devient compliquée. C’est un bon moyen de tenter de provoquer une tendinite du pouce qu’il sera en revanche difficile de faire reconnaître comme accident du travail.

Les vraies concessions sont en réalité effectuées au niveau de la partie graphique. Ne nous leurrons pas, DOOM est moche en mode dock (sur TV). Quand les textures ne sont pas floues, elles bavent, quand elles ne bavent pas, elles sont compressées à mort. Bref, ça pique et ça pique même sévère. Au point d’ailleurs que les textes sont eux-mêmes illisibles. Ce qui vous sauvera sera conditionné par la raison qui vous aura poussé à avoir acheté une Switch : la portabilité. Quand écœuré par tant d’horreur vous vous lèverez pour vous rendre aux toilettes, console dans les mains, vous découvrirez enfin que les types de Panic Button ne se sont pas foutus de nous. Loin de là. DOOM prend une autre dimension et si la police des textes est trop petite (mais qui se soucie de l’histoire sérieusement ?), le reste est franchement joli. L’écran de la Switch, de part sa dimension modérée, gomme les défauts qui vous ont fait vous rendre en ce lieu odoriférant mais ô combien pratique pour jouer en pet.

La taille ça compte

Pour finir, préparez-vous à devoir acheter une carte mémoire digne de ce nom et à vous armer de patience si vous désirez profitez du titre en full démat. Le jeu pèse ainsi 22 Go qui exploseront donc à eux seuls la mémoire interne de la Switch. L’achat de la cartouche nécessitera également le téléchargement de 9 Go, dédiés exclusivement à un mode multijoueur similaire, à un mode près, à celui d’origine (avec la montée en XP, les runes, armes, tenues à débloquer et des parties seules ou en équipe). Le matchmaking étant un poil plus long pour cause, on le pense, de peu de joueurs encore investis. En tout cas les temps de chargement de la version téléchargée sont très satisfaisant et on attend moins de 30 secondes entre chaque niveau, encore moins en cas de chargement après une mort (atroce cela va sans dire).

LE VERDICT
BEAU COMME UN CACODÉMON
6
Lestat
Gamer depuis sa plus tendre enfance. A fait tout son skill sur Quake 3 mais n'a plus progressé depuis. Best ratio sur BF1 ever. Geek de tout un tas de trucs inutiles et coûteux. Type sympa, quand même.

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