Test de Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre


Développeur : Artefacts

Éditeur : Dear Villagers

Sortie : 25/06/2021

Supports : PS4 / One / Switch

CONCLUSION

Ni particulièrement bon, ni franchement mauvais, Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre est surtout extrêmement classique. Ce qui risque de décevoir les fans qui auraient voulu quelque chose de plus foufou. Le gameplay est carré et réussi, la difficulté est là, tout comme la durée de vie et tous les éléments qui viennent enrichir les T-RPG (fiches de personnages, etc.), le tout emballé dans une jolie direction artistique. Bref, un tactical parmi tant d'autres qui ne parvient jamais vraiment à se démarquer, sauf pour les nostalgiques qui seront ravis de retrouver cette bande de bras cassés qui n'a rien perdu de son humour graveleux.

Si vous faites partie de la génération Y et que vous passiez du temps sur Internet lors de votre adolescence, il y a de bonnes chances pour que vous connaissiez Le Donjon de Naheulbeuk. Particulièrement populaire à l’époque, cette saga MP3 a su se trouver une place dans le cœur de tous ceux qui accrochaient à son humour potache et à son univers absurde. Un univers qui est de retour bien des années après dans un T-RPG baptisé L’Amulette du Désordre, désormais disponible sur consoles en plus du PC.

J’irai bien à l’église pour jouer du trombone

jeu Donjon de Naheulbeuk screenshotL’aventure de ce jeu commence de la même manière que la saga de l’époque : le Ranger, accompagné de ses compagnons tous aussi bras cassés que lui, débarquent dans le Donjon de Naheulbeuk. Leur objectif ? Trouver la statuette de Gladeulfeurha. Cette dernière permet a priori de réaliser une prophétie traitant en vrac d’un gnome, de la pleine lune, de jambon et de Zaral Bak…

Mais ça, le petit groupe s’en fiche un peu puisqu’il cherche avant tout à se remplir les poches (surtout le Nain). Par la suite, le scénario s’écarte de la saga originelle mais que les fans se rassurent : son créateur John Lang a participé à l’écriture. Une bonne nouvelle venant quelque peu compenser la déception que l’on éprouve dès le départ en découvrant que les voix ne sont pas toutes les mêmes qu’à l’époque. Même si le doublage reste de qualité.

L’humour, en revanche, est bel et bien le même qu’à l’époque. On se retrouve donc avec quelque chose de très potache, souvent en dessous de la ceinture, passablement sexiste et ainsi de suite. Bref, quelque chose de très typé qui ne plaira pas à tout le monde. Sans doute encore moins à ceux qui ne connaissaient pas la saga originelle. Néanmoins, pour ceux qui accrochent et pour les fans inconditionnels, ce parti pris fonctionne toujours très bien, avec ses dialogues idiots, ses jeux de mots nuls et autres absurdités du genre. Les personnages sont pour leur part toujours aussi clichés, avec un Nain attiré par l’or, une Elfe ingénue (et très nulle au tir à l’arc), un Voleur peureux ou encore un Barbare qui veut simplement… Hé bien, taper des trucs. En invoquant Crôm.

BAAAASTOOOOON !

Le Donjon de Naheulbeuk L'Amulette du Désordre screenshotDes personnages très clichés pour une bonne raison, à savoir le fait que Le Donjon de Naheulbeuk se veut à la base être une parodie de jeux de rôles. Pour cette transposition de la saga en jeu, quoi de plus logique donc que d’opter pour un RPG ? Et plus précisément un tactical-RPG. On se retrouve ainsi avec quelque chose de très classique pour le genre, avec des combats au tour par tour durant lesquels le positionnement a son importance (il faut d’ailleurs orienter soi-même les personnages car ils ne le font pas eux-mêmes), des aptitudes spécifiques à chacun, la possibilité d’utiliser l’environnement a son avantage ou encore d’améliorer les héros via des points et de l’équipement. A cela s’ajoutent quelques subtilités, comment les liens des personnages entre eux ou encore une jauge spécifique se remplissant à chaque fois que l’on subit un échec critique et qui vient donner un petit coup de pouce.

Les nostalgiques seront ravis de retrouver cette bande de bras cassés qui n’a rien perdu de son humour graveleux.

Mais en dehors de ces quelques derniers éléments, Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre se contente de faire du grand classique. Et en ce qui concerne son gameplay pur il ne se démarque guère d’un XCOM, par exemple. Si d’un côté ce manque de prise de risque est plutôt salvateur, puisque l’on se retrouve donc devant quelque chose qui a déjà fait ses preuves à maintes reprises, difficile de ne pas éprouver une certaine frustration en imaginant ce que ça aurait donné si les développeurs avaient opté pour une parodie totale qui aurait été plus en accord avec le principe de la saga… On se retrouve donc devant un jeu hyper classique, même si les amateurs de challenge seront ravis de constater que la difficulté se montre assez velue, obligeant à y réfléchir à deux fois avant de faire quoi que ce soit. Quant au déroulé du jeu, il se montre lui aussi très classique, avec des quêtes aux objectifs assez bateaux et un scénario convenu.

Moi j’ai pas besoin de torche, je suis nyctalope

Le Donjon de Naheulbeuk L'Amulette du Désordre screenshotLors de sa sortie sur PC, L’Amulette du Désordre ne brillait pas par ses finitions. Heureusement, cette version console (PS4 mais testée sur PS5 dans notre cas) se montre bien mieux finie. Techniquement, en dehors des temps de chargement qui se montrent relativement longs pour la dernière console de Sony, on se trouve sur quelque chose d’assez solide. Nous n’avons de notre côté rencontré aucun plantage ou ralentissement, et la direction artistique fonctionne vraiment très bien.

On aurait néanmoins aimé profiter d’une prise en main plus intuitive à la manette, ce qui n’est pas toujours franchement le cas et qui nécessite un petit temps d’adaptation. On regrette également une bande son clairement en retrait, sans doute pour laisser toute la place à tous ces dialogues délicieusement absurdes.

Le Donjon de Naheulbeuk L'Amulette du Désordre screenshot

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4 (jouée sur PS5).

Shauni
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