Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Vampires en toute intimité

Débutée en 2003 avec Hour of Darkness sur la première console portable de Sony, la dénommé PSP, la licence Disgaea est l’une des plus populaires du studio Nippon Ichi Software. Bien que le genre qu’elle aborde tend à se perdre, notamment en Occident, elle fait partie des seules à avoir réussi à se faire une place hors du japon. La série compte pas moins de treize volets dont six spin-off et un visual novel, en plus d’une adaptation en manga et en anime. Chaque histoire évolue indépendamment. Il n’y a pas de véritable connexion entre les volets, si ce n’est que tout se passe à l’intérieur du Sous-Monde (Netherworld), un lieu où vivent démons et autres créatures maléfiques. Il n’est donc pas rare de découvrir quelques caméos au détour d’un chemin ou d’entendre auprès d’un PNJ les histoires d’un ancien protagoniste.

Avec Disgaea 4 : A Promise Unforgotten, c’est un bond de 8 ans en arrière qu’il faut effectuer. Sorti sur PS3, et ensuite sur PS Vita dans une version incluant tous les DLC et un scénario inédit, intitulée A Promise Revisited, Disgaea 4 suit les aventures de Valvatorez, un vampire qui par sa grande puissance et sa bestialité se faisait appeler le Tyran. Mais cela n’est plus que du passé puisqu’il s’est juré de ne plus jamais boire de sang humain. Sous-classé à cause de son outrage, il vit à présent en Enfer, dépourvu de ses pouvoirs avec son fidèle serviteur Fenrich, un loup-garou doté particulièrement intelligent. Pour passe-temps, il forme des Prinnies à devenir des êtres stables. Tout aurait pu bien se dérouler sans accroche jusqu’à ce que le Gouvernemort décrète que les Prinnies sont une menace pour l’équilibre du Sous-Monde et que chacun d’entre-eux doit être exterminé. N’étant pas de cet avis, Valvatorez décide d’aller à l’encontre de cette loi qu’il juge injuste et de mener une rébellion.

A l’inverse des trois premiers opus, l’intrigue de ce Disgaea 4 se suit plus facilement grâce à sa traduction intégrale en français. Les non-bilingues peuvent enfin pleinement apprécier l’humour très décalé de la série. Surtout que si dans d’autres productions l’envie de passer les dialogues peut vite se faire sentir, ici les échanges entre notre vampire et les autres habitants du Sous-Monde sont absolument savoureux à suivre. Chaque ligne est pratiquement porteuse d’une punchline à laquelle on renvoie instantanément un sourire. Autant dire qu’il est difficile de ne pas se laisser happer par une telle ambiance qui allie adroitement comique de situation et satire sociale. Le terme rebondissement n’est d’ailleurs pas à prendre à la légère. Que ce soit dans leurs textes ou leurs animations, les personnages peuvent rapidement passer du rire aux larmes, parfois même sens aucun sens, et c’est ça qui fait le charme de la licence.

Sang pour sang Tactical

En outre, toute cette comédie satanique signée Nippon Ichi Software est sublimée par la direction artistique de Takehito Harada qui se place à mi-chemin entre le shônen et le cartoon. Il est toutefois quelque peu regrettable que depuis l’ère PS3, le titre n’est quasiment pas évolué graphiquement.

Les joueurs peuvent à présent admirer en toute fluidité les scènes de combats qui ne vont littéralement pas de main morte avec les effets pyrotechniques.

Sachant que les textures étaient déjà fort affinées en 2011, il n’est pas évident de voir la différence sur cette nouvelle monture. Un portage sans grande retouche visuelle donc. En revanche le jeu semble avoir réglé la plupart de ses soucis de framerate. Par le passé, quelques chutes de fps montraient le bout de leur nez, notamment lors des attaques spéciaux. Ceci n’étant plus le cas, les joueurs peuvent à présent admirer sans perturbation les scènes de combats qui ne vont littéralement pas de main morte avec les effets pyrotechniques. Il faut être bien accroché, surtout que certaines combinaisons ont tendance à brouiller la lisibilité de l’action. Quelques ajustements à ce niveau n’auraient pas été de trop, histoire de mieux suivre le déroulement des affrontements. Mais excepté ces petits détails, les batailles restent captivantes et d’une grande intensité.

A chaque tour, le joueur est susceptible de découvrir une nouvelle manière d’approcher l’ennemi. Il est possible de débloquer 46 classes de personnages dont 11 exclusives à cette édition, ce qui permet non seulement de varier nos techniques offensives mais également d’étendre les possibilités tactiques. Qui plus est, nous disposons dans nos rangs d’une armée de monstres qui peuvent être fusionnés, donnant ainsi naissance à des aberrations encore plus puissantes. Ajoutez à cela des armes évolutives et personnalisables ainsi que des objets de terrain (Geo-Blocks) pouvant modifier les statistiques de notre équipe, et vous obtenez l’un des plus profonds systèmes de combats de tactical-RPG.

L’apprentissage de tous les rouages demande de longues et quelque peu laborieuses heures de pratique, mais une fois cette étape passée, le plaisir de conquête est réellement palpable. Il est même possible d’éviter les parties pour le moins superflues en accélérant de 2 à 4 fois plus le rythme de l’action. Atteindre le démentiel niveau 9999 devient alors une affaire moins éprouvante que prévu. En termes de durée de vie, il faudra compter entre 30 à 40 heures d’aventure pour aller jusqu’au bout de la campagne principale. Cette moyenne se voit bien évidemment multipliée par deux, voire trois, pour tous ceux tentés de devenir un véritable Dieu dans le Sous-Monde.

L’Enfer même a ses lois

Croiser le fer avec le camp adverse n’est pas la seule activité à couvrir au sein des enfers. Tantôt sans merci, tantôt pleinement accessible, le challenge est tel qu’il est impossible de partir au front sans être passé par la case entraînement et préparation. Pour cela, entre chaque mission, Valvatorez revient à Hades qui est tout simplement le HUB principal du jeu. Cette base n’est pas des plus accueillantes mais elle permet à la fois de se reposer et d’organiser la vie de nos subordonnés. Au même titre que la Nether Institute de Disgaea 3, Hades se compose de deux grandes zones. Il y a tout d’abord les espaces communs où se trouvent les commerces, le bureau des quêtes et l’atelier de création de cartes. Et en parallèle, nous avons notre repaire baptisé le Cam-Pain HQ qui lui même est constitué de deux chambres.

La première est la salle de réunion qui sert non seulement à recruter ou créer les futurs membres mais aussi à gérer leur équipement et leurs compétences. Enfin, dans un coin plus reculé, nous avons également le Sénat dont le rôle central est de faire voter les lois. Car en effet, il est possible de légiférer afin d’améliorer la vie de notre petite communauté. Pour exemple, il est tout à fait dans les cordes de notre vampire et de ses sénateurs de faire baisser le prix de vente des commerçants ou d’augmenter les primes de victoire au combat, histoire de faciliter l’accès à certains items de forte valeur. Les scènes de prise décision émanant de l’Assemblée Infernale sont d’ailleurs de vrais moments cultes qui regorgent de références cinématographiques et vidéoludiques. Cette fonction managériale et politique reste en soi limitée en termes de possibilités propres mais elle a toutefois le don d’impacter notre progression qui ne cesse véritablement de s’étendre.

Comme si ça ne suffisait pas, l’aventure peut donc être savourée plus longuement grâce au mode création de cartes. Les artistes en herbe vont pouvoir s’en donner à cœur joie dans la construction de champs de batailles ou dans la personnalisation de cartes en ligne provenant de l’imagination d’autres joueurs. Bien évidemment, on est loin d’un véritable Disgaea Maker. Néanmoins, cette outil, en plus d’être récréatif, s’inscrit comme une bonne manière d’améliorer sa stratégie. En somme, à aucun moment l’ennui prend l’ascendant sur notre envie d’évoluer dans le Netherworld. On n’en voit pas la fin et c’est ça qui est bon. Même si elle n’a pas pour objectif de s’écarter du modèle d’origine, cette édition Complete+ de Disgaea 4 dispose d’une longue liste d’arguments solides dont il serait dommage pour tout fan du genre de s’en priver. Espérons à présent que pour le sixième épisode, Nippon Ichi Software veuille bien prendre davantage de risques, quitte à proposer une toute nouvelle approche.

LE VERDICT
VAMPIRISANT
7
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

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