Test de Disgaea 1 Complete (PS4, Nintendo Switch)

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Switch.

Le petit prince (des Enfers)

Disgaea 1 Complete est donc la version 2018 de Disgaea : Hour of Darkness, sorti en 2004 sur PlayStation 2 et ressorti depuis sur différents supports dont la PSP et la DS. Peu importe la version l’histoire reste toujours la même, un scénario qui pourrait tenir sur un ticket de métro. Le prince Laharl est réveillé après un long, très long sommeil par sa seconde Etna qui lui apprend la mort de son père, le roi du Netherworld (l’Enfer local). Forcément, le jeune homme décide de prendre la suite du souverain… Mais ce dernier est décédé il y a un moment déjà et de nombreux démons se sont soulevés pour tenter de s’emparer du trône. Il va donc falloir faire du ménage dans tout ce beau monde, ce qui va passer bien entendu par un bon paquet de combats, de rencontres plus ou moins loufoques et surtout de pas mal de dialogues bourrés d’humour. La bonne nouvelle, c’est que cette mouture 2018 est sous-titrée en français, de quoi permettre à tout le monde de pouvoir profiter des nombreuses blagues qui émaillent le soft – la plupart du temps lancées par un très décalé prince Laharl – et lui donnent un charme vraiment particulier.

De quoi sourire un peu entre deux combats, ceux de Disgaea étant réputés pour être corsés si l’on ne fait pas suffisamment de grinding et que l’on ne se prépare pas en conséquence. Côté gameplay, les développeurs ont opté à l’époque pour un système de tactical-RPG en vue isométrique mais disposant tout de même de ses propres caractéristiques, histoire de se démarquer de la concurrence. A commencer par le rythme de l’action. En général, dans un tel jeu, le joueur doit soit choisir à l’avance les actions de tous ses combattants qui vont ensuite se lancer les unes après les autres une fois le tour lancé, soit sélectionner progressivement ces actions et les différents héros agissent immédiatement. Ici, chacun fait comme bon lui semble, puisqu’une action ne se lance que lorsqu’on la valide avec la commande Exécuter. Avec un tel système, il est par exemple possible d’envoyer deux personnages sur un même ennemi puis lancer leurs attaques, pour ensuite rajouter un troisième larron si jamais l’adversaire a encore un peu de vie. De quoi permettre aussi des attaques en combos lorsque des alliés au degré d’affinité suffisant se trouvent côte à côte.

Time to fight, dood !

Autre spécificité de Disgaea : le lancer de personnages. Avec un système de déplacement en cases, la zone d’action reste forcément plus ou moins restreinte en fonction de chaque classe de combattant. Un souci toujours très agaçant lorsqu’il ne manque pas grand-chose pour atteindre un ennemi… Dans ce cas, pourquoi ne pas envoyer par les airs un perso ? Tous les humains peuvent ainsi prendre un allié placé à côté et l’envoyer valdinguer un peu plus loin. De quoi par exemple prendre l’avantage niveau hauteur ou même faire tomber sur l’ennemi une bombe, ce qui arrive lorsque l’on balance des Prinnies – ces sortes de pingouins guerriers, dood ! – qui explosent toujours à l’atterrissage. Enfin, le titre de NIS se démarque aussi par son utilisation des Geo Panels et Geo Symbols, des système offrant des bonus divers allant de la récupération de points de vie à l’augmentation des dégâts infligés par les sorts de feu, entre autres. Un principe pas forcément simple à appréhender au premier abord mais qui permet une fois bien emmagasiné de renverser le cours d’un combat mal engagé. Bref, autant de caractéristiques qui permettent à Disgaea d’avoir sa propre patte et de proposer une aventure différente de celle de la plupart des tactical ”classiques”.

Disgaea 1 Complete fait partie de ces titres sur lesquels le temps ne semble pas avoir d’emprise.

Mais si l’on passe du temps à affronter des hordes de démons, il y a également pas mal de choses à faire dans le hub de Disgaea 1 Complete. En dehors des traditionnels magasins d’armes et d’armures ainsi que de l’hôpital, qui soigne l’équipe en échange de la monnaie locale mais qui récompense en contrepartie tout ce beau monde par des cadeaux fréquents, le joueur chevronné se rendra ainsi souvent du côté de la Dark Assembly. Tout d’abord pour se composer son équipe en créant les unités de son choix : soigneur, mage, guerrier, prinny… Les possibilités sont nombreuses, tout comme la personnalisation de chacun, à condition tout de même d’avoir suffisamment d’argent dans le compte en banque. Il est même possible de faire progresser les combattants via la Promotion, qui leur demande d’affronter des ennemis bien précis pour s’améliorer. Cette même assemblée magique pourra aussi voter des lois proposées par Laharl, comme par exemple une baisse des prix dans les échoppes, si ce dernier possède l’influence nécessaire mais surtout s’il n’oublie pas de graisser la patte des membres du conseil histoire d’avoir plus de chance que les lois soient votées. Ah, la politique…

Complete mais pas trop

Enfin, l’Item World permettra aussi de perdre de longues heures de la précieuse vie du joueur tout en faisant combattre son équipe. Là encore, le principe est décalé : dans le monde de Disgaea, chaque objet dispose de son monde intérieur. Libre à Laharl et ses collègues d’aller explorer tout ça et d’affronter des ennemis plus ou moins puissants, le but étant d’améliorer la qualité de l’item en question. Et malgré le poids des années, il n’y a pas à dire : tout cet ensemble fonctionne toujours aussi bien.

On prend plaisir à rester de longs moments dans les menus, à créer de nouveaux combattants, à équiper soigneusement chacun, à découvrir la suite des aventures du prince et de ses ”amis”, et bien entendu à combattre inlassablement. D’autant plus que, visuellement, ce Disgaea 1 Complete se montre vraiment charmant. En dehors des maps cubiques très banales et du hub dont certaines textures semblent être restées bloquées à l’ère PS2, tout le reste a eu droit à pas mal de boulot et le résultat est un peu plus à la hauteur des attentes actuelles, avec de jolis petits sprites, fins, colorés et plus détaillés qu’à l’époque. Dommage que les nouveautés s’arrêtent là, surtout pour une version dite Complete, l’histoire bonus centrée sur Etna étant déjà présente dans les versions du jeu précédemment citées.

LE VERDICT
SO GOOD, DOOD !
8
Shauni
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