Test de Dead Rising 3 (PC)

CONCLUSION

Au final, ce Dead Rising 3 souffle le chaud et le froid. Le froid parce que le jeu est décevant d'un point de vue technique et que les changements effectués par les développeurs ont conduit le titre à être bien plus accessible et plus simple que ses prédécesseurs. Mais le chaud surtout parce que le jeu de Capcom Vancouver remplit pleinement son office d'un strict point de vue de l'amusement, en mettant le joueur aux prises avec des milliers de zombies qu'il est possible de trucider d'à-peu-près toutes les manières possibles et inimaginables. Dommage que les soucis de jouabilité affectant les deux premiers épisodes n'aient été que partiellement corrigés et que les psychopathes ne soient pas aussi mémorables qu'avant, on aurait autrement tenu là un véritable petit bijou vidéoludique. À défaut, Dead Rising 3 reste une bonne expérience, fun, fendarde et déjantée. Un jeu de lancement efficace pour celui qui voudra s'amuser pendant les 15 heures de l'aventure principale et s'investir encore plus de temps pour tout compléter.

Le test de la version PC

Moins d’un an après son séjour exclusif sur Xbox One, Dead Rising 3 débarque sur PC. Premier avantage pour cette version PC, elle contient tous les DLCs parus sur la version Xbox One (le tout dernier excepté) et offre donc quatre chapitres supplémentaires à jouer une fois l’aventure principale terminée.

Le second critère de comparaison, et probablement le plus important pour les joueurs, reste la qualité technique du portage. Au niveau du rendu visuel pur, le jeu reste identique à la version console. Il ne faut pas s’attendre à de meilleurs éclairages ni à des textures HD. Dommage, surtout que pour ces dernières la qualité n’est pas toujours au rendez-vous. On notera que, même sur cette version PC, le chargement des textures à l’écran prend parfois un peu trop de temps permettant d’apercevoir des éléments du décors en très basse résolution. Un défaut que l’on avait déjà pu noter sur la Xbox One et que l’on aurait aimé voir disparaître sur cette version PC. Raté !

Reste que cette version permet surtout d’offrir au moteur de Dead Rising 3 la puissance dont il avait besoin pour s’afficher de manière fluide. Certes le jeu de base ne permet pas de passer outre les 30 fps, mais une rapide petite bidouille très accessible permet à tous de briser cette limitation. Dès lors, sur une configuration relativement récente (i7 4770k / 16 Go de Ram / GeForce GTX 780) , le jeu est parfaitement fluide avec un framerate qui oscille entre 50 et 70 fps en fonction des situations. On peut donc enfin jouer dans de bonnes conditions pour profiter de ses balades nocturnes dans Los Perdidos même si, il faut bien l’avouer, sur ce genre de configuration on aurait pu, légitimement, s’attendre à mieux. Tout ceci laisse supposer que l’optimisation n’a pas forcément été très soignée. Des soupçons confirmés lors du passage sur une configuration plus modeste (datant de 2010), mais largement répandue de nos jours (Core I7 et GTX 680) où il faut absolument faire des compromis sur les options graphiques activées pour conserver un jeu fluide et jouable. Dommage. En revanche au niveau de la stabilité, le travail semble avoir été vraiment bâclé. Si sur les configurations musclées aucun crash n’a été déploré durant les vingt heures nécessaires pour terminer l’aventure, ce n’est pas la même histoire sur les configurations plus modestes. Le jeu plante de manière aléatoire ou, quand il en a envie, retourne sous le bureau Windows sans pour autant arrêter de tourner en arrière plan. On a même pu remarquer, parfois, qu’en quittant le jeu il restait actif en mémoire et continuait de consommer des ressources sur la machine.

Alors certes, ces problèmes ont été corrigés depuis, via la mise à disposition d’un patch d’environ 1,4 Go (!), mais on aurait aimé ne pas devoir attendre ce genre de correctif pour profiter du jeu dès sa sortie. Une maladie très courante dès lors qu’il s’agit d’un portage d’un jeu console vers le PC où la précipitation semble, malheureusement, toujours de mise.

Le texte qui suit concerne la version console du jeu.

L’arrivée d’une nouvelle génération de consoles s’accompagne généralement d’une lutte âpre pour récupérer la meilleure exclusivité qui permettra de promouvoir la plateforme. Microsoft a ainsi fait le choix de se concentrer sur une nouvelle licence, Ryse : Son of Rome, mais également de s’offrir le troisième épisode de la série Dead Rising. Très originalement intitulé Dead Rising 3, le jeu de Capcom Vancouver a ainsi pour mission de montrer ce que la Xbox One a dans les tripes, tout en assurant une expérience de jeu encore plus fun et crétine que celle des deux précédents opus. Pari réussi ou totalement loupé ? C’est ce que nous allons voir.

Day of the dead

L’histoire se déroule quelques années après les événements de Willamette et de Fortune City. Sans être bouleversante d’originalité, celle-ci reste plaisante, notamment grâce au ton décalé propre à la série et qui lorgne parfois du côté de la série Saints Row. Côté pitch, Nick Ramos, le nouveau héros, tente désespérément de fuir la ville de Los Perdidos en proie à une nouvelle infection de zombies inexpliquée. En effet, depuis les événements narrés dans les deux précédents opus, le gouvernement américain a mis une puce dans les personnes mordues devant régulièrement prendre du Zombrex pour éviter de se transformer. Personne ne semble donc comprendre l’invasion qui touche la ville, ce qui va pousser le gouvernement, toujours dans la demi-mesure qu’on lui connaît, à vouloir procéder à une frappe nucléaire ciblée pour éradiquer la menace. Après tout, cela avait bien fonctionné à Raccoon City. Nick va donc tout faire pour survivre aux 7 jours qui le séparent de l’extinction, cela malgré un charisme d’huître et une voix bien trop fluette et aiguë pour lui donner toute crédibilité (en VF).

À ce sujet, notons de suite une énorme nouveauté puisque le joueur a immédiatement le choix entre deux modes de jeu : le mode Histoire et le mode Cauchemar. Dans le premier, les sauvegardes sont automatiques et surtout le temps s’écoule très lentement, ce qui permet de ne rien rater de l’aventure. Dans le second, à réserver aux adeptes de la série, le système est le même que celui de Dead Rising 1 et 2 : sauvegarde uniquement dans les zones sécurisées et dans les toilettes, mais surtout temps s’écoulant très rapidement et zombies bien plus dangereux. Au joueur donc de choisir l’expérience qu’il voudra vivre, tout en sachant qu’il est possible de mener les deux de manière indépendante et que le personnage (ainsi que son évolution) sera repris lors de la création de la partie en Cauchemar. À conseiller donc une fois le niveau 50 atteint en mode Histoire. Par ailleurs, le jeu propose également pour ces deux modes des options de personnalisation en live pour rejoindre soit des joueurs voulant s’amuser, soit un joueur voulant faire l’histoire ou uniquement de la chasse aux objets, etc. Pratique pour ne pas se retrouver à faire n’importe quoi avec n’importe qui.

Pas de quartier

Notamment attendu au tournant pour la taille de sa carte, Dead Rising 3 tient ses promesses : la ville de Los Perdidos est grande et propose donc une surface de jeu bien plus imposante que dans Dead Rising 2. Structurée en 4 quartiers séparés par des autoroutes plus ou moins encombrées, la cité offre son lot très important de boutiques, immeubles, restaurants et bâtiments administratifs à visiter du rez-de-chaussée jusqu’au toit pour la plupart. Une prouesse puisqu’il est quasiment possible de rentrer dans chaque maison ou lieu croisés. Cela donne un tout très vivant, d’autant plus que ces différents quartiers possèdent tous leur identité : du quartier malsain au quartier pavillonnaire situés dans les hauteurs, sans oublier le quartier des affaires et celui au côté plus industriel. Il y a donc de quoi faire avec les nombreux vêtements à collectionner (48 tenues), les 11 livres à trouver (et qui s’équipent maintenant dans les menus) et les objets que Nick peut ramasser lors de ses promenades. Nouveauté de cet épisode, il est désormais possible de les combiner à la volée une fois le plan trouvé, sans avoir besoin d’un établi. À ce propos, il faut savoir que les combinaisons (au nombre de 101) sont comme d’habitude très loufoques et bien fendardes : du marteau électrique rappelant un célèbre dieu nordique en passant par le lance-godes ou la tête de Blanka qui électrocute, les développeurs se sont faits encore plus plaisir et il est vraiment délirant de tout tester et essayer. On regrette simplement que l’animation des combinaisons ne puisse pas être interrompue par la masse de zombies désireuse de se faire les crocs sur le joueur.

La division en quartier entraîne également l’apparition en ville de 31 véhicules différents qu’il sera possible d’utiliser pour effectuer de trop nombreux aller-retour imposés tant par l’histoire principale que par les quêtes annexes. Choses amusantes, ces véhicules pourront être customisés pour donner 11 engins de la mort aux effets dévastateurs et parfois comiques (mention spéciale au véhicule de nettoiement de la voirie recrachant des boulettes de zombies). Et puisque l’on mentionnait les quêtes secondaires, sachez que celles-ci sont pour la plupart loin d’être passionnantes et se résument à aller chercher tel objet pour telle personne qu’il faudra ensuite laisser se débrouiller ou accompagner à la planque pour la mettre en sécurité (et profiter de son soutien plus tard, si besoin).

Nouveauté de cet épisode, il est désormais possible de les combiner à la volée une fois le plan trouvé, sans avoir besoin d’un établi.

Zombies nerfs

Mais là où tout joueur normalement constitué attend un Dead Rising au tournant, c’est concernant la masse de zombies. Aucune contestation possible, Dead Rising 3 enterre tout ce que l’on a pu voir en termes de densité de zombies à l’écran. C’est tout simplement phénoménal et les zombies arrivent de partout (toit, bouches d’aération, d’égouts, etc.), à tel point d’ailleurs que l’exploration des différentes localités perd parfois en lisibilité tellement il y a d’ennemis à l’écran. La progression entre les quartiers en véhicule est également freinée par les monstres essayant de s’agripper à la voiture ou se jetant sous les roues pour ralentir le joueur. Vraiment trippant donc, sans mauvais jeu de mot. Cette constante masse que rien ne semble pouvoir arrêter amène donc le joueur à constamment se promener bien équipé et surtout à se battre constamment pour gagner les fameux PP. Ceux-ci sont ensuite à répartir dans différentes catégories qui viendront modifier la santé, l’efficacité au corps-à-corps/au combat à distance, l’agilité/sprint, la vitesse de construction des objets combos et les effets des différents bonus glanés. Et c’est là peut-être que le jeu perd en intérêt car, d’une manière générale, le titre est beaucoup trop simple (à l’exception du mode Cauchemar débuté avec un héros sans expérience).

Il suffit ainsi de tuer assez de zombies pour booster en premier les dégâts au corps-à-corps, puis la catégorie astuce qui permet d’augmenter l’XP gagnée pour ensuite se jeter dans la masse et, à l’aide des mêmes techniques répétées rapidement, cumuler les bonus de tuerie pour monter très très rapidement de niveau sans même avoir besoin d’équiper une arme. Au chapitre 3 par exemple, nous étions déjà niveau 50 en mode Normal, avec presque toutes les rubriques à fond, et cela sans avoir raté une seule quête annexe. Preuve que la gestion du temps dans ce mode n’est clairement pas un soucis. Cette trop grande facilité se retrouve également dans le fait que les objets à ramasser sont infinis et qu’ils se retrouvent instantanément dans les casiers des planques découvertes. On peut donc les ré-équiper dans les planques sans avoir à les bricoler à nouveau. Idem concernant les affrontements contre les 8 psychopathes (contre 14 secondaires et 4 principaux dans Dead Rising 2 !) qui se maîtrisent sans soucis une fois un niveau correct atteint et des points de compétences bien répartis. Idem concernant les boss qui deviennent une formalité, dernier affrontement mis à part. Petit regret général concernant d’ailleurs ces personnages censés être mémorables puisque, à l’exception de quelques psychos/boss, malgré un casting alléchant (femme flic SM, boulimique à moto gerbant partout ou encore moine frapadingue), on est clairement loin du niveau de folie de celui atteint dans les deux premiers opus de la série.

Concernant la jouabilité, si Nick peut désormais sprinter, on retrouve encore et toujours les mêmes soucis de roulade à effectuer d’un clic pas pratique du joystick gauche ou encore les mêmes bugs de collision ou de ramassage du mauvais objet. Heureusement que l’IA des survivants a été grandement améliorée et que ceux-ci peuvent désormais sauter, escalader et suivre à peu près correctement le joueur tout en se battant de manière efficace.

Avec les boss, on est clairement loin du niveau de folie de celui atteint dans les deux premiers opus de la série.

Next old-gen

Côté technique, l’affichage d’autant de zombies se paye doublement. Tout d’abord d’un point de vue purement technique, le titre n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait être en droit d’attendre : les textures sont majoritairement pauvres et certaines apparaissent même avec du retard. Un comble, d’autant plus que le second effet kiss-cool se manifeste par des baisses de frame rate heureusement assez rares. Mais la promesse des 30 images constantes par seconde est loin d’être tenue. Il y a tout de même de jolies choses, notamment les effets d’éclairage (les fusées de sécurité lancées en pleine nuit), ainsi que les nombreuses et sympathiques cinématiques qui restent parfaitement maîtrisées tout en flattant la rétine.

Pour autant, et malgré les défauts que l’on peut constater, il faut se poser une question importante : que veut-on lorsque l’on joue à un épisode de Dead Rising ? Un joli jeu tout vide ou un jeu correct mais bourré de zombies, fun et défoulant ? C’est la seconde option qui l’emporte assurément pour les fans de la série et les défauts techniques sont vites oubliés par rapport à l’amusement procuré. Arriver dans une zone, découvrir des centaines de zombies sous ses yeux, sortir sa hache enflammée et plonger dans la mêlée avant de bricoler une moto et un rouleau compresseur pour fabriquer un hybride de la mort crachant des flammes, tout cela n’a pas de prix.

Héros 2.0

Fort de ses nouvelles technologies, Microsoft a poussé en avant l’utilisation de Kinect et de la technologie SmartGlass. Pour cette dernière tout d’abord, l’application disponible sur smartphone ou sur tablette se synchronise avec la console puis avec le jeu et permet d’accéder à des données telles que l’expérience, la progression, l’inventaire, tout en répondant à des appels offrants de nouvelles missions. Ces missions vont bien entendu être récompensées par l’attribution des fameux PP déjà mentionnés mais également, parfois, donner lieu à des gains plus tactiques comme la possibilité de déclencher des frappes aériennes. Sympathique, même si fondamentalement pas indispensable.

Côté Kinect, l’apport est en revanche plus discutable et le joueur devra commencer par bien faire attention à l’environnement dans lequel il souhaite jouer. En effet, le capteur est réglé pour répercuter les bruits IRL dans le jeu, cela afin d’attirer les zombies. Il n’est donc pas difficile d’imaginer ce que peut donner une partie dans un environnement domestique classique où Madame regarde Danse avec les stars, son à fond, pendant que le jeu tourne : Kinect attirera constamment les zombies au moindre « J’ACHETE » asséné par Jean-Marc Généreux… Fatiguant à la longue. Le périphérique est également censé permettre de parler aux survivants pour les aiguiller (suis-moi, reste là, explore) ou aux boss pour les déconcentrer. Si l’idée est louable, on s’en passe aisément et on préfère désactiver ces options via les paramètres du jeu.

Ce test a été réalisé à partir de versions PC et Xbox One du jeu, fournies par l’éditeur.

Avatar
Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

L'ACTUALITÉ

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

deux × 1 =