Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie, par l’éditeur, sur Nintendo Switch.

Les patients sont priés de ne pas mourir dans les couloirs

Successeur spirituel du mythique Theme Hospital (dont il partage d’ailleurs d’anciens développeurs) de chez Bullfrog, Two Point Hospital occupe donc le même créneau : un jeu de gestion mettant le joueur dans la peau d’un directeur d’hôpital devant gérer plusieurs établissements et soigner des maladies toujours plus loufoques. Le premier niveau, sous forme de tutoriel, se pose d’ailleurs en tant qu’hôpital « nostalgique » puisqu’il ressemble plus que très fortement à celui de l’époque, de sa forme aux salles qu’il propose (même si cette fois la maladie spéciale à soigner n’est pas tout à fait la même). Ce tutoriel, assez complet, guide pas-à-pas le joueur avant de le lâcher dans le grand bain par la suite, même si certaines fonctionnalités ne sont pas forcément très bien expliquées (voire pas expliquées du tout).

C’est également l’occasion de découvrir la prise en main du bébé de Two Point Studios, qui n’est pas forcément très intuitive au premier abord et nécessite un certain temps d’adaptation. Certains choix sont toutefois bien vus, comme la possibilité d’accélérer ou de stopper le temps d’une simple pression sur un joystick, histoire de pouvoir faire face plus sereinement aux situations plus ou moins critiques qui se présentent. Car si Two Point Hospital commence en douceur, l’avancée dans le scénario se fait évidemment de plus en plus délicate, avec des urgences à gérer, des demandes à accepter ou décliner et des objectifs de plus en plus pointus à accomplir pour recevoir de une à trois étoiles (une étoile étant à chaque fois nécessaire pour débloquer l’hôpital suivant).

Attention ! Don’t feed the ghosts, they’re dead. Thank you

De plus, chaque hôpital propose une thématique bien particulière, histoire de renouveler le gameplay. Par exemple, un hôpital situé en montagne nécessitera un certain outillage pour gérer les fractures ainsi qu’un nombre suffisant de radiateurs ; un autre demandera au joueur de se tourner vers la recherche et l’enseignement pour débloquer des aptitudes supplémentaires à ses employés, etc. En dehors de ces changements, le gameplay finit hélas forcément par tourner en rond et une routine s’installe rapidement. A chaque nouvel hôpital, on commence toujours par construire les mêmes salles, par embaucher les premières personnes qui se présentent et par attendre d’engranger suffisamment d’argent pour créer des salles plus poussées et prendre de meilleurs soignants. Un élément qu’il ne faut d’ailleurs pas négliger, les particularités de chacun ayant une certaine incidence sur le jeu.

Par exemple, un docteur peu motivé travaillera plus lentement, un infirmier peu hygiénique réduira les chances de survie des patients et ainsi de suite. Les chances de guérison sont également soumises à d’autres éléments, comme le niveau des machines (qu’il est possible d’améliorer) ou encore la vitesse à laquelle un diagnostic est posé. Évidemment, il faut aussi prendre soin de chacun pour éviter la démission du personnel ou le départ des patients encore malades. En plus de proposer la base, comme des toilettes, des salles de repos, des bancs ou encore des distributeurs de nourriture et de boisson, il n’est pas superflu d’embellir un peu l’hôpital, ce qui a aussi pour conséquence de faire grimper sa réputation. Précisons à ce sujet que pas mal d’éléments sont à débloquer en échange d’une monnaie alternative, les Kudoshs, qui s’obtient au fur et à mesure de la progression dans le jeu.

Two Point Hospital commence en douceur mais l’avancée dans le scénario se fait de plus en plus délicate avec des urgences à gérer, des demandes à accepter ou décliner et des objectifs de plus en plus pointus à accomplir.

Urinating anywhere in the hospital will not be tolerated

Si Two Point Hospital finit par être un peu redondant sur le long terme, cela ne signifie pas pour autant que le joueur a le temps de se tourner les pouces. Afin de réussir à garder son hôpital à flots et, mieux, d’obtenir trois étoiles, il faut avoir les yeux partout, tout le temps. Il faut sans cesse ouvrir de nouvelles salles pour faire face à l’afflux de plus en plus important de patients, avoir suffisamment d’employés assez qualifiés pour que chaque salle ait un soignant en permanence, sans oublier évidemment de rajouter de manière régulière des distributeurs ou des bancs pour éviter les allers-retours des patients qui prennent du temps et retardent tout le monde. On regrette en revanche que la seule possibilité de Game Over soit liée à l’argent, le joueur étant éjecté de son hôpital s’il est trop endetté (même si des emprunts sont possibles pour éviter au maximum cette fin). En revanche, avoir un mort tous les jours ne choque personne…

Tout comme Theme Hospital, Two Point Hospital laisse une grosse part à l’humour. Si l’on regrette à ce niveau que les doublages ne soient pas en français, ce qui empêche les réfractaires à la langue de Shakespeare de comprendre toutes les blagues débitées au micro, on apprécie en revanche de voir de nouveau toutes ces maladies plus loufoques les unes que les autres : on enverra quelqu’un qui se prend pour Elvis chez le psy, on ira dévisser une tête d’ampoule pour remettre une tête normale, on « déclownisera » les petits rigolos qui ne savent pas s’arrêter, et bien d’autres. Toutes ces maladies, mais aussi les descriptions des employés, sont toutes rédigées avec une petite pointe d’humour qui est cette fois-ci compréhensible puisque tous les textes sont en français. Et on ne parle pas des morts qui peuvent revenir sous forme de fantômes et qui nécessitent un agent de maintenance disposant d’un aspirateur spécial… Bref, de ce côté, ce Two Point Hospital ne vole pas son statut de fils spirituel de Theme Hospital.

Don’t mind me, I just like talking into a microphone

Techniquement, Two Point Hospital est très propre. Les développeurs ont opté pour un côté cartoon qui correspond parfaitement à l’ambiance générale, avec de très nombreuses options de personnalisation, et il n’y a rien à redire sur les animations – là encore certaines pouvant être particulièrement absurdes – ou sur la fluidité du jeu, mis à part durant les sauvegardes. On reste toutefois un peu plus circonspects en ce qui concerne la bande-son. Si les annonces et les spots radios sont bienvenus et bien sentis (même si, comme dit plus haut, non doublés en français), les musiques d’ascenseur tournent rapidement en rond et tapent vite sur le système. Personne n’est parfait…

Mention HIT jeuxvideo24, les meilleurs jeux

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