Test de Twin Mirror (PC, PS4, Xbox One)

CONCLUSION

On a beau connaître la formule DONTNOD sur le bout des doigts, Twin Mirror demeure une expérience très agréable, capable d’offrir quelques belles surprises au détour d’une poignée de déceptions. On saluera les capacités d’écriture des scénaristes du studio, capables de dresser le portrait de personnages magnifiques, avant de pester contre une histoire au dénouement convenu. Pas de quoi sabrer Twin Mirror pour autant, le charme opère toujours aussi bien et finalement, c’est tout ce qui compte. N’est-ce pas ?

Quelques semaines après le très sympathique Tell Me Why, c’est une nouvelle production de DONTNOD qui débarque sur nos machines, décidément bien occupées par les développeurs parisiens. Cependant, ce n’est pas Microsoft qui les accompagne cette fois puisqu’il s’agit là du premier jeu auto-édité par le studio, un projet dans la droite lignée de leurs précédentes productions. Avec Twin Mirror , DONTNOD semble jouer un peu trop la carte de la sécurité. Au risque de se “Telltalifier” ? Pas si vite !

Me, myself and I

Twin-Mirror-screenshot-test-xbox-series-xQuelque chose ne tourne pas rond à Basswood, ville minière quelque peu sinistrée située en Virginie Occidentale. Le Basswood Jungle, le journal du coin, est frappé par le deuil suite au décès suspect de Nick Waldron, meilleur (et seul) ami de Sam Higgs, contraint de revenir dans sa ville natale à l’occasion des obsèques du défunt. Sur place, il reprendra sa casquette de journaliste épris de vérité pour lever le voile sur ce que la ville a à cacher.Twin Mirror prend ainsi la forme d’une courte enquête, dans laquelle le joueur incarne le fameux Sam, un introverti pur jus aidé par un partenaire bien particulier : Lui. Enfin, pas lui, son autre Lui, celui qui dans sa tête se balade et commente de manière cynique la plupart des faits et gestes de son timide hôte. Cette dualité est au cœur de Twin Mirror, tout comme l’était la transidentité de Tyler dans Tell Me Why ou les pouvoirs de Max dans Life is Strange.

Comme dans ces jeux, le joueur est amené à parcourir des décors “au pas”, à tisser des liens avec les habitants de la ville, en parlant parfois de faits utiles, souvent de choses futiles. C’est aussi ce qui fait le charme des jeux DONTNOD, cette espèce d’authenticité un peu naïve, permise par une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Du rédacteur en chef optimiste mais sur la fin au père protecteur bien qu’infirme, en passant par la gamine en perdition suite à la perte de son paternel, il y a un paquet d’histoires à découvrir derrière les murs de Basswood, et surtout de quoi délier la langue de Sam le taiseux.

 À découvrir : Notre vidéo des premières minutes de Twin Mirror.

Inside Man

win-Mirror-screenshot-test-xbox-series-xIl faut dire que de base, notre Sam est moins fait pour les potins du coin que pour l’isolement reposant. Il n’y a que dans ces conditions qu’il peut s’adonner à son activité préférée, à savoir dénouer des nœuds bien ficelés. Il passe dans une phase de “palais mental”, un endroit où il peut se retrancher pour réfléchir, se souvenir, reconstruire, et ainsi résoudre les mystères auxquels il est confronté. Ces phases de jeu, à une autre époque, auraient pu sembler originales. On se balade sur une scène, on tâche de remettre les pièces du puzzle dans le bon ordre et le tour est joué. Malheureusement, en 2020, ce genre de mécaniques n’a plus grand chose de bien innovant. Batman ou encore Detroit sont déjà passés par là, même si on se laissera séduire par ces séquences ésotériques plutôt jolies à regarder.

D’ailleurs, c’est l’un des points forts de ce Twin Mirror : le jeu sait être beau. Pas uniquement artistiquement, comme le sont tous les jeux de DONTNOD (la direction artistique est rarement un raté chez eux), mais aussi techniquement. Le dernier tiers du jeu s’offre une poignée de scènes à tomber, grâce à une belle maîtrise des jeux de lumière et une inventivité qui fait plaisir à voir. On est encore à des lieues des jeux de Quantic Dream, maître en la matière, mais les progrès sont bien là, même depuis le très récent Tell Me Why.

win-Mirror-screenshot-test-xbox-series-xDommage dès lors de constater qu’en dépit de ses procédés de mise en scène sympathiques, sa réalisation soignée et ses personnages dignes d’intérêt, Twin Mirror se bute à un mur de banalité dans sa conclusion. Plus court que les autres jeux de DONTNOD, il se permet en plus de proposer une fin un peu trop rushée pour être pleinement satisfaisante, d’autant plus que les quelques dernières scènes ne récupèrent nulle part ce qu’elles perdent en subtilité. Le joueur se met à subir le scénario, jusqu’à affronter un épilogue sur lequel il a l’impression de ne pas avoir son mot à dire. Pour un jeu où les choix et les conséquences sont censés avoir une importance capitale, forcément, ça fait tache !

Ce test a été réalisé à partir d’une version Xbox One dématérialisée, fournie par DONTNOD, sur Xbox Series X.

Kuru
Kuru
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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