Test de The Flower Collectors (PC)

CONCLUSION

The Flower Collectors a tout du petit jeu qui aurait mérité un peu plus de budget. Malgré son excellente narration (le final reste tout de même un peu décevant), le titre de Mipumi Games parvient difficilement à justifier son prix trop élevé. On pourrait passer sur la courte durée de vie si la technique était à la hauteur. Ce n’est pas le cas. Reste un jeu d’enquête audacieux, capable de procurer de belles sensations de voyeurisme et rempli d’histoires intéressantes sur un contexte historique fascinant.

Espagne, 1977. Alors que le pays s’apprête à faire définitivement une croix sur le régime franquiste, un flic à la retraite, cloué dans un fauteuil roulant depuis une mauvaise chute, contemple la vie de son quartier depuis son balcon. Une nuit, il est réveillé par des coups de feu. Au centre de la place gît un corps inanimé, sujet d’un meurtre qu’il lui faudra résoudre à l’aide d’une partenaire inattendue. Un point de vue unique, quelques outils, une enquête à mener ? The Flower Collectors, la toute nouvelle création de Mipumi Games, avait tout pour nous faire saliver. Mais les bons concepts ont toujours un peu de mal sur la durée. Voyons ici ce qu’il en est !

Le studio qui y va franco

the flowers collector screenshot test pcIl est toujours agréable de constater à quel point la scène indé permet de sortir des poncifs narratifs du jeu vidéo. Les jeux à gros budget étant trop occupés à créer du “badass”, les petits studios ont un véritable boulevard pour nous immerger dans des contextes particuliers. Parfois, on nous parle de dépression comme dans GRIS ou de l’évolution comme dans Ancestors : Humankind Odyssey. The Flower Collectors nous propulse dans les années 70 à la veille des premières élections démocratiques post-franquisme, un thème peu propice à la fantaisie. Et pourtant…

Parce que ce n’est pas dans une Espagne humaine que Mipumi nous transporte. The Flower Collectors ne met en scène que des animaux anthropomorphes, comme Blacksad avant lui, pour parler de droite, de gauche, de répression, de rafles, etc. De politique quoi. D’une politique tiraillée entre un passé lourd de culpabilité et une envie irrépressible d’aller de l’avant. Sans avoir l’écriture la plus affutée qui soit, le titre parvient à retranscrire ce tiraillement à travers le personnage que le joueur contrôle, cloîtré dans son petit appartement. Loin d’être blanc comme neige, il s’efforcera de résoudre le meurtre commis sous son balcon, avec l’aide d’une cha-ctiviste particulièrement attachante.

Du monde au balcon

the flowers collector screenshot test pcComme un Fenêtre sur Cour jouable, The Flower Collectors tire profit de son postulat original pour nous offrir des séquences principalement basées sur l’observation. Sans véritable timing ni difficulté, le joueur se sert de ses jumelles et de son appareil photo pour s’introduire dans la vie de ses voisins et découvrir les secrets de leur présence. Immigration par ici, corruption par là, les thèmes abordés sont légion et apportent à tous les habitants la profondeur et les nuances attendues. Ne durant que 2H30, The Flower Collectors est suffisamment court pour éviter la répétitivité de ses mécaniques de jeu.

En revanche, il n’est pas suffisamment soigné pour faire fi de tout reproche. Il y a tout d’abord ces séquences de cache-cache, ennuyeuses plutôt qu’autre chose, où notre personnage dit à ses compagnons d’infortune d’aller ici et là pour ne pas se faire repérer. Ces phases sont dénuées de tension en plus de ne pas être crédibles du tout. Heureusement, elles ne sont pas très nombreuses. En revanche, impossible de passer sous silence la misère technique du jeu. Quand il ne bouge pas, The Flower Collectors est juste passable. Quand il se met en mouvement, il devient honteux. Les animations rappellent tout juste les Sims 2, quand nos personnages mimaient des gestes à l’excès pour faire comprendre leurs émotions. Depuis le balcon, c’est le spectacle auquel le joueur a droit, une sorte de festival de pantins mal animés.

Ce serait excusable dans un titre où le coeur de gameplay est suffisamment solide pour faire oublier une technique hésitante. Là, c’est la contemplation et l’observation qui priment sur le reste. La narration en prend un coup et même si on ne sort pas complètement du jeu, l’immersion s’en retrouve forcément entachée.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Kurutchinhttps://www.goodtastepolice.fr
Adulescent bienheureux, tantôt compagnon d'infortune de dieux Nordiques, tantôt jardinier attitré pour des Piñatas furieuses. Dans les deux cas, c'est avec le sourire et au trot !

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