Test de Nioh 2 (PS4)

CONCLUSION

Malgré le passage d’un certain Sekiro avant lui, Nioh 2 remplit parfaitement ses objectifs. Non content d’offrir un challenge au-dessus de la moyenne, il propose un gameplay soigné qui enrichit l’excellente base posée par le premier opus. Avec son rythme effréné et ses combats acharnés, le jeu prend aux tripes du début à la fin, sans jamais faiblir. Un plaisir que même les plus frileux peuvent ressentir grâce au tout nouveau système d’aide en jeu faisant de Nioh 2 le parfait équilibre entre souffrance élitiste et plaisir pour tous. Foncez !

Réussite inattendue, le premier Nioh a été une vraie bouffée d’oxygène pour les amateurs de challenge qui en avaient probablement assez de tourner en rond dans les Souls. Sorti après douze ans à se chercher, le jeu de Team Ninja a été l’une des plus belles surprises de l’année 2016. Avec son gameplay nerveux et précis il a fait le plaisir de tous ceux qui aiment se faire mal en relevant des défis de taille. C’est donc sans réelle surprise, mais avec une grande impatience, que l’on attendait ce Nioh 2 afin de reprendre du service. Et cette fois encore, comme on pouvait s’y attendre, Team Ninja ne déçoit pas.

Une histoire de pognon

On se retrouve donc en l’an 1555, en plein milieu de l’ère Sengoku. Un mystérieux Tokichiro cherche un homme de main pour mettre sur pied un juteux commerce de Pierres D’esprit. L’Amrita, comme elle se nomme dans l’univers de Nioh, fait toujours l’objet de la convoitise des hommes toujours plus avides de pouvoirs, surtout en période de guerre. Et il n’en faudra évidemment pas plus pour vous motiver à partir à l’aventure, quitte à prendre le risque de devoir affronter les Yokai. Oui, même en période de crise, le profit n’a pas de prix (amis de l’actu : bonjour !).

Si vous cherchiez une histoire de fou, du rebondissement et du suspens, c’est raté. Nioh 2 ne fait pas mieux que son ainé à ce sujet et quelque part, ce n’est pas bien grave. L’histoire permettra tout juste de justifier quelques cinématiques franchement réussies, mettant en scène des personnages plus loufoques les uns que les autres, le tout avec une petite touche de kitch assez caractéristique du studio. L’occasion pour souligner une nette amélioration visuelle dans l’ensemble avec, notamment, des visages bien mieux modélisés et une technique globalement en hausse.

La narration elle, conserve le même principe de base à savoir que le joueur enchaîne des missions les unes après les autres, en revenant à chaque fois à une carte pour choisir sa prochaine étape. Point de continuité dans l’aventure comme peuvent le proposer les productions de FromSoftware. Le rythme s’en trouve forcément haché et c’est d’autant plus vrai que l’enchaînement des missions est parfois assez obscur et nous envoie dans des lieux sans que l’on comprenne tout à fait ce que l’on est venu faire là.

Il ne faut cependant pas bouder notre plaisir, le système permet de progresser à son rythme et ainsi de ne pas rester bloqué sur un boss ou un passage trop compliqué. Certaines de ces missions ne font d’ailleurs pas l’objet d’un boss (généralement réservé aux missions principales) ouvrant ainsi des possibilités de grind aux joueurs qui pourront gérer la montée en puissance de leur personnage pour mieux appréhender les niveaux plus difficiles.

Chérie, ça va trancher

Quoiqu’il en soit, ce qui fait véritablement le sel de ce Nioh 2, c’est bel et bien son gameplay. Nerveux et précis à souhait dans le précédent opus, il repousse ici encore ses limites et un atteint un niveau parfaitement jouissif. Pour ceux qui l’ignorent le jeu se basait sur l’utilisation d’un coup fort, d’un coup faible d’une parade et d’une esquive, le tout étant régi par une jauge d’endurance appelée Ki. Chacun de ces mouvements consomme une partie de ce Ki que l’on peut recharger après un enchaînement en pressant sur R1 avec le bon timing. Chaque arme peut être utilisée avec trois postures différentes (haute, basse, et moyenne) affectant la vitesse et la puissance des coups portés, certains ennemis étant plus sensibles à des coups portés dans une posture particulière.

Voilà pour la base. Un gameplay simple qui, poussé par un rythme endiablé, a donné ses lettres de noblesse à Nioh premier du nom.

La narration elle, conserve le même principe de base à savoir que le joueur enchaîne des missions les unes après les autres, en revenant à chaque fois à une carte pour choisir sa prochaine étape

Pour Nioh 2, Team Ninja a donc logiquement poussé les choses un tout petit peu plus loin en ajoutant un nouvel ingrédient : les pouvoirs Yokai. Exit le samouraï de base, votre héros peut maintenant utiliser sa capacité à se transformer en démons pour des combats encore plus riches. Le premier de ces pouvoirs, et probablement le plus important, est le contre Yokai. En plein combat les adversaires auront souvent tendance à déclencher des attaques violentes en s’entourant d’une aura rouge. Le joueur pourra soit les éviter soit utiliser, avec un timing parfait, le contre Yokai avec, comme conséquence directe, d’énormes dégâts infligés à la jauge de Ki de son adversaire.

Viennent ensuite les Noyaux d’Âme, que le joueur pourra récupérer sur certains monstres. Une fois équipés ces noyaux permettent au joueur de déclencher une attaque piquée sur le Yokai qui portait le noyau en question. Enfin, la transformation Yokai permet de prendre une véritable apparence de démon pour un court laps de temps, afin d’écraser ses adversaires sans véritablement se poser de question. Tous ces pouvoirs sont bien évidemment soumis à l’utilisation d’une jauge que l’on remplit au fur et à mesure que l’on assène des coups à ses ennemis. Si le contre Yokai et les attaques spéciales n’en réquisitionnent qu’une petite partie, il faudra que la barre soit pleine pour déclencher la transformation totale.

Dans les faits une fois en jeu, cette nouvelle dimension change totalement l’approche des combats en leur donnant un aspect tactique qui manquait clairement dans le premier opus. Le nombre de combinaisons est tout simplement monstrueux, offre tout un tas de possibilités dans chaque combat où le joueur jongle entre l’utilisation de sa barre de Ki et Yokai. Le point d’orgue étant, sans conteste, ces boss monstrueux au design parfaitement réussis et qui mettront vos nerfs à rude épreuve. Des affrontements dont on ressort généralement ravis et qui offrent un vrai sentiment d’accomplissement une fois réussis.

Ez pz

Mais on vous voit venir, vous qui avez laissé tomber Sekiro parce que ce dernier n’offrait pas de mode facile. Si Nioh 2 fait clairement partie de cette famille des jeux « qui font mal » il n’en n’oublie pas pour autant d’aider son prochain quand il le peut. Avec un mode multijoueur d’abord, qui permet d’invoquer un, voire deux, joueurs pour vous venir en aide. PlayStation oblige il faudra cependant être abonné au PlayStation Plus pour avoir le droit de le faire. Rassurez-vous, si vous n’êtes pas abonnés, vous aurez aussi la possibilité de trouver de l’aide en activant une tombe bienveillante. Ces dernières permettent d’invoquer le fantôme d’un autre joueur, mais qui sera joué par l’IA. Alors certes le comportement est parfois un peu erratique mais cela permet de respirer lors de certains affrontements en attirant l’attention loin de vous.

Reste que, comme souvent, le recourt à une aide extérieure a tendance à atténuer la difficulté du titre. Et même si les tombes bienveillantes ont un coût (il faut dépenser des coupes Ochoko en fonction du niveau du personnage invoqué), les ressources nécessaires sont suffisamment faciles à trouver pour pouvoir user et abuser de cette solution. Quoiqu’il en soit, pour les amoureux du challenge on conseille fortement de tenter l’aventure en solo parce qu’avec deux joueurs humains en soutient, la difficulté n’est clairement plus au rendez-vous.

Lost in menu

Enfin pour le plaisir de tous, Nioh 2 offre tout un tas de personnalisation possible. Outre son personnage que l’on peut éditer de la tête aux pieds en début de partie, ce sont surtout les possibilités au niveau combat qui sont hallucinantes. Le jeu offre plusieurs dizaines d’attaques Yokai différentes, que l’on peut améliorer en mixant plusieurs noyaux entre eux, des arbres de compétences pour chaque type d’arme (plus on utilise une arme plus on débloque de points de compétence pour ce type d’arme) et une quantité pharaonique de pièces d’équipement.

Le point d’orgue étant sans conteste ces boss monstrueux au design parfaitement réussis et qui mettront vos nerfs à rude épreuve

Pour pousser encore le délire un peu plus loin, le joueur aura le choix entre trois esprits protecteurs différents. Outre des petits bonus différents, ce choix impactera surtout la nature du contre Yokai ainsi que l’apparence du joueur une fois transformé en Yokai. Entre la brute qui frappe fort, le Feral rapide et agile ou le Phatom spécialiste du combat à distance, il y a de quoi faire, surtout que l’on peut changer d’esprit quand on le souhaite sur l’autel des prières et que le jeu permet même, à un certain point, d’en porter deux à la fois.

Bref, Nioh 2 en fait des tonnes et c’est parfaitement réussi. Tout se marie à la perfection et l’équilibrage de l’ensemble est une totale réussite. Que l’on s’oriente sur un build plutôt qu’un autre ne pose aucun problème pour la progression, le tout laissant libre court à l’imagination des joueurs qui auront clairement de quoi faire.

Dommage que tout ceci soit noyé dans une interface toujours aussi imbuvable. Car évidemment avec toutes ces possibilités, il fallait s’en douter, il y a des menus pour tout absolument partout. Une interface parfois difficile à comprendre tant le studio a voulu donner suffisamment d’informations aux joueurs pour qu’ils puissent prendre la bonne décision. C’est regrettable parce qu’il est souvent primordial de bien savoir interpréter ces données au moment de choisir une pièce d’équipement plutôt qu’une autre. En l’état on ne sait pas toujours ce qui est activé, ce qui a été choisi ou équipé. Bref, c’est illisible et c’est fort regrettable.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur, sur PS4.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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