Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur Xbox One.

Starship trooper

Anti-No Man’s Sky par excellence, Journey to the Savage Planet troque l’univers tout entier contre un seul et unique corps céleste, divisé en trois zones distinctes que notre colon peut parcourir à loisir. Dans sa main droite, un pistolet pour faire face aux quelques créatures douteuses qu’il pourrait rencontrer. Dans sa main gauche des gadgets, pour dire de faire rire la galerie. Son objectif ? Percer les secrets de la planète ARY-26, en fouinant chaque recoin des lieux explorés. C’est la proposition du premier jeu de Typhoon Studios, qui a souhaité placer l’exploration au coeur du gameplay. Sans la moindre carte, le joueur doit traverser chaque zone « à l’aveugle », sans savoir sur quoi il tombera au prochain saut.

Dans l’idée, cette orientation fonctionne plutôt bien. On se surprend à retourner chaque endroit visité pour y trouver la moindre petite récompense, motivé par le plaisir simple de la découverte. Une porte mystérieuse par ici, une substance visqueuse par là, et entre temps des piafs qu’on envoie valser d’un bon coup de pied dans l’arrière-train. Sans jamais forcer la récompense, les développeurs sont parvenus à créer des lieux visuellement riches et gratifiants à explorer. Il faut dire que le joueur est bien aidé par son assistante, aux délicieuses sonorités québécoises. Elle ne perd jamais une occasion de commenter le monde qui l’entoure, de manière absurde.

Running gag

Tout l’enrobage du titre va dans ce sens d’ailleurs. Il n’y a pas de place pour le sérieux lors de ce voyage, tout est prétexte à la blague : messages cryptés, créatures loufoques, publicités parodiques, etc. Pendant quelques heures, on revêt notre plus beau sourire benêt et on s’amuse de cette colonisation farceuse. Mais ça ne dure qu’un temps. Si le premier acte est un véritable régal à parcourir, l’acte 2 commence à montrer des signes de faiblesse. Le bestiaire se renouvelle peu, les objectifs se répètent et, une fois arrivé dans le dernier tiers, c’est avec déception que l’on constate que Journey to the Savage Planet est tout simplement devenu routinier.

Prenons un cas simple, comme ouvrir une cosse afin d’y récupérer un artefact et progresser. Il y en a quelques-unes dans Journey to the Savage Planet. Ces cosses s’ouvrent de différentes manières, en activant des interrupteurs, en faisant exploser quelque chose ou tout bêtement en affrontant des vagues d’ennemis. Problème : les méthodes de déblocage sont assez peu variées et surtout elles ne reflètent absolument pas la singularité du monde qui nous entoure. Vous avez un jeu drôle, mettez en place des objectifs originaux peut-être ? Des trucs cons, bêtes et méchants ? Pour l’originalité, on repassera.

Du coup, la formule de Journey to the Savage Planet s’en trouve déséquilibrée. D’un côté, il y a cet univers, si charmant, ces jolis paysages vertigineux, cette structure motivante. Et de l’autre, il y a l’absence de nouvelles surprises dès le deuxième acte, des objectifs inintéressants, du recyclage d’améliorations et de créatures. Pour avoir un ordre d’idée de la gravité de ces points noirs, il faut aussi avoir en tête la durée de vie du titre. On ne parle pas de 20, 30 ou 40 heures de jeu, non. Journey to the Savage Planet se plie en dix heures à tout casser. On aime les jeux courts, là n’est pas la question, mais surtout quand ils surprennent sur la durée. Dans le cas présent, la routine finit d’achever l’intérêt du titre, rendant le dernier acte particulièrement pénible.

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