Test de Fairy Tail (PS4, PC, Nintendo Switch)

CONCLUSION

Fairy Tail est capable d'offrir un bon moment grâce à son ambiance et sa direction artistique respectées malgré des faiblesses certaines. Difficile de voir dans le jeu de Gust et Koei Tecmo autre chose qu'un énième J-RPG aux mécaniques superficielles. S'il a largement de quoi séduire les fans de la licence, il peut ainsi se montrer tout aussi décevant pour les adeptes du genre. Reste à savoir dans quel camp vous êtes.

La licence Fairy Tail d’Hiro Mashima est l’un des colosses au sein des mangas shonen : 63 tomes vendus à plus de 70 millions d’exemplaires, une série de 368 épisodes, 9 OAV et deux films d’animations ainsi que plusieurs séries dérivées. Avec ce jeu elle s’offre sa première adaptation vidéoludique, développée par Gust et éditée par Koei Tecmo. Après une bonne cinquantaine d’heures de jeu, il est temps de faire le bilan.

Un univers respecté

fairy tail test ps4 screenshotFairy Tail ne manquera pas de plaire aux fans de la licence grâce à la fidélité du contenu, tant sur le plan du chara-design et des arcs évoqués que de la musique ou de l’intégration des voix japonaises sous-titrées. On notera également l’ajout de ressources débloquées en cours de jeu (tenues, images, musiques, dialogues) accessibles depuis l’appartement de Lucy.

La première chose qui nous frappe dès l’introduction c’est que le jeu est très nettement destiné à ses fans. En effet l’histoire démarre sur l’arc narratif du 30ème tome du manga, après une introduction qui plonge le joueur directement en plein combat contre Hadès avant d’évoquer brièvement l’attaque de l’île de Tenrô par Acnologia. Les ellipses temporelles seront d’ailleurs assez nombreuses dans le déroulement du jeu qui s’étale sur plusieurs arcs successifs.

Cette prise de position risquée est partiellement compensée par la présence d’aides de jeu (encyclopédie, glossaire) qui permettent aux néophytes de se renseigner sur le contexte. Cependant l’immersion peut s’avérer difficile en l’absence de présentation détaillée des personnages et des événements des tomes précédents.

fairy tail test ps4 screenshotDe notre côté on a apprécié les musiques de très bonne qualité et les touches d’humour 100 % manga mais on regrette quelques problèmes de traduction (même après le patch day one), un fan service trop présent et une forme de négligence envers les personnages secondaires qui sont moins doublés et dont l’histoire est moins développée. Cela étant, l’ambiance du manga est totalement respectée et on prend plaisir à jouer dans cette atmosphère de compétition bon enfant véhiculant des messages tournés vers l’entraide et l’acceptation de soi. Caractéristique de l’œuvre.

De bonnes idées

De cette volonté de retranscrire cette ambiance naissent plusieurs mécaniques de jeu plutôt intéressantes comme les attaques en coopération, l’intégration de l’unisson raid (les attaques mêlant les pouvoirs de plusieurs personnages) et de l’éveil (augmentation des caractéristiques et/ou sorts buffés) ou encore les link party qui permettent de renforcer les liens entre les personnages pour augmenter les chances de coopération en combat.

fairy tail test ps4 screenshot

La concrétisation de ces liens donnent lieu à de petites scénettes entre personnages faisant référence à leurs relations personnelles qui ajoutent souvent une touche humoristique agréable. On trouve néanmoins dommage que celles-ci soient souvent inexistantes entre personnages secondaires, contrairement aux scènes qui introduisent les quêtes personnelles déverrouillant les personnages et la progression des niveaux.

RPG tour par tour trop superficiel

fairy tail test ps4 screenshotLes mécaniques de combats sont par ailleurs assez classiques du RPG tour par tour : vous constituez une équipe avec les personnages disponibles, vérifiez leur équipement et partez affronter des ennemis pour gagner de l’XP ou récolter des ressources présentes sur les différentes cartes qui se débloquent au fur et à mesure de votre progression.

Si les animations en combat sont bien réalisées, la stratégie, elle, est pratiquement inexistante en mode normal. Vous finirez très souvent soit par rouler sur les monstres en moins d’un tour soit par utiliser en boucle les sorts les plus puissants, indépendamment des faiblesses adverses, afin de faire le maximum de dégâts en un minimum de temps.

fairy tail test ps4 screenshot À ce faible impact de la stratégie il faut ajouter que le niveau d’adversité est très inégal : certains boss sont risibles de faiblesse même à haut niveau tandis qu’affronter une simple meute de loups croisés sur la même carte peut vous coûter la vie. Autre point noir : les combats liés à la narration, dont les issues sont intégralement scriptées pour correspondre à celles de l’oeuvre initiale. Si on peut tout à fait comprendre la volonté de rester fidèle à l’oeuvre adaptée, on aurait largement préféré des cinématiques à ces combats « pour de faux ».

L’ambiance du manga Fairy Tail est totalement respectée et on prend plaisir à jouer dans cette atmosphère de compétition bon enfant.

Sympathique, oui, mais un manque de budget ?

Si Fairy Tail reste plaisant du fait de son ambiance et de sa direction artistique, il est surtout doté d’une bonne durée de vie (plus de 50 heures pour tout terminer) car l’histoire principale est agrémentée de nombreuses missions annexes et objectifs secondaires. Ces derniers permettent de débloquer certains pouvoirs et capacités, de développer la coopération entre les personnages et d’améliorer la guilde tout en gagnant en efficacité et en prestige.

fairy tail test ps4 screenshotEn effet, une partie des événements présents dans le manga en parallèle des arcs développés se retrouvent inclus dans des missions spécifiques permettant de profiter de l’ambiance de Fairy Tail tout en accumulant de l’XP. Celles-ci sont débloquées en fonction de la progression de la guilde dans le classement général en même temps que les missions génériques qui, elles, se révèlent assez répétitives et consistent principalement en le fait de farmer du monstre afin d’accumuler de la renommée et des ressources pour faire évoluer les personnages et la guilde. On poursuit donc les missions pour le plaisir de débloquer des scénettes entre personnages et de nouveaux décors plutôt que par addiction à la chasse aux monstres.

Fairy Tail aura probablement manqué d’un peu de budget pour pallier ces faiblesses, manque qui se fait malheureusement sentir tant sur la variété restreintes des apparences des monstres et PNJ que lors des ellipses narrées sur une image fixe ou lors des dialogues non doublés qui se multiplient dans l’épilogue.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée fournie par l’éditeur sur PS4.

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