Test de El Hijo – A Wild West Tale (Switch, PS4, Xbox One, PC, Stadia)

CONCLUSION

Pour beaucoup El Hijo - A Wild West Tale restera un jeu d’infiltration simpliste et bien trop facile pour que l’on s’y attarde ou même que l’on s’en souvienne. Pour nous, El Hijo - A Wild West Tale est avant tout une excellente initiation à un style de jeu habituellement réservé aux joueurs expérimentés. Simple, accessible et bien raconté, il propose une première expérience complète qui pousse à observer, planifier et prendre des initiatives au bon moment. Un Western Spaghetti non-violent pas comme les autres pour une petite dizaine d’heures de véritable apprentissage ludique. Qui oserait dire non ?

Très discret depuis son annonce à l’E3 2019, El Hijo – A Wild West Tale est sorti, sans faire de bruit, au début de ce mois de décembre 2020. Troisième production de Honig Studios, studio allemand connu pour ses albums jeunesses et mini-jeux pour smartphone, El Hijo nous offre l’occasion de vivre un Western Spaghetti dans la peau d’un gamin de six ans pour une infiltration pas tout à fait comme les autres. Explications.

Mother

El Hijo c’est donc l’histoire de ce petit garçon qui vit dans une maison non loin du Mexique. Le père étant mort et enterré dans le jardin, c’est seul avec sa mère que le jeune garçon profite des joies d’une vie simple et sans soucis. Jusqu’à ce jour où, sans aucune raison, des bandits viennent mettre le feu à la propriété forçant notre petit duo à s’enfuir. Bien décidée à se venger, la mère laisse cependant son fils dans un monastère tout proche, le préférant en sûreté chez les moines que sur la route à la poursuite des bandits. Seulement voilà, le fiston ne l’entend pas de cette oreille et aussitôt sa mère partie, choisit de s’enfuir pour la retrouver.

 À découvrir : Notre vidéo des premières minutes de El Hijo.

Avant d’aller plus loin il nous semble important de bien préciser que El Hijo s’adresse, selon nous, à un jeune public ou à des joueurs inexpérimentés. Aussi bon soit-il, ses mécaniques simplifiées (mais non simplistes), son ambiance ainsi que les thèmes abordés en font un jeu que les tous jeunes sauront et pourront apprécier, là où la majorité des joueurs plus âgés s’ennuieront à coup sûr. Attention, cela ne veut pas dire que le jeu est mauvais, loin de là, mais si vous pensez à Desperados ou Shadow Tactics lorsque l’on vous parle d’infiltration, vous allez déchanter. Ici le niveau de tolérance des ennemis est suffisamment élevé pour ne pas frustrer le joueur et les possibilités d’échapper à ses poursuivants laissent largement assez de place à l’erreur pour que le jeu reste avant tout un plaisir.

El Hijo screenshot testLa narration est volontairement accessible et s’abstient de toute superficialité. Pas de dialogue ou de cinématique interminable, tout est court et facile d’accès, narré sous forme de petites animations mignonnes comme tout. Attention, pour autant les développeurs de Honig Studios se gardent bien de prendre les joueurs pour des idiots et c’est là qu’il est important de bien cerner le public visé pour ne pas se méprendre sur le but du jeu. Il est ici question d’entraide, de courage et de volonté, le tout vécu par un bonhomme du haut de ses 6 ans et magnifiquement raconté à des enfants.

Quand l’infiltration se fait jeu d’enfant

El Hijo screenshot testLe but pour El Hijo est donc de s’échapper pour retrouver sa mère en usant uniquement de malice et d’espièglerie. Inutile de chercher des armes ou d’imaginer quelconques affrontements, le but n’est pas de faire étalage de la violence. Durant son épopée notre petit bonhomme va simplement récupérer différents accessoires appropriés qui vont lui permettre de se cacher ou de détourner l’attention des adultes pour progresser à travers les 30 niveaux que propose l’aventure.

Ces objets que l’on découvre petit à petit, vont permettre d’enrichir l’expérience au fur et à mesure. On commencera doucement avec une fronde en bois pour casser des lampes à huile et éteindre la lumière par exemple, à laquelle s’ajouteront des petits soldats en bois pour attirer l’attention des grands, des fleurs de cactus pour les embrouiller dans un nuage de pollen, un Sombrero géant pour se cacher rapidement et enfin des feux d’artifices pour étourdir brièvement les adversaires ou briser des caisses en bois. À ces gadgets s’ajoute une ultime commande qui permet de prendre un peu de hauteur pour afficher le cône de vision des adversaires et ainsi pouvoir planifier son chemin à chaque instant.

Dans El Hijo il est question d’entraide, de courage et de volonté, le tout vécu par un bonhomme du haut de ses 6 ans et magnifiquement raconté à des enfants.

Là encore les mécaniques sont simples à comprendre et à mettre en œuvre pour ne pas se faire repérer. L’enchaînement des différentes actions se fait relativement bien, même s’il faut avouer que sur certains passages le jeu avait un peu de mal à accepter un enchaînement trop rapide entre deux actions (il s’est avéré en réalité qu’il n’y avait pas besoin d’un timing si serré pour réussir le puzzle en question). En revanche là où le jeu se montre exemplaire c’est dans sa façon de ne jamais noyer le joueur sous des tonnes de choses à retenir. Chaque objet n’a qu’une utilité et une seule commande pour l’utiliser. Les différents puzzles peuvent en revanche se résoudre de plusieurs manières possibles, laissant libre court à l’imagination des joueurs.

El Frustración

Dommage que le jeu donne cette légère impression d’avoir été un petit peu bâclé sur la fin. Outre un level design moins inspiré dans le dernier quart de l’aventure, ce sont surtout les finitions qui semblent en deçà une fois que l’on approche de l’épilogue. Il nous est en effet quelque fois arrivé de voir notre petit protagoniste bloqué sur une échelle ou, à l’inverse, incapable d’en monter une. Parfois c’est un adversaire totalement immobile ou qui ne reprend pas sa place qui nous a forcé à recharger une partie.

El Hijo screenshot testLes points de passage à travers les niveaux n’étant pas des sauvegardes, ces bugs forcent à quitter le jeu pour le relancer, obligeant malheureusement à refaire entièrement le niveau en cours. On regrette aussi que les développeurs se soient sentis obligés de chercher à varier les situations en intégrant des phases en chariot à mine qui n’apportent finalement pas grand-chose tant la maniabilité y est approximative.

L’aventure bienveillante

Mais malgré ces défauts, il se dégage de El Hijo une véritable bienveillance, une vraie volonté de raconter une belle histoire, simple, porteuse d’espoir. Ainsi, dans tous les niveaux, le jeu propose de libérer des enfants forcés de travailler pour les adultes. Optionnel au début de l’aventure, sortir ces enfants de leur asservissement devient parfois incontournable pour avoir accès à une échelle ou pour libérer un passage bloqué et ainsi continuer de progresser.

Une fois libérés ces petits forçats redeviennent alors des enfants qui cesseront le travail pour passer leur temps à jouer, dessiner ou se cacher. Comme pour nous rappeler, si besoin était, à quel point il est naturel et important de laisser les enfants être ce qu’ils sont.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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