Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PlayStation 4.

Clocknee à poêler !

Il y a bientôt 20 ans, la planète entière fut marquée par le passage du nouveau millénaire, un grand moment qui était à la fois source de réjouissance mais aussi de crainte, notamment sur le plan informatique. C’est pourtant à la veille de cette événement que débute la fiction de Destiny Connect : Tick-Tock Travelers. En effet, le rideau s’ouvre sur la jolie petite ville de Clocknee, alors qu’un avion en papier vole à travers les rues bondées de ses habitants qui attendent impatiemment la fête du passage à l’an 2000.

Après cette introduction et une petite transition annonçant le premier chapitre, le personnage principal fait son entrée. Il s’agit de Sherry, une petite fille fort perspicace mais quelque peu livrée à elle-même par l’absence de son père qui ne semble pas compter ses heures de travail. Histoire de combler son ennui, sa mère lui donne comme responsabilité d’aller récupérer quelques affaires en ville.

Cependant, ce qui devait être à l’origine de simples courses va se transformer en une grande aventure. Poussée par la curiosité, notre jeune héroïne part en direction des bois de Clocknee en compagnie de son ami d’enfance Pegreo, dans l’idée de résoudre les mystères qui entourent les lieux. Mais notre duo d’enquêteurs était loin de penser que la petite escapade les mènerait à la rencontre d’une armée de robots malveillants. Incapable de faire face à l’adversité, ils vont être sauvés par un courageux garçon venu du futur. Les deux amis ne sont pas au bout de l’étrangeté car lors de la fête du millénaire, le temps va littéralement se figer. Aidé par un androïde du nom d’Isaac, capable de voyager dans le temps, notre groupe de héros va alors se rendre dans le passé et dans le futur afin de comprendre le pourquoi du comment de tous ces événements.

JRPG oblige, l’intrigue de Destiny Connect : Tick-Tock Travelers prend son temps pour démarrer mais n’en demeure pas moins intéressante à suivre. Il ne faut d’ailleurs surtout pas se fier à la direction artistique très inspirée des oeuvres Pixar. L’imagerie très colorée et le design fort expressif ne sont qu’une facette qui cache un deuxième sens de lecture plus mature. Le scénario dépeint ici traite de sujets profonds, parfois même douloureux, malgré des personnages quelque peu coincés dans des rôles caricaturaux. La notion du temps quant à elle n’a rien d’accessoire. Elle s’insère dans le message même du jeu en se plaçant comme un véritable personnage à part entière.

Le scénario de Destiny Connect traite de sujets profonds, parfois même douloureux, malgré des personnages quelque peu coincés dans des rôles caricaturaux.

Si l’influence de Herbert Georges Wells est plutôt évidente, le titre de Nippon Ichi Software ne manque pas de rendre hommage à des auteurs précurseurs du genre SF tels que Robert Silverberg, Isaac Asimov ou encore Philip K.Dick. Tout comme les ouvrages de ces derniers, Destiny Connect : Tick-Tock Travelers propose plusieurs niveaux de lecture et cela de manière plus ou moins explicite. La place des technologies, les paradigmes du temps ou même la structure familiale, on est souvent surpris au détour d’un dialogue, par la manière dont certains thèmes sont abordés.

Le temps passe, passe, passe…

Il est toutefois dommage que ces échanges ont, en grande partie, uniquement lieu à travers des saynètes où s’échangent sans mise en scène particulière les lignes de textes de nos antagonistes. Autrement dit, il faut s’attendre à beaucoup de lecture, et comme toute production Nippon Ichi Software qui se respecte, ces conversations ne disposent d’aucune traduction française. Le niveau de la langue reste tout de même pleinement abordable, mais cela n’aide pas à rendre les discussions entre les personnages moins soporifiques à la longue. Même si de sympathiques cinématiques viennent entrecouper notre avancée, le jeu manque pour ainsi dire de mouvement et de dynamisme. Le rythme global est lent et notre progression s’écarte peu, voire pas du tout, de sa trajectoire initiale.

En effet, aucune quête annexe pas même une activité de collectibles ne vient agrémenter notre aventure. Arrivé au bout de celle-ci, l’univers de Destiny Connect : Tick-Tock Travelers semble n’avoir montré qu’une infime partie de son potentiel. Les environnements sont certes variés et généreux, mais l’air de jeu étant limité à la cité de Clocknee, l’envie d’en découvrir davantage se fait tout naturellement ressentir. On image que les auteurs ont voulu laisser de marge pour d’autres épisodes, même si la fin de ce premier paraît plus ou moins fermée. Mais le voyage invite t-il le joueur pour autant à s’impliquer ? Cela reste à voir.

Après une longue phase de tutoriels, on comprend que tout prend réellement son sens une fois une rencontre avec l’ennemi effectuée. Et mieux vaut le dire tout de suite, les puristes d’affrontements en tour par tour seront pleinement servis. Le système de combat présenté ici par les créateurs de Destiny Connect : Tick-Tock Travelers se base en partie sur une mécanique de modèle pierre-feuille-ciseaux. Pour faire simple, chaque partie prenante a un rôle spécifique sur le terrain et dispose d’un ou plusieurs éléments qui définissent ses forces et ses faiblesses. Certains trouveront par exemple leur intérêt en tant que défenseur ou soigneur pendant que d’autres miseront sur leur force ou leur maîtrise de la glace pour pouvoir notamment mettre à mal un concurrent de type feu.

En d’autres termes, la victoire s’acquiert en exploitant méticuleusement toutes les failles du camp opposé. Hormis les affrontements avec les boss et les deux derniers chapitres, le challenge n’est peut être pas grandement élevé, mais on est vite attrapé par la profondeur du gameplay et plus particulièrement son aspect tactique. A l’instar de Final Fantasy X, l’ordre dans lequel les combattants interviennent est affiché dans une même fenêtre de style CTB (Conditional Turn-Based).

Back to the Past

Cette structure permet non seulement d’avoir une meilleure lecture du champ de bataille mais aussi d’échafauder de jolies combinaisons sachant que certaines compétences servent à changer de place ou même à enchaîner une deuxième attaque. Il convient au joueur de bien préparer son équipe en prenant bien compte que la mort d’Isaac, la machine à voyager dans le temps sur pattes, découle directement sur un game over. Même si ce dernier est placé en second plan, notre compagnon robotique représente l’élément central de l’intrigue. En termes de gameplay, il bénéficie également d’un traitement spécial car il dispose de la capacité de se transformer, ce qui lui permet de changer ses pouvoirs et cela en pleine action.

Chaque victoire se traduit par du loot de pièces mécaniques de différentes valeurs (métal, bronze, argent et or) qui servent à faire évoluer Isaac. Plus le matos récupéré est précieux et plus le bonus de compétence attribué à notre ami androïde sera important. Il est en quelque sorte le pokémon à la sauce transformers de l’équipe qui évolue non pas au touché d’une pierre d’élément, mais à coup de vis et d’écrous. Entre ses combats stratégiques et son système d’expérience copieux, Nippon Ichi Software montre encore une fois qu’il connaît son domaine sur le bout des doigts. Mais au-delà de cela, leur nouvelle production n’a pas grand chose à offrir. Elle reste incrustée dans un modèle connu et prémâché du genre.

Les mécaniques de gameplay de Destiny Connect sont certes bien solides, elles n’ont pour autant rien d’innovant.

Si on met de côté son univers quelque peu original, Destiny Connect : Tick-Tock Travelers est un jeu qui se veut somme toute très classique, voire trop. Ses mécaniques de gameplay sont certes bien solides, elles n’ont pour autant rien d’innovant. Surtout que leur intérêt peut vite perdre en intensité face à l’aspect répétitif de la trame principale qui s’achève en une quinzaine d’heures, voire moins en écartant la partie customisation d’Isaac. Dialogue, exploration d’un point A à un point B et combats, tel est le schéma que l’on réitère du début à la fin. A côté de ça, la téléportation devient vite le remède aux lourds aller-retours qui viennent incessamment structurer l’aventure.

Malheureusement, même le cadre visuel ne suffit pas à équilibrer la balance. Misant sur des formes très cubiques et peu détaillées, sa direction artistique très cartoon sert davantage de cache-misère que de vrai mouvement esthétique. Plus ou moins tourné vers le passé, Destiny Connect : Tick-Tock Travelers s’adresse avant tout aux passionnés de RPG à l’ancienne ou aux joueurs cherchant à s’initier au genre à travers un univers modeste mais charmant. Hélas, pour les autres, il serait peut être plus judicieux d’accorder son temps à une autre expérience du genre.

LE VERDICT
CLASS... HIC !
6
Mr.J
Aucun super-pouvoir, gameplay limité, fait partie du comité de protection des licornes. Recherche en vain cet alter ego qui lui permettra de mener à bien sa vendetta - "The monster you created has returned to kill you"

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

16 − 6 =