Test de Desperados 3 (PC, Xbox One, PS4)

CONCLUSION

Si certains pouvaient imaginer que Shadow Tactics : Blades of the Shogun était un coup de bol, Mimimi Games vient de prouver, avec Desperados 3, qu’ils maitrisent parfaitement leur domaine. Portée par un univers absolument grandiose et fidèle à tous les plus grands Westerns, l’aventure de John Cooper et sa bande est un vrai plaisir du début à la fin. Véritable pépite en termes de gameplay et de liberté offerte aux joueurs, Desperados 3 s’affiche non seulement comme le digne représentant d’un genre que l’on a failli oublier mais aussi, et surtout, comme l’un des meilleurs jeux de l’année.

Après avoir ressuscité le genre tactique infiltration avec le brillantissime Shadow Tactics : Blades of the Shogun, Mimimi Games s’est vu remettre, par THQ Nordic, les clés d’un autre mastodonte du genre : Desperados. La licence n’ayant pas été vue depuis 2004, le jeune studio allemand y a vu l’occasion parfaite pour raconter les origines de ce cher John Cooper et de sa bande de joyeux lurons dans un jeu sobrement intitulé Desperados 3. Reste maintenant à savoir si Mimimi Games a su réitérer sa prouesse précédente.

Dream Team

On ne vous fera pas l’affront de vous réexpliquer, encore une fois, ce qu’est le genre tactique infiltration. Un jeu où l’on passe la plus grande partie de son temps à regarder des cônes de vision, à tenter des manœuvres millimétrées, à chercher le petit angle mort pour descendre un adversaire avant de rageusement appuyer sur F8 après s’être rendu compte que l’on n’avait pas vu cet ennemi posté sur le mirador en face de nous, le tout avec une vue isométrique comme au bon vieux temps.

On retrouve donc logiquement notre pistolero, alias John Cooper, à la poursuite du responsable de la mort de son paternel, accompagné de ses inséparables compagnons. On retrouve ainsi à ses côtés le bon Doc McCoy et ses talents de sniper et d’empoisonneur. Les connaisseurs regretteront la disparition de Pablo Sanchez, le mexicain de la bande qui est en effet remplacé par Hector Mendoza un trappeur imposant qui ne se déplace jamais sans Bianca, son fidèle piège à loups.

Pour la partie féminine de l’équipe Kate O’Hara est de retour et saura se rendre utile au moment de détourner l’attention des ennemis de la gent masculine dès lors qu’elle aura pu enfiler un costume. Bien sûr Mimimi Games a également pris la liberté d’ajouter un tout nouveau personnage en la personne d’Isabelle Moreau. Une prêtresse vaudou qui nous vient tout droit de la Nouvelle Orléans et qui, grâce à ces pouvoirs mystiques, apporte un vrai vent de fraîcheur à l’ensemble. En sacrifiant un point de vie elle peut prendre le contrôle d’un ennemi, ou envoyer son chaton distraire un garde un peu simplet. Plus intéressant encore elle peut lier le destin de deux ennemis permettant ainsi de se concentrer sur l’un des deux pour se simplifier la vie. Un gameplay vraiment surprenant qui se marie pourtant parfaitement avec les autres personnages de la bande.

Mimimi Games oblige, on retrouve chez les nouveaux personnages des traits communs avec ceux de Shadow Tactics. Le chat d’Isabelle fait forcément penser au tanuki de Takuma, quand les capacités d’Hector rappellent étrangement ce bon vieux Mugen. Plutôt que de réinventer la roue le studio exploite ses acquis avec brio pour nous proposer des personnages hauts en couleur et terriblement charismatiques. Ajouté à cela un doublage sauce texane d’excellente qualité et vous obtenez la bande de potes la plus géniale que l’on ait eu à gérer cette année.

Bien évidemment, en optant pour une prequelle, Mimimi Games évite de perdre en route ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Cooper. L’histoire se suit avec plaisir usant de twists et autres révélations sur le passé des différents personnages à un rythme plutôt bien maîtrisé à travers plusieurs chapitres découpés en plusieurs niveaux.

Touche pas à mon cône

Chaque niveau est ainsi rempli d’ennemis qu’il va falloir éviter ou éliminer pour arriver à ses fins. Ces ennemis sont de différents types allant du simple idiot de base qui réagit à tout et n’importe quoi, aux Longs Manteaux qui sont de véritables brutes en passant par les Poncho Guys qui ne quitteront leur poste pour rien au monde. Il ne faut pas non plus oublier les chiens capables de vous détecter même si vous êtes planqués dans une fougère ou derrière un mur. Chacun de ces ennemis dispose d’un cône de vision constitué d’une partie pleine et d’une hachurée.

Dans cette dernière vous pouvez vous déplacer en étant accroupi sans être détecté. En revanche, si vous vous retrouvez dans la partie pleine vous en ferez changer la couleur indiquant que le niveau d’attention du garde est en train de monter. Un cône jaune indique que vous avez attirez son attention et qu’il va faire l’effort de se déplacer. Une fois totalement remplie de cette couleur, c’est-à-dire que vous n’avez pas réussi à en sortir suffisamment tôt, il passera au rouge tout en lançant l’alerte. En arriver là est normalement mauvais signe et on finit généralement par recharger sa dernière sauvegarde rapide pour refaire les choses plus subtilement.

Ces cônes de vision sont la base du gameplay. Car s’il faut éviter que l’un de nos personnages n’y soit détecté, on s’en sert inlassablement pour dévier les gardes de leur petite routine pour pouvoir ainsi les piéger à l’abris des regards. Les choses se compliquent assez rapidement avec des gardes qui se surveillent les uns les autres et des rondes de plus en plus rapides. L’observation est bien évidemment la clé du succès même s’il faudra aussi une bonne dose de synchronisation pour arriver à ses fins.

Car encore plus que dans Shadow Tactics, Desperados 3 met très tôt en avant l’importance de la coopération entre les personnages. Afin de pousser le joueur à la créativité le jeu s’amuse ainsi à enchaîner les missions en nous donnant le contrôle de seulement quelques personnages. L’expérimentation est plus que jamais nécessaire et c’est un vrai plaisir que de tester des combinaisons entre les différentes compétences disponibles. Après un début relativement simple, l’aventure se corse de manière assez prononcée dès le chapitre deux où il sera plus que jamais nécessaire de bien planifier ses actions avant de passer à l’acte.

Cette étape constitue le véritable sel du gameplay de Desperados 3. Placer idéalement chaque personnage, planifier les actions, attendre le moment parfait pour tout déclencher et voir le plan se dérouler sans accroc est un véritable plaisir. Pour rendre les choses encore plus stratégiques les joueurs disposent du mode Showdown (l’équivalent du Mode Ombre de Shadow Tactics) qui se présente comme une pause interactive pendant laquelle on scripte les actions comme bon nous semble. Une fois la pause enlevée, chaque petite étape se déroule et on assiste, comme un enfant gâté, à un véritable festival parfaitement jouissif (du moins quand tout se passe comme prévu).

Évidemment les plus grincheux ne manqueront pas de remarquer l’absurdité de certains aspects. On pense notamment à ces buissons minuscules qui peuvent accueillir l’équipe entière pour se cacher ou dans lesquels les corps de nos victimes disparaissent comme par magie. Difficile de leur donner tort dans le fond, il est vrai que la dimension stratégique aurait été encore plus poussée si ces cachettes étaient limitées en place forçant ainsi le joueur à bien réfléchir l’emplacement des dépouilles.

Difficulté, rejouabilité et maniabilité

Avant de vous lancer dans une nouvelle partie sachez que la qualité de votre expérience dépendra beaucoup du niveau de difficulté choisi. Si vous connaissez le genre et êtes à l’aise avec ce type de gameplay, foncez directement sur le mode Hard. Si vous ne savez pas où vous mettez les pieds, le mode normal sera votre porte d’entrée. Dans tous les cas oubliez le mode facile qui risque de vous laisser une impression de jeu vide de sens ne donnant pas du tout envie d’y retourner.

Transition idéale pour parler de rejouabilité. Le jeu propose de nombreuses options pour résoudre chaque mission ainsi que huit défis par mission. En plus de cette rejouabilité implicite (les défis ne peuvent pas toujours être réalisés en une partie) le Baron, un personnage mystère, vous proposera de rejouer certaines missions en changeant les objectifs et, surtout, les conditions de jeu. Munitions réduites, interdiction de tuer un certain type de cible, méthode de meurtre ou personnage imposé sont autant de conditions qu’il faudra respecter pour réussir ces challenges qui, soyez prévenus, risquent de vous tenir en haleine un bon moment.

Enfin, le jeu étant disponible sur console, on s’est senti obligé de faire un petit test de notre version PC avec une manette Xbox One histoire de tester la maniabilité au pad. Là encore pas de surprise Mimimi Games a parfaitement fait les choses et l’expérience restera très agréable pour les joueurs consoles. Il faudra s’habituer à user de la gâchette droite pour faire tourner la caméra, alors que c’est le joystick droit qui permettra de la déplacer. En revanche les choses se compliquent lourdement lorsque l’on commence à attaquer les niveaux de difficulté Hard et plus. La rapidité avec laquelle il fait enchaîner les manipulations devient alors vite problématique avec un PAD dans la main.

le Far West à plein nez

Bien évidemment les interactions avec les décors sont toujours aussi nombreuses. Une solution à ne jamais sous-estimer puisque les accidents sont vite oubliés par les observateurs contrairement à un meurtre avec témoin. Sur ce point Mimimi Games a été particulièrement généreux avec des événements variés à déclencher sur toutes les cartes : taureau à énerver, flaque d’huile à enflammer ou encore les plateformes à décrocher sont autant de solutions aussi efficaces que spectaculaires.

Tout ceci s’intégrant parfaitement dans des niveaux gigantesques complètement fous qui fourmillent de vie à tous les étages. Non content de proposer des niveaux totalement ouverts où le joueur procède comme bon lui semble, Desperados 3 joue également beaucoup avec la verticalité. Il offre ainsi encore plus de possibilité aux joueurs qui ne devront cependant pas oublier que ces positions hautes sont souvent occupées par des gardes qu’il sera difficile de déloger. Un level-design intelligent comme on les aime, qui nous nous force à nous creuser les méninges avant de tenter quoique ce soit.

Difficile aussi de ne pas parler du travail artistique fourni dans Desperados 3. Le niveau de détail est absolument remarquable à tel point que l’on s’y perd parfois au moment d’analyser les situations. Chaque niveau est unique, du pont géant du Colorado aux bayous de la Louisiane en passant par les berges du Mississipi tout est remarquablement travaillé et offre une ambiance des plus réussies. Ajoutez à tout ceci l’excellente bande son, toujours signée Filippo Beck Peccoz, et vous voilà en route pour un inoubliable voyage au Far West au rythme des pianos de saloon et autres mandolines. Un véritable régal du début à la fin.

Ce test a été réalisé à partir d’une version dématérialisée, fournie par l’éditeur, sur PC.

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Ludo
Rédacteur/Testeur/Râleur tendance sociopathe avec un sérieux penchant pour le troll méchant. A développé une sale dépendance à Rainbow Six Siege #CopperForEver

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